01 juillet 2013

G. G. VIKEY : Vikey est mort / Vikey au paradis


Acquis chez Amazon par correspondance le 30 juin 2013
Réf : [sans] -- Edité par Bolibana en France 2011
Support : 2 x MP3
Titres : Vikey est mort -- Vikey au paradis

J'ai entendu pour la première fois des chansons de G. G. Vikey l'an dernier, avec  les compilations de l'émission L'Afrique enchantée de France Inter : l'excellente Gentleman Vikey est sur Ticket d'entrée et la toute aussi bonne Président Vikey sur C'est moi le chef !.
Qu'il fasse dans le high life ou le rythme afro-cubain, avec sa guitare et des arrangements fins et sobres, G. G. Vikey produit avant tout de la chanson (l'un de ses surnoms est d'ailleurs "le Georges Brassens du Bénin"). A ce titre, Donny Elwood, également découvert sur l'une de ces compilations, peut être considéré comme l'un de ses successeurs. D'une voix douce, Vikey égrène ses paroles, avec un humour pince sans rire et, avec l'air de ne pas y toucher, une satire sociale et politique mordante.
Pour Gentleman Vikey, ça donne ça :
"Attention, surveillez vos femmes, attention, surveillez vos filles, quand elles entendront mon calypso, vos filles me suivront tous les jours. Mais moi je suis un gentleman, au lieu de vous faire pleurer, je préfère semer la joie dans tous les coeurs. Je réconcilie les époux et je leur dis adieu, je pars pour d'autres cieux, pour d'autres aventures".
Et pour Président Vikey, ça donne ces paroles toujours d'une brûlante actualité, partout dans le monde :
"Votez pour moi massivement et verrez ce que verrez. Je changerai notre pays d'un coup de bâton magique. Je jetterai de jolis ponts sur toutes nos rivières. Tout le monde travaillera, tout le monde vivra bien."
L'autre jour, je suis tombé chez World Service sur un billet de 2008 et j'ai téléchargé les quatre titres d'un EP années 60. Je les ai réécoutés hier. Outre, Président Vikey, il y a deux excellentes chansons, Je vous remercie et Kanté Facelli (en hommage au fondateur des Ballets africains), plus un truc à la cubaine en espagnol, Sopa de pinchon, pas très loin dans l'esprit de Guantanamera.
C'était tellement bon que je me suis mis en quête d'informations sur G. G. Vikey, et là petit choc et tristesse, j'apprends qu'il est mort à Cotonou tout récemment, le 15 mai, à 69 ans. Ses obsèques, initialement fixées le 20 juin, ont eu lieu la semaine dernière.
Dans la même recherche, je suis tombé sur deux titres de chansons de G. G. Vikey, enchaînées sur le seul album de lui actuellement disponible (en numérique), Chantre de la négritude. Ces deux titres, de circonstance, sont Vikey est mort et Vikey au paradis.
Avec plus de quarante ans d'avance, il envisage lui-même son hommage funèbre : "Je n'aime pas les goujons qui se prennent pour De Gaulle. Je présente mes hommages à tout citoyen mais je n'apprécie pas du tout que l'on se surestime. Ne voulant pas de faux-jetons, mes malheurs sont applaudis, et le jour de mon enterrement, ils feindront de pleurer, ils diront l'Ave Maria au pied de ma tombe, ils boiront du bon vin de palme pour me dire au revoir et quelques instants après, ils exprimeront leur joie : il est mort, le salaud de Vikey est mort, ah ah. Vikey est mort, le salaud de Vikey est mort."
C'est suivi de son arrivée au paradis : "Gentleman Vikey à présent va quitter la terre, s'est rendu tout droit, tout droit au royaume des cieux. Des cris de joie saluèrent son arrivée, tel fut le rêve que je fis au cours d'une nuit. Les anges et les angèles dansaient autour de Vikey et Vikey en leur compagnie volait comme un oiseau. Les canons et les trompettes ne cessaient de résonner, louant Dieu, saluant Vikey, tout le monde chantait. Sois le bienvenu, Vikey, au royaume des cieux, il y a longtemps, Vikey, que nous t'attendions ici. Quant tu étais sur terre, nous te suivions partout, tu égayais tous les coeurs, même les désespérés."
Rien à ajouter à ça, si ce n'est pour confirmer que l'écoute de ses chansons met effectivement en joie.
Du coup, j'en ai appris un peu plus sur G. G. Vikey et son parcours. C'est en France, où il était pour le travail et les études, qu'il a enregistré ses disques, sous la houlette de Gilles Sala. Dans les années 1960, il y a eu au moins sept EP (Sur le lac Ahémé chez Ducretet-Thomson, Gentleman Vickey, Vive l'Afrique, La bêtise humaine, Vikey est mort, Vikey au paradis et Président Vikey chez Riviera) et un 33 tours, Chantre de la négritude, avec seize titres qui sont tous sur les 45 tours. Gentleman Vikey est en fait une reprise de Gentleman Bobby, une chanson du nigérian Bobby Benson. C'est, avec Vive les mariés, son titre le plus populaire.
De retour au Bénin en 1968, G. G. Vikey a entamé une carrière dans la haute fonction publique, un parcours qui expliquerait son retrait assez rapide de la scène musicale. On se doute bien que l'humour caustique dont il faisait constamment preuve aurait pu lui porter préjudice.
En tout cas, grâce à  ses chansons, même s'il n'est plus sur terre, G. G. Vikey continue à égayer tous les coeurs.


La pochette du 33 tours original Chantre de la négritude.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

tous les anges et les angèles" celle là j'aurais aimé la trouver
bravo ce message donne envie.
ph

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