10 août 2006

THE TIMES : Septième ciel


Acquis chez New Rose à Paris en 1993
Réf : SHOCK 4006T -- Edité par Schock en Australie en 1990
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Septième ciel (Triple J astral projection mix) -/- Septième ciel (L.P. version) -- Septième ciel (Seventh heaven)

Facile pour me souvenir quand j'ai acheté ce disque : ça doit être le dernier que j'ai acheté chez New Rose, au moment de la fermeture : la boutique était en liquidation, déjà presque vide, et il restait quelques disques soldés.

J'ai acheté celui-ci parce qu'il est extrait de mon album préféré de The Times, "Et Dieu créa la femme", et aussi parce que je n'avais jamais entendu parler de ce maxi en pressage australien.
Ironie de l'histoire, Shock est, comme New Rose, un label et distributeur indépendant, mais il existe toujours. par contre, leur site ne vend pas et ne mentionne pas du tout ce disque de The Times. Il faut dire qu'il a l'air peu connu, car je n'en trouve aucune trace sur le réseau, pas même dans la discographie la plus complète de The Times que j'ai pu trouvée (mais je vais leur donner l'info et ce sera sûrement bientôt complété).

Comme souvent avec les maxis remixés, c'est la version originale, celle de l'album, qui est la meilleure, avec ses multiples samples vocaux, ses coups de guitare et son refrain typiquement à la Ed Ball ("I've got all this and heaven too").

L'autre version de la face B est presque un instrumental : la guitare a disparu, la basse est en avant, et il reste comme seule partie vocale le refrain. C'est moins bon, mais ça reste agréable.

Par contre, la face A n'est pas du tout ma tasse de thé. C'est un long remix ambient, avec un sample de voix parlé où il est question de projection astrale qui doit venir de la même collection de cassettes de relaxation qui a fait le succès d'Ed Ball pour ses disques house sous le nom de Love Corporation.

09 août 2006

M. WARD : Scene from #12 EP


Acquis probablement par correspondance chez Glitterhouse en Allemagne en 2000
Réf : 29290 & LDMTCD003 -- Edité par 62TV Records en Belgique et Les Disques Mange-Tout en France en 2000
Support : CD 12 cm
Titres : Scene from #12 (I ain't sleeping) -- Wild minds -- Carolina -- Going away

Je ne me rappelle plus exactement comment je me suis procuré ce disque. Je pense bien que c'était un achat, pas un cadeau, qui a eu lieu avant le concert de Giant Sand à la MJC Claudel de Reims le 20 octobre 2000.
J'ai eu l'occasion de chroniquer ce disque dans Vivonzeureux! en décembre 2000. Je n'ai pas grand chose à ajouter à ce que j'écrivais à l'époque, si ce n'est que la face A, "Scene from #12", est l'un des très bons titres de l'album "Duet for guitars #2".
"En septembre, deux jeunes labels entreprenants, 62TV en Belgique et Les disques Mange-Tout en France, ont sorti par chez nous "Duet for guitars #2", avec un supplément inespéré, le maxi "Scene from #12", qui contient trois nouvelles chansons enregistrées plus récemment.
A ce niveau de qualité, on ne parlera pas de faces B ou de titres bonus, tellement les trois titres sont bons. "Wild minds", avec un son de basse en avant et une rythmique marquée pourrait être du hip-hop ralenti et déchiqueté. Les paroles évoquent des femmes qui ne veulent pas attendre et quelqu'un qui se fait avoir par la beauté et par un/une abruti(e)...
"Carolina" est une ballade sur le même thème que les "Etats d'âme Eric" de Luna Parker ou l'"Ohio" d'Isabelle Adjani. Avec le son trafiqué sur le deuxième micro, le sample de musique classique qui se déclenche et la tonalité générale d'enregistrement maison, on comprend rétrospectivement encore mieux ce qui a intéressé Howe Gelb dans la musique de Matt Ward. Quant aux paroles, du style "Je marche à reculons vers l'endroit d'où je viens, mais ce n'est pas assez et tu veux me faire courir", avec celles de "Wild minds" et de "Good news", - si elles sont un tant soit peu autobiographiques - elles laissent penser qu'il a vécu au moins une histoire d'amour à donner le blues. Mais on ne s'aventurera pas plus sur ce terrain car, comme Matt Ward l'explique lui-même dans la bio un peu délirante qu'on trouve sur le site de 62TV, "les événements précis qui sont ignorés dans la bio sont justement ceux qui ont eu la plus grande influence". Dans "Carolina", quand la deuxième voix arrive, et quand Matt fait monter sa voix dans les aigus, comme il aime visiblement bien le faire, on a le droit de craquer.
Le troisème titre, "Going away" est aussi une balade acoustique très sombre et très belle."
Depuis ce disque, M. Ward a sorti une série magistrale d'albums. Le cinquième, au titre un peu optimiste ("Post-war"), sort prochainement, sur 4AD en Europe. Au-delà des parrainages de ses débuts (Howe Gelb et Jason Lytle), il multiplie les collaborations avec ses amis et collègues de tournée : Morning Jacket, Bright Eyes, Jenny Lewis, Beth Orton,...
Les Disques Mange-Tout se sont malheureusement arrêtés peu de temps après la sortie du second album de M. Ward, "End of amnesia", après avoir diffusé des disques de Melon Galia, John Cunningham et Flop.
62TV Records, par contre, est en pleine forme (Ils organisent même une série de concours idiots cet été, où on peut gagner des super lots comme l'intégrale du catalogue du label ou un concert privé !). Le catalogue du label, justement, montre qu'on a affaire avant tout avec 62TV à des passionnés de la musique : toute une galaxie belge, bien sûr, de Girls In Hawaii aux Tellers, mais aussi St. Thomas, Dogbowl, Papas Fritas, John Wayne Shot Me et plein d'autres.

