27 novembre 2015

MARC STECKAR : La joie


Acquis sur le vide-grenier de la Rue de l'Hôpital à Epernay le 15 novembre 2015
Réf : HO 1019 -- Edité par Homère en France vers 1967
Support : 45 tours 17 cm
Titres : La joie -- Spirit sound (La fille et l'oiseau) -/- Jojo le mérou -- Entre chien et loup

On n'avait pas prévu de sortir ce dimanche, mais le temps était étonnamment beau et ensoleillé alors, passées quatorze heures, on est parti faire un petit tour sur la broc à Epernay, plus pour la balade que pour les bonnes affaires.
Et pourtant, outre une intégrale en quatre CD de La Bolduc au prix imbattable de cinquante centimes, j'ai acheté trois disques intéressants à un vendeur semi-professionnel. Il avait notamment un carton de 45 tours à cinquante centimes les trois où je n'ai malheureusement rien vu d'intéressant pour moi, et un autre avec des disques plus recherchés, sans prix indiqué. Ça commençait mal car le bonhomme m'a dit de faire mon choix et qu'il me donnerait son prix ensuite, libre à moi d'accepter ou pas. Pour ma part, je préfère avoir un prix de base avant de faire mon choix car je marchande très mal. Mais j'ai quand même pris le temps de tout regarder car un autre gars était en train de payer vingt euros seulement une poignée de disques 45 tours et 33, "comprenant des Elvis" apparemment. Au bout du compte, j'ai sélectionné trois 45 tours, un bel EP d'Yma Sumac des années cinquante en très bon état, le tube psyché-pop Je reviens au pays de Sullivan  et ce disque-ci. J'étais prêt à payer jusque cinq euros pour le lot et j'ai été bien content que le vendeur ne m'en réclame que trois !
La pochette de ce disque de Marc Steckar est suffisamment drôle et surprenante pour qu'on s'intéresse ce disque, mais même sans ça il m'aurait intéressé car j'ai eu l'occasion de voir Marc Steckar en concert il y a bien longtemps, le 13 mai 1983, dans le cadre du quatrième Festival des Musiques de Traverses de Reims. Ce n'est pas ma journée la plus mémorable sur ce festival, mais elle a quand même été bien pleine avec des concerts souvent aux limites du jazz de Pinski Zoo, Nasmak (des hollandais), Un Drame Musical Instantané, Zila (un projet jazz/musique africaine avec Dudu Pukwana) et Steckar Tubapac, un orchestre fondé par Marc Steckar.
Je n'ai pas vraiment de souvenirs de ce concert. A chaque fois que j'y repense, c'est le Willem Breuker Kollektief qui me revient à l'esprit, des hollandais jazzeux qui, l'année précédente sur la même scène, ne dédaignaient pas les pitreries.
Dans les années 1960, Marc Steckar jouait plutôt du trombone que du tuba. Il a joué dans de nombreux orchestres et accompagné de nombreux chanteurs, et a sorti au moins deux 45 tours sous son nom sur le label Homère et sous la bannière "Trombone new sound". Celui-ci est le deuxième, et ce qui est bizarre c'est que des paroliers sont indiqués pour chacun des quatre titres, dont le romancier Louis C. Thomas, alors que le disque est entièrement instrumental ! Je n'ai pas trouvé trace de disques avec des versions chantées alors je me demande si le crédit donné aux paroliers n'est pas une façon de faire un clin d’œil à des potes...
Le disque a des accents jazz, mais pas trop marqués, et il est enlevé. La joie, qui commence par du trombone glou-glou façon Ron Capone, et Jojo le mérou (super titre !) avec ses effets de sirène de navire, ont des accents sud-américains dans le rythme et les percussions. Spirit sound est très bien aussi. Il n'y a que Entre et chien et loup qui me plaît moins. Le rythme est plus lent, mais ce n'est pas surprenant avec un titre pareil.
Marc Steckar est mort au début de l'été, à quatre-vingts ans. La Gazette des cuivres lui a rendu hommage et propose notamment un extrait de Tubapassion, un documentaire de 2000 de Béatrice et Patrick Reynier sur les vingt ans de Steckar Tubapac.
D'écouter le trombone de Marc Steckar m'a fait penser à un tromboniste qui vient de mourir, Rico Rodriguez, qui accompagnait les Specials sur A message to you, Rudy en 1979.
Et si on voulait écouter des cuivres ce mois-ci, la meilleure chose à faire c'était de suivre la procession funéraire d'Allen Toussaint à la Nouvelle-Orléans.

Marc Steckar : La joie.

 Marc Steckar : Spirit sound.

Marc Steckar : Jojo le mérou.



3 commentaires:

Anonyme a dit…

quelques remarques: d'abord si g.joujouvin avait eu l'idée de donner dans un genre comme ça ça aurait fait du bien à la musique en france, 2 avant steckar il y a eu des personnes très importantes en lien avec les traverses à plusieurs titres: Mike Westbrook (vu 1 fois à reims dans les70's) et chris mc gregor (vu 2 fois à reims dont une au moins aux cordeliers mais mongezi feza était déjà mort) ). A l'époque dans ces concerts il y a avait plus de fans de rock que de jazz, l'éclectisme primait sur la chapelle.
Tout ça pour dire que steckar dans son style finalement avec le recul ne dépareillait pas (même si pas primordial) dans les programmes des traverses. Ce que je n'aurais pas dit à l'époque. Enfin le lien avec toi est direct puisque je vois qu'il a enregistré "jojo le mérou" ce qui nous renvoie à couch'tot/cousteau.
Salutations distinguées, ph esquire

Pol Dodu a dit…

Toi aussi tu mentionnes Jojo le Mérou sans évoquer Dédé la Sardine. Je me suis soigneusement retenu de le faire... jusque là !
Pour Couch'tot/Cousteau, tu penses peut-être à une rubrique des premières émissions de Vivonzeureux!, qui s'appelait quelque chose comme La patrouille des petits Lève-tôt et le commandant Couche-tard ?

Pol Dodu a dit…

Ça m'est revenu, et j'ai vérifié, la rubrique s'appelait Le commando Couche-Tard et la patrouille des petits Lève-Tôt. Elle a figuré quelques fois dans les six premiers mois de l'émission. Il était question des aventures du commando et de la patrouille.
Je n'ai aucune idée par contre du contenu de la rubrique, qui n'était pas musical je pense. Il faudrait que je réécoute une cassette pour avoir la réponse, mais je n'ai pas le courage...

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