21 juin 2013

JAMES LAST : Caribbean nights


Acquis sur le vide-grenier de Damery le 16 juin 2013
Réf : 2372 035 -- Edité par Polydor en France en 1980
Support : 33 tours 30 cm
10 titres

Quand j'ai chroniqué ici il y a trois ans un album "rock" de James Last, je pensais très sincèrement que c'était le premier et dernier album du chef d'orchestre allemand auquel j'étais susceptible de m'intéresser. Une fois de plus, j'ai sous-estimé mes faiblesses, mais bon, j'ai des excuses : à peine quarante-huit heures après m'être penché sur le CD live de Burning Spear, voilà que je découvre l'album de reggae idéal qu'Indesit aurait pu offrir à sa clientèle !
C'est la pochette qui fait tout le sel de ce disque. Sur le coup, je n'ai pas remarqué la bouche lascivement ouverte devant le logo James Last, je n'ai vu que cette femme noire dessinée, incarnation de la volupté fantasmée des îles. Et le détail qui tue, c'est le médaillon avec la photo de James. Non seulement il a dû la séduire, mais en plus il l'a délaissée. Ne lui reste plus comme souvenir du playboy teuton que ce bijou qu'elle porte sur son coeur brisé. Ou entre les seins plutôt. Soit c'est ça ou alors c'est juste le portrait d'une des nombreuses fans des disques orchestraux de James Last...
Ici, et on est dans l'ambiance avec le dessin et le perroquet sur le titre, il est question de Nuits caribéennes. Pour être plus clair, sur mon pressage français (qui n'est pas celui reproduit ci-dessus), il y eu d'ajouté un macaron blanc pour préciser "Spécial reggae". Pas de zouk, ici, donc, ni de calypso, de compas ou de rumba, juste le plus célèbre produit d'exportation de la Jamaïque. Au programme, que du lourd et du populaire (Indesit aurait pu en prendre de la graine) avec une reprise de Jimmy Cliff en ouverture et pas moins de cinq titres de Bob Marley, de Stir it up à Waiting in vain en passant par Positive vibration et Exodus. Pour le reste du programme, pas de Tapper Zukie, ni même de Dennis Brown, juste des compositions "originales" par James et ses associés, en fait de simples exercices de style très appliqués.
Il faut savoir que ce disque n'est même pas inécoutable. Avec des cuivres, des choeurs (masculins, ou féminins pour rappeler les I-Threes, qui chantent les refrains et quelques paroles, mais pas les couplets), de l'orgue et les instruments de base (guitare, basse, batterie et percussions), c'est juste une interprétation compétente "à la manière de" du reggae. Sans surprise, donc : c'est s'il y avait eu une face de dub ou des versions toastées avec deejay que je serais tombé de ma chaise !
A plus de quatre-vingts ans, James Last semble tenir la forme. Il a terminé le mois dernier une tournée mondiale baptisée non sans humour "The Last tour - Einmal noch" ("La dernière tournée, une fois de plus", avec un jeu de mots sur Last). Pareil pour moi, ce n'est peut-être pas mon dernier disque de James Last. Qui sait ?

On trouve ce disque en téléchargement un peu partout en ligne, chez RetroCortex par exemple.

16 juin 2013

VANDAVEER : The nature of our kind


Acquis chez Gilda à Paris le 6 juin 2013
Réf : [sans] -- Edité par Alter K en France en 2011
Support : CD 12 cm
Titre : The nature of our kind

J'ai été bien content de trouver ce CD-R promo de Vandaveer l'autre jour chez Gilda.
J'ai assisté à un mini-concert de Vandaveer à la FNAC de Reims le 24 avril 2009. Le groupe, fatigué après huit heures de train, faisait alors la promo de son  deuxième album, Divide and conquer. Il a donné une performance très agréable et sympathique, même si elle n'avait rien de particulièrement innovant. Mark Charles Heidinger, le gars à l'origine de ce projet, était très smart en veste et chemise, mais le plus marquant pour moi ce jour-là ce fut le look de celle qui fait depuis quelques temps de Vandaveer un duo sur scène, la chanteuse Rose Guerin : cheveux blonds décolorés, petits nœuds dans les cheveux, robe noire, bas-chaussettes bleus remontés au-dessus des genoux, bottes de cuir à hauts talons et dessins en couleur sur le bras !

Vandaveer en concert au Forum de la FNAC de Reims, le 24 avril 2009.

