06 mars 2016

SIEUR & DAME : Amour et papouasie


Acquis chez Gilda à Paris le 25 février 2016
Réf : KTB37 -- Édité par Kythibong en France en 2013
Support : CD 12 cm
10 titres

Quels sont mes critères pour sélectionner un CD à 50 centimes parmi des dizaines d'autres ? C'est simple : une pochette cartonnée en bon état très réussie, des titres en français pour un groupe français (de Nantes), un disque masterisé à Athens en Géorgie (ça en jette) et, cerise sur le gâteau, une chanson créditée entre autres à Julia Lanoë et Carla Pallone alias Mansfield Tya. Je ne sais pas vous, mais moi ça me suffit amplement.
Malgré tout, on place souvent de gros espoirs sur un disque acheté comme ça à l'aveugle pour être ensuite très déçu à l'écoute. Rien de ça ici puisque que cet album de Sieur & Dame, qui s'ouvre  sur l'air de Frère Jacques, est puissant et original. Une véritable découverte.
Après l'intro instrumentale, ce premier titre, qui donne une bonne idée de l'album dans son ensemble, se poursuit avec les deux voix contrastées du Sieur Etienne Anclin et de la Dame Claire Grupallo, rejoints sur cet album pour former un trio par Jonathan Seilman, qui a enregistré et mixé le disque. On repère tout de suite que Claire a une voix opératique qui évoque un peu, sur ce premier titre uniquement, celle de Catherine Ringer. Etienne, lui, a un chant proche de la voix parlée, qui m'a instantanément fait penser à un autre chanteur que je ne comprends pas, Albert Pla, le catalan qui a collaboré avec Pascal Comelade pour le spectacle et le disque Somiatruites.
Car une des premières choses que l'on remarque à l'écoute d'Amour et papouasie, c'est que, bien que les titres soient pour la plupart en français et que les paroles contiennent des mots et des expressions dans cette langue, l'ensemble est chanté dans une langue a priori inconnue.
J'ai trouvé une explication à ce mystère dans un entretien avec avec Lionel Delamotte pour Pulsomatic :
"Puis, le jeu intime avec le langage. On cuisine Etienne et ses textes, qui n’en sont pas ; il s’emporte si on parle de yaourt : « C’est péjoratif, on ne dit pas à une nana dans le jazz qu’elle fait du yaourt ! On dit qu’elle fait du scat ! Mon chant, c’est un langage personnel. Breton ou Eluard, quand ils faisaient de l’écriture automatique, on ne leur disait pas qu’ils ne savaient pas écrire. C’était une expression poétique. Là, c’est pareil, c’est une forme poétique ! ». Et le compère Romain qui tacle « Oui, c’est une sorte de slam poétienne ! ». Claire, elle, va « chercher dans le répertoire classique, dans ce que je suis en train de travailler par ailleurs, dans plein de langues, avec des vrais mots. Du latin, de l’allemand, de l’espagnol... »."
Mais les paroles et le chant sont associés à la musique et le tout donne un disque d'une grande unité, passionnant d'un bout à l'autre.
J'aurais tendance à dire que Terrible est mon titre préféré, mais je les aime tous. Pour se donner une idée du travail du groupe, on peut comparer les deux reprises du disque aux versions originales. Leur version de Cavaliers de Mansfield Tya a été publiée initialement sur l'album ReNYX. Cette reprise est bien créditée sur l'album, mais bizarrement l'autre, tout aussi excellente, ne l'est pas. Il s'agit d'Ours molaire de Piano Chat, publiée initialement sur la compilation Décennie : Couverture de leur label commun Kithybong. Peut-être parce que, en-dehors du titre, l'instrumental de Piano Chat et la composition de Sieur & Dame ont très peu en commun.
Amour et papouasie est le deuxième album de Sieur & Dame, après Perversion discrète en 2011. Ils sont sorti fin 2013 un 45 tours commun avec Gregaldur, Collé serré/Lambaldur, mais je les découvre un peu trop tard car le groupe a annoncé en septembre 2015 qu'il tirait sa révérence discrètement après neuf années de concerts, clips et disques. Ils ont du coup tout mis en téléchargement libre, mais on peut continuer à les soutenir en achetant leurs disques chez Kythibong, tous disponibles en CD et vinyl.




1 commentaire:

Anonyme a dit…

ah quelque chose qui change vraiment, effectivement c'est bien, je pense aux m Tya bien sûr mais aussi aux coco très fortement, malheur de malheur on en entend parler qd c'est fini et bien fini, pourtant je suis à nantes. Bonne découverte pgh

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