28 mai 2007

RAY'S VAST BASEMENT : Starvation under orange trees


Offert par Jon Bernson par correspondance en avril 2007
Réf : HT004 -- Edité par Howell's Transmitter aux Etats-Unis en 2007
Support : CD 12 cm
14 titres

A une époque pas si lointaine (fin 2002) où il fallait farfouiller dans le web pour trouver des MP3 gratuits (et légaux dans ce cas précis), Epitonic a fait mon bonheur en me permettant de récupérer (avec un modem, donc à raison d'une dizaine de minutes par titre) pas mal de morceaux de groupes que je connaissais ou aimais plus ou moins.
Le meilleur groupe complètement inconnu de moi auparavant que j'ai découvert comme ça, grâce au jeu du "Si vous aimez Calexico et The Handsome Family vous aimerez peut-être", c'est Ray's Vast Basement, un collectif de San Francisco dont le personnage central est Jon Bernson. Ils ont accepté d'être présent sur une compilation Vivonzeureux!, "Surprise partie hoptmiste", avec l'excellent "I can be alone", et m'ont offert leurs deux premiers albums, "On the banks of the Time" (2002) et "By a river burning blue" (2003).
A l'aide notamment d'une série de 58 cartes pour le premier, ces deux albums développaient "la fiction musicale du grand sous-sol de Ray", c'est à dire l'histoire d'une grotte de Californie sur des milliers d'années, et celle des personnages qui gravitent autour.
On aura probablement l'occasion de reparler de ces disques ici, mais l'actualité c'est le troisième album de Ray's Vast Basement, un disque qui ne sort en fait que début juillet, mais les exemplaires promo ont été envoyés depuis plusieurs semaines déjà, et plusieurs chroniques sont déjà disponibles.
Ce qui a relancé RVB sur une nouvelle route, c'est la proposition faite à Jon Bernson par l'Actors Theatre de San Francisco d'illustrer musicalement et d'accompagner en direct une mise en scène de "Des souris et des hommes" de John Steinbeck. Contrairement à d'autres occasions, il a pu se faire accompagner d'un groupe pendant les quatre mois de représentations de la pièce, au cours desquels ils ont développé un répertoire autour de l'oeuvre de Steinbeck, travail poursuivi ensuite en studio pour aboutir à ce "Starvation under orange trees". Quand j'ai lu dans une interview publiée par The Cropper! que le titre de l'album faisait référence à un essai de Steinbeck de 1938 sur les camps de travail en Californie pendant la Grande Dépression, utilisé ensuite comme matériau de base pour écrire "Les raisins de la colère", la première chose que j'ai faite, connaissant la propension de Jon Bernson à la fiction, ce fut de vérifier que cet essai existe vraiment (c'est le cas...). En fait, les chansons font référence à plusieurs romans de Steinbeck ("Des souris et des hommes", "Tortilla flat", "A l'est d'Eden", "Rue de la Sardine", "Les raisins de la colère), mais on peut très bien apprécier le disque sans avoir du tout conscience de ces références.
Musicalement, j'ai eu un peu plus de mal à "rentrer" dans le disque que dans les deux précédents, tout simplement parce qu'il est moins évidemment pop-rock que les autres. Il est acoustique et plutôt lent alors que les autres étaient souvent électriques et d'un tempo rapide. Autre changement de taille : Jon ne chante plus du tout de la même façon qu'avant. J'ai même eu du mal à reconnaître sa voix, mais du coup les comparaisons faites dans la bio avec M. Ward peuvent se justifier : la nouvelle technique vocale de Jon se rapproche de celle de Matt, mais sa voix reste loin d'être aussi rauque.
En fait, il m'a fallu attendre "Black cotton", le huitième titre du disque, pour retrouver le Ray's Vast Basement que je connaissais : une pop-folk enlevée, un chant narratif, de l'Américana pas roots comme peuvent en produire Califone ou Granfaloon Bus (RVB était récemment à la même affiche de concert que Felix Costanza, l'ex-leader de Granfaloon Bus), des cuivres à la Calexico (Et en faisant le lien, je me rends compte que la photo de pochette de "Spoke", l'album sans cuivres de Calexio, montre des cueilleurs d'oranges ; l'étiquette du CD représente aussi une tranche d'orange). La démarche fait aussi beaucoup penser à celle de Norfolk & Western.
Au fil des écoutes, je me suis mis à apprécier la finesse des arrangements, le très beau travail sur les choeurs, et les chansons elles-mêmes. J'en ai maintenant plein de préférées, outre "Black cotton" : The story of Lee", "Tall Bob Smoke", "Annalisa", "California's gone".
En plus, ce qui ne gâte rien, le disque est comme les précédents un très bel objet, tout en carton, qui donne l'impression d'être fait entièrement à la main.
En attendant que vous puissiez vous le procurer (le 3 juillet), des titres sont en écoute sur les différents sites associés au groupe, , et .