The nature of our kind est un single extrait de l'album suivant, Dig down deep, sorti en 2011. C'est plus pop-rock que ce que j'ai pu voir sur scène, avec une chanson construite sur un bon riff, du chant à deux voix réussi et un refrain sans paroles en "Lalala dam dadamda..." bien entraînant. Pas mal du tout. La vidéo, tournée par Pierre Dejon et Just Philippot pendant la tournée du groupe dans le nord-est des Etats-Unis en janvier 2011, est très bien également.
Vandaveer vient tout juste de sortir un album de reprises de titres de folk américain, Oh, Willie, please.... Un autre album, de compositions originales cette fois, est annoncé pour la fin de cette année.



15 juin 2013

DENNIS BROWN : Money in my pocket


Acquis chez Carrefour à Châlons-sur-Marne en 1979
Réf : 20 147 -- Edité par Atlantic en France en 1979
Support : 45 tours 30 cm
Titres : DENNIS BROWN : Money in my pocket / [PRINCE MOHAMMID : Cool runnings] -/- JOE GIBBS AND THE PROFESSIONALS : Runnings irie

Si le CD de Burning Spear est l'un des tous derniers disques de reggae que j'ai achetés, ce maxi-45 tours de Dennis Brown doit être l'un des tous premiers, peut-être bien le deuxième, après Is this love de Bob Marley.
J'ai entendu cette chanson pour la première fois pendant l'été 1979 alors que je participais à mon premier chantier de fouilles archéologiques sur le camp militaire de Suippes. Soit le titre passait en radio, soit François B. ou Daniel C. l'avaient sur l'une de leurs cassettes. Toujours est-il qu'il m'a suffisamment marqué pour que j'achète quelques mois plus tard ce maxi, vendu neuf par Carrefour à un prix défiant toute concurrence, 21,80 francs.

La pochette générique est très moche mais on note que le logo Atlantic s'insère plutôt bien, tout simplement je pense parce que ce sont ses teintes qui ont été sélectionnées pour évoquer le rouge, or et vert des rastas sur la pochette.

Si ce disque a bénéficié d'une large distribution qui lui a permis d'arriver jusqu'au fin fond de la Marne, c'est parce que Money in my pocket a été un gros tube en Angleterre au début de l'année 1979. Brown a même eu droit à la couverture du NME.

Je ne le savais pas à l'époque, mais ce disque est aussi le premier discomix que j'ai acheté. Il s'agit de ces maxis jamaïcains associant une chanson, sa version toastée par un D.J. et sa version instrumentale. Le Keep on knocking de Jacob Miller en est un bon exemple, en pressage original qui plus est. Pour certaines  éditions européennes de Money in my pocket, une partie de l'information s'est perdue pendant la traversée de l'Atlantique : la face A ne mentionne que Dennis Brown alors que dans l'édition originale Prince Mohammid est bien crédité pour sa version deejay intitulée Cool runnings.

Je ne savais décidément pas grand chose à l'époque puisque que ce n'est que des années plus tard que j'ai appris qu'il s'agissait en fait de la deuxième version de Money in my pocket. La première version, Brown l'avait enregistrée en 1972, à quinze ans (!), avec le même producteur, Joe Gibbs. Une version toastée intitulée A so we stay a aussi été publiée à l'époque, par un grand nom, Big Youth (les deux sont enchaînées sur la compilation Joe Gibbs scorchers from the early years (1967-72) de 2009).

Cette première version de Money in my pocket a déjà été un gros succès et à la limite Joe Gibbs aurait presque pu se contenter d'une simple réédition car les deux versions sont au bout du compte sont assez proches. Ce qui les différencie n'est pas tant à chercher dans l'interprétation de Dennis Brown que dans l'accompagnement. Là où la version de 1972 conserve un groove léger typique du reggae roots, la version longue de 1979 a un rythme implacable, un vrai rouleau compresseur (c'est encore accentué dans la partie toastée et sur la version instrumentale) : tempo accéléré, attaque des percussions, skank à la rythmique presque agressif... On pourrait presque parler de reggae post-punk. C'est en tout cas un style qui influencera un groupe comme Capital Letters.

Ça fait largement plus de trente ans que j'ai ce disque, mais il fait partie de ceux que j'écoute toujours avec autant de plaisir... Dennis Brown, lui, est mort en 1999 à guère plus de quarante ans.


Dennis Brown, Money in my pocket, à Top of the Pops en 1979.

