23 novembre 2013

MICHAEL HOLT & THE KIDS : The dawn chorus


Acquis chez Elisabeth et Jean-Pierre Moya à Reims le 13 novembre 2013
Réf : [sans] -- Edité par michaelholtmusic.com au Canada en 2010
Support : CD 12 cm + Affiche 36 x 60 cm
15 titres

J'ai assez souvent pu assister à des prestations musicales chez des amis ou de la famille, généralement à l'occasion de fêtes, mais c'est la première fois, grâce à l'invitation d'Elisabeth et Jean-Pierre (de Rockomondo), que j'assiste à  un concert "à la maison" organisé comme tel. Je ne connaissais pas The Mommyheads, le groupe dont il fait partie depuis les années 1990 (et avec un nom pareil, je me serais attendu à un son garage, ce qui n'est pas le cas), et encore moins Michael Holt lui même, mais je m'attendais à passer une très bonne soirée et je n'ai pas été déçu.
Vétéran d'un groupe qui a signé en 1996 chez un gros label américain, Geffen, et a sorti un album produit par Don Was, Michael Holt connait de l'intérieur, on peut en être certain, l'industrie de la musique dans toute sa splendeur et son horreur. Depuis quelques années, il a visiblement décidé de tourner le dos à cette façon de produire et de vivre la musique et travaille de façon indépendante, en éditant lui-même ses disques et en en se produisant en priorité, c'est un choix réfléchi et assumé, dans des concerts à la maison où la participation financière est libre.
Pour lui, ça se traduit par trois mois de tournées dans l'année, où il en voyage en train et en avion, avec sur le dos tout son matériel. Sa tournée de l'automne 2013 compte 66 concerts, aux Etats-Unis, au Canada (où il est établi depuis une quinzaine d'années) et en Europe. Il l'a intitulée The sacred culture tour, avec comme explication : "Comment pouvons-nous ensemble nous inspirer à traiter la musique, la nourriture,  la communauté, la fête et la planète comme si elles étaient sacrées ?".
Ces concerts sont l'occasion pour lui de se produire en public devant un public intéressé, motivé, mais aussi varié, et de faire des rencontres. Côté public, à une vingtaine dans le salon, contents de se retrouver et de partager la soirée ensemble, repas compris, nous avons en plus pu profiter dans des conditions optimales de la prestation de Michael Holt, qui a joué, pendant près de deux heures je pense, une sélection de titres couvrant l'ensemble de son parcours discographique, et au-delà.
Michael a une très belle voix, placée assez haut dans le registre, et c'est d'abord un joueur de claviers. Il l'a prouvé en ouvrant le concert avec de la musique française, son interprétation du menuet du Tombeau de Couperin de Maurice Ravel. Il a également joué une ouverture au piano qu'il a composée dans le cadre d'un projet qu'il vient de conclure et sur lequel il a travaillé ces dix dernières années.
Il a alterné chansons à la guitare acoustique ou au piano/orgue électronique, en produisant un spectacle parfaitement construit, avec divers accessoires (tambourin, kazoo, nez rouges...), pas mal de chapeaux, dont un fez avec lequel il donne une interprétation délirante de son Nino wrote a tune et un chapeau de chef cuisinier pour l'un de mes titres préférés de la soirée, The Essex house. Et comme il ne doit pas faire deux concerts identiques (il n'a pas de liste de tritres pré-établie), il a profité de la présence de cet objet dans la maison pour se faire accompagner sur un titre par une grande marionnette !
Après le concert, Michael Holt vendait ses deux derniers CD, où il est accompagné par The Kids. Si je n'ai pas choisi le dernier en date, Jubilation, c'est tout simplement parce que j'ai été attiré par la pochette de ce The dawn chorus, une peinture de Matt James , d'autant qu'une affiche reproduisant cette pochette était fournie avec le CD.
Le concert ne m'a pas déçu, et l'album non plus ! Il est marqué par une conscience écologique aigüe, avec plusieurs titres sur le thème des animaux et de la nature. La majeure partie des titres sont dans un style qu'on pourrait qualifier de pop-rock (The sound of love, John O'Dreams, Today, It's not up to us) avec un chant et des arrangements qui m'évoquent parfois Andrew Bird. D'autres titres, comme Hummingbird et The ballad of Isaac and Jyllian, sont dominés par le piano. Il y a aussi une très bonne chanson dans le style country, An animal invitation.
Parmi mes titres préférés, on trouve celui qui ouvre le disque,Those lonely tears, une chanson très émouvante interprétée a cappella, et aussi The whole world is a song, Great bodies of nature, Back to zero et The desert song.
Un excellent album, donc, et une soirée mémorable. Michael Holt a poursuivi son chemin par Lille et la Belgique, mais guettez sa prochaine tournée en 2014 ou, pourquoi pas, contribuez à l'organiser !


Michael Holt, Desert song, en public à Reims le 13 novembre 2013.
Egalement à voir sur YouTube, un autre extrait de ce concert, Like a brick (une chanson qui ne figure pas sur The dawn chorus). D'autres vidéos vont sûrement suivre.



Michael Holt à Reims le 13 novembre 2013.


Michael Holt, Great bodies of nature, en public à Stockholm le 5 novembre 2009.

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