27 mai 2007

SEB ADAM : Objet du décor

Seb Adam sur un toit, à Reims en novembre 2005. Photo : Samuel Perez
Offert par Seb Adam par correspondance en avril 2006
Réf : [sans] -- Edité par Seb Adam en France en 2006
Support : fichier MP3
Titre : Objet du décor

En règle générale, ça m'énerve quand un site internet met à jouer automatiquement de la musique automatiquement quand j'arrive dessus. Mais je n'en ai pas voulu du tout à Seb Adam d'avoir programmé "Objet du décor" en page d'accueil de son site il y a un an, car ça m'a permis de découvrir une très bonne chanson, qu'il a été assez sympa ensuite pour me l'envoyer en MP3 à ma demande.
Seb Adam, je l'ai d'abord croisé pendant un temps de l'autre côté du guichet de ma médiathèque préférée. Dans le même moment, il m'avait impressionné le 18 octobre 2002 en ouvrant en solo pour Dominique A au Centre Saint-Exupéry à Reims. Après, il y a eu le bon EP "Les rosiers" en 2004.
Depuis un peu plus d'un an, Seb Adam est partout à Reims et ailleurs, au point d'être devenu un pilier essentiel de la scène musicale locale. Partout, que ce soit en solo, en tant que membre du duo de ukulélés Pauline Easy Project, en tant qu'accompagnateur de Lise Portelli ou avec les multiples projets plus ou moins éphémères auxquels il participe (Il y a huit jours encore, il enchaînait au Gin Pamp un set du Pauline Easy Project, comprenant une excellente version de "Paint it, black", avec un concert de Coco and Co pour lequel il tenait la guitare électrique, avec au répertoire des reprises incendiaires de standards sixties majoritairement gainsbourgiens, des "Papillons noirs" à "Teeny Weeny Boppy").
Partout, au point peut-être de négliger son parcours en solo. L'an dernier, en diffusant cet "Objet du décor", suivi de peu par son premier concert en groupe le 1er avril au Flambeau à Reims, il semblait passer à la vitesse supérieure, mais depuis, les autres projets ont visiblement pris la priorité.
Mais qu'est que c'est que cet "Objet du décor" ? Eh bien, une excellente ritournelle techno-pop, emballée en deux minutes et neuf secondes, avec un petit côté eighties bien marqué. Ça commence par une petite ligne mélodique au synthé à la Tom Tom Club, puis il y a le chant ("Moi je ne suis qu'un objet du décor, Interchangeable et futile alors, laisse-moi repartir dehors, Laisse-moi réfléchir d'abord"), un pont à l'orgue et quelques coups de guitare à contre-temps qui pourraient rappeler Wire.
A Platine 45 avec Jacky, "Objet du décor" aurait très bien pu côtoyer les meilleures productions d'Elli et Jacno et de Taxi-Girl ! En concert le 1er avril 2006, l'arrangement avait des aspects reggae qui rendait le tout encore meilleur !
A ce jour, aucune bonne fée ne s'est encore penchée sur "Objet du décor" pour lui assurer la diffusion qu'il mérite. Mais en attendant, vous pouvez toujours écouter ce titre sur le site de Seb Adam, sur sa page MySpace, voire ici même.


Pochette de "L'obscur objet du décor", ma compilation maison d'avril 2006.
Illustration : affiche d'Eric Roux-Fontaine pour la pièce "NORA - Maison de poupée" d'Henrik Ibsen, présentée au Théâtre des Célestins à Lyon en novembre 2005.


