
Consulté sur YouTube en septembre 2026
Réf : 14 209 -- Édité par Mercury en France en 1959
Support : 4 fichiers flv
Titres : Flat tire -- Whacha gotta lose -/- Cool shake -- The white cliffs of Dover
Il faut s'y faire, il y a un grand nombre de disques qu'on peut découvrir (pochette et musique) sans vraiment espérer les tenir un jour en mains. Mais ce n'est pas pour autant qu'on va continuer à les ignorer complètement.
Ce 45 tours français quatre titres, je l'ai "découvert" quand quelqu'un a fait circuler en ligne la reproduction de sa pochette. Et quelle pochette ! Pas besoin de quadrichromie ni de gros moyens quand on a une photo aussi réussie, bien mise en page, qui illustre parfaitement le thème de la chanson, un pneu crevé.
Bon, il n'y pas de hasard, non plus. Si on regarde en bas à gauche de la pochette, on voit le nom du photographe, Herman Leonard, un américain qui a longtemps vécu à Paris. C'est un grand de la photographie, qui est surtout réputé pour ses photos de musiciens de jazz, mais il a fait aussi dans la mode et la publicité et à l'époque il bossait pour Barclay (qui, notamment, sortait les disques Mercury en France).
The Del Vikings était un groupe de doo-wop qui avait pour double particularité d'être composé de jeunes recrues de l'armée, et d'être noir et blanc, ce qui n'était pas courant en pleine ségrégation.
Ils ont eu des problèmes contractuels et des divisions, ce qui fait qu'au plus fort de leur succès, vers 1957, il y a eu deux groupes, The Del Vikings chez Mercury et The Dell Vikings chez Dot, qui parfois ont tous les deux sorti le même titre !
Parmi ces titres, il y a notamment Down in Bermuda, une des chansons, avec le Bermuda des Bell Sisters, qui ont dû inspirer Jonathan Richman pour son propre Down in Bermuda.
Cet EP compile des titres de quatre disques américains différents, deux faces A de 45 tours, une face B et un titre d'album.
Flat tire est une chanson originale. Clyde Otis a dû se charger des paroles. Son nom ne me disait rien du tout, mais c'est quelqu'un d'important dans la musique : il a écrit et produit des centaines de chansons, notamment pour Brook Benton et d'autres artistes signés chez Mercury. Le compositeur est lui aussi, à tous les sens du terme, un très grand du blues et du rhythm and blues, Monsieur Willie Dixon.
La chanson raconte une mésaventure rigolote, un peu à la Coasters : le gars emmène sa chérie faire un tour en bagnole; il ne lui fait pas le coup de la panne, mais un pneu crève; pendant qu'il le change, un beau gosse passe par là, la chérie le hèle et se barre avec lui; il part à leur poursuite sur la jante, mais finit par se faire arrêter par la patrouille routière.
Whacha gotta lose (What'cha sur l'édition originale) est une face B bien réussie, dans un style plutôt rock and roll léger, avec chœurs et solo de guitare.
Cool shake est bien aussi. Là, je crois qu'il est question d'une nouvelle danse, avec comme souvent un double sens ("Quand on se retrouvera ensemble, on fera le cool shake, quand je crierai, chérie ne t'arrête pas, tu sais que je parle du cool shake")
Le dernier titre est une reprise, et c'est surprenant dans ce contexte de voir arriver The white cliffs of Dover, une chanson à succès pendant la deuxième guerre mondiale, popularisée en Angleterre par Vera Lynn. La version des Del Vikings est doo-woppée : rythmée et enlevée, avec une belle voix de basse.
Je crois que c'est la première fois que je chronique un disque d'époque sans l'avoir (c'est arrivé assez souvent avec des disques récents disponibles en physique et en numérique), mais je pense vraiment que je ne tomberai jamais sur ce 45 tours, et on a quand même accès à la photo de la pochette et aux quatre enregistrements, alors on ne va pas se priver.
1 commentaire:
Effectivement un très bon ep, qui a été réédité, certes sous une autre pochette, mais où l'on voit le groupe, en 1986 chez Alligator (Spain). So... Let's Shake ! ;-)
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