15 juillet 2007

VISAGE : Visage


Acquis à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne fin 1980
Réf : 2490 157 -- Edité par Polydor en Angleterre en 1980
Support : 33 tours 30 cm
10 titres

Les nouveaux romantiques, ce n'est absolument pas mon truc ! Pourtant, ce disque, qui est l'un de ceux qui ont lancé le mouvement, je l'attendais de pied ferme depuis plusieurs mois et je l'ai acheté dès sa sortie. Pourquoi ? Parce que j'avais lu quelque part que des membres de Magazine et d'Ultravox! s'étaient réunis pour former cette sorte de "supergroupe", Visage.
Steve Strange, la figure centrale du groupe, je n'en avais jamais entendu parler, et il ne m'intéressait pas. Quand ce disque est sorti, Boy George n'avait pas encore fondé Culture Club. Duran Duran n'avait pas encore sorti son premier disque. Lenoir passait le premier single de Spandau Ballet, To cut a long story short, que j'avais acheté dans la foulée, et Vienna d'Ultravox n'était pas encore un tube.
Globalement, l'album est assez indigent. Même les titres que j'ai un peu écoutés, comme Blocks on blocks et Tar, le premier single du groupe, passent uniquement grâce aux divers ingrédients d'époque qui les composent : la basse de Barry Adamson de Magazine et des plans à la Simple Minds ou à la Ultravox. Ne serait-ce que par son titre, Moon over Moskow, un instrumental növö disco, rappelle le Moskow Diskow de Telex.
Le seul titre vraiment marquant de ce disque, c'est bien sûr Fade to grey, un tube très représentatif de son époque.
Comme j'ai acheté l'album dès sa sortie, je n'ai jamais acheté le 45 tours. Mais Gilbert, le disquaire de La Clé de Sol, que j'avais alerté sur ce disque, en a vendu en import comme des petits pains pendant des semaines avant sa sortie française, comme il l'avait fait plus tôt dans l'année avec le Seventeen seconds de Cure.
On passait Fade to grey dans toutes nos soirées, et c'est réputé être un tube de discothèque, pourtant c'est un morceau qui est loin d'être rapide. La petite mélodie au synthé fait un peu penser à Kraftwerk. La voix froide en français a fait beaucoup pour le succès du disque. En tout cas, avec son côté Mittel Europa (les paroles feraient référence à une vision de Berlin Est) et son ambiance froide, Fade to grey ne pouvait que plaîre aux fans de new wave/cold wave, ceux qui avaient plébiscité dans l'année Joy Division, Cure et Echo & the Bunnymen, ceux pour qui "devenir gris" ne pouvait être qu'un cri de ralliement étrangement attirant.

14 juillet 2007

BILL CALLAHAN : Diamond dancer


Acquis chez Parallèles/Gilda à Paris le 2 juillet 2007
Réf : dc335cd -- Edité par Drag City aux Etats-Unis en 2007 -- Promo only -- Not for sale
Support : CD 12 cm
Titres : Diamond dancer -/- Taken

A Paris aussi, on arrive à trouver des disques promo, même des qui ont été pressés aux Etats-Unis !
De ce que j'en ai entendu (les trois quarts), Woke on a whaleheart, le premier album de Bill Callahan, le leader de Smog, sous son propre nom, est un excellent disque, l'un des disques récents qui me réjouit le plus. Mais si j'avais dû en extraire un titre en single, j'aurais plutôt choisi The wheel, Footprints ou même Sycamore plutôt que ce Diamond dancer. Et le plus étonnant, c'est que Drag City ait édité ce CD single avec juste deux titres, sans en faire un vrai maxi. Au prix où c'est vendu, il est permis de se demander s'il y a encore un public pour ce genre de disque, même avec une face B inédite par ailleurs.
Diamond dancer n'est pas une mauvaise chanson du tout. En fait, je crois savoir pourquoi elle a été sélectionnée pour sortir en single : même si elle n'est pas très rapide, sa basse en avant, son rythme appuyé, son accompagnement de violon, ses choeurs sur le refrain en font une chanson plutôt... dansante !
La face B, Taken, a une basse élastique, un motif de guitare et un rythme qui rappellent la musique africaine, façon Prince Nico Mbarga ou King Sunny Adé, mais comme toujours avec Bill Callahan, l'attention est avant tout captée par sa voix grave, son chant quasi-parlé et ses paroles souvent surprenantes. Là, l'idée de base c'est que "Sur toutes les photos de moi prises par toi, je ressemble au chien, au chien de la maison" ! Au moins, ça a donné à Bill et à son co-producteur Neil Michael Hagerty (ex-Royal Trux) l'idée de s'amuser à concocter au verso une pochette spéciale pour Taken, une parodie de celle de l'album Knock knock de Smog !

