28 janvier 2018

CORNERSHOP : Motion the 11


Acquis chez Reckless Records à Londres le 19 janvier 2018
Réf : [ROOT 018] -- Édité par Bilbao [Wiiija] en Angleterre en 2001
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Motion the 11 -/- Motion the 11

J'étais à Londres la semaine dernière pour un très court séjour.  A un moment, je me suis retrouvé dans Oxford Street et j'en ai bien sûr profité pour pousser dans Berwick Street. Je n'ai pas exploré la rue de bout en bout, mais j'y ai trouvé deux disquaires survivants (en attendant la réouverture annoncée pour cet été de Music and Video Exchange).
Chez les deux, je ne me suis intéressé qu'aux soldes. J'ai trouvé un CD chez Sister Ray et quelques 45 tours chez Reckless.
J'ai rigolé doucement en entrant chez Reckless, dans l'allée entourée de 33 tours qui mène jusqu'au comptoir : presque tous les mètres, il y avait une affichette punaisée sur les rayons pour indiquer que, désolés, mais ils ne disposaient pas de platine pour écouter les disques. Autrement dit, le vinyl c'est notre business et on n'a pas attendu la nouvelle vogue pour s'en préoccuper, mais au moins ça nous permet de vendre nos disques encore plus cher, mais en tout cas, venez pas nous emmerder à vouloir écouter/tester ce qu'on vous vend à prix d'or, surtout vous les touristes !
Au comptoir, il y avait deux boîtes de 45 tours reggae jamaïcains. Je les ai regardés rapidement, sans illusion car, d'expérience, je savais d'emblée que les 45 tours, même s'ils avaient l'air antiques, seraient plutôt années 1990 qu'autre chose, et qu'il n'y aurait aucun titre ou artiste que je connaîtrais.
Rien pour moi, donc, mais ça m'a mis dans l'ambiance pour la suite, quand j'ai passé en revue les deux boites de 45 tours non-reggae soldés, à 50 p ou 1 £ pour la plupart.
Assez vite, je suis tombé sur un premier exemplaire de ce 45 tours, et je me suis dit que c'était assez réussi : tout était bien fait pour que ça ressemble à un 45 tours jamaïcain : la pochette neutre blanche, le gros rond central à l'américaine ou à la française plutôt que le petit à l'anglaise, le choix de couleurs de l'étiquette, et même les mentions (inventées) du label et de l'éditeur. On aurait pu croire que ce disque avait été déclassé de l'autre boite, sauf que le titre, Motion the 11, je le connaissais pour le coup, puisque c'est l'une de mes chansons préférées de l'album Handcream for a generation de Cornershop.
Quelques instants plus tard, je suis tombé sur un deuxième exemplaire, celui que j'ai acheté, bien sûr, qui contenait un communiqué de presse donnant quelques détails sur ce 45 tours :



Ce disque marquait donc le "retour" de Cornershop avant la sortie l'année suivante de l'album. Ce n'était pas le single officiel extrait de l'album (ce sera Lessons learned from Rocky I to Rocky III), mais un 45 tours "extrêmement limité", volontairement anonyme, qui je suppose n'a pas été beaucoup distribué en-dehors des envois de promotion à la presse et des soirées Ital, que Cornershop organisait et où ils jouaient les DJ.
Si, comme moi, vous vous demandez ce que ça peut signifier Motion the 11 (Faire bouger le 11), eh bien sachez que, selon Popmatters, ça désigne la figure de danse où l'on met les deux bras en l'air et on les fait aller d'avant en arrière. Et, quand on le sait, on peut effectivement visualiser un 11 mobile !
On trouve deux versions de Motion the 11 ici qui, fondamentalement, sont le même enregistrement que la version de l'album. Sur la face A, la chanson est considérablement réduite. Sur la face AA (la version utilisée pour la vidéo), on a quasiment la version album en entier, y compris le passage au début où l'un des chanteurs fait tout arrêter en demandant à l'ingénieur du son de bien veiller à tout enregistrer dès qu'il est au micro, car avec lui on ne sait jamais, la bonne prise peut arriver à tout moment.
Motion the 11 est à la base un titre roots reggae, avec bien sûr une basse énorme, de vrais cuivres et des claviers. Il y a Tjinder Singh au chant avec deux invités, Jack Wilson et Kojak du groupe The Nazarites. C'est excellent, dynamique et dansant. Ça vaut largement les meilleurs collaborations de The Clash avec Mikey Dread.
Comme Handcream for a generation s'est beaucoup moins vendu que son prédécesseur When I was born for the 7th time, c'est un album que l'on trouve facilement pour pas cher et que je vous conseille fortement.
Et c'est presque sans surprise que j'ai découvert que la vidéo pour Motion the 11, une compilation d'images documentaires sur la Jamaïque, débute avec des plans pris dans une usine de pressage de disques et chez un disquaire.



5 commentaires:

Charlie Dontsurf a dit…

Nous aurions pu nous croiser à Saint-Pancras ! J'étais en famille, version courte, à Brighton du 18 au 20 janvier pour le Graduation Day de la petite dernière. J'ai pris bien plus de plaisir à parcourir la ville que lors de mes deux précédents et récents séjours, d'autant plus que le soleil était présent. Il y a quelques disquaires bien évidement dans cette bonne ville. Citons, Wax Factor, une véritable caverne d'Ali Baba où vous pourrez passer des heures. A titre d'exemple, il est possible de se faire une belle collection des singles d'Elvis Costello. J'ai beaucoup plus apprécié Vinyl Emporium à l'Open Market que lors de ma visite de l'été dernier : du rangement a été fait dans le stock. Chez ces deux disquaires, les prix sont ce qu'ils sont. En fonction de ses centres d’intérêt, il est possible de faire des affaires (Squeeze et Pretenders pour moi). Chez VE, il est agréable de fouiller dans les bacs à 5 ou 3 £, les mains rapidement dégueulasses, et de tomber sur un petit vinyl intéressant.

Pol Dodu a dit…

Salut Charlie,
Effectivement, on aurait pu se croiser car on avait exactement les mêmes dates de voyage !
Pour ma part, j'aurais l'occasion d'en chroniquer quelques-uns je pense, j'ai surtout acheté des CD pas chers, des singles promos chez Music & Video Exchange, et des albums, pas chez des disquaires mais dans des boutiques caritatives.

Charlie Dontsurf a dit…

Comment fais-tu pour trouver des disques intéressants dans les boutiques de charité ? Je n'y ai jamais rien trouvé, en province anglaise en tout cas. A tel point, qu'on m'y a interdit d'y mettre les pieds !!

Pol Dodu a dit…

C'est simple, en province anglaise comme dans la capitale, c'est comme pour les vide-greniers en France : Tu en fais plein et tu en ressors souvent bredouille. Tu n'espères surtout pas trouver un vinyl rare et pas cher (si ça t'arrive, c'est un gros coup de bol). Et tu es content quand tu trouves des CD, peut-être courants, mais que tu n'as pas et qui sont pas chers...!

Anonyme a dit…

je ne suis pas étonné: le dodu ila un pif du tonnerre doublé d'une chance déconcertante souvent, mais dans tous les cas , mais c'est logique aussi car la chance sourit aux audacieux et à ceux qui ne ménagent pas leurs effort et Mister Dodu il a de la suite dans les idées le bougre. J'en ai fini de l'ode au dodu!

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