Pour information, les dix premiers titres du CD, que je trouve toujours bien enchaînés, même après un an, sont :
  • Seb Adam : Objet du décor
  • Bobby Baby : Bye bye snow
  • Jens Lekman : Happy birthday, dear friend Lisa
  • The Fiery Furnaces : Nevers
  • Stereo Total : I love you, Ono
  • They Might Be Giants : I'm a little airplane
  • Les Frères Nubuck : Un tour en enfer
  • Stephin Merritt : What a fucking lovely day !
  • Zea : I am searching for an mp3
  • Architecture In Helsinki : It'5 !

26 mai 2007

PHAROAH SANDERS : Japan


Acquis sur le vide-grenier de Cuis le 20 mai 2007
Réf : 2 C006-90650 M -- Edité par Stateside/EMI en France en 1969
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Japan -/- Colors

Même après trois vide-greniers d'où je suis rentré bredouille, même après deux jours de congés de suite sans vide-grenier pour cause de mauvais temps, même si les 45 tours étaient à trente centimes sur le stand où j'ai trouvé celui-ci, même si la pochette et le disque sont en bon état, même si ne on trouve pas ce disque à tous les coins de rue, il est fort probable que, au moment même où la pluie se mettait une fois de plus à tomber, j'aurais laissé ce 45 tours dans son carton si mon oeil n'avait pas été attiré par cette étiquette incongrue collée sur la pochette avec la mention "Free-jazz ou slow de l'hiver ?...".
Car Pharoah Sanders est un grand du jazz, un saxophoniste ténor qui a accompagné john Coltrane pendant les années 60 (entre beaucoup d'autres) tout en sortant des disques en tant que leader en parallèle. Et le jazz, comme le hard ou le funk, ce n'est a priori pas ma tasse de thé. Mais ça m'intrigait bien de savoir pourquoi, en octobre 1969, l'année du triomphe du slow des slows, "Je t'aime moi non plus", quelqu'un avait pu penser faire un tube d'un titre de ce jazzman.
La face B, "Colors", un titre extrait de l'album "Karma" de 1969, confirme toutes mes craintes : c'est bien du jazz !!, avec le saxo présent dès la première note et en plus des paroles préchi-précha chantées pas terriblement par Leon Thomas.
La face A, c'est autre chose, bien sûr, sinon on n'aurait pas parlé de ce disque ici ! Bizarrement, c'est un titre extrait de "Tauhid", le deuxième album solo de Sanders, sorti en 1966, soit trois ans avant ce 45 tours. Et "Japan" ne sonne pas du tout jazz. Le saxophone en est totalement absent, déjà. Il y a des percussions, de la contrebasse, peut-être bien une guitare très discrète, une mélodie japonnisante jouée au piano, et une mélopée vocale avec des choeurs sans paroles distinctes. Et tout ça me plait beaucoup.
Pour rester en 1969 et avec des tonalités orientales, on n'est pas loin ici de ce qu'ont enregistré Areski, Brigitte Fontaine et l'Art Ensemble of Chicago pour l'album "Comme à la radio".
Plus près de nous et avec des références au Japon, on peut penser bien sûr aux Pascals ou à CocoRosie (dont le tout récent et excellent "Japan" n'a cependant rien à voir avec celui-ci).
En tout cas ce "Japan" de Pharoah Sanders n'a pas grand chose de free jazz et c'est tout sauf un slow dansant, qu'il soit d'été ou d'hiver. Et je me demande toujours bien ce que le responsable de label qui a décidé de sortir ce titre de 1966 en face A de single à la fin de 1969 avait pu ingurgiter pour imaginer ne serait-ce qu'un instant faire de ce disque un tube, au point même d'investir dans des étiquettes à rajouter sur les pochettes !

21 mai 2007

HULLY GULLY PARTY


Acquis au Troc de l'Ile de Charleroi début 2007
Réf : 82 321 -- Edité par Barclay en Belgique en 1963
Support : 33 tours 30 cm
10 titres

Après une réjouissante soirée de passage de disques de L'Opération Kangourou, comme ce fut le cas samedi soir au Flambeau à Reims, il est naturel d'avoir envie de ressortir ses disques de hully gully.

Celui-ci, je l'ai trouvé lors de mon dernier passage en date à Charleroi. Le Troc de l'Ile, où j'ai pris l'habitude de m'arrêter à la sortie de la ville avant de m'enfoncer dans la forêt ardennaise, était en train de liquider ses derniers vinyls, bradés et posés sur le sol dans des cartons. J'y ai trouvé peu de disques intéressants, mais celui-ci vaut son pesant de cacahuètes. Et heureusement, j'ai fait une très bonne pioche dans un bacs de CDs à 1 €, ce qui me fait penser que ça vaudra encore le coup de s'arrêter là dans les prochaines années.