12 juillet 2007

PIERRE PERRET : En public - C'est bon pour la santé


Acquis probablement chez Emmaüs à Tours-sur-Marne au début des années 2000
Réf : AD 39504 -- Edité par Adèle en France probablement en 1973
Support : 2 x 33 tours 30 cm
19 titres

C'est un disque qui figurait dans la discothèque familiale, que ma mère aimait beaucoup, et que moi aussi j'ai beaucoup écouté. Ma maman a toujours son exemplaire et, à force d'en voir passer dans les vide-greniers, j'ai fini par m'en acheter un pour moi il y a quelques années.
Il n'y a aucune indication de date ni de lieu d'enregistrement sur la pochette. Pour le lieu, je n'ai pas d'indice, mais pour la date c'est très certainement 1973 puisque figurent dans ce tour de chant les tubes de 1973 (Le plombier, A poil, C'est bon pour la santé) et d'avant (La cage aux oiseaux) et pas celui de 1974, Le zizi (on y trouve par contre Le cul de Lucette, qui réussit l'exploit d'en être en quelque sorte une version antérieure mais qui traite des postérieures !!).
Les musiciens par contre sont crédités : Gilles Lacouty à l'accordéon, Diego Serrano à la basse, Henry Fallourd au trombone et au violoncelle et Claude Walch à la batterie. Il est intéressant de constater que, plus de trente ans plus tard, trois de ces musiciens accompagnent toujours Pierre Perret sur scène. Ce n'est pas précisé, mais Pierre Perret joue bien sûr de la guitare acoustique. Cette formation légère donne des arrangements agréables, souvent plus réussis que les enregistrements studio avec orchestre.
L'ambiance générale est des plus sympathiques. Perret part souvent à rigoler tout seul à ses propres bons mots. Il fait chanter le public, mais ne tombe jamais dans des ficelles showbiz trop convenues.
En fait, j'écoute le plus souvent seulement deux chansons de ce disque. Elles sont très différentes l'une de l'autre, mais bizarrement elles s'enchaînent sur le disque.
Qu'est-ce qu'elle est belle est une pochade gentiment machiste : "On m'a traîné à l'église pour épouser ma promise. J'tombais sur l'cul lorsque ma dulcinée dit au curé qui venait de nous marier : Salut et à la prochaine, mes amitiés à Germaine. Plus écarlate qu'un satyre byzantin, le brave homme a soupiré en latin : Qu'est-ce qu'elle est belle mais qu'est-ce qu'elle est __. La neige tombe à gros flocons. Pour trouver pire allons ne cherchez pas, même la votre est pas comme ça". Les sons qui remplaçaient le mot non prononcé après "mais qu'est-ce qu'elle est __" nous faisaient beaucoup rire avec mon frère et ma soeur. On connaissait les paroles par coeur, et on ajoutait bien sûr le mot manquant bien fort lorsqu'on chantait la chanson !
Quand le soleil entre dans ma maison est l'une des plus belles chansons d'amour écrites par Pierre Perret. Basse paresseuse, violoncelle, accordéon, cette version est une grande réussite. Et il se passe quelque chose de bizarre au deuxième refrain, au moment où les choristes, Christiane, Françoise et Danielle, entrent en jeu : on est d'un seul coup transporté dans un territoire musical inattendu, celui d'un autre homme à femmes, Leonard Cohen. Pas le Cohen triste ou synthétique, non, le meilleur Cohen, celui de New skin for the old ceremony ou de la tournée de 1979 qui a produit le live Field Commander Cohen !
C'est un peu moins flagrant, mais le même effet se reproduit avec Fillette, le bonheur c'est toujours pour demain, une chanson dont je suis sûr que les paroles (Y a-t-il quelque part un ruisseau d'eau pure, N'existe-t-il pas cet amour qui dure, Le bonheur est-il bref comme un orage en ciel d'été, Celui qui sait tout ça est homme plus heureux que moi), si elles étaient traduites en anglais, auraient leur place aux côtés de celles de l'auteur de Hey, that's no way to say goodbye, So long, Marianne ou Take this longing.

