26 avril 2009

THE ROCKINGBIRDS : Jonathan Jonathan


Acquis dans l'un des Record and Tape Exchange de Londres vers 1992
Réf : HVN 17CD -- Edité par Heavenly en Angleterre en 1992
Support : CD 12 cm
Titres : Jonathan Jonathan -- Time drives the truck -- Older guys

Voici l'un des nombreux titres enregistrés en hommage à Jonathan Richman, parmi lesquels on compte notamment le Jonathan Richman de France-Angleterre ou The man who was too loud de Frank Black.
Il s'agit de la deuxième sortie de ce Jonathan Jonathan, promu de la face B du premier single des Rockingbirds à la face A du second, dans une nouvelle version. Au passage, le titre y a gagné une pochette clin d'oeil en référence à l'album compilation The Modern Lovers de 1976 (l'un des très nombreux exemples dans l'histoire du rock de pochette en référence à une autre). C'est d'ailleurs la référence aux Modern Lovers première époque qui différencie cette version produite par les vétérans pros Langer et Winstanley de la version originale produite par Peter Astor : si les paroles font bien référence à tout le parcours de Jonathan Richman, y compris l'alors très récent Jonathan goes country, si l'arrangement très réussi de choeurs à la californienne a été conservé, une citation évidente de Roadrunner est faite en début et en fin de morceau (avec le décompte "One two three four five six" et le riff de ce classique) et un nouveau venu, un orgue à la Jerry Harrison, remplace quasiment complètement la pedal steel, très en avant sur la première version. Au bout du compte, c'était certainement un peu plus vendeur, mais j'ai quand même un faible pour la version plus country.
Question country rock, on est servi avec les deux autres titres du disque. Time drives the truck d'abord, l'un des excellents titres originaux du premier album des Rockingbirds, un "truckin' song" dans le plus pur style, avec un beau chant à deux voix et des solos de guitare qui se succèdent, soutenus par des cuivres. Ensuite, il y a Older guys, une reprise enlevée des Flying Burrito Brothers. On reste là dans la sphère de référence de Jonathan Richman, puisque les paroles de Jonathan Jonathan mentionnent l'amitié des Modern Lovers et de Gram Parsons, qui avaient les mêmes managers en 1973, d'où le concert du 5 novembre 1973 auquel ont participé les Modern Lovers pour aider à payer les frais de justice de Phil Kaufman, coupable d'avoir "enlevé" le corps de Parsons.

Monter un groupe country à Londres en 1991, s'habiller en cowboy avec des vestes à frange, c'était quand même parfaitement incongru, à une époque où toutes les stars du rock indé n'étaient pas encore redescendues de leurs trips à l'ecstasy dans les raves et où la vague de l'Americana n'avait pas conquis la terre entière (moi compris). Mais les Rockingbirds étaient visiblement sincères et, s'ils se sont assez vite séparés après un deuxième album plutôt décevant, ils ont continué à jouer la musique qu'ils aiment, notamment le chanteur et auteur des chansons Alan Tyler.
On en serait sûrement resté là si, l'an dernier, les Rockingbirds n'avait pas été invités à jouer au festival organisé pour les 18 ans de leur label Heavenly. Ils y ont fait un tabac et du coup Heavenly vient de ressortir le premier album, intitulé tout simplement The Rockingbirds, assorti d'un CD bonus qui propose l'intégralité des titres inédits en album de leurs singles (ce qui comprend Older guys et les trois titres du premier simple) ainsi que deux titres live. Pour fêter ça, les Rockingbirds ont donné cinq concerts ce mois-ci en Angleterre, dont l'un à Norwich, leur ville d'origine (lire à ce sujet une une interview intéressante du deuxième chanteur Sean Read publiée par l'Evening News 24).
Même si l'époque est beaucoup plus favorable à leur style musical et même si d'autres concerts sont prévus dans des festivals cet été, je doute fort que cette reformation annonce une véritable seconde carrière pour les Rockingbirds, mais je ne saurais trop vous conseiller de vous procurer la réédition de l'album, d'autant plus qu'il me semble que ce double-CD est disponible à un prix tout à fait correct. 