14 juin 2013

BURNING SPEAR : Live in Paris (Zénith)


Acquis chez Emmaüs à Tours-sur-Marne le 18 mai 2013
Réf : CDE 162 -- Edité par Indesit en France vers la fin des années 1980
Support : CD 12 cm
7 titres

Je ne trouve quasiment plus de disques vinyls chez Emmaüs à Tours-sur-Marne : le stock a été divisé par dix par rapport à il y a deux-trois ans, il ne se renouvelle quasiment pas et les prix ont augmenté. Par contre, lors de mes dernières visites, je me suis mis à y trouver ponctuellement des CD intéressants, à un prix correct (1 ou 2 €).
Pour celui-ci, l'horrible pochette aux couleurs de la marque d'électroménager italienne Indesit ne m'a pas empêché de prendre le disque en mains pour essayer de comprendre à quoi j'avais affaire.
Premier étonnement : je me suis rendu compte que ce disque visiblement promotionnel était un enregistrement en concert de Burning Spear ! J'imagine qu'il a été offert en cadeau à des acheteurs des lave-vaisselle, machines à laver, réfrigérateurs-congélateurs ou cuisinières dont il est question dans le livret intérieur. A moins qu'il ait été distribué au sein du réseau commercial de la marque. En tout cas, c'est incompréhensible. Quel rapport entre les produits d'Indesit et le reggae ? Et quel intérêt d'utiliser la musique de Burning Spear pour une opération de promotion auprès d'un public qui a toutes les chances de ne pas le connaître ? Chez les ménagères et dans leurs familles, chez les professionnels de l'électroménager, on connaît sûrement Bob Marley, mais Burning Spear ? C'est une grande figure du reggae, connue de tous les amateurs du genre, mais en-dehors de ce cercle ? La seule explication qui me vient naturellement, c'est que ça devait pas mal fumer dans les réunions de créatifs chez Indesit il y a vingt-cinq ans, et pas seulement du tabac...
D'ailleurs, l'opération n'a sûrement pas été d'une grande ampleur, ou alors elle a été un fiasco. C'est le deuxième étonnement, une fois rentré à la maison, quand je me suis rendu compte que, comme pour le Shlomo Dahiani et comme pour l'Emile Lambert, je ne trouvais aucune mention en ligne de ce disque.
Cette édition spéciale vient allonger l'historique déjà pas si simple de l'édition de l'enregistrement de ce concert du 21 mai 1988 au Zénith de Paris. L'originale chez Blue Moon était disponible au choix en double CD 16 titres ou en double 33 tours 14 titres. Le concert a été également édité en cassette vidéo à cette époque. Les éditions en vinyl anglaise et américaines de 1988 sont équivalentes à l'originale française, mais le CD américain ches Slash est simple et ne compte que 13 titres. Par contre, la réédition américaine de 2004, chez Burning Music, le label de Winston Rodney, est présentée comme une version intégrale et, effectivement, c'est un double CD qui tient le record avec 17 titres. Quant à mon édition Indesit sous licence Blue Moon, c'est un simple CD qui ne compte que 7 titres, qui correspond en fait au premier des deux 33 tours de l'édition originale.
Et la musique ? Ah oui, je parle popote et j'en oublierai presque la musique. Eh bien, c'est exactement ce qu'on est en droit d'attendre d'un enregistrement en concert dans une salle de ce type. Le son est bon, les musiciens aussi, c'est du reggae roots de qualité, classique et sans surprise. Sans que ça parte dans le dub, ce sont les quelques excursions vers des versions instrumentales qui me font un peu dresser l'oreille. Quant à Winston Rodney, il est cool au point d'être presque indolent. Son "Hip hip hooray" au bout des deux minutes de la bonne introduction instrumentale de Happy day m'a rappelé The Beat, sauf qu'il est tellement mou de la chique qu'on a envie de monter sur scène lui imposer un fortifiant. Mais bon, tout ça reste agréable, et surtout, si quelqu'un a des informations sur cette curiosité, je suis preneur !




Le film du concert, édité en vidéo à l'époque.

