
Acquis sur le vide-grenier de Damery le 16 juin 2013
Réf : 2372 035 -- Edité par Polydor en France en 1980
Support : 33 tours 30 cm
10 titres
Quand j'ai chroniqué ici il y a trois ans un album "rock" de James Last, je pensais très sincèrement que c'était le premier et dernier album du chef d'orchestre allemand auquel j'étais susceptible de m'intéresser. Une fois de plus, j'ai sous-estimé mes faiblesses, mais bon, j'ai des excuses : à peine quarante-huit heures après m'être penché sur le CD live de Burning Spear, voilà que je découvre l'album de reggae idéal qu'Indesit aurait pu offrir à sa clientèle !
C'est la pochette qui fait tout le sel de ce disque. Sur le coup, je n'ai pas remarqué la bouche lascivement ouverte devant le logo James Last, je n'ai vu que cette femme noire dessinée, incarnation de la volupté fantasmée des îles. Et le détail qui tue, c'est le médaillon avec la photo de James. Non seulement il a dû la séduire, mais en plus il l'a délaissée. Ne lui reste plus comme souvenir du playboy teuton que ce bijou qu'elle porte sur son coeur brisé. Ou entre les seins plutôt. Soit c'est ça ou alors c'est juste le portrait d'une des nombreuses fans des disques orchestraux de James Last...
Ici, et on est dans l'ambiance avec le dessin et le perroquet sur le titre, il est question de Nuits caribéennes. Pour être plus clair, sur mon pressage français (qui n'est pas celui reproduit ci-dessus), il y eu d'ajouté un macaron blanc pour préciser "Spécial reggae". Pas de zouk, ici, donc, ni de calypso, de compas ou de rumba, juste le plus célèbre produit d'exportation de la Jamaïque. Au programme, que du lourd et du populaire (Indesit aurait pu en prendre de la graine) avec une reprise de Jimmy Cliff en ouverture et pas moins de cinq titres de Bob Marley, de Stir it up à Waiting in vain en passant par Positive vibration et Exodus. Pour le reste du programme, pas de Tapper Zukie, ni même de Dennis Brown, juste des compositions "originales" par James et ses associés, en fait de simples exercices de style très appliqués.
Il faut savoir que ce disque n'est même pas inécoutable. Avec des cuivres, des choeurs (masculins, ou féminins pour rappeler les I-Threes, qui chantent les refrains et quelques paroles, mais pas les couplets), de l'orgue et les instruments de base (guitare, basse, batterie et percussions), c'est juste une interprétation compétente "à la manière de" du reggae. Sans surprise, donc : c'est s'il y avait eu une face de dub ou des versions toastées avec deejay que je serais tombé de ma chaise !
A plus de quatre-vingts ans, James Last semble tenir la forme. Il a terminé le mois dernier une tournée mondiale baptisée non sans humour "The Last tour - Einmal noch" ("La dernière tournée, une fois de plus", avec un jeu de mots sur Last). Pareil pour moi, ce n'est peut-être pas mon dernier disque de James Last. Qui sait ?
On trouve ce disque en téléchargement un peu partout en ligne, chez RetroCortex par exemple.













