Offert par Marie-Claire à Vauclerc le 28 mai 2010
Réf : FSS 510 -- Edité par Stateside/EMI en France en 1967
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Flowers in the rain -/- (Here we go round) The lemon tree
Si même ma soeur se met à m'alimenter avec des pièces comme celles-ci trouvées à bon marché sur des vide-greniers, je ne suis pas sûr que je vais réussir à tenir le rythme, mais je ne vais certainement pas me plaindre !
En plus, elle m'a offert deux autres 45 tours qui mériteraient presque chacun un billet, un EP années 50 Sélection Whisky a Gogo vol. 2 dont on aura sûrement l'occasion de reparler et un 45 tours de Monty aux titres et à la pochette d'anthologie mais dont le contenu gravé sur les sillons est tellement insupportable que, même avec mes idées larges, je n'y ai rien trouvé à sauver.
En fait, j'ai ces deux titres de The Move depuis la fin des années 80, mais sur un minable Greatest hits paru chez le label économique Pickwick, importé à prix prohibitif en France, dont je ne m'étais emparé qu'une fois qu'il avait été soldé à 10 francs. Là, il s'agit bel et bien du 45 tours original français de 1967 et, cerise sur le gâteau, il rassemble mes deux titres préférés du best-of, la troisième marche du podium étant occupée par I can hear the grass grow. Flowers in the rain est un excellent exemple de pop-rock psychédélique, mais je lui préfère encore (Here we go round) The lemon tree, une chanson dans laquelle je retrouve un concentré de l'inspiration sixties psychédéliques des Television Personalities. S'ils avaient continué dans leur veine pop après See Emily play, les Pink Floyd auraient pu venir tourner autour de ce citronnier, ce qu'ils ont effectivement fait une ultime fois, en restant dans les fruits, avec leur troisième 45 tours Apples and oranges, le dernier avec Syd Barrett, sorti quelques mois après que le 45 tours de The Move ait atteint la deuxième place du hit-parade anglais
Si vous avez des cadeaux de cet acabit à me faire, n'hésitez pas à me contacter, je suis preneur !
Acquis à la boutique de l'Hospice Earl Mountbatten à Ryde le 20 mai 2010
Réf : CID 769/562 992-2 -- Edité par Island en Europe en 2000
Support : CD 12 cm
Titres : Good fortune -- 66 promises -- Memphis
Dès l'entrée de la boutique, le gars de permanence avait l'air sympa. Il n'y avait qu'une étagère de CD, mais il y avait aussi collée dessus une étiquette qui annonçait des CD singles à 10 pence dans le fond du magasin. Je m'y suis précipité et je me suis plongé dans la cinquantaine de disques qui s'y trouvaient. Je commençais à en mettre quelques-uns de côté, dont des remixes des Shamen, mais finalement je ne les ai pas pris car, me voyant intéressé, le gars m'a dit qu'il en avait d'autres en réserve et il m'a demandé si je voulais les voir. Je n'ai évidemment pas dit non !
Il m'a ramené un plein carton de CD singles, tous en état neuf. Après quelques minutes de tri fébrile, j'en ai sélectionné une trentaine, pour la plupart des noms connus, de R.E.M. à Collapsed Lung en passant par New Order, Beth Orton ou James. Et comme en fait il y avait un prix de 30 pence pour les 5 CD singles, j'ai payé chaque disque, dont celui-ci, moins de 8 centimes d'euro : quasiment un record de prix bas !
Mon exemplaire de ce Good fortune n'a qu'une particularité : il n'a pas la bonne pochette. Les titres sont ceux du CD 1 de ce premier single extrait de l'album Stories from the city, stories from the sea alors que la pochette est celle du CD 2. On sait que cette habitude des labels de sortir les singles en formats multiples était un coup commercial qui permettait de se faire facilement du fric sur le dos des fanatiques des groupes tout en poussant le disque vers le haut des classements de vente, mais là Island a poussé le vice jusqu'à dupliquer sur les deux CD non pas seulement la face A (obligatoire) mais aussi une des faces B, Memphis, a priori les deux fois dans la même version. Au moins, le CD australien reprenait sur un seul disque les quatre titres de ce single (et trois vidéos en plus). Good fortune est loin d'être un de mes titres préférés de PJ Harvey. Il n'est pas mauvais, mais c'est presque pire : il est anodin, lisse, quelconque et ce n'est pas le genre de qualificatif qu'on associe au meilleur de PJ Harvey, qui a ici son chant en mode pseudo-Patti Smith et semble être sur pilote automatique. Heureusement, les deux faces B sont bien plus intéressantes. 66 promises commence juste avec une guitare un peu crade et la voix de PJ, comme au meilleur de ses 4 track demos. C'est une chanson sur le mariage. Il y est question de 66 promesses mais aussi, entre autres, de 66 positions. Pourquoi 66 et pas 3 de plus, par exemple, mystère. Memphis est plus pop, menée par un riff de guitare léger. Il est précisé sur le site officiel de PJ Harvey que cette chanson a été écrite pour Jeff Buckley, Memphis étant la ville où il a pris son dernier bain. Franchement, indépendamment du thème, il me semble que cette chanson a un potentiel bien plus fort que Good fortune et qu'elle aurait fait un bien meilleur titre d'album et une bien meilleure face A de single.
