20 mars 2016

KEVIN AYERS : Caribbean moon


Offert par Fabienne M. à Mareuil-sur-Ay en mars 2016
Réf : 3C 006-05347 -- Édité par Harvest / EMI en Italie en 1973
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Caribbean moon -/- Take me to Tahiti

Après Althea et Donna hier, on reste dans les Antilles avec la Lune caribbéenne de Kevin Ayers.
Quand cette chanson est enregistrée en mars 1973, Pink Floyd, groupe signé sur le même label Harvest, vient de sortir The dark side of the moon. Ce qui intéressait Ayers, c'était clairement The light side of the moon, pas tant la face éclairée d'ailleurs que sa face légère !
On imagine la tête des fans de Floyd ou de son ex-groupe Soft Machine, alors en pleine phase jazz-rock, s'ils tombaient sur ce truc sautillant et plein de gaieté. C'est d'ailleurs ce que j'ai pensé aussi la première fois que j'ai entendu cette chanson, sur l'exemplaire de Dorian Feller de la compilation Odd ditties de 1976. Sur le coup, ça m'a paru vraiment trop léger, exotique et quasiment easy listening. Je n'avais pas saisi alors la dose d'humour et de distance que contenait cette chanson volontairement de pacotille.
L'album Bananamour a été enregistré en septembre 1972 mais il n'est sorti qu'en mai 1973, quelques semaines après ce 45 tours enregistré entre temps. Si la sortie de Caribbean moon a été aussi précipitée, c'est peut-être quand même parce que, second degré ou pas, Harvest espérait peut-être tenir là  un tube de l'été. Mais ça n'a pas marché et ce sera le même topo en 1976 quand le label choisira de commercialiser à nouveau ce 45 tours pour appuyer la sortie d'Odd ditties.
En mai 1973, lors d'un concert au Queen Elizabeth Hall de Londres, Ayers a justement présenté cette "imported song" comme "une de ces chansonnettes pour Radio 1". Mais les radios et le public ont préféré Pink Floyd, bizarrement, et ce 45 tours n'a pas dû vendre le millième de Dark side of the moon.
Chose rare à l'époque, une vidéo a été tournée pour Caribbean moon, peut-être à l'occasion d'une émission télé. C'est aussi un petit bijou, qui renforce l'humour de la chanson. On en voit des vignettes sur la pochette de ce 45 tours italien que je me suis fait offrir pour mon anniversaire, pochette que je préfère au dessin un peu tristos de la pochette originale anglaise.



Avec cette chanson, grâce à ses piccolo et sa flûte, avec la mention de la musique rasta et du calypso, on sait qu'aux Antilles, la lune est jaune comme une banane, à tel point que les éphèbes danseurs sont affublés d'une ceinture de bananes. Visiblement, je ne sais pourquoi, Kevin Ayers était obsédé à l'époque par la lune et les bananes. En tout cas, avec Singing a song in the morning, cette chanson est peut-être l'une des plus joyeuses et entraînantes d'Ayers.
En face B, pour continuer sur une note exotique, on trouve Take me to Tahiti, une chanson enregistrée pendant les sessions de Bananamour mais écartée de l'album, tout comme Fake Mexican tourist blues, encore une autre chanson pseudo-exotique de ce voyageur épris de soleil qu'était Ayers. Lors du concert des Banana follies en septembre 1972, il n'avait qu'une chose à dire en introduction de la chanson, c'est qu'il l'avait écrite à Malte !
En tout cas, si la seule mention de Tahiti est exotique pour nous, cet enregistrement l'est beaucoup moins que Caribbean moon, avec le son beaucoup plus électrique du groupe de Bananamour. Difficile donc de l'enchaîner par exemple avec Si t'as été à Tahiti de Paola...
Et pour finir, un petit bonus, avec une vidéo que Philippe R. m'a incité à regarder à nouveau le mois dernier et qui m'a donné envie de réécouter la version originale.
Après Althea et Donna, on a un autre duo de jeunes filles, Hanna et Anita qui reprennent Caribbean moon, en rendant hommage à la vidéo originale avec l'aide d'amis ou de membres de la famille. On sait s'amuser chez les Finnois, et leur joie est communicative ! C'est avec de genre de perles que YouTube peut s'avérer être un bon moyen de faire des découvertes musicales, et leur reprise est parfaitement dans l'esprit des chansons les plus gaies de Kevin Ayers.



2 commentaires:

Anonyme a dit…

Deux chroniques de morceaux légers et on dit que les français sont pessimistes? Il existe une version de l'album avec ce morceau, dans mon souvenir c'est un pressage us que mon amie marion avait dégoté à Parallèle il y a......plus de 40 ans! Oui monsieur je l'ai vu de mes yeux vu, c'est même comme ça que j'ai connu ce morceau.A moins que l'abus de banane fasse son oeuvre. En ce qui concerne la passion des bananes très cher c'est à ce genre de choses que nous voyons que vous êtes un jeune homme qui n'a pas grandi sous l'influence des compères Allen/Ayers, la lune est omni présente chez les deux compères (hippipi )quant à la banane elle est à l'un ce que le camembert est à l'autre et dans la première mouture de gong il y a des allusions à la banane mystique et j'y vois aussi une allusion décapante à la rumeur de l'époque de la banane hallucinogène. Vive la finlande sur qui Selene brille tant et plus pendant des mois et des mois.
Ph

Pol Dodu a dit…

Effectivement, Philippe, tes souvenirs sont bons : Caribbean moon a été ajouté au milieu de la face B de Bananamour dès 1973 sur les pressages américains Sire de l'album, avec ou sans pochette ouvrante. Comme ils n'en ont pas profité pour supprimer un autre titre, ça améliore d'autant l'album.
Je savais que l'obsession banane/lune concernait aussi Gong, mais ça ne nous dit toujours pas d'où ça vient !

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