30 septembre 2007

GABILOU : Fiu te ohipa


Acquis sur le vide-grenier de Val-de-Vesle le 16 septembre 2007
Réf : 3004 -- Edité par Tamure à Tahiti probablement dans les années 1970
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

Pendant tout le vide-grenier, je n'avais pas trouvé un seul vinyl qui m'intéressait et, dans le dernier bout de rue qui faisait une petite cinquantaine de mètres, j'ai fait affaire à trois stands différents !
Au premier, c'était pour acheter ce disque. La dame qui le tenait avait l'air d'avoir décidé très fermement de vendre ses albums 2 €, mais de toute façon ce disque en état neuf vieux d'une trentaine d'années, venu tout droit de Tahiti qui plus est, les valait largement.
La pochette très réussie m'a accroché l'oeil tout de suite et j'ai vitre repéré le logo Manuiti. Un instant, j'ai même cru qu'il s'agissait d'un disque intitulé Gabilou crédité au célèbre compositeur et arrangeur Yves Roche, dont le nom est écrit en assez gros au recto. Mais un coup d'oeil aux notes de pochette au verso m'a tout de suite détrompé : Gabilou est un chanteur tahitien très connu, dont je n'avais jamais entendu parler, avec une carrière longue comme le bras démarrée dans les années 1960, qui l'a conduit à faire le tour de la terre et même à représenter la France au concours de l'Eurovision de 1981 ! La chanson concernée, Humanahum, est loin d'être le sommet artistique de sa carrière, mais elle a dû contribuer à populariser son nom en france métropolitaine...
Quant au titre de l'album, il est bien présent au recto de la pochette, où il est même traduit en français et en anglais : Je n'ai pas envie de travailler ! D'où cette photo, qui aurait été parfaite si elle avait été prise sur la plage plutôt que dans le studio (mais on n'aurait pas aperçu la tête d'ampli Fender !).
En comparant les biographies de Gabilou disponibles en ligne et les indications des notes de pochette, plus divers détails techniques, je date cet enregistrement des années 1970, probablement vers le milieu de la décennie.
L'ensemble tahitien d'Yves Roche comprend, outre divers instruments typiques des musiques tahitiennes dont des percussions et du ukulélé, un piano, deux guitares et une basse électriques et une batterie, ce qui est je crois assez rare à dans les enregistrements tahitiens. Gabilou chante très bien techniquement, avec une voix très douce. Avec tous ces instruments, le disque réussit à ne pas sonner "variété" et Gabilou ne passe pas comme un crooner, sauf peut-être sur les deux titres chantés en français, Lisa et O Tahiti nui, où on peut penser à l'écoute à Georges Guétary, voire même à une vedette dont Gabilou est apparemment l'ami, Julio Iglesias.
Globalement, je préfère les enregistrements tahitiens de Gaston Guilbert ou d'Yves Roche de la fin des années cinquante, mais le morceau-titre de l'album, Fiu te ohipa, est quasiment de ce calibre, et j'aime aussi beaucoup le titre rapide Aue ! te nehenehe.
Gabilou a carrément droit à deux volumes en CD de la collection Tahiti Belle Epoque, le volume 5, Aue ! Tahiti e..., sous son nom (avec une version de Fiu te ohipa) et le volume 3 avec le groupe Barefoot Boys, dont il était membre avec notamment le guitariste Petiot. En 2005, un DVD des Barefoot Boys en concert a également été édité.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

comme souvent c'est ce qui est suggéré qui crée le besoin: tu parles de trouvailles sur 3 stands ... et quid surles 2 autres? La guitare de gabilou doit valoir maintenant son pesant de caramel car c'est une avec résonateur, à l'époque pas trop recherchée, mais maintenant: aïe aïe aïe. Il a bon goût ce polynésien. ph
ph.

