17 août 2006

NOISE ADDICT : Young & jaded


Acquis probablement chez Rough Trade à Paris en 1994
Réf : WIJ 35 CD -- Edité par Wiiija en Angleterre en 1994
Support : CD 12 cm
Titres : I wish I was him -- My sarong -- Meat -- Pop queen -- Back in your life -- Don't leave

Des gamins australiens d'à peine quinze ans qui sortent un disque avec une reprise du "Back in your life" de Jonathan Richman, ça aurait suffit pour que je m'intéresse à ce disque. Et cette version en groupe, électrique mais pas trop, avec des choeurs de voix qui n'ont pas encore mué est effectivement excellente, la thématique de la chanson convient tout à fait à un groupe d'ados.
Ce qui est bien avec "Young & jaded", outre cette reprise, c'est qu'il y a quand même trois autres chansons excellentes. Il n'y a guère que "My sarong" et "Meat" que j'aime un peu moins. Ces cinq autres titres du disque sont des enregistrements maison acoustiques, et sont quasiment les premiers enregistrements en solo de Ben Lee, le meneur du groupe, et c'est tant mieux, car les autres parutions plus punky de Noise Addict (excellent nom de groupe !) sont moins intéressantes.
Parmi les réussites, il y a le désormais classique "I wish I was him", une ode de fan à Evan Dando, qui vivait à l'époque en Australie, trop intelligente pour être complètement au premier degré : "J'aimerais être lui, Il a toutes les filles à ses pieds, Il n'a pas d'ennemis, Et bien plein d'amis cools, Il reçoit plein de disques gratuits '...) Il comprend même les paroles des chansons de Pavement".
Autre réussite, "Pop queen", avec une facilité géniale dans les paroles ("Well you're real pretty And you act like a cross between you know what I mean") et toujours des références de fan de musique ("You love the Pixies, You're the ultimate Pop Queen").
Et je ne vais pas les citer aussi, mais les paroles de "Don't leave" sont excellentes également, et en font une chanson d'amour très réussie.
Après ce disque, Ben Lee a entamé une carrière solo avec l'excellent album "Grandpaw would", et Noise Addict a sorti un unique album, assez intéressant, avant de se séparer. Personnellement, je plaçais alors beaucoup d'espoir dans Ben Lee, mais il semble avoir mûri vraiment trop vite. Dès son deuxième album en 1997, "Something to remember me by", il donnait presque l'impression de se sentir vieux et désabusé (et il était en veste de costard sur la pochette), devenant l'illustration vivante du titre "Young & jaded" : "Jeune et lessivé"...


Noise Addict photographié par Sophie Howarth ; photo figurant sur le livret de "Young and jaded".
L'édition américaine de ce disque chez Grand Royal est visiblement toujours disponible.

15 août 2006

METAL URBAIN : Paris maquis


Acquis chez Hifi-Club à Châlons-sur-Marne vers 1979
Réf : RT 001 -- Edité par Rough Trade en Angleterre en 1977
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Paris maquis -/- Clé de contact

Contrairement au "This year's model" de Costello, acheté rue des Lombards, c'est dans la toute nouvelle boutique agrandie du Hifi-Club, place Foch face à la mairie, que j'ai acheté ce 45 tours de Métal Urbain (dans le même local, après la liquidation de la boutique un peu plus tard dans les années 80, il y a eu un commerce qui a fait sensation dans la ville : le premier fast food !, qui s'appelait Manhattan Burger ou quelque chose comme ça).
C'est dans ce magasin que je me suis retrouvé, un jour, à fouiller pour la première fois un rayon de 45 tours punk avec des imports. Il y avait des Sex Pistols, au moins deux Subway Sect différents, mais j'ai choisi ce Métal Urbain, parce que je connaissais la chanson "Paris maquis" : j'avais vu le groupe l'interpréter à la télé un dimanche midi dans l'émission "Chorus".
"Paris maquis" est un hymne bien punk, avec un refrain qu'on peut hurler ("Assassine, l'Etat dans la poche, Je te juge, l'Etat contre moi, Fasciste !"). C'est en français, il n'y a que trois couplets et les paroles sont imprimées au dos, mais il y avait des mots ou des expressions que je ne comprenais pas bien : nervis, gardiens de l'appris, fasciste aussi... Et quand même, après tout ce temps, je me dis qu'une chanson comme ça aurait bien pu influencer Trust et son "Antisocial", que j'ai pourtant toujours détesté, comme tout ce qui touche de près ou de loin au hard rock.
Même si par la suite j'ai suivi de près les parutions moins punks du label Rough Trade, ce n'est pas du tout pour cette raison que j'ai acheté ce disque car je ne connaissais pas encore le label. Mais en 1996, quand j'ai écrit un article pour les vingt ans de Rough Trade, j'ai attrapé au vol Eric Debris, le chanteur de Métal urbain, lorsque je l'ai croisé au Printemps de Bourges pour lui demander comment un groupe français avait bien pu se retrouver à enregistrer le premier disque publié par le label essentiel de la new wave anglaise.