Je sais bien que les frontières européennes n'étaient pas aussi poreuses à l'époque que maintenant, mais a priori je pensais que ce disque était simplement l'édition belge d'un album sorti en France par Barclay. Il ne semble pas que ce soit le cas. On trouve bien ici dix des douze titres de trois EPs sortis en France par Les Gamblers, The Lions et Harold Nicholas (les deux titres manquants n'étaient probablement pas des hully gully), la pochette a bien été imprimée en France, mais le disque est pressé en Belgique et je n'ai trouvé aucune référence à une édition française de cette compilation.

Pour une fois, l'appel à la danse de ce disque est réel et efficace. Que les titres soient instrumentaux ou chantés, il n'y en a pas un de mauvais dans le lot : l'orgue, le saxo et les guitares mènent la danse et donnent sacrément la bougeotte à l'auditeur.

A tout seigneur tout honneur, commençons par parler de Harold Nicholas, puisque c'est lui qui a lancé en France le "hully gully", une nouvelle danse comme il y en avait une par mois ou même une par semaine à l'époque. Ça se passait le 8 février 1963 au Club Saint-Hilaire. Dès le 16 février, Harold Nicholas est en direct dans l'émission "Age tendre et tête de bois" d'Albert Raisner pour y danser et chanter le hully gully. En cet hiver glacial, que je passais confortablement dans le ventre de ma maman, cette danse devait bien réchauffer ! (normalement le lien fonctionne et on peut voir l'émission extraite des archives de l'INA).
Harold Nicholas chante ici, bien et en français, accompagné par Jimmy Walter et son orchestre, "Parce que j'ai revu Linda", une reprise d'un hit de Dickey Lee en 1962, "Personne que toi" et "Hully gully fire house".
Visiblement, cet américain était installé à Paris au début des années 60. Il apparait notamment au côté d'Eddy Constantine dans "L'empire de la nuit", un film policier parodique de 1962 au scénario co-signé par Frédéric Dard. Mais en fait, sauf grave erreur de ma part, ce Harold Nicholas avait déjà derrière lui une carrière hollywoodienne longue comme le bras, commencée dès les années trente en duo avec son frère Fayard sous le nom des Nicholas Brothers, soit rien moins que le plus célèbre de duo de danseurs de claquettes au monde !!

The Lions sont les seuls ici à avoir droit à quatre titres, qui sont à mi-chemin entre des instrumentaux et des chansons : les seuls vocaux sont des chœurs féminins qui se contentent la plupart du temps de chanter le titre.

Les Gamblers proposent trois instrumentaux, dont une version de la chanson-titre du film "Girls girls girls" avec Elvis Presley. On peut les apercevoir dans la même émission "Age tendre et tête de bois" que celle avec Harold Nicholas : ils accompagnent Claude François qui chante "Belles belles belles", son premier succès. L'année d'avant, c'est un Claude François inconnu que les Gamblers avaient recruté dans leur groupe. La carrière solo de leur leader, Olivier Despax, n'aura pas le même succès que celle de leur ex-membre !

20 mai 2007

JASMINE MINKS : Popartglory


Offert par Jim Jasmine par correspondance en 2001
Réf : mc5025cd -- Edité par Poptones en Angleterre en 2001
Acquis par correspondance chez Glitterhouse en Allemagne en 2006
Réf : mc5025cdp -- Edité par Poptones en Angleterre en 2001
Support : CD 12 cm
14 titres