25 avril 2009

J.S. BACH : Danses d'Anna Magdalena


Acquis chez Troc de l'Île à Tinqueux le 24 avril 2009
Réf : 470 112 -- Edité par Cassiopée en France vers 1970
Support : 45 tours 17 cm
9 titres

Pour illustrer ce que je disais tout à l'heure à propos des différences entre le monde du rock et celui du classique, essayons de comprendre ce que tente de nous vendre cette pochette de disque (car c'est bien à vendre que sert avant tout une pochette de disque).

C'est J.S. Bach qui est mis en avant. Mais l'entend t'on sur le disque ? Non bien sûr. Pas d'enregistrement au XVIIIe siècle, que je sache. Tout au plus des partitions (mais là il s'agit de disques pas de partition), et encore, Bach a très peu été publié de son vivant. Là, il n'est que le compositeur. Mettre Bach en gros sur la pochette, c'est un peu comme si on avait mis en avant Jerry Leiber et Mike Stoller en omettant Elvis sur son 45 tours Hound dog (A propos de Leiber et Stoller, il y avait récemment dans le n° 185 de Mojo un article captivant centré sur une discussion entre ce duo de compositeurs-producteurs et Rick Rubin).

Est-ce un disque d'Aimée van de Wiele alors ? Oui, dans les faits, puisqu'elle est la seule à jouer (du clavecin) sur ce disque solo instrumental. Mais la brave Mamie, très réputée dans son domaine, était moins renommée que Bach et son label n'a pas dû la trouver suffisamment photogénique pour la mettre en photo sur son disque (encore que, quand on vu ça, on sait que tout est possible !).

Alors, du coup, un troisième nom apparaît sur la pochette, celui de Mireille Nègre, alors Première danseuse de l'Opéra de Paris. Mademoiselle Nègre a peut-être eu l'occasion de danser en public sur ces airs de Bach, mais c'est un 45 tours, pas un DVD, et il ne faut pas la chercher sur le disque ailleurs que sur la pochette. Là encore, il est évident que c'est sa beauté divine qui lui vaut d'occuper les deux-tiers de la pochette, sur un décor d'orchidées de la collection Vacherot & Lecoufle. J'utilise l'adjectif "divine" sciemment puisque Mireille Nègre a un parcours de vie très original (raconté dans plusieurs livres, dont la biographie Je danserai pour toi), qui l'a notamment vue abandonner la danse alors qu'elle était Étoile de l'Opéra de Paris pour entrer dans les ordres. Depuis une vingtaine d'années, Sœur Mireille du Cœur immaculé et transpercé (son nouveau pseudonyme, à la ville comme à la scène) danse à nouveau, mais uniquement dans des lieux consacrés.

Voilà, tout ça pour dire que, pour un 45 tours de Chuck Berry, les choses auraient été beaucoup plus simples : son nom en gros et sa photo ! (sauf à ses débuts, quand on évitait de mettre des noirs en photo sur les pochettes, comme ci-dessous sur la pochette de son premier EP anglais, en 1956).

Sinon, question musique, mon tiercé dans l'ordre pour les préludes et danses interprétés ici est : Musette en ré majeur, Petit prélude en do majeur et Prélude en fa majeur.