Métal Urbain, Paris maquis, dans l'émission Chorus qui m'a fait découvrir cette chanson.

14 août 2006

FIVE GO DOWN TO THE SEA ? : Knot a fish EP


Acquis chez Rough Trade à Londres en 1984
Réf : KA Five 5 -- Edité par Kabuki en Angleterre en 1983
Support : 45 tours 17 cm
Titres : There's a fish on top of Shandon (Swears he's Elvis) -- Why wait until April -/- Fishes for compliments -- Elephants for fun and profit

C'est un signe qu'il fallait que je parle vite d'un disque de ces irlandais de Cork : avant-hier, j'ai scanné de vieilles photos, pour ce blog ou pour la rubrique photos souvenir de Vivonzeureux!, parmi lesquelles la photo de Five Go Down To The Sea ? ci-dessous, et aujourd'hui, en fouillant des archives, je suis tombé sur un projet de fanzine en anglais de 1984, avec un court article sur FGDTTS !
Voici grosso modo ce que j'écrivais en 1984, après les avoir vus cinq fois en concert entre mars et juin :
"FGDTTS sont fous, comme le sont tous les génies. Il leur faut plus de bière pour jouer un concert qu'il ne faut d'essence à une voiture de Formule 1 pour courir un Grand Prix...
FGDTTS sont funs ! Ils ressemblent aux petits-fils du guitariste de Status Quo, et on s'attendrait à ce que leur musique soit en accord avec leur apparence. Ce n'est pas le cas !
FGDTTS sont irlandais, et seront peut-être aussi importants que les Undertones. Mais même à leur meilleur ("Positive touch"), les Undertones jouent une pop traditionnelle ; les FGDTTS sont différents !
Leur chanteur chante comme David Thomas, et leur musique me rappelle celle de Pere Ubu, mais elle est dégagée de l'aspect intellectuel qui est parfois associé à Pere Ubu.
D'où vient leur nom ? Peut-être qu'un farfadet leur a indiqué le chemin d'une mer remplie de bière ?"
En fait, je ne savais pas à l'époque que le nom du groupe se traduisait tout simplement par Le Club des Cinq à la Mer ?, la référence à Enid Blyton étant évidente pour tous les anglophones. A posteriori, je rajouterais que Donnelly, le chanteur, me fait fortement penser à Kankrela/L'Incohérent, le chanteur des Combinaisons.
Ce premier 45 tours du groupe est un peu particulier, car un violon y figure tout au long, ce qui n'est pas le cas sur les deux autres maxis que le groupe a publiés, et ce qui donne parfois une toute petite couleur irlandaise à leur musique (attention, je n'ai pas dit que c'était du folk !).
Le premier titre est excellent. Il y a une longue et très bonne intro instrumentale, avant que Donnelly attaque "This song I wrote for you, I love you, I love you" (Figurez-vous qu'il y a effectivement un poisson sur le toit de l'église de Shandon, qu'on voit d'ailleurs dessinée sur la pochette du disque, mais il ne prétend pas être Elvis, à mon avis il se prend juste pour un coq !).
"Elephant for fun and profit" est une autre bonne chanson d'amour, et j'aime aussi beaucoup "Why wait until April". Vous en déduirez donc facilement que seule "Fishes for compliments" est un peu moins à mon goût.
Dans une vie antétieure, ce groupe s'est appelé Nun Attax. Par la suite, ils sont devenus Beethoven. Ce dernier groupe s'est arrêté brutalement quand Donnelly est mort noyé dans la Serpentine, la rivière qui parcourt Hyde Park à Londres : il a essayé de nager sous une barque, dans un état certain d'ébriété, j'imagine.
Peter Astor lui a rendu un bel hommage avec la chanson "Donnelly" sur l'album "Paradise".


Five Go Down To The Sea ? en concert à l'Empire Rooms, Tottenham Court Rd, Londres, le 26 juin 1984. Photo : JC Brouchard.

C'était un concert particulier parce qu'il se déroulait dans une salle un peu luxueuse appartenant au groupe Mecca, pleine de moquette orange, et non pas dans l'arrière salle du pub utilisée par Creation un peu plus bas dans la rue, comme la plupart des concerts habituels des groupes à l'affiche ce jour-là, les Three Johns et les Red Guitars.

