Affichage des articles triés par date pour la requête taha séjour. Trier par pertinence Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par date pour la requête taha séjour. Trier par pertinence Afficher tous les articles

29 mars 2025

AKLI D. : C.facile


Acquis par correspondance via Rakuten en mars 2025
Réf : [CA BECAUSE0068] -- Édité par Because en France en 2006
Support : CD 12 cm
Titres : C.facile (Audio) -- C.facile (Vidéo)

Quand j'ai trouvé il y a quelques semaines à la Recyclerie de Châlons l'album Ma yela d'Akli D., j'ai su tout de suite que cet album allait être intéressant, ne serait-ce qu'à cause de l'instrument bricolé à partir d'un bidon d'huile qu'Akli tient sur la pochette.
Le disque m'a bien plu en effet, et le titre qui m'a le plus accroché c'est C. facile. En cherchant un peu, j'ai vu qu'il existait un single pour ce titre. Je l'ai trouvé à prix modique, port compris, et je l'ai commandé.

C'est un très bel objet. Ce n'est pas mentionné, contrairement à l'habitude, mais c'est une édition hors commerce. La pochette est légèrement surdimensionnée, avec un livret cartonné pelliculé de 12 pages. C'est un disque à ranger à côté d'un autre CD promo illustré, le Punk ouvrier de Didier Wampas illustré par Lindingre.

J'avais noté la participation active de Manu Chao à ce projet, qui a réalisé et mixé le disque, joue de plusieurs instruments et fait des chœurs. C'est mentionné très discrètement dans les les crédits de l'album. Ce n'est évidemment pas un hasard si ce disque est sorti chez Because, qui publie aussi les disques de Manu
Pour le single, c'est différent. Quiconque a jamais vu une image liée au livre-CD Sibérie m'était contéee de Manu Chao et Wozniak y pensera en voyant ce CD. Ce sont les deux compères qui ont fait les illustrations, utilisées également pour la vidéo. Les crédits sont mentionnés plus clairement, et surtout Manu signe un texte/poème de présentation d'Akli D.. Les deux se sont rencontrés lors d'une soirée à Paris. Ils se sont liés d'amitié, ont eu l'occasion de jammer ensemble, avant de se lancer dans l'enregistrement de l'album.

Je me suis vite rendu compte que la version de C. facile sur ce single n'est pas la même que celle de l'album. Musicalement, aucune différence, mais la version originale est chantée principalement en kabyle, tandis que celle-ci, qui est aussi celle de la vidéo, est en français.
En fouillant un peu, j'ai vu qu'il existe une autre édition de l'album avec la version française en bonus, et encore une autre qui intègre la version française et met la kabyle en bonus.

Le thème de la chanson, c'est la condition de l'exilé, une situation vécue par Akli D., qui a quitté l'Algérie pour la France au début des années 1980 : "C. facile, C. pas facile, l'immigré n'est jamais trankil. C. facile, C. pas facile, le jour c'est la vie le soir c'est l'exil." (une traduction des paroles qui figure dans le livret de l'album).
Dans la version française, il y a aussi "Combien de cartes ? Combien de séjours ? Toutes les promesses, tous les détours. Combien de temps, pour l′intégration ?".
On pense dans l'esprit à Rachid Taha et Carte de Séjour, à qui Akli fait indirectement référence avec le très bien vu "Douce France, douces souffrances".
C'est une excellente chanson, sur un rythme enlevé, avec un thème vieux comme le monde et toujours d'une actualité brûlante.

Akli D. est toujours actif musicalement. Dans quelques jours, le 1er avril, il donnera un concert dans un festival en Libye.




Akli D., C. facile, en concert.


Akli D., C. facile, en direct depuis Carcassonne dans une émission présentée par Michel Drucker.


Akli D., C. facile, en répétition.



25 mars 2023

RACHID TAHA : Ida


Acquis par correspondance via Ebay en février 2023
Réf : 567244-2 -- Édité par Barclay en France en 1998
Support : CD 12 cm
Titres : Ida -- El h'mane -- Girls name

Je me suis procuré récemment un exemplaire de Diwân de Rachid Taha, un album hommage au patrimoine de la musique arabe sorti en 1998. Il s'ouvre avec l'un de ses grands succès, Ya rayah, mais le titre qui m'a accroché d'emblée c'est le suivant, Ida, qui est avec Aiya aiya la seule composition originale de ce disque constitué avant tout de reprises. Quand j'ai vu que ce titre avait été sorti en single, j'en ai traqué un exemplaire.