ROCK'N'ROLL 39-59


Acquis chez Parallèles/Gilda à Paris le 6 avril 2009
Réf : BS11001 -- Edité par Body & Soul en France en 2007 -- Offert par Directsoir -- Interdit à la vente
Support : CD 12 cm
Titres : ELVIS PRESLEY : Hound dog -- LITTLE RICHARD : Good golly, Miss Molly -- CHUCK BERRY : Roll over Beethoven -- CARL PERKINS : Blue suede shoes

Voilà un disque bizarre. Je suis bien certain de ne pas être un puriste borné du rock'n'roll, mais il y a là des incohérences et des incompatibilités qu'on perçoit au premier coup d'oeil. Rock'n'roll/Cartier d'abord.
Le rock des années 50 et le monde de la joaillerie de luxe, même via une fondation artistique, rien à voir. Ça ne m'évoque au mieux que des amateurs de rock ventripotents sur le retour avec des catogans. J'ai bien dit au mieux...
Rock'n'roll/Art contemporain ensuite. Autant essayer de mélanger l'eau et le feu. L'art contemporain au sens où on l'entend dans le nom de la fondation, c'est l'art du concept par execellence. Le rock'n'roll c'est l'art de la musique qui a su rester primitive, celle qu'on joue et qu'on ressent avec son corps et son âme.
Rock'n'roll/Directsoir pour finir, puisque ce disque a été distribué par ce qui doit être le pire des journaux gratuits. Même si le rock'n'roll est intrinsèquement lié à la société de consommation, on atteint plus de cinquante après des abîmes dans l'assimilation et la commercialisation...
Autre problème avec ce disque, sa pochette très moche. C'est d'autant plus surprenant qu'elle reprend l'affiche d'une exposition d'art, donc, présentée à la Fondation de juin à octobre 2007. Heureusement, s'il a plus ou moins la même couverture, le catalogue de l'exposition édité chez Xavier Barral semble regorger de superbes documents graphiques : photographies, affiches, pochettes.
Bon, terminé les critiques, car côté musique, et c'est bien ce qui compte, la sélection est imparable. Quatre joyaux incontestables (tiens, le voilà peut-être le rapport avec Cartier !), tous sortis en 1956 (peut-être parce qu'en 2007 c'était l'année la plus récente à être tombée dans le domaine public) par quatre grande figures du rock'n'roll.
Saluons particulièrement Little Richard et Chuck Berry, deux artistes qui sont encore nos contemporains, et attribuons quand même une mention spéciale à Chuck qui, avec Roll over Beethoven, revendique haut et fort dès mai 1956 la place du rock au sein de l'art musical, tous styles confondus, en balayant Beethoven et Tchaïkovski, en faisant référence à la radio, au disque et à la danse, et en citant d'ores et déjà un autre classique présent sur ce CD (Blue suede shoes). Comme quoi le rock était non pas à ses débuts mais bien déjà à son apogée en 1956.
Chuck Berry incarne parfaitement ici l'une des spécifités de l'art du rock'n'roll qui est trop rarement mise en avant : les rockers comme Chuck sont des artistes complets. Là où dans la musique classique ou l'opéra on a des compositeurs, des auteurs de livret, des musiciens, des chanteurs, des danseurs (et rares sont ceux qui excellent dans plusieurs de ces spécialités), on tient avec Chuck Berry un virtuose qui compose sa musique et l'interprète, qui écrit ses paroles et les chante, et en plus qui danse sur scène.
Roll over Cartier, tell Directsoir the news, rock'n'roll will stand.

19 avril 2009

P.A.O.L.A : Si t'as été à Tahiti


Acquis sur le vide-grenier de Mardeuil le 30 avril 2006
Réf : 432.327 BE -- Edité par Philips en France en 1958
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Torero -- Sous son chapeau cloche -/- Si t'as été à Tahiti -- Vache de java

Le même jour et au même stand, j'avais trouvé un bon disque de vraie musique tahitienne, celui de l'Ensemble Tauhiti, que j'avais décidé de chroniquer ici. Du coup, comme je ne voulais pas multiplier les billets sur Tahiti, je m'étais contenté pour ce 45 tours bizarre à la pochette me rappelant Annie Cordy d'une ou deux écoutes avant de le ranger. Mais j'avais trouvé ça sympa et rigolo et, après mes découvertes récentes de 45 tours Fontana et Philips des années 50 (dont ceux de Gabriel Dalar et de Monsieur Dupont et ses solistes campagnards), j'ai regardé ce disque avec beaucoup plus d'attention quand je suis retombé dessus cette semaine en en rangeant un autre. Label Philips, orchestre d'Alain Goraguer, grosses blagues, et même une chanson signée André Popp et Boris Vian : pas de doute, le Bison Ravi a dû avoir quelque chose à voir dans l'édition de ce 45 tours.