Anonyme a dit…

Oui les premiers enregistrements de musique tahitienne furent effectués par Gaston Guilbert (mon grand-oncle). Il avait monté un studio d'enregistrement dans son garage et pour faire fonctionner son studio, il faisait fonctionner ses groupes électrogènes le soir. En effet, l'éléctricité n'était délivré par la société Electricité de Tahiti que jusqu'au pont de la 'Punaruu' Société détenue par M Emile Martin... aujourd'hui propriété de Lyonnaise Suez. Au delà, point de salut, c'était la lampe à pétrole ou pour les plus fortunés, le groupe électrogène... (la marque 'Lister' était la plus prisée).
Gaston aimait faire venir des artistes 'locaux' pour ses enregistrement le soir après la fin des cabarets (le Quinns et Pitate - Puooro Plage et le Lafayette. Les artistes avaient les crdes vocales bien faites et souples, les enregistrements ne devaient durés que peu de temps.
Une seule artiste refusait ce genre d'excentricité...Henriette Winkler.
Elle aviat appris le chant en Nouvelle Zélande chez les 'Sanito' de plus elle travaillat la journée au dispensaire de Papeete. Elle était mariée à un Suisse: Mr Winkler (Galerie de peinture Winkler), donc elle n'avait pas le sortant pour faire ses vocalises chez Gaston en pleine nuit. Il fut décrété de son plein accord unilatéral que les enregistrements se feraient en début d'après-midi.
Par la suite, Eddy Lund arriva à Tahiti bien plus tard et eu la même idée que Gaston de monter son studio dans son garage. c'était un musicien confirmé et un compositeur qui avait fait le tour du Pacifique à la fin de la seconde guerre mondiale et qui avait eu la possibilité d'apprendre les différents 'dialectes' du Pacifique (Le Samoan entre autre).
Par la suite, trois métropolitains sont arrivés à Tahiti, avec un certain 'Zizou', c'était l'époque de le reconstruction de l'après-guerre il fallait survivre à Paris ou 'mourir au soleil'. Entre deux maux choisissons le moindre! Jean et Jean Pierre Hars et Yves Roche tous amis de Django Renhart et musiciens du Caveau de la Huchette jettent leurs sac sur le quai de Papeete en descendant du Paquebot des Messageries Maritimes (Le Tahitien) en provenance de Marseille avec escale entre autre à Valparaiso. Les voilà sur place...que faire, naturellement de la musique en créant un groupe de Jazz. Jean-Pierre et Jean Hars se reconvertirons en pilotes instructeurs d'aéro-club mais ils ne lâcheront jamais Yves pour la musique. Yves continuera et fondera la première école de musique pour les jeunes et créera sa 'maison de disque' Manuiti (petit oiseau)avec un petit coup de pouce de Eddy Barclay.
Eddy Lund et Yves ont très souvent collaborés à l'écriture et la composition de chansons de Tahiti le tout avec l'aide d'artistes locaux. Gaston était plus le technicien et le réalisateur. Deplus son studio était le plus équipé pour l'époque.
Succinctement je vous ai brossé l'histoire de 1948 à 1965.
ordialement.

Pol Dodu a dit…

Bonjour,
Merci beaucoup pour votre témoignage.
J'ai justement acheté aujourd'hui encore un disque de Tahiti, mais ce n'est ni un Gaston Guilbert, ni un Yves Roche, ni un Eddy Lund, qui a eux trois ont produit tant de disques excellents à Tahiti.
Je ne sais pas si vous avez vu les chroniques de deux disques enregistrés par votre grand-oncle, Oiseaux du paradis et Tahiti : Île de paradis.

Anonyme a dit…

je viens de lire l'excellent commentaire du petit neveu, ben une personne aussi bien documentée devrait écrire un quelque chose sur cette période, c'est assez impressionnant et émouvant.Moi aussi je vous remercie j'ai passé un bon moment à vous lire. Encore une fois la métropole a tellement ignoré toute cette partie du "territoire français" que s'en est vraiment scandaleux. Bon vous me direz que lorsqu'on voit ce qu'on a fait avec les bombes A là bas, on ne doit guère s'étonner que la culture compte pour que tchi (et là j'en vois qui dodeline du bonnet en se disant mais qu'est ce que c'est "que tchi". Allez youp la boum un petit Manuiti pour continuer le bonheur.
Ph

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