16 février 2014

PASCAL COMELADE : Avis aux inventeurs d'épaves


Offert par Fabienne M. à Mareuil-sur-Ay en novembre 2013
Réf : BEC5161638 -- Edité par Because en France en 2013 -- n° 286/300
Support : 168 pages 20 cm + 2 x 45 tours 17 cm
Titres : Under my thumb -- Let me try  -/- Sunny afternoon -- Brown sugar & Smoke on the water -- Ramblin' rose -/- The sad skinhead -- Sex machine

En 1993, Pascal Comelade a édité Danses et chants de Syldavie, une compilation sous-titrée Apologie de la reprise individuelle. Depuis 1981 avec l'album Sentimientos et encore aujourd'hui, les reprises, et plus largement les références (musicales ou dans les titres) à la culture musicale (surtout le rock) font partie intégrante du travail de Pascal Comelade.
Par ailleurs, depuis quelques temps, il montre de plus en plus souvent ses créations graphiques : sur ses propres pochette de disques, en couverture de livre ou lors d'expositions, comme Rocanrolorama per males arts. Cette production grahique a presque systématiquement un lien avec la musique.
A l'automne dernier, avec ce très beau livre-disques, Pascal Comelade a fait la synthèse de tout ça. On connait grâce à Patrice Caillet le discographisme récréatif, soit la modification ou la re-création ponctuelle par un anonyme d'une pochette d'un disque. Avec son Avis aux inventeurs d'épaves, Pascal Comelade va plus loin et il systématise cette pratique de la reprise de pochettes de disques (ou d'étiquettes centrales quand les disques n'ont pas de pochette).
Pour ce projet, entamé en 2007, il ne s'est pas intéressé à n'importe quels disques : ce sont des 45 tours de sa propre collection qu'il a entrepris d'illustrer à taille réelle en "technique mixte sur carton".
La sélection des 166 disques concernés nous en dit tout autant sur l'évolution du graphisme des pochettes de 45 tours des années 1960 à 1980 que sur les goûts musicaux de Pascal Comelade. Très vite en tout cas, comme quand on examine les disques d'un copain ou quand on farfouille dans les bacs d'un disquaire spécialisé, on se retrouve à trier les disques concernés entre ceux qu'on connait, ceux qu'on ne connait pas, ceux qu'on a, ceux qu'on aimerait avoir...
Sans surprise, le programme est ici très pointu. Il y a quelques disques que j'ai effectivement (John Fred, Procol Harum, Jumpin' Jack flash, Joan Jett, Question Mark and the Mysterians, Manfred Mann, The Lemon Pipers, Arthur Brown, Free, Shocking Blue, MC5), dont certains ont même été chroniqués ici (Louie Louie, Satisfaction, The letter, Denis, God save the Queen). Pour la plupart cependant, ce sont des disques que j'aimerais bien avoir ! Sans être trop gourmand, j'aimerais bien tomber au coin de la rue (et pour pas cher, si possible) sur Reverberation (Doubt) de The Thirteenth Floor Elevators, Love makes sweet music de Soft Machine, Surfin' bird de The Trashmen, Pachuco cadaver de Captain Beefheart and his Magic Band. Et je vais peut-être m'arrêter là parce que j'en suis qu'au premier tiers du bouquin !
Plus étonnant, il y a dans le lot toute une série de groupes que je ne connais pas, dont plusieurs formations psychédéliques anglaises : The Primitives, The Kinetics, The Balloon Farm, Grapefruit, The Brogues, Blues Magoos, Cupids Inspiration, The Syn, The Gun, Love Affair, The Cake, The Groupies et Ronnie Self.
Et il n'y en a pas que pour les yeux car les reprises graphiques sont accompagnées de huit reprises sonores, sur deux 45 tours insérés dans la couverture du livre. Une étiquette sur le cellophane précise même "avec des reprises inédites". Ce n'est pas le cas de la majorité d'entre elles, il me semble, puisque Let me try (MC5) et Sunny afternoon (The Kinks) étaient sur Danses et chants de Syldavie et Ramblin' rose (MC5 encore) sur A freak serenade. Under my thumb sur N'ix (un album avec Enric Casasses), Brown sugar sur Compassió pel dimoni n'étaient sorties jusque là sur disque qu'en Espagne. Je ne suis pas certain que la version de Smoke on the water est différente de celle de Live in Lisbon and Barcelona. Je ne connaissais pas cette très courte version de Sad skinhead de Faust et la version de Sex machine est un document qui me rappelle le concert du Bel Canto Orquestra à Reims le 8 mai 1986. Comme c'était son habitude à l'époque, le groupe avait terminé le concert debout et aligné, à danser et chanter cette chanson.
Il faut vraiment être passionné par le rock pour se lancer dans un projet pareil, et aussi pour s'y intéresser. Mais je crois qu'on est quelques-uns dans ce cas... 

Au moment où j'écris, des exemplaires de cette édition limitée sont toujours en vente chez Because.



5 commentaires:

Starsailor a dit…

Bonjour Pol, as-tu acquis cet autre objet luxueux: http://www.because.tv/shop/Pascal-Comelade/despintura-fonica--affiche-barcelo-edition-limitee-numerotee ?

Bien à toi,
Jacques.

Pol Dodu a dit…

Jacques,
Non, pas celui-là. Ma liste de cadeaux-de-Noël-d'avance n'est pas trop extensible. Mais, dans la série "Illustrations" de 2013 promue par Because, j'ai bien le 33 tours de "El pianista del antifaz"...

Virginie a dit…

Merci d'avoir parlé de ce bel objet que j'aimerais bien posséder mais qui est un peu cher pour mon budget serré.Un truc m'interpelle toutefois dans ton papier. Tu dis à un moment: "il y a dans le lot toute une série de groupes que je ne connais pas, dont plusieurs formations psychédéliques anglaises". Et là tu cites The Primitives.Venant de ta part ça m'étonne beaucoup. J'ai lu de travers non?

Virginie

Virginie a dit…

En fait je me rend compte que je dois pas penser aux mêmes "Primitives"
Autant pour moi :-)

Pol Dodu a dit…

Oui c'est ça, Virginie, ce sont des Primitives anglais des années 60, pas ceux qu'on connaît des années 80. Le disque est "Ho Mary", sorti chez Vogue, et il est très recherché.

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