Officiel ou pas, je n'ai trouvé aucun site entièrement consacré à Pierre Perret, mais il existe une biographie de Jacques Perciot, Sur la pointe du palpitant, sortie pour les 70 ans du bonhomme en 2004. Si elle porte bien son nom, l'intégrale sortie il y a quelques années et rééditée en 2006 devrait inclure les titres de ce double album, mais j'ai l'impression qu'elle se contente des versions studio !

08 juillet 2007

MOJO NIXON & SKID ROPER : Root hog or die


Acquis chez Vitamine C à Reims en 1989
Réf : ENVLP 520 -- Edité par Enigma en Europe en 1989
Support : 33 tours 30 cm
11 titres

Je crois que la première fois que Mojo Nixon et Skid Roper se sont fait remarquer en France, c'est quand ils ont joué aux Transmusicales en 1989. Je n'ai jamais eu l'occasion de les voir sur scène. Dommage, car ça devait être quelque chose, ce duo de Mojo Nixon avec sa grande gueule et sa guitare et Skid Roper, avec sa planche à laver, sa sonnette et son look à la Charlélie Couture des débuts, que j'imagine beaucoup plus calme que le Mojo. Bref, un duo, dans un style musical différent, mais dans un esprit proche de celui que forment sur scène depuis une bonne dizaine d'années maintenant Jonathan Richman et le batteur Tom Larkins.
J'ai fait la connaissance de Mojo Nixon & Skid Roper sur disque avec le titre qu'ils avaient sur une fameuse compilation-catalogue d'Enigma diffusée pour pas cher du tout en 1988. J'ai ensuite acheté plusieurs de leurs disques. J'aurais pu parler ici de Bo-day-schus!!! ou du best-of Unlimited everything, mais j'ai choisi Root hog or die car c'est le seul de ces trois albums qui contient She's vibrator dependent, une chanson country-punk acoustique qui ne m'a encore jamais fait pisser de rire, mais presque !
Il y est question des soucis de Mojo, dont la femme est accro au vibro ! : "She's vibrator dependent, don't want me in it, says I don't make the right noise (Elle est accro au vibro, elle veut pas de moi à l'intérieur, parait que j'fais pas le bon bruit)". A la fin de la chanson, Mojo finit par arriver à ses fins, mais seulement à la condition de faire "Buzz buzz buzz" comme son rival à piles !
Il y a quelques autres grands moments sur l'album, notamment Debbie Gibson is pregnant with my two-headed lovechild (Debbie Gibson est enceinte de mon enfant de l'amour bicéphale), Louisiana liplock, (619) 239-KING, un des nombreux titres de Mojo en référence à Elvis Presley, une reprise du This land is your land de Woddy Guthrie et Pirate radio, dans un esprit très Pogues.

07 juillet 2007

JOE LOSS AND HIS ORCHESTRA : Twisting party


Acquis au Record & Tape Exchange de Camden à Londres le 21 juin 2007
Réf : 7EG 8828 -- Edité par His Master's Voice en Angleterre en 1963
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Medley -/- Fall in and twist -- Hip slinger -- Roon the toon