Les Jasmine Minks auront eu la poisse pendant toute leur carrière.
C'est le premier groupe sur lequel Creation Records a misé sérieusement, au point qu'ils sont le premier groupe du label à avoir sorti un album studio (le mini-album "1-2-3-4-5-6-7 All good preachers go to heaven" à l'automne 1984), avant de partir pour une tournée européenne, flanqués de Biff, Bang, Pow !, le groupe d'Alan McGee, et d'un groupe écossais débutant qui n'avait encore sorti aucun disque.
Manque de bol, au retour de la tournée, le groupe inconnu sort son premier single, "Upside down", et c'est le premier grand succès de Creation et de Jesus And Mary Chain. Creation a du mal à assumer ce succès et qui a donc d'autres chats à fouetter que de s'occuper de son ex-groupe vedette.
En 1988, le label se relance avec une série de nouveaux groupes (House of Love, My Bloody Valentine) et des valeurs sûres (Felt, Weather Prophets, Primal Scream, Momus) et transforme un essai publicitaire en vendant à des dizaines de milliers d'exemplaires "Doing it for the kids", une compilation-catalogue à prix réduit. Le titre qui ouvre l'album est "Cut me deep", une nouvelle chanson des Jasmine Minks, un titre poignant, une des plus grandes réussites du groupe. Mais le disque ne sort pas en single, comme c'était prévu, et l'excellent album sur lequel il figurera, "Another age", n'arrive que des mois plus tard : les Minks ne bénéficieront pas de l'effet "Doing it for the kids"...
Un autre album sortira en 1989, "Scratch the surface". Il est encore une fois excellent, à part peut-être des problèmes de mixage ou de post-production, mais il sort une fois de plus sans aucune promotion et sans single et passe complètement inaperçu.
Après ça, les Jasmine Minks disparaissent petit à petit et vivent leur vie ailleurs que dans le rock.
Un excellent dossier sur un site consacré à Creation Records nous apprend comment, petit à petit, les membres des Jasmine Minks éparpillés aux quatre coins de la Grande-Bretagne se sont retrouvés, grâce aux synthés, aux ordinateurs et à l'internet. De ces retrouvailles nait d'abord un album bricolé auto-produit, "Veritas". Puis c'est à nouveau la bonne surprise et l'espoir : Alan McGee, qui vient de saborder Creation pour se libérer de Sony et de réinvestir dans Poptones, se manifeste et propose de sortir un nouvel album du groupe. Nouveaux débuts, et retour aux Jasmine Minks, mais malheureusement l'histoire va se répéter : Poptones ne sera en pas en mesure (ou n'aura pas la volonté) de mettre les moyens de soutien et de promotion pour permettre à "Popartglory", peut-être le meilleur disque des Jasmine Minks", de rencontrer son public.
Le groupe avait pourtant mis toutes les chances de son côté, et a bénéficié d'un coup de pub national en Ecosse en faisant appel à Tommy Sheridan, un jeune homme politique de gauche local, une sorte d'Olivier Besancenot écossais mâtiné de José Bové (Il a été emprisonné plusieurs fois suite à des actions militantes). L'enregistrement de ce titre, "Daddy dog", et des extraits vidéo ont fait la une des quotidiens et des journaux télé en Ecosse au printemps 2001. Malheureusement, le single annoncé n'est sorti que quelques semaines plus tard, en juillet (!), et de plus en édition limitée à 1000 exemplaires et uniquement en 45 tours !! Pas besoin de préciser que le soufflé médiatique était retombé quand l'album est arrivé quelques mois plus tard...

Ce n'est pas toujours le cas, mais le titre qui ouvre ce disque et qui lui donne son titre donne bien la tonalité du disque : rythmes séquencés, guitares toujours présentes, chant convaincu et d'une grande maîtrise. On a affaire à un groupe en pleine mâturité, en pleine possession de ses moyens, qui livre un disque d'une énergie folle.


La grande différence avec les Jasmine Minks d'avant, qui prouve que les nineties avec leur révolution informatique et la vague dancefloor sont passées par là, c'est la présence marqué sur ce disque de samples, de rythmes préenregistrés, en plus des instruments habituels du groupe.
Je ne vais pas citer tous mes titres préférés du disque : à chaque fois que j'en réécoute un pour le lister parmi ceux que j'aime moins je lui trouve des qualités !
Mais il y en a quand même dans le lot que je préfère encore plus que les autres ! : "3b48" pour commencer, le tube techno-rock du groupe, avec ses paroles un peu surprenantes quand on connait les Minks (If I had the chance to change anything I wouldn't, not that I'm afraid of change I just let things happen anyway).
"Midnight and I" ensuite, avec ses deux voix très réussies (celles de Jim et Tom, le batteur), et son atmosphère qui me fait penser à une version d' "Atmosphere" de Joy Division interprétée par New Order (Le chant de Jim a un peu quelque chose de Ian Curtis tout au long du disque).
"Soul children" et ses choeurs, "On a Saturday" et son orgue à la Doors, les deux avec leur énergie et leur rythme, comme presque tout le disque.
"Redsky" pour clore le disque d'une façon un peu plus sereine.