Il y a deux ou trois ans, j'étais tombé sur une page assez complète sur FGDTTS, avec un documentaire radio à télécharger ou un projet de documentaire, je ne sais plus. En tout cas, cette page semble ne plus être en ligne, et je n'ai rien trouvé de bien détaillé disponible sur le groupe (Ajout du 25 février 2008 : on vient de me signaler que cette émission radio de 50 minutes, primée en 2002, est disponible en téléchargement ici, tout comme l'intégralité de la discographie du groupe !).
Pour les curieux, je viens de mettre sur le radio-blog de Vivonzeureux! un titre de Five Go Town To The Sea ? enregistré au mini-cassette en concert à Londres le 20 mai 1984.


Five Go Down To The Sea ? dans le NME du 3 novembre 1984.

13 août 2006

ST. THOMAS : Mysterious walks


Offert par Philippe D. par correspondance en 2001
Réf : RJ006CD -- Edité par Racing Junior en Norvège en 2000
Support : CD 12 cm
13 titres

Ce fut une bonne surprise de me faire offrir ce premier album de Thomas Hansen, le St. Thomas norvégien (Dans sa discographie figure un album sur CD-R édité à 100 exemplaires l'année précédente par Darjeeling Sounds, un micro-label français, mais je n'en ai jamais vu un seul).
L'illustration de pochette d'Andreas Tellefsen est superbe, comme le sont les trois autres dans le livret, et elles donnent bien l'ambiance de ce disque, qui est entièrement constitué d'enregistrements faits à la maison, dont la plupart avaient à l'origine le statut de démos.
Thomas Hansen est quasiment en solo sur ce disque, mais presque sur tous les titres que je préfère il est accompagné de discrètes percussions. Je pense à "Born again", qui ouvre l'album, dont les paroles du refrain sont les mêmes que celles de "Take a dance with me", sortie un an plus tard sur l'album "I'm coming home", mais les deux chansons sont très différentes. Il y a aussi "Invitation", "The proud St. Thomas", l'instrumental "I'm coming home" (rien à voir non plus avec ce deuxième album !) et "Lullaby from a wannabe popstar".
En parlant de popstar potentielle, justement, Thomas Hansen revient dans une info postée sur son site le 18 mars 2006 intitulée "The outsiders mysterious walks" sur la genèse de cet album, et surtout sur son moral et son attitude face au show-business. Il a sorti un album par an depuis le premier, sur divers labels indépendants et filiales de plus gros label, mais il annonce que le prochain, "There´s only one of me", a été enregistré à la maison, comme "Mysterious walks", et sortira à la fin du mois sur son propre label, Cornerman Records, afin de lui éviter au maximum les compromis qu'il considère comme des compromissions.
Et même s'il semble déjà renier "Childen of the new brigade", son album de 2005, je vais bientôt me le procurer, ne serait-ce que parce qu'il a été enregistré en grande partie avec Herman Düne, et contient une reprise de leur "Sheer wonder".

12 août 2006

PILLOWS AND PRAYERS (CHERRY RED 1982-1983)


Acquis probablement à La Clé de Sol à Reims ou Châlons-sur-Marne en 1983
Réf : Z RED 41 -- Edité par Cherry Red en Angleterre en 1982
Support : 33 tours 30 cm
17 titres

