26 septembre 2020

SANG NEUF EN 89


Acquis sur le vide-grenier de Fagnières le 6 septembre 2020
Réf : JD-EUR 760163 -- Édité par Eurobond en France en 1989
Support : CD 12 cm
14 titres

La brocante de Fagnières a été maintenue, mais sûrement de justesse. Celle prévue la semaine suivante à Athis a été annulée au dernier moment, et avec un département qui a dépassé le seuil d'alerte je doute que celles qui sont encore annoncées pour cet automne puissent avoir lieu.
Je n'y ai acheté des disques qu'à un seul stand, tenu par une grande gueule qui se la jouait pro mais qui n'était pas sur son stand quand je suis arrivé, stand qu'il n'avait pas fini d'installer à plus de 10 h. Je m'y étais arrêté parce que j'avais vu un sac de vinyls posés tout au fond derrière la table et je n'ai vu les CD que quand je me suis retourné et que j'ai faill piétiné les trois caisses pas encore déballées.
Le gars a fini par arriver et m'annoncer un prix de 1 à 3 € pour ses CD, mais il a eu la bonne grâce de m'éviter d'avoir à négocier en me laissant à 1 € pièce les trois disques que j'avais sélectionnés, celui-ci, une compilation de musique d'Afrique et un album d'Orchestra Baobab dont j'ai découvert que je l'avais déjà une fois rentré à la maison...
Cette compilation est l'un des rares projets rock à surfer sur la vague du Bicentenaire de la Révolution. Je me souviens que, quand elle est sortie, Eurobond nous avait inondés à Radio Primitive de dossiers, disques et autres objets promo, tout comme ils l'ont fait à la même époque pour le premier album de Oui Oui. Mais la promo était centrée sur la version "chorale rock" de La carmagnole par l'Echo Râleur. Aujourd'hui, cette version a l'avantage de me faire écouter avec un peu d'attention les paroles de cette chanson révolutionnaire, mais à l'époque la carmagnole je m'en tamponnais et je ne me suis pas intéressé à ce disque, au programme duquel on trouvait pourtant au moins deux groupes que je suivais de près, Mano Negra et Les Négresses Vertes. J'ai eu tort puisque cette compilation a deux grandes qualités : elle réunit la fine fleur du rock alternatif de la fin des années 1980 et tous les titres ont spécifiquement enregistrés pour l'occasion.
Pour ce faire, les groupes se sont succédé au studio Davout à Paris et la réalisation a été confiée à Sodi, par ailleurs producteur de Mlah des Négresses Vertes, Riches et célèbres des Satellites et un peu plus tard de ...De la planète Mars d'IAM.
Le livret du CD est plus que minimal, alors que le 33 tours contenait un livret de 28 pages avec une page par groupe (livret reproduit sur Discogs), mais il n'y a pas besoin d'être grand clerc pour comprendre que la commande était d'enregistrer une chanson sur le thème de la Révolution française.
A ce petit jeu, ce sont les mauvais élèves Wampas qui s'en sortent le mieux, puisque leur excellent quasi-rockbilly Houa houa hou, sous-titré Ou l'histoire de la révolution, ne comporte comme paroles que les onomatopées du titre, avec quelques "Révolution !" glissés ça et là visiblement dans le seul but d'éviter d'être hors-sujet.
Ce titre a été réédité à un moment en bonus sur un CD de Chauds, sales et humides. Par contre, l'excellent La danse de l'hélicon de Mano Negra, qui n'aurait pas dépareillé sur Patchanka ou Puta's fever, n'est disponible qu'ici. Quant au très bon 200 ans d'hypocrisie des Négresses Vertes, il a été plusieurs fois repris sur des faces B de singles ou des compilations.
J'attendais beaucoup des titres de deux groupes que j'apprécie particulièrement, Les Endimanchés et Oui Oui, qui ne sont disponibles qu'ici. J'ai beaucoup aimé La mazurka du décadi des Endimanchés (qui porte à 16 le nombre de titres de leur discographie, avec les 12 de l'album, la face B du 45 tours et deux autres inédits sur des compilations), mais j'ai été un peu déçu par le Rendez-moi mes bras de Oui Oui.
La tonalité majoritaire de l'album est donc au rock alternatif, comme le ! des Chihuahua, presque trop bons élèves avec une voix qui récite la Déclaration des Droits de l'Homme un peu sur le ton des annonces d'aéroport. Mais on a droit aussi à un peu de musique funky avec Yaourt saucisson révolution des Satellites, à du rap-rock avec Brut d'Auvergne (qui posent la question "Quoi de neuf en 89 ?" de manière plus retenue que le titre du morceau Allez tous vous faire enculer ne l'annonce !) et à de l'indus tribal avec Un sans culotte chez les indiens de Kni Crik.
Au bout du compte, sans s'attarder sur l'aspect commémoratif, on a là un bon album, qui comporte plusieurs raretés et qui nous donne un instantané d'une scène alors bouillonnante. Et j'ai été surpris de découvrir qu'une version de L'Echo Râleur tourne encore en 2020.

A écouter : Les Endimanchés : La mazurka du décadi




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