Je n'ai trouvé absolument aucune information biographique sur P.A.O.L.A. Si j'en crois la discographie disponible chez Encyclopédisque et les informations figurant au dos de mon disque, elle a sorti au moins un 45 tours chez Typic en 1957 avant de signer chez Philips, où son premier disque consistait en des interprétations de trois chansons de l'opérette Maria-Flora. Celui-ci est le deuxième, et il y en a eu au moins trois autres par la suite, de 1959 à 1962.



Ci-dessus, la première pochette de ce 45 tours, très moche, qui mettait en valeur Sous son chapeau cloche, le titre de Popp et Vian. C'est pourtant, et de loin, le titre des quatre que j'aime le moins. Il n'est pas mauvais, mais c'est du jazz comme l'aimait Vian et ce n'est pas très drôle.

Mais c'est l'autre titre original du disque, Si t'as été à Tahiti, qui avait le plus fort potentiel commercial. Je pense d'ailleurs que c'est le seul de P.A.O.L.A qui est un peu connu. Il a donc bénéficié d'une édition en 45 tours deux titres (sûrement pour les juke-boxes), d'une nouvelle pochette pour le EP le mettant bien en valeur, avec une pochette colorée à l'exotisme de pacotille de bon aloi, et sa partition a même été commercialisée. Au Québec, Les Jérolas ont repris la chanson sur leur premier album en 1959.

Parmi des milliers d'autres exercices d'exotisme chansonnier utilisant les ingrédients de Tahiti ou d'Hawaï, cette chanson de Robert Pierret et Jean Guillaume fait partie de celles qui obtiennent une bonne note, tout comme, quelques années plus tard, La polygamie de Marcel Amont, dont j'ai déjà parlé ici. Je ne doute pas que, lorsqu'il a composé son propre A Tahiti en 1992, où il est question de moyens de transport pour se rendre notamment à Tahiti et Hawai, parmi lesquels une auto et un vélo, Jean-Luc Fonck de Sttella avait en tête ce précédent des années cinquante.

Même si je faisais une erreur en associant la photo de P.A.O.L.A à Annie Cordy, car Annie Cordy avait ce type de look plutôt dans les années 60 et 70 que dans les années 50 il me semble, j'avais quand même mis dans le mille, car il s'avère que Torero, l'excellente reprise d'une chanson italienne écrite par Renato Carosone, a aussi été chantée par Annie Cordy, également en 1958 mais j'imagine qu'Annie Cordy en est la créatrice en France, pas P.A.O.L.A. C'est une chanson que j'aime beaucoup et que je connais depuis longtemps, mais... dans une version en allemand publiée par les Lost Gringos en 1984 sur le maxi Troca troca !

Vache de java fait bien sûr penser aux grandes javas du duo Goraguer/Boris Vian, dont La java des bombes atomiques. Dans le lot, celle-ci fait partie des grandes réussites, mais ils n'en sont pas les auteurs. En écoutant les paroles, et en pensant à l'espagnolade de Torero et à l'exotisme de Si t'as été à Tahiti, je me disais que ces chansons étaient vraiment typiques d'un esprit années cinquante, et je pensais notamment à Henri Génès, et à sa Vaca maladiva. Et bien bingo, puisque Vache de java est justement une reprise d'une chanson sortie par Génès en 1957 !

On peut écouter sur Youtube une version en public de Si t'as été à Tahiti, proche mais pas tout à fait aussi bonne que la version en studio.



