30 juillet 2017

SANDIE SHAW : Puppet on a string


Acquis sur le vide-grenier de Dizy le 12 mai 2017
Réf : PNV 24 185 -- Édité par Pye en France en 1967
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Puppet on a string -- Tell the boys -/- I don't need anything -- Keep in touch

Allez, on va innover ici avec notre premier feuilleton de l'été. Oh, pas une saga interminable, juste quatre épisodes, dont un double, pour revivre les aventures discographiques françaises de la participation de Sandie Shaw à l'Eurovision en 1967. Un format réduit car on ne s'intéressera qu'aux EP, pas aux 45 tours deux titres ni aux albums... L'idée m'en est venue quand j'ai acheté ce disque au printemps dernier et que je l'ai confronté à d'autres qui figuraient déjà dans ma collection.
L'Eurovision, c'est un concours international, mais dans chaque pays qui participe, c'est visiblement une grande affaire nationale. Je suis ça de très loin, mais ces dernières années il m'a semblé que par chez nous divers systèmes plus ou moins élaborés ont été mis en place pour sélectionner le représentant français. Je croyais que c'était assez nouveau, mais il ne semble pas : en Angleterre, c'est depuis 1957, soit dès l'année de la deuxième édition du concours, qu'il existe une émission télévisée pour sélectionner la chanson.
En 1967, c'est Sandie Shaw qui avait été retenue pour représenter l'Angleterre et elle a chanté les cinq chansons proposées dans le cadre de A song for Europe, diffusée le 25 février dans le Rolf Harris Show. Ensuite, le public a pu voter par courrier et les résultats ont été annoncés le 4 mars.
C'est donc Puppet on a string qui est arrivée en tête, devant Tell the boys. Les trois autres titres présentés étaient I'll cry myself to sleep, Had a dream last night et Ask any woman.
Il parait que Puppet on a string était la chanson parmi les cinq qui plaisait le moins à Sandie Shaw ! Elle est signée Bill Martin et Phil Coulter. Un peu plus tôt cette année, en commentaire de ma chronique d'une version orchestrale de Puppet on a string par la Fanfare des Saints-Pères, quelqu'un a indiqué que ce tube est un pompage de Mademoiselle Adeline, une chanson créée par Jean Tranchant en 1936, avec un accompagnement par Django Reinhardt et Stéphane Grappelli. Effectivement, à l'écoute, j'ai entendu quelques similitudes dans le refrain, notamment le "hoquettement", mais, ne l'ayant jamais vu mentionné nulle part, je doutais un peu qu'il y ait eu un procès gagné par Jean Tranchant à ce sujet. L'information figure pourtant chez Le Hall, Centre National du Patrimoine de la Chanson, on peut donc lui accorder du crédit.
La finale du concours de l'Eurovision eut lieu le 8 avril, à Vienne en Autriche. Il est donc très probable que le disque qui nous intéresse aujourd'hui, la première édition française en EP de Puppet on a string, est sorti entre le 4 mars, date de l'annonce du choix de la chanson, et le 8 avril, date de la finale.
On note, peu visible en blanc sur la pochette, au-dessus de "Puppet on a string", la mention "Chanson anglaise de l'Eurovision 1967". Cette mention est reprise au dos de la pochette et sur la rondelle du disque.
Comme souvent avec les EP quatre titres français, on trouve ici les faces de deux 45 tours deux titres anglais, celui avec Puppet on a string et Tell the boys, et celui sorti un peu plus tôt début 1967 avec I don't need anything et sa face B Keep in touch.
Rétrospectivement, ce n'est pas surprenant que Puppet on a string ait remporté le concours haut la main cette année-là. C'est une chanson simple au possible (une marche ?), entraînante... On imagine bien des foules la chanter à des mariages ou des fêtes de la bière ! En tout cas, son succès a relancé la carrière de Sandie Shaw, qui était un peu au creux de la vague en 1966.
Tell the boys est la chanson qui était arrivée deuxième lors de la sélection. On est peut-être plus dans le style habituel de Sandie Shaw, avec des paroles qui restent au degré zéro du yéyé. Idem pour I don't need anything, en version slow, avec cordes et cuivres et tout le bastringue.
Ma préférée des quatre est peut-être la dernière, Keep in touch. Bizarrement, cette face B anglaise de 1967 était sortie en France dès 1966, en français et en titre principal d'un EP sous le titre Je ne marche pas. Effectivement, je crois que ça n'avait pas marché !
Je ne sais pas quel a été le succès en France de ce disque dès son lancement, avant même la publicité générée par le succès à l'Eurovision, mais vu que cette édition a été en vente peu de temps, elle est sûrement (et très relativement) plus rare que certaines des suivantes.

(à suivre)


Sandie Shaw, Puppet on a string, à l'Eurovision en 1967.


Sandie Shaw, Puppet on a string, hors concours et en partie en espagnol, à l'Eurovision en 1970.


Sandie Shaw, Keep in touch.

3 commentaires:

debout a dit…

https://www.youtube.com/watch?v=FEb68L-3UWY

Dans le genre "chanson simple", la première de ces deux ci qui, par moments, rappelle la ligne mélodique de celle de Sandie Shaw... ou de Mademoiselle Adeline, donc... puisque la variété, c'est un peu "la Famille Tuyaud'poêle se lance dans le hit parade" !

Pol Dodu a dit…

Ouh la. En première approche, j'ai un peu de mal à trouver une similitude entre les deux lignes mélodiques, tellement les arrangements sont différents, mais je veux bien croire que cette similitude existe !

debout a dit…

C'est pas faux, avec un peu de persévérance (et, beaucoup de cette sympathique mauvaise foi dont usait et abusait Francis Blanche dans son jeu des coïncidences musicales, fleuron de son temps d'antenne du joli nom de "les kangourous n'ont pas d'arêtes"), on y arrive....

https://www.youtube.com/watch?v=m1ITQx8ngCQ

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