Acquis à la boutique YMCA de Southampton le 21 mai 2010
Réf : 6145 019 -- Edité par Chess en Angleterre en 1972
Support : 45 tours 17 cm
Titres : My ding-a-ling -/- Let's boogie
La veille encore, j'étais tombé sur un 45 tours de Chuck Berry dans une pochette générique Chess comme celle-ci, emballé dans un sac plastique fermé et étiqueté 6 £. Je l'avais soigneusement ignoré, mais là, à 20 pence, en parfait état et avec une face A, My ding-a-ling, que j'aime beaucoup, je m'en suis saisi dans l'instant.
Apparemment, ça défrise certains puristes mais My ding-a-ling est le plus grand succès de Chuck Berry, si l'on s'en tient aux ventes aux Etats-Unis où c'est son seul titre à avoir été classé n°1 du hit-parade.
On a à faire ici au Chuck Berry coquin. Coquin à plusieurs titres. Coquin parce que les paroles de la chanson ne sont que sous-entendus à connotation sexuelle, dans la grande tradition des chansons grivoises, mais coquin aussi parce que Chuck s'attribue la paternité de la chanson alors que Dave Bartholomew a enregistré (et signé) dès 1952 en face B d'un 78 tours une chanson intitulée Little girl sing ding-a-ling, que je n'ai pas entendue mais qui serait bien la même.
Chuck Berry avait déjà enregistré cette chanson en 1968 sur l'album From St. Louie to Frisco, avec des paroles légèrement modifiées puisqu'elle était devenue pour l'occasion My tambourine. C'est un titre que j'aime bien avec un arrangement agréable, mais il est assez rapide et l'humour des paroles a tendance à se diluer dans le rythme.
La principale différence en fait entre My tambourine et My ding-a-ling c'est que cette dernière est enregistrée en public. Et ça change tout. Il y a encore des artistes (Frank Black me vient à l'esprit) qui n'ont pas compris que donner un concert ce n'est pas seulement jouer sa musique devant un public, mais c'est partager un moment de vie avec lui. C'est pour ça que pour une fois le terme anglais "live music" est approprié.
Depuis des décennies, Chuck Berry a une sale réputation, probablement justifiée, pour son attitude quant aux concerts. Il vient sans groupe, demandant aux promoteurs de recruter des musiciens dont il se désintéresse, du moment qu'ils savent jouer Johnny B Goode et les autres classiques, et il a une attitude de mercenaire, exigeant tout ou partie de son cachet avant, voire même pendant, sa prestation.
Le 3 février 1972 à Coventry, en Angleterre, Chuck Berry était ainsi accompagné par le Roy Young Band, qui comptait en son sein deux futurs membres d'Average White Band (!), mais une chose est sûre, il était complètement impliqué et a pris un grand plaisir à jouer ce soir-là My ding-a-ling.
La version complète de cette prestation dure 11'30. On la trouve sur l'album The London Chuck Berry sessions (une face studio enregistrée à Londres, une face live à Coventry). Quand la chanson a commencé à passer en radio, le label a charcuté l'enregistrement pour en faire une version de 4', en réussissant miraculeusement à conserver une grande partie de la joie et de la magie de ce grand moment de musique et de rigolade.
Chuck s'amuse comme un petit fou. Il fait chanter le public, vanne les filles, le caméraman qui se met à chanter aussi, ceux qui ne chantent pas... A aucun moment on a l'impression d'un performer cynique qui utilise des ficelles usées jusqu'à la corde. Non, c'est visiblement un bon moment passé avec le public, que nous revivons par procuration à chaque écoute.
Je pense que la vidéo ci-dessous date du jour même de l'enregistrement de l'album. Il n'y a que sept des onze minutes, mais ça donne une meilleure idée que toute description que je pourrais être tenté d'en faire :
Des moments comme ça sur des disques live, il n'y en a malheurement pas des dizaines. Pour ma part, je pense évidemment à l'album Modern Lovers live ! de 1977. N'oublions pas que Jonathan Richman a fait figurer en bonne place dans son premier album en 1976 une reprise du Back in the USA de Chuck Berry.