09 juin 2013

EMILE LAMBERT : O.K. Belles oreilles


Acquis chez Troc.com à Charleroi le 22 mai 2013
Réf : BEA. 32 -- Edité par Pathé en Belgique vers 1960
Support : 45 tours 17 cm
Titres : O .K. Belles oreilles -- Li ouistiti (Itsy bitsy) -/- Li twist des vatches (Kili-Watch) -- Ell tchawe

Ils ont de moins en moins de vinyls, mais je continue à faire des trouvailles intéressantes chez Troc à Charleroi quand j'ai l'occasion d'y passer. Là, j'ai dédaigné un autre 45 tours d'Emile Lambert (un deux titres chez Olympia, un label pour lequel il a visiblement beaucoup enregistré à la pochette quelconque et aux titres peu inspirants), mais celui-ci répondait à toute une série de critères qui font que je ne pouvais pas le laisser passer : un EP quatre titres, avec une pochette rigolote et réussie, deux twists, deux cha-cha aussi pour faire bonne mesure, deux reprises de tubes en wallon, de la couleur locale, donc...
J'ai assez vite trouvé des informations sur le parcours d'Emile Lambert, chez Amour du rock 'n' roll, chez Bide & Musique, et surtout en regardant la vidéo souvenir (voir ci-dessous) diffusée par l'une de ses filles sur Youtube. Ce qui m'a surpris, c'est que je n'ai trouvé aucune information en ligne sur ce disque précisément, pourtant diffusé par une maison de disques importante, Pathé.
Au cours de sa longue carrière de chanteur humoriste, Emile Lambert a dû s'attaquer à tous les styles musicaux populaires, jusqu'au punk avec Ça gonfle pour moi, un titre pour lequel il a pris l'identité de Caoutchouc Lambert (on se demande bien pourquoi...!).
Il y a ici deux titres originaux, Ell tchawe (Le chouca), en wallon, et O.K. Belles oreilles, en français, un twist à la Jean Yanne. A l'écoute des paroles, et au vu de l'illustration de pochette, je n'arrive pas à décider s'il faut comprendre "Pour O.K. Belles oreilles", "Pour roquet belles oreilles" ou "Pour Rock et belles oreilles"). En tout cas, s'il est chronologiquement impossible que cette chanson ait quoi que ce soit à voir avec le groupe québécois Rock et Belles Oreilles ou avec l'émission de radio lilloise de RCV Rockez Belles Oreilles, il n'est pas impossible qu'il y ait une référence au dessin animé Roquet belles oreilles, car dans la chanson suivante, Li ouistiti, il est fait mention d'une émission portant ce titre diffusée le mercredi.
Li ouistiti, justement, c'est une (bonne) reprise, en wallon, d'Itsy bitsy teenie weenie yellow polka dot bikini, une chanson popularisée par chez nous par Richard Anthony. Quant à Kili-Watch, qui devient ici, et en wallon, Le twist des vaches, ce fut l'un des tous premiers succès de Johnny Hallyday (qui a aussi interprété Itsy bitsy), mais il ne s'agissait pas d'une reprise d'une chanson anglo-saxonne, comme je le pensais, mais d'une version d'un titre d'un groupe belge, Les Cousins. D’Émile Lambert aux Cousins, en passant par Johnny, dont le père était belge, on reste entre belges avec cette chanson...
Et désormais, je serai encore plus attentif quand je trouverai un disque d'Emile Lambert...

Emile Lambert, O. K. Belles oreilles.
Emile Lambert, Li ouistiti.
Emile Lambert, Li twist des vatches.
 
Une vidéo souvenir familiale en hommage à Emile Lambert, réalisée par sa fille Annie. On y entend notamment deux de ses filles, Renée et Yetty, interpréter
Nous aimons chanter.

08 juin 2013

SHLOMO DAHIANI : Yemenit songs


Acquis chez All Aboard à Londres le 26 avril 2013
Réf : L.P. 234 -- Edité par Makolit en Israël probablement dans les années 1950
Support : 33 tours 25 cm
7 titres

Je vais très vite arrêter de vous ennuyer avec les comptages mais, après avoir marqué la publication du millième billet de Blogonzeureux!, il était assez logique que je me tourne vers l'Orient pour vous conter mon mille et unième disque !