Qu'est-ce qui m'a plu dans Ida ? Eh bien d'abord, c'est une chanson très accrocheuse, avec un petit riff (de trompette ?) qui reste bien en tête pour les couplets, et un autre tout aussi efficace sur les refrains. Et puis c'est un cocktail très réussi, de la guitare saturée aux ambiances arabes, emblématique de ce que Rachid Taha avait commencé à faire dès les années 1980 avec Carte de Séjour et qu'il revendiquait haut et fort : "Même si je m’appelle Rachid Taha, je peux aussi bien faire du rock’n’roll que de la techno. La culture, elle est universelle. Mon but c’est ça.". Là, c'est parfaitement dosé et une grande réussite.
Les notes de pochette de Diwân par Rabah Mezouane nous en disent plus sur Ida, dont le titre se traduit en français par Si... :
"Du raï des champs au raï des villes, dans les années 60, le raï connaît sa première forme de modernisation à travers la trompette de Messaoud Bellemou, ancien membre d'une fanfare municipale. Le refrain évoque cette époque tandis que les couplets rendent hommage aux Cheikhs et aux Cheikhates via le "guellal" (percussion longiligne) et la "gasha" (flûte en roseau"), la guitare saturée étant une allusion aux années 80-90. A l'arrivée, un condensé de l'histoire du raï qui a plus de 60 ans d'âge."
Diwân, comme la plupart des albums de Rachid Taha, est produit par l'ex-Gong Steve Hillage, qui avait travaillé aussi dans les années 1980 avec Simple Minds ou Nash the Slash, et c'est lui-même qui tient la guitare ici. Je me demande s'il n'était pas sur scène le jour où j'ai vu Rachid Taha en concert, au Printemps de Bourges le 23 avril 1994 (un jour faste où j'ai aussi vu The Breeders et Les Thugs). En effet, dans la nuit, le projet System 7 de Hillage et Miquette Giraudy était à l'affiche de la partie rave du festival, Hillage devait donc bien être présent à Bourges ce jour-là.

Le deuxième titre, El h'mane (Le ramier), est un autre extrait de Diwân, et pour le coup, c'est une reprise, de Mohammed El Anka.
Voilà ce qu'en disent les notes de pochette de l'album : "Cheikh El Hadj Mohamed El Anka (mort en 1978) avait été le fondateur du chaâbi algérois, né dans les années 20-30 au milieu des venelles de la Casbah. Blues urbain au phrasé particulier, le chaâbi (littéralement : populaire) se différencie de l'arabo-andalou par son propos plus proche du réel et des mélodies plus accessibles au profane. El h'mane, en ce sens, est un chef d’œuvre musical et poétique, avec ses mots profonds, inspirés par la douleur et le désespoir : Le ramier que j'ai élevé m'a abandonné / Je n'entendrai plus sa voix en ma demeure... / Si je contais mes tourments aux mers / elles déchaîneraient des tempêtes... / Si je contais mes malheurs aux muets / Ils retrouveraient la parole."
Excellente reprise. Si on veut comparer, on peut voir Mohammed El Anka interpréter cette chanson ici ou là.

Le troisième et dernier titre, Girls name, ne figure pas sur l'album, mais il avait déjà été publié l'année précédente au dos de Ya rayah. Le rythme est enlevé, avec la présence remarquée d'un banjo. Malgré le titre, j'ai bien l'impression que les paroles sont en arabe, pas en anglais, mais qu'elles citent bien des prénoms féminins. Cette chanson méritait mieux que d'être reléguée en face B de single.

On ne peut pas dire que j'ai complètement ignoré les productions de Rachid Taha avant sa mort en 2018 à presque soixante ans, mais en me plongeant dans ses disques depuis quelques semaines je me dis que j'aurais dû m'y intéresser de plus près et plus tôt.

A écouter :
Rachid Taha : Girls name





Rachid Taha, Ida, en direct dans l'émission Faxculture la Radio Télévision Suisse le 11 juin 1998.


Rachid Taha, Ida, lors du concert 1, 2, 3 soleils au Palais Omnisports de Bercy le 26 septembre 1998.


Rachid Taha, Ida, en concert à l'Ancienne Belgique à Bruxelles le 11 mars 2001.

19 décembre 2020

ZEN ZILA : Chérie Madame


Acquis chez Gilda à Paris le 10 décembre 2020
Réf : NV 3317-5 -- Édité par Naïve / Evalouna en France en 2000 -- Échantillon promotionnel interdit à la vente
Support : CD 12 cm
Titres : Chérie Madame (Groove mix) -- Chérie Madame (Zen Zila mix) -- Chérie Madame (Album version)

Je suis passé rapidement à Paris pour le boulot et j'ai eu le temps de faire un tour chez Gilda, qui avait pu rouvrir quelques jours plus tôt. Comme d'habitude, j'y ai trouvé une poignée de CD et de 45 tours soldés.
J'ai eu un coup au cœur quand je suis tombé sur ce CD promo de Zen Zila. Il y a encore deux ans, ce titre Chérie Madame ne m'aurait rien dit du tout, mais là j'ai cru qu'il s'agissait d'une reprise de l'excellente chanson de Mazouni, que j'ai chroniquée il y a presque pile un an. Ce n'est pas le cas puisqu'il s'agit d'une chanson originale de Zen Zila, mais il parait évident que le choix du titre est en référence à cette première chanson. La chanson de Mazouni est excellente et tordante, mais celle-ci est très bien aussi.