Sur l'album live, il y a cette fameuse version de Ice cream man, qui dure plus de huit minutes contre seulement trois pour la version studio. Comme pour la chanson de Berry, il y est question de clochette (celle du camion de glacier), le public chante ("Ding ding") et on rigole beaucoup, notamment parce qu'il y a un nombre incalculable de fausses fins, avec des redémarrages trompeurs, en changeant le rythme par exemple pour surprendre tout le monde. J'arrête le parallèle là, car je ne pense pas qu'il y ait le moindre sous-entendu salace dans la chanson des Modern Lovers, mais c'est là aussi un très grand moment de concert.
Sur le même disque, on trouve un autre titre où il est question d'une cloche qui sonne, My little Kookenhaken, une chanson pas du tout grivoise non plus mais qui, avec son côté nostalgique et son retour sur l'enfance, n'est pas si éloignée que ça de My ding-a-ling.
En face B du 45 tours, Let's boogie est extrait de la partie studio de l'album. Tous les ingrédients des titres qui ont fait la réputation de Chuck Berry sont présents, mais c'est sans âme et sans intérêt, comme tout l'album d'ailleurs, à l'exception de My ding-a-ling.
The London Chuck Berry sessions est inclus dans Have mercy, un coffret paru récemment qui reprend l'intégrale des titres publiés par Chuck Berry de 1969 à 1974 lors de son deuxième contrat chez Chess, avec des inédits dont une version studio de My ding-a-ling, qui ne peut qu'être décevante par rapport à cette version live. Ayant eu l'occasion d'écouter deux ou trois des albums de cette période, ce n'est de toute façon pas un achat que je recommanderais.
Acquis à la boutique de l'Armée du Salut de Southsea le 19 mai 2010
Réf : VPN 139 -- Edité par Dragons, AS à l'Île Maurice probablement dans les années 1970
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Qui li bisoin mo noir -/- Contrôle de naissance
Ainsi donc, éparpillés au milieu de ces disques anglais qui dataient pour la plupart des années 60, j'ai trouvé trois 45 tours de séga mauricien. Et pas n'importe lesquels puisque viennent rejoindre sur mes étagères à côté des deux 45 tours de P'tit Frère des disques de gens qui sont visiblement reconnus comme des grands noms du séga, Jean-Claude [Gaspard], Serge Lebrasse (Vive le séga volume 2, un pot-pourri de ségas) et Claudio [Veeraragoo] (l'excellent et très énergique Co co ricco). Ces disques ont été fabriqués et imprimés en France chez Phonogram/C.I.D.I.S. à Louviers.
Avant d'être le nom de son groupe, Wachi Wala est le titre du premier 45 tours de Jean-Claude Gaspard, sorti en 1968, qui est devenu un classique du séga. Si on en croit le dos de la pochette, celui-ci est au moins son quatrième disque. Musicalement, la principale différence avec les disques de P'tit Frère est l'absence de l'accordéon. Qui li bisoin mo noir est joué sur un rythme endiablé. Le refrain est chanté par des choeurs masculins, ponctués d'exhortations de Jean-Claude. Ces choeurs sont assez en retrait en volume, tout comme la guitare solo de Contrôle de naissance, ce qui fait penser à un enregistrement en direct complet avec peu de possibilités de mixage. Contrôle de naissance est sur un rythme moins fou, plus dans le style "chanson des îles". Une fois de plus, je regrette fort de ne pas comprendre les paroles en créole. Aux dernières nouvelles (2009), Jean-Claude Gaspard était toujours en activité, mais son propre site n'est plus en ligne.
Acquis à la boutique de l'Armée du Salut de Southsea le 19 mai 2010
Réf : 45-DB 4808 -- Edité par Columbia en Angleterre en 1962
Support : 45 tours 17 cm
Titres : The lose-your-inhibitions twist -/- Slow twistin'
Dans l'arrière-boutique, une fois passé le comptoir, il y avait deux étagères de disques, principalement des 45 tours des années 60 à 20 pence, sans pochette illustrée mais en bon état. J'en suis ressorti notamment avec ce disque, mais aussi avec trois singles de Rolf Harris et, exception du lot, trois 45 tours de séga de l'île Maurice des années 70, avec pochette, dont on aura sûrement l'occasion de reparler.
Ce qui m'a surpris avec ce disque de Chubby Checker, ce n'est pas tant qu'il y ait au verso de la pochette une publicité pour les produits de maquillage de la marque Miners et ce n'est surtout pas le fait qu'il y ait le mot "twist" dans le titre des deux chansons, vu que ça fait un bon cinquante ans que Chubby Checker est le twist. Non, ce qui m'a vraiment étonné c'est de voir un mot aussi recherché que "inhibitions" dans le titre de la face A, sachant que le twist a été l'un des styles les plus légers qui soient dans la période glorieuse de la pop-yéyé du début des années 1960. Mais heureusement, la tradition de la musique pop n'est pas trahie puisque cette chanson, qu'on entend dans It's trad, Dad !, un film réalisé par Richard Lester juste avant A hard day's night, est évidemment un appel à la dépravation de la jeunesse. En tout cas, mode du twist ou pas, ce qu'on a ici musicalement c'est un excellent titre de rhythm & blues dominé par un puissant saxophone et par la performance de Chubby Checker.