Les disques de twist, c'est comme pour le hully-gully, on peut en général les prendre sans hésitation, ils seront au minimum écoutables. Ce 45 tours est mieux que ça : il a la pêche et il la donne !
Sa pochette pré-psychédélique un peu pop-art, digne de celles dont s'est inspiré Barney Bubbles pour certains disques d'Elvis Costello, m'a tout de suite attiré l'oeil, et le nom de Joe Loss me disait quelque chose. J'ai dû le voir associé à celui de Ross McManus, qui fut longtemps le chanteur de ce grand orchestre (big band) de variétés, Ross McManus étant justement le papa de Declan Patrick Aloysius McManus, plus connu sous le nom d'Elvis Costello (mais on n'entend pas Ross sur ce disque car il est instrumental !).
Comme le précise le copieux commentaire au verso, Joe Loss a su s'adapter aux rythmes en vogue tout au long de sa carrière démarrée dans les années 30, et là, lui et ses musiciens s'amusent visiblement à tenter de plaire à la fois à leur public jazz des années 30 et au jeune public des années 60.
En effet, ce disque n'est pas à proprement parler un disque de twist. On y cherche en vain une reprise de Chubby Checker... Par contre, c'est bien un disque de jazz sur un rythme de twist ! Surtout la face A, qui est un médley endiablé de classiques de jazz des trente premières années du vingtième siècle : Sweet Georgia Brown, I'm looking over a four leaf clover, Lulu's back in town, Won't you come home Bill Bailey, Alexander's ragtime band, It had to be you et For me and my gal.
Pour qui connait les originaux, ça doit faire tout drôle de les entendre arrangés comme ça. Moi, j'ai surtout appprécié, la batterie, la contrebasse, les guitares électriques presque à la Shadows, les cuivres puissants. Ce qui est étonnant dans cet enregistrement, c'est qu'on sent bien la force du grand orchestre qui pousse derrière.
Fall in and twist poursuit sur l'autre face avec la même formule. Hip slinger est toujours enlevé, mais les guitares laissent toute la place aux cuivres avant de revenir dans une ambiance western/Shadows pour Roon the toon.

01 juillet 2007

ANDREW BIRD : Heretics


Acquis au Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres le 22 juin 2007
Réf : [sans] -- Edité par Fargo en Angleterre en 2007 -- Promotional use only
Support : CD 12 cm
Titres : Heretics -/- Plasticities (Alternate mix)

J'ai vu Andrew Bird en concert deux fois à quelques mois d'écart à Nantes en 2004. Je les ai appréciés, mais il se trouve que, jusqu'à la semaine dernière, je n'avais encore acheté aucun disque de lui. Parce que Weather systems ne m'avait pas convaincu. Et aussi sûrement parce que je ne fréquente plus assez les disquaires pour avoir eu l'occasion de craquer sur The mysterious production of eggs et Armchair apocrypha, qui m'ont pourtant l'air d'être excellents d'après ce que j'en ai entendu.
Ça ne s'applique pas particulièrement à ces deux titres-ci, mais il y a une référence qui me vient souvent à l'esprit à l'écoute d'Andrew Bird, et que je n'ai encore jamais vu personne évoquer : il s'agit de Momus. Certes, ils viennent d'horizons géographiques et musicaux différents, mais leur voix et leur chant sont proches et ils partagent aussi à mon sens une approche un peu cérébrale de la musique.
Ce qui caractérise les titres que j'ai entendus d'Armchair apocrypha, c'est un rythme plus rapide, un son plus électrique, des compositions plus pop et rock, un son étoffé. J'ai été surpris par contre en écoutant le concert diffusé récemment chez Lenoir de constater qu'en concert, bien qu'Andrew Bird ait été accompagné comme sur le disque d'un batteur, le son à base de boucles créées en direct n'a pas du tout évolué depuis 2004.
Plusieurs chroniques mentionnent Heretics comme le premier single extrait de l'album, mais à ma connaissance ce single n'a pas été diffusé dans le commerce. En tout cas, je n'arrive pas à en trouver de trace, ce qui donne un intérêt particulier à ce disque promo, dont la pochette reprend une photo largement diffusée à la presse au moment de la sortie de l'album. Intérêt renforcé par le fait que l' "alternate mix" de Plasticities est il me semble inédit dans le commerce. Mais bon, c'est pas non plus l'inédit du siècle : la principale différence avec la version de l'album c'est que les 35 dernières secondes ont été shuntées !
Les deux chansons sont excellentes, enlevées, avec un bon refrain. La batterie joue un rôle important dans Heretics, alors que c'est plutôt la guitare électrique qui est mise en valeur dans Plasticities. Personnellement, si j'avais eu un choix à faire, c'est plutôt cette dernière que j'aurais mise en face A...