10 janvier 2010

LEWIS FUREY : The humours of


Acquis chez Honest Jon's à Londres le 9 septembre 1981
Réf : SP-45094 -- Edité par A & M aux Etats-Unis en 1976
Support : 33 tours 30 cm
13 titres

(je conseille de lire d'abord l'histoire de mon premier exemplaire de ce disque)


Ainsi donc, mon premier exemplaire de The humours of, comme tous les pressages européens, ne possédait pas de pochette intérieure avec les paroles imprimées dessus. Le premier album, qui a largement été distribué en Europe mais n'y a jamais été pressé à ma connaissance (on trouvait le disque en "Import USA"), était, lui, fourni avec les paroles et c'est sur celles-ci que j'ai transpiré, alors que je venais juste de rentrer au lycée et que l'anglais n'était encore que ma "langue vivante 2", à essayer de les comprendre un minimum et à les recopier plusieurs fois à la machine à écrire.
Ne pas comprendre l'immense majorité des paroles de The humours of m'a longtemps dérangé et m'a empêché d'apprécier pleinement ce disque. Aussi, lorsque je suis allé pour la première fois à Londres, trouver un exemplaire de cet album avec une pochette intérieure, si tant est que ça existait, faisait parmi de mes priorités (même si la liste de mes priorités était très longue et excédait largement le budget dont je disposais).
Ce premier voyage à Londres, je l'ai fait avec Francis M, un de mes collègues de terminale, en septembre 1981, après le bac et les jobs d'été et avant d'entrer à l'université. Nous sommes partis une semaine voyage compris, et le troisième jour, nous sommes retournés dans Portobello Road (ma première visite le premier jour avait été pour la boutique Rough Trade). Chez Honest Jon's (aujourd'hui, ce nom est plus connu pour le label,dirigé notamment par Damon Albarn, qui lui est associé, mais, depuis 1974, cette boutique propose une sélection éclectique de disques, dont à l'époque, un certain nombre de disques d'occasion), je suis tombé sur un exemplaire américain de The humours of. La pochette était vide, j'ai donc demandé à voir le disque et c'est avec soulagement et une grande joie que j'ai constaté qu'il était bien inséré dans une pochette imprimée. J'ai à peine vérifié l'état du disque et, pour 2,50 £, j'avais enfin, après quatre ans, un deuxième exemplaire du disque, avec les paroles cette fois-ci.Lien
Avoir les paroles imprimées, c'est bien. Les comprendre, c'est autre chose. D'autant que, plus peut-être que celles du premier album, les paroles des chansons de The humours of ne sont pas linéraires. Je dirais qu'elles peuvent même partir dans tous les sens ou être un peu cryptiques, même si on sent bien qu'une bonne partie d'entre elles concerne les aventures amoureuses de Lewis, qui, comme avec Lewis is crazy, est même mentionné par son prénom dans Romance, sous la forme d'une lettre, comme au verso de la pochette de l'album, mais adressée à Lewis cette fois-ci : "Dear Lewis, I'm writing you this letter hoping that you're going to get yourself together. Think you've fucked around enough for one day - try romance, get carried away." Le refrain de la chanson étant justement "Romance. Take a chance", je ne peux m'empêcher de penser, c'est sûrement mon côté romantique, qu'il y a là quelque part un rapport avec la rencontre entre Lewis et Carole Laure, même si dans les paroles il est question d'une Susie.
Avoir les paroles imprimées, c'est bien. Les comprendre, c'est mieux. Ainsi, même en les lisant, en ce jour de septembre 1981, je ne comprenais toujours pas vraiment celles de Rubber gun show (Je ne savais pas à l'époque que Lewis avait écrit la musique d'un film portant quasiment le même titre, The rubber gun, et de toute façon je saisis toujours mal le rapport entre les deux), même si j'aime beaucoup le couplet "révolutionnaire" où il est question d'un roi décapité ("Ils ont trouvé sa couronne, mais ils n'arrivent toujours pas à trouver sa tête.").
Nous logions dans un dortoir à l'auberge de jeunesse de Holland Park. A peine rentrés de courses, et avant de ressortir le soir pour aller au Marquee assister à mon tout premier concert londonien (Television Under Screen et La Rox), j'ai chopé mon voisin de lit superposé, un australien qui passait par là, je lui ai mis la pochette sous le nez et je lui ai demandé ce que ça pouvait bien vouloir dire "Rubber gun show". Le pauvre. Il a regardé ça quelques secondes, il a bien vu qu'il y était assez question de sexe. Il m'a dit qu'il y avait sûrement de l'argot américain et que peut-être "Rubber" faisait référence à des capotes.
Il m'aura fallu attendre 2004 pour avoir une explication un peu plus détaillée et exacte. Interrogé par Mojo pour la rubrique Trésor enfoui consacrée à cet album (voir ci-dessous), Lewis Furey explique que le film "est à propos d'un groupe de jeunes de Montréal, avec leurs histoires d'amour et leurs trafics de drogue. La situation est prise un peu à la légère, du genre, 'On sort un pistolet en plastique', mais les flics ont de vraies armes."

Fort logiquement, ce disque est quasiment identique à son homologue européen, à quelques détails près. Côté musique, c'est strictement la même chose, sauf qu'ici le pressage est de bien meilleure qualité que le français.
La pochette intérieure a un verso illustré d'une photo en noir et blanc, où l'on retrouve l'écran de télé du recto de la pochette, avec dessus deux mains enlacées, dont l'une gantée. Là encore, c'est un peu cryptique.
Il y a quand même sur le disque lui-même une petite différence, qui concerne le dernier titre, la reprise de Cop's ballet avec un son de crin-crin, comme si le disque était joué par un phonographe. Dans les pressages européens, ce titre de trente secondes se termine par des sons répétés en à-coups, comme si le disque était rayé. Pareil pour le disque américain, sauf que le bras de la platine continue ensuite à avancer vers le rond central, sans que le son s'arrête. En observant le disque, on se rend bien compte que tout ça finit en un "lock groove" cher à JC Menu. Pour ma part, je ne peux pas en profiter et écouter cette boucle pendant des heures, vu que ma bonne vieille platine Dual s'obstine à relever automatiquement le bras avant qu'il atteigne le dernier sillon.

Après des concerts à Montreal en 2008 et Tokyo en 2009, Lewis ' sera de retour sur scène à Paris, du 4 au 7 février 2010 à l'Européen. On devrait avoir ainsi l'occasion de le voir et l'écouter interpréter son récital de Selected songs, pris parmi ses enregistrements de 1975 à 1985. Les billets pour ce spectacle sont en vente sur le site de l'Européen.
Pour fêter ça, Lewis Furey Productions va rééditer dans les prochaines semaines les deux premiers albums, Lewis Furey et The humours of, et sortir une compilation Selected songs reprenant les premières versions enregistrées des titres interprétés sur scène !




Chronique de l'album dans le NME par Fred Dellar, vers 1976 (cliquer pour agrandir).


Publicité pour "The humours of" parue dans le magazine américain After Dark en octobre 1976. (Merci à Leslie Radowill pour la copie) (cliquer pour agrandir).


The humours of, un "Buried treasure" pour Mojo, par Martin Aston en 2004 (cliquer pour agrandir).

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