Avec un titre comme Slow twistin', je craignais un peu que la face B ne soit qu'un bête slow vaguement habillé d'oripeaux twist, mais non, c'est bien mieux que ça et c'est peut-être encore meilleur que la face A : il s'agit d'un duo avec une Dee Dee Sharp en début de carrière ponctué de choeurs quasi doo-wop.
Ces deux chansons ont été incluses sur l'album For teen twisters only. En France, elles constituaient la face B du EP La Paloma twist.
Acquis chez Gibert à Paris dans les années 1990
Réf : YRCD 61 -- Edité par Circa en Angleterre en 1991
Support : CD 12 cm
Titres : Wear your love like heaven -- Wear your love like heaven (Extended live version) -- I don't know nothin' 'bout daisies -- Wear your love like heaven (Kingdom Come mix)
Les titres hip-pop du début des années 1990 ne vieillissent pas tous très bien. Par exemple, pour Definition of Sound, j'ai un peu de mal maintenant avec Now is tomorrow, à cause de la voix féminine avec coffre, du style de celles qui polluent la pseudo-soul de ces dernières années. J'aime toujours autant la face B, Moira Jane's café, qui une fois rééditée en face A en 1992 a été le plus grand succès du groupe aux Etats-Unis, mais le problème avec ce titre c'est que son unique atout musical c'est un sample proéminent du Gloria de Them, à tel point qu'il est plus intéressant de se reporter au titre original.
Alors du coup j'ai choisi Wear your love like heaven, avec le même style d'ambiance et un groove sixties comme pour Moira Jane's café, sauf que là je ne connaissais pas le titre samplé et que la chanson est plus dynamique, avec des raps réussis.
1990-1991, il me semble que c'est la fin du premier âge d'or du rap et du hip-hop, celui où l'on pouvait encore sortir un disque sur un label assez gros sans en passer par une batterie d'avocats spécialisés dans la négociation de droits et sans même mentionner les titres originaux samplés, comme c'est le cas pour Love and life : a journey with the chameleons, le premier album de Definition of Sound qui contient les trois titres que je viens de mentionner.
C'est ainsi que je ne savais pas jusqu'à aujourd'hui que la structure de Wear your love like heaven est entièrement basée sur Let it all hang out, un titre longtemps obscur de The Hombres sorti en 1967, bien hypnotique et pas loin du tout dans l'esprit et le son de Gloria. Je savais par contre que le titre (pas les paroles, qui n'ont rien à voir) était repiqué d'une autre chanson de1967, le Wear your love like heaven de Donovan. Si le groupe a bien apporté du rythme et de la pêche à la chanson originale des Hombres, il est étonnant de constater qu'ils ont poussé le bouchon jusqu'à reprendre l'intro parlée du 45 tours original. Mais après tout, ils ne sont pas les premiers et la musique, comme la culture en général, est un éternel recommencement : The Hombres avaient eux-mêmes piqué ces quelques phrases à une parodie de sermon de Red Ingle and his Natural Seven, qui introduisait en 1947 leur reprise de Cigareetes, whuskey and wild, wild women, un titre des Sons of the Pioneers popularisé en France par Eddie Constantine sous le titre Cigarettes, whisky et peties pépées. Mine de rien, on passe donc en quelques secondes et sans le savoir de 1991 à 1947 en écoutant ce disque !
La version originale de Wear your love like heaven, celle du premier titre de ce CD, reste donc pour moi l'une des réussites du genre, à compiler le jour venu avec les meilleurs titres de De La Soul, des Dream Warriors, de Gang Starr, des Stereo MC's ou de PM Dawn. La version allongée Live n'est pas un enregistrement en concert, cela désigne simplement le fait que certains samples et la boite à rythmes sont remplacés sur cet enregistrement par des musiciens. Il y a un espèce de break instrumental dans les premières secondes qui fait carrément peur, mais après le groove se construit et la version est très agréable. Par contre, en vrai live pour l'émission The Word, je trouve ça à peu près insupportable. De même, en ne gardant que les vocaux et en remplaçant les samples par une rythmique house inconsistante, le Kingdom Come mix est typiquement le genre de remix qui réussit à bousiller complètement un morceau excellent.
Je ne suis pas certain de saisir tout le propos de la face B inédite par ailleurs I dont know nothin' 'bout daisies, mais il parait évident qu'il est en réaction au concept de D.A.I.S.Y. age développé par De La Soul.