Avec Zen Zila, il s'est passé pour moi la même chose qu'avec tous les groupes avec un nom en "deer" ou en "dear" qui sont apparus au même moment : ne les connaissant pas bien, j'ai tendance à les confondre. Là, c'est avec Zenzile quen j'ai tendance à confondre, le groupe de dub originaire d'Angers, dont le premier album est sorti à un an d'écart environ avec Le mélange sans appel, le premier de Zen Zila, dont ce single est extrait.
Avec un groupe originaire de la métropole lyonnaise aux racines françaises et algériennes, on ne peut que faire un rapprochement avec Carte de séjour et Rachid Taha. Plus près de chez moi, et avec un CD que j'ai acheté cette année également, il y a des points communs avec Nouraï.

Ce disque promo, avec une belle pochette signée Batmanu (je mets en lien vers ce site car je pense que c'est la même personne, mais je n'en suis pas certain), vise à faciliter les passages en radio de Chérie Madame, chantée comme la plupart des chansons du groupe en français et en arabe. Outre la version de l'album, on trouve un Groove mix assez réussi puisque la chanson n'est pas trop maltraitée par l'ajout d'un gros son de basse et de rythmes plus appuyés. Il y a aussi un Zenzila mix en version française uniquement. Comme il n'y a pas eu d'édition du single commercialisée en parallèle, ces deux titres sont vraiment restés "hors commerce".
Cette histoire d'amour contrarié ("Mohamed et Juliette c'est pas fini...") est une réussite. Le groupe en a enregistré en 2014 une nouvelle version sur son sixième album Welcome / Marhaba, et on trouve en ligne une version en public.

Le groupe n'a pas sorti de disque depuis 2014 mais en 2016 il a réalisé et fait la musique d'un documentaire Chaâba, du bled au bidonville.

Les occasions de chiner des disques demeurent rares ces temps-ci, mais tant que je ferai de-ci de-là des trouvailles aussi sympathiques je ne serai pas frustré.

A écouter :
Zen Zila : Chérie Madame (Groove mix)
Zen Zila : Chérie Madame (Zenzila mix)




25 décembre 2007

CARTE DE SEJOUR : Halouf nar


Acquis au Carrefour de Châlons-sur-Marne en 1982
Réf : 600570 -- Edité par Mosquito en France en 1982
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Halouf nar -- Zoubida -/- Saâmou -- La moda

C'est sûrement une grande part de curiosité qui m'a fait acheter au moment de sa sortie ce premier disque de Carte de Séjour, dont le chanteur était Rachid Taha. J'imagine que j'avais dû entendre Zoubida une paire de fois à la radio (Ce n'est pas le premier titre du disque, mais il me semble que c'était celui qui était le plus mis en avant à l'époque. Cette chanson qui raconte l'histoire d'un suicide provoqué par un mariage forcé est d'ailleurs la seule à avoir ses paroles traduites en français et reproduites au verso de la pochette). Un groupe franco-arabe, une musique mélangée, ça devait m'attirer, alors qu'on ne parlait pas encore de rock-raï et que je ne suis pas sûr qu'on parlait encore beaucoup des beurs (La "Marche des beurs", c'était en 1983).
Pour ce premier disque, les lyonnais de Carte de Séjour sont allés enregistrer à Rennes, avec le producteur de Starshooter (entre autres) Michel Zacha. On sent à l'écoute un groupe encore jeune musicalement, avec un disque probalement enregistré rapidement.
Halouf nar est le seul titre qui n'a pas du tout d'aspect plus ou moins reggae. Il a même un petit côté new wave qui n'est évidemment pas du tout pour me déplaire. Pareil pour La moda qui, en l'écoutant d'une oreille neuve, n'est pas si loin de groupes comme Marquis de Sade (qui enregistrait dans le même studio, je crois) ou les Urban Verbs.
Zoubida était donc le titre que j'écoutais le plus à l'époque. je l'aime toujours bien, même si le son de la guitare solo, quasiment progressif, est assez insupportable.
Mon titre préféré aujourd'hui, ce serait plutôt Saâmou. C'est le seul qui laisse vraiment apparaître des influences musicales orientales, mais assez distanciées pour que la mélodie me fasse fortement penser au premier Monochrome Set !
La pochette aux couleurs très flashy, dont les couleurs s'accordent excellemment avec le logo "Pol Dodu" qui doit se trouver ci-contre, est créditée à Cathy Millet, un pseudonyme derrière lequel se cache le dessinateur Christian Roux.