Le jour où j'ai acheté le Chills, j'ai été agréablement surpris de trouver dans plusieurs boutiques de charité autour de St John's Wood/Swiss Cottage, un quartier très proche du centre de Londres, des disques intéressants, en très bon état et à un prix très abordable.
Ce 25 cm, datant visiblement des années 1950 mais parfaitement conservé, je l'ai repéré par sa pochette assez marquante et je l'ai choisi à cause du titre en anglais, Yemenit songs.
Pour moi comme pour beaucoup de fans de musique occidentaux, Yemenite songs c'est avant tout un album de 1984 de la chanteuse israëlienne Ofra Haza, rendu célèbre par la chanson Im nin' alu, samplée par Eric B. & Rakim et M|A|R|R|S et elle-même, une fois remixée, devenue un tube en 1988.
Là, je me doutais bien qu'il s'agissait de chansons traditionnelles yéménites, mais difficile d'aller plus loin pour deux raisons. D'abord parce qu'il se trouve qu'un défaut d'imprimerie fait que le dos imprimé de ma pochette se trouve à l'intérieur plutôt qu'à l'extérieur : pas trop pratique pour le consulter. Je n'ai pas voulu abimer complètement la pochette en tentant de la décoller, d'autant que, c'est la deuxième raison, hormis "Yemenit songs", aucune mention n'est écrite en alphabet latin.
Je me suis rendu compte par moi-même que les inscriptions n'étaient pas en arabe, comme je m'y serais attendu, mais en hébreu. Un petit tour sur le grand livre d'histoire coopératif m'a donné des informations sur la communauté juive du Yemen, et notamment sur l'Opération Tapis Volant qui, en 1949 et 1950, a organisé le transport de la quasi-totalité de cette communauté vers Israël. Dès lors, on ne s'étonne pas qu'un disque rassemblant (probablement) des chansons juives yéménites ait été édité en Israël dans les années qui ont suivi. La famille d'Ofra Haza était aussi originaire du Yemen et elle avait choisi dans son album d'interpréter des chansons entendues dans son enfance.
J'en étais à ce point, et impossible d'aller plus loin sans parvenir à identifier au moins l'interprète du disque. Merci donc à Frédéric (et à Agnès, qui nous a mis en contact), qui a entrepris de traduire les inscriptions de la pochette, une entreprise encore compliquée par le fait qu'il ne s'agit pas d'hébreu moderne mais probablement d'hébreu yéménite.
C'est donc grâce à Frédéric que j'ai su que l'artiste de ce disque est Shlomo Dahiani (ou Dachiani, ou d'autres variations suivant les variations de translittération) et que le titre général du disque en hébreu est en fait Retour aux sources.
Muni de cette information, j'ai cherché à en savoir plus sur Shlomo Dahiani. Je n'ai rien trouvé sur sa biographie et son parcours (en tout cas pas en anglais ou en français). Tout ce que que j'ai trouvé, c'est la trace de plusieurs 78 tours qu'il a publiés (quelques étiquettes sont reproduites ci-dessous), ce qui montre qu'il a pas mal enregistré, un fait confirmé par l'existence d'une série de cinq CD, en vente sur Ebay, rassemblant des chants profanes et sacrés, y compris en Arabe, édités en 2001 par le Jewis Music Research Centre de The Hebrew University à Jerusalem. Malheureusement, je n'ai pas été capable de trouver sur leur site d'informations sur Shlomoe Dahiani ou sur ces CD.
Frédéric m'a également donné des informations sur le sens des titres du disque. Cela m'a permis d'en identifier au moins un de façon formelle, Ayelet shen (Gracieuse gazelle), l'un de mes préférés, dont on trouvait aussi une version sur l'album d'Ofra Haza. Les paroles sont adaptées d'un poème du 17e siècle du Rabbin Shalom Shabazi, comme la plupart de celles du disque d'Haza, et sûrement de celui-ci.
Au dos de la pochette, Shlomo Dahiani est photographié avec un oud, mais, sauf erreur de ma part, on n'entend aucun instrument à cordes sur ce disque, juste la voix de Shlomo accompagnée de percussions traditionnelles yéménites. Vous pourrez en juger par vous même avec les trois extraits ci-dessous, mais on n'est pas loin dans l'esprit de mon disque égyptien de Farouk Salama. Plus près de nous, et hors musique traditionnelle, je pense aussi en écoutant ce disque chant/percussions aux titres vaguement orientalisants de cet OVNI qu'est l'album Flowers of romance de PIL.
Toute information complémentaire sur Shlomo Dahiani et les chansons de ce disque est la bienvenue !

A écouter :
Sholomo Dahiani : Yemenit song 3
Sholomo Dahiani : Yemenit song 6
Sholomo Dahiani : Yemenit song 7

 
Le rond central de mon disque, ainsi que le dos de pochette, malheureusement imprimé à l'intérieur !

 
Quelques étiquettes de 78 tours de Shlomo Dahiani glanées sur des sites de vente en ligne.