Ajout du 22 mars 2011 :


Voici quelques informations sur la biographie de PAOLA communiquées par son mari, le trompettiste et chef d'orchestre Lucien Juanico, qui a composé plusieurs chansons pour elle et qui l'accompagnait déjà avec son orchestre sur son premier 45 tours en 1957.
Avant ça, ayant monté un tour de chant "international", elle était partie en Italie pour un contrat de quinze jours et y est resté huit ans ! Ce sont les italiens qui transforment son prénom Paule et lui attribuent le pseudonyme Paola Paola.
Revenue à Paris et signée chez Philips, elle obtient un grand succès avec avec Si t'as été à Tahiti (600 000 exemplaires vendus). Elle passe à l'Olympia en vedette américaine de Paul Anka, puis deux fois à Bobino en tête d'affiche, où est enregistré en public le 33 tours 25 cm Rue de la gaité - A Bobino.
Outre cet album, Paola a publié au moins neuf 45 tours et un album "gospel", Révélation, sur lequel elle reprend des negro spirituals, des psaumes et des chansons de Michel Legrand.
Outre Boris Vian, elle a eu notamment l'occasion d'interpréter au cours de sa carrière des compositions de Gilbert Bécaud, Mireille, Francis Lemarque, Bernard Dimey, Ricet Barrier, Jean Constantin, Henri Salvador.
Paola est décédée en 2010.

18 avril 2009

HEARTBREAKERS : L.A.M.F.


Acquis à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne vers fin 1979
Réf : 940552 -- Edité par Track en France en 1977
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

Je pense bien que c'est à l'automne 1979 que j'ai acheté ce disque car c'est pendant l'été, à Suippes, que j'ai vraiment dû découvrir les Heartbreakers en m'éclatant sur Born to lose (la face B de leur premier 45 tours, devenue Born too loose sur l'album) que François B. avait sur l'une de ses nombreuses compilations sur cassette.
En tout cas, j'avais dû aussi lire une ou deux références à L.A.M.F., expliquant que c'était l'un des grands albums de référence du punk avec Never mind the bollocks et le premier Clash, et du coup j'étais allé voir Gilbert à La Clé de Sol pour lui commander le disque, qu'il n'avait bien entendu pas en stock. Il avait farfouillé dans ses catalogues, trouvé une référence chez Barclay et tenté le coup sans être sûr que le disque était encore disponible. Mais bingo !, voilà comment je suis entré en possession de l'un des relativement rares exemplaires du pressage français de ce premier album des ex-New-York Dolls Johnny Thunders et Jerry Nolan, Walter Lure et Billy Rath complétant la formation de ces Heartbreakers.
On parle de punk à propos des Heartbreakers parce qu'ils ont été invités par Malcolm McLaren à venir en Angleterre fin 1976 pour participer à l'Anarchy Tour, et parce que leur album est sorti pile en 1977, mais un peu plus tôt ou un peu plus tard, on aurait tout simplement parlé de rock à leur propos, le son ici n'étant pas du tout éloigné de celui des New-York Dolls ou des Stones période 69-71.
Une légende s'est également développée à propos de cet album autour de la façon dont il aurait été (mal) mixé, largement entretenue par les différentes éditions remixées ou démixées éditées depuis une vingtaine d'années par le label Jungle Records. Franchement, il faut savoir ce qu'on veut : si c'est de la haute fidélité, il faut passer son chemin et se précipiter, au hasard, sur Dark side of the moon. Si c'est du rock punk, ce disque fait parfaitement l'affaire : les chansons sont excellentes, l'interprétation également (ce qui, quoi qu'on ait pu dire à propos du punk, n'est pas toujours complètement négligeable en matière musicale) et les éventuelles faiblesses de mixage ou de qualité du son n'empêchent absolument pas d'apprécier la qualité de l'album, surtout si le volume est suffisamment fort. Il n'y a guère que pour Chinese rocks et Goin' steady (l'un des rares titres faibles du disque) que j'avais noté à l'époque un son un peu sourd et faible, mais franchement, pas de quoi mettre une prothèse auditive à un punk vieillissant !
Franchement, j'adore quasiment tout sur cet album. Born too loose, qui est l'un des grands hymnes punks. Les titres composés par Walter Lure et Billy Nolan, All by myself, Get off the phone et One track mind. Baby talk, I love you et I wanna be loved aussi, avec un petit truc à la batterie sur les toms que je trouve excellent. Pirate love, dont je ne savais pas à l'époque que c'était une proche cousine de Private world, un titre du premier album des New-York Dolls même pas écrit par Thunders. It's not enough aussi, l'une des deux grandes ballades signées par Thunders (l'autre étant You can't put your arms around a memory), un titre dont ni le groupe ni l'auditeur n'ont jamais assez, tant et si bien qu'il a fallu couper brutalement la chanson après quatre minutes.
Quel que soit le mixage, quelle que soit l'édition, voilà bien un disque qui a sa place chez tous les fans de rock.