"Popartglory" se trouve encore un peu partout (ici par exemple), pour presque rien puisque le disque ne s'est pas vendu et que Poptones a liquidé ses stocks. Inutile de préciser que je vous conseille de vous en procurer un exemplaire. Moi-même j'en ai acheté un du commerce pour pas cher car mon exemplaire promo n'avait ni pochette ni crédits.

19 mai 2007

LAST FEW DAYS! : Kicks


Acquis à Brentwood en 1990
Réf : LFDCD 1 -- Edité par Fontana en Angleterre en 1990
Support : CD 12 cm
Titres : Kicks -- Hot tonite -- Kicks (Pussy posse mix)

Je n'aurais probablement pas ressorti ce disque de son étagère si je ne l'avais pas réécouté jeudi dans la voiture sur une compilation cassette maison de fin 1990.
Je m'en souvenais bien, pourtant, de ce CD. Il fait partie de tout un lot de disques rap/hip hop/house achetés neufs à prix bradés chez un disquaire de Brentwood, ville anglaise à l'est de Londres où je m'étais rendu pour visiter Laurent T. qui y faisait l'assistant. Ce disquaire devait avoir des plans pour récupérer des disques promo venant de journalistes ou de labels ou des invendus récents car il en avait tout un bac à des prix imbattables.
"Kicks" m'avait plu à l'époque, suffisamment pour la mettre sur cette compilation très rythmée, et elle me plait toujours assez aujourd'hui pour que j'ai eu envie d'en parler ici. Attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : ce single n'est pas un chef d'oeuvre inconnu, juste un titre imparfait avec de bonnes trouvailles sonores.
Avant de commencer mes recherches sur ce groupe, Last Few Days!, je me suit dit que j'allais trouver deux-trois listings de vente avec ce single, et peut-être un ou deux autres, et probablement rien d'autre. Effectivement, Fontana n'a dû sortir qu'un autre single d'eux : "Your love is super-funky". Rien que le titre me dit que le single doit être super-craignos.
Je suis aussi d'abord tombé, sur Discogs, sur un groupe du même nom, associé à Laibach avec lequel il a souvent tourné au début des années 1980, que j'ai d'abord pris pour un homonyme. Discogs dissocie d'ailleurs ces deux groupes, celui hip-pop et coloré de 1990 et celui gris et spartiate de 1983. C'est une interview réalisée fin 1989 ou 1990 par Simon Reyolds pour le Melody Maker qui m'a pourtant confirmé de façon certaine que ces deux groupes qui portent le même nom sont les mêmes et comportent les même membres !!
Dans l'interview, ils essaient d'expliquer leur brusque changement d'optique musicale par l'ère ambiante et la fin du post-punk. Personnellement, je pense que, comme pour beaucoup de Tristus convertis à la pop-house à la fin des années 1980, il faut y ajouter l'effet non négligeble de quelques pilules d'ecstasy sur le cerveau !
Simon Reynolds cite pour la musique de Last Few Days! une influence glam seventies à laquelle je n'avais pas pensé, mais qui est sûrement bien là. Ce qui m'a accroché, ce sont surtout les sons de guitare qu'on trouve sur "Kicks" (guitare sèche amplifiée, slide guitare, guitare électrique), plaqués sur des bongos à la "Loaded", une rythmique hip hop et des claviers house. Le refrain, bizarrement, est plusieurs tons en-dessous, avec ses choeurs façon gang et ce changement de rythme qui passent mal. C'est pourquoi, pour une fois, je préfère le remix allongé à la version originale qui ouvre le disque.
L'autre titre, "Hot tonite", est dominé par une basse funky et suscite très peu d'intérêt chez moi.
Simon Reynolds a republié son interview de Last Few Days! sur son blog en août 2006 dans le cadre d'une série d'articles en hommage à Tony Ogden, le chanteur de World Of Twist, qui venait de décéder. Il me semble que ce disque annonce encore plus un autre groupe, qui a fait de la country house sa marque de fabrique, qui s'est formé à la même époque que Last Few Days! mais n'a sorti son premier disque qu'en 1996 : j'ai nommé Alabama 3.