C'est une compilation qui a joué un rôle très important pour le rock indépendant du début des années 80. Reprenant une idée de certaines majors des années 70 (Warner, CBS avec la série des "Rock machine turns you on"), Cherry Red, l'un des grands labels indépendants de l'époque (avec Rough Trade, Factory et Mute) a sorti cette compilation catalogue juste avant Noël 82, au prix imbattable de 99 pence. Ils ne faisaient sûrement pas de bénéfice sur les ventes de ce disque (120 000 exemplaires écoulés, classé 47 semaines dans les charts indépendants, dont 19 à la première place), mais on peut penser que ça a bien servi à faire connaître les groupes présents sur l'album. En 1988, Creation Records a refait le coup avec un certain succès pour sa compilation "Doing it for the kids".
Pour moi, ça a été à la fois un disque agréable à écouter et un guide pour faire plein de découvertes musicales. Je pense que, des 17 artistes présents sur "Pillows and prayers", je ne connaissais auparavant que Monochrome Set, représentés ici par un de leurs tous premiers singles de 79, "Eine Symphonie des Grauens", sorti à l'origine chez Rough Trade, mais repris en 83 chez Cherry Red sur la compilation "Volume, contrast, brilliance", The Passage, ici avec mon titre préféré d'eux, "XOYO", et Eyeless In Gaza, dont le "No noise" démarre bien, mais le chant m'énerve.
C'es donc avec de disque que j'ai découvert rien moins que Felt, avec "My face is on fire", un titre parfait de bout en bout, avec les toms toms de Gary Ainge, la guitare jouée par Lawrence et son chant (quand je pense qu'il n'était pas satisfait de cette chanson est qu'il l'a refaite plus tard, en moins bien, sous le titre "Whirlpool vision of shame", dans une version parasitée par la guitare de Maurice Deebank !), mais aussi Five Or Six, un groupe mineur, certes, mais injustement complètement oublié.
"Pillows and prayers" est bien représentatif de la diversité de la production musicale de l'époque. On y trouve de la pop synthétique, bien sûr ("All about you" de Thomas Leer a très mal vieilli, mais "Compulsion" de Joe Crow reste compulsif - désolé, j'ai pas pu m'en empêcher !), mais aussi du rock énervé (pas beaucoup) comme le "Don't blink" des Nightingales.
La galaxie Everything But The Girl truste rien moins que quatre titres : le premier enregistrement du groupe, mais aussi ceux en solo de Ben Watt (beurk !) et de Tracey Thorn (pas mal) et une excellente chanson des Marine Girls, le premier groupe de Thorn.
Les anciens sont aussi présents, avec un bon titre contemporain de Kevin Coyne et la réédition des très obscures proto-psychédéliques The Misunderstood (le génial "I unseen").
Bref, même s'il vous en coûtera sûrement plus de 99 pence, n'hésitez pas à vous emparer de ce disque si vous tombez dessus. Il est d'ailleurs disponible en CD couplé avec le "Pillows and prayers volume 2", un disque de 1984 qui n'a pas eu le même impact que son prédécesseur car il n'est sorti qu'au Japon.

11 août 2006

JUKE BOX CLASSICS - THE WANDERERS


Acquis au Carrefour de Châlons-sur-Marne en 1989
Réf : PWK 058 -- Edité par Pickwick en Angleterre en 1988
Support : CD 12 cm
17 titres

A cette époque-là, je n'habitais plus Châlons, je n'étais donc plus constamment fourré à Carrefour, comme le châlonnais moyen, mais j'y retournai quand même régulièrement pour y faire des courses avec mon père quand je venais manger chez lui.
On était en pleine vague de popularisation du CD, et je crois que c'est la première fois que j'ai vu une promotion avec des rayons entiers de CDs pas chers (13,90 F.). C'était une opération d'un label pas cher qu'on connaissait depuis longtemps, Pickwick, avec donc une majorité de vieux enregistrements.
J'ai dû acheter trois disques ce jour-là, qui figurent parmi les 20 ou 30 premiers CDs que j'ai achetés (avec les Shamen et les Stereo MC's, je pense). Je ne suis même pas sûr que j'avais déjà ma platine compact à ce moment. Il y avait mon premier Johnny Cash ("The greatest love songs", pas ce qu'il y a de mieux chez lui ; il y a quand même de bonnes choses sur ce disque mais j'ai mis des années avant de les apprécier), un best-of de T. Rex (bof), et cette bande originale du film "The wanderers", un film de 1979 dont l'action se situe en 1963, avec une BO de titres d'époque (j'ai vérifié avant d'acheter qu'ils s'agissaient bien des version originales). La pochette, elle, avec ce digne fils de Bashung adossé à un juke-box est très années 80.
Pour quelqu'un comme moi, qui a surtout grandi dans les années 70, il n'est pas étonnant que certains des titres présents ici m'aient d'abord été rendus familiers par des reprises : "You really got a hold on me" par les Beatles, "Baby it's you" par Elvis Costello et Nick Lowe, "Do you love me ?" par les Silicon Teens, "Pipeline" par Johnny Thunders, "Walk like a man" par Divine, "Shout" par les Dogs...!
On voit bien qu'on a ici une excellente compilation de titres sixties, sortant un peu des sentiers battus, qu'on peut passer intégralement dans n'importe quelle soirée dansante. Les titres vocaux dominent (par Dion, les Four Seasons, les Shirelles,...), mais il y a trois instrumentaux à guitare ("Wipeout", "Pipeline" et "Tequila", rien que ça !).
L'intégalité des titres qu'on entend dans le film n'est pas reprise ici, mais avec 17 au compteur, c'est autant que le CD édité récemment par Castle, mais quand même 5 de mieux que celui sorti par Warner. Pas mal pour un CD au rabais ! Mon préféré, "Stand by me" par Ben E. King étant hors concours, c'est sûrement le "Baby it's you" des Shirelles.