La dernière édition en date publiée par Jungle comporte un CD bonus de démos, de répétitions instrumentales (!) et de live.
Sinon, on trouve l'album en téléchargement un peu partout, et notamment .
Deux discographies des Heartbreakers parmi d'autres, ici et .

17 avril 2009

BECK : It's all in your mind


Acquis peut-être bien chez Rough Trade à Paris vers septembre 1994
Réf : IPU 45 -- Edité par K aux Etats-Unis en 1994
Support : 45 tours 17 cm
Titres : It's all in your mind -/- Feather in your cap -- Whiskey can can

Ça ne parait pas comme ça, mais l'année 1994, l'année Beck dont je parlais ici il y a presque deux ans, c'était il y a déjà quinze ans. Pour l'occasion, Beck a choisi parmi ses trois albums de 1994 de rééditer en version "de luxe" One foot in the grave, initialement paru chez K Records, le label de Calvin Johnson, des Halo Benders entre beaucoup d'autres.
Ce n'est pas le premier des disques de Beck à bénéficier de ce traitement puisque, bien que plus récent, Odelay, son album qui s'est le mieux vendu, a déjà eu droit au traitement de la réédition "de luxe" par Geffen l'an dernier.
Le deuxième CD contient 16 titres, dont 13 précédemment inédits plus les trois de ce 45 tours, enregistrés pendant les sessions de l'album et sortis quelques mois plus tard.
On ne peut pas dire que les meilleurs titres des sessions aient été mis de côté pour le single, loin de là. Aucune des chansons n'est mauvaise, mais aucune n'est absolument renversante (contrairement à quelques-uns de One foot in the grave). Globalement, la tonalité est sombre, comme sur une bonne partie de l'album, voire même lugubre pour It's all in your mind, un titre lent interprété en solo et en acoustique par Beck, qui chante avec presque une voix d'enterrement "C'est tout dans ta tête et je voulais être ton bon ami". Malgré tout, la chanson a tendance à rester en tête après l'écoute.
J'aime mieux la face B, globalement. Feather in your cap, toujours en solo et en acoustique, a un peu plus de rythme, même si les paroles ne sont guère plus gaies ("La déception est l'une de tes fiertés")
Ces deux chansons ont été réenregistrées en groupe et republiées par Beck plus tard : en 2002 sur Sea change pour It's all in your mind et dès 1994 pour Feather in your cap, sur la BO du film Suburbia. Aucune des deux versions n'apporte quoi que ce soit de vraiment intéressant ou nouveau par rapport aux versions originales.
Whiskey can can, enregistré avec un bassiste et un batteur et de la guitare électrique, est légèrement plus entraînant, mais ça ne respire pas la gaieté quand même.

En 2002, Beck interprétait encore It's all in your mind en public, dans une version toujours très sage, mais avec l'accompagnement des Flaming Lips.