08 août 2006

ULTRAVOX : Quiet men


Acquis probablement à Londres le 11 septembre 1981
Réf : DWIP 6691 -- Edité par Island en Angleterre en 1981
Support : 2 x 45 tours 17 cm
Titres : Quiet men -/- Hiroshima mon amour & Slow motion -/- Dislocation

C'est sûr, la démarche du label derrière la publication de ce disque en 1981 n'est pas très ragoûtante : il s'agissait d'essayer de profiter du succès de la nouvelle version d'Ultravox avec son nouveau chanteur (le dégoulinant "Vienna") pour refourguer quelques titres enregistrés en 1977 et 1978 pour les deuxième et troisième albums de la première version du groupe, menée par le chanteur John Foxx.
Mais bon, ce qui compte, c'est qu'on a droit ici à quatre excellents titres de la meilleure new wave. "Slow motion" et "Dislocation" sont deux des meilleurs titres de l'album "Systems of romance" de 1978. Très bien, mais les versions ici présentes sont celles de l'album. Alors que, pour "Quiet men" et "Hiroshima mon amour", on a droit à des versions qui sont longtemps restées rares, bien que je les préfère aux originales.
La version de "Quiet men" est celle qui a été remixée pour la sortir en single au moment de la sortie de "Systems of romance". Pour une fois qu'un remix visant à booster un titre pour sa version single fonctionne, on ne se plaindra pas ! La boîte à rythmes est mise en avant, la rythmique basse synthétique et élastique aussi, les guitares cisaillent. C'est une réussite ! On entend là les Cowboys International, les Associates, et aussi tous les suiveurs moins talentueux de la première moitié des années 80.
Pour "Hiroshima mon amour", on a droit à une version "rock", plus rapide et plus électrique que celle qui clôturait l'album "Ha ha ha" fin 1977. Cette version est sortie à l'origine en même temps que l'album, en face B du 45 tours "Rockwrok".
La bonne nouvelle, c'est que ces deux titres figurent désormais en bonus sur les CDs remastérisés des albums correspondants, sortis le mois dernier (l'excellent premier album, le premier disque que j'ai acheté d'Ultravox! bénéficie du même traitement).
On peut espérer que ces rééditions redoreront un peu le blason de ces pionniers de la new wave. Certes, ils sont un peu moins novateurs que Wire, se situant dans une mouvance Bowie/glam plus marquée, mais, comme Wire, leurs trois premiers albums sont excellents, et ils les ont enregistrés encore plus vite que Wire : deux ans se sont écoulés entre l'enregistrement du premier en octobre 1976, avec l'inévitable Brian Eno aux manettes, et la sortie du troisième en octobre 1978. Qui dit mieux ? (personne à part les Stranglers, je pense). Certes, la deuxième carrière néo-romantique du groupe avec Midge Ure a terni l'image de marque d'Ultravox, mais les amateurs aux oreilles averties savent faire la différence !

03 août 2006

WIRE : Our swimmer


Acquis chez New Rose à Paris en 1981
Réf : RTO 79 -- Edité par Rough Trade en Angleterre en 1981
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Our swimmer -/- Midnight bahnhof cafe

Je crois bien que c'est le premier disque de Wire que j'ai acheté. Je suis passé à côté des trois premiers albums au moment de leur sortie, mais je les ai découverts par la suite, notamment en écoutant la cassette sur laquelle François B. avait enregistré "Chairs missing" et son "Heartbeat".
"Our swimmer" est une chanson dont la carrière commerciale est maudite de bout en bout, même si ce 45 tours, lors de sa sortie, est resté trois mois dans les charts indépendants débutants, sans toutefois dépasser la 13e place.
La chanson a été enregistrée en 1979, mais elle a été refusée par EMI, qui ne la jugeait pas suffisamment commerciale. Cette chanson aurait pourtant été tout à fait digne de figurer sur l'album "154", paru la même année. Mais surtout, ce refus d'EMI signifie que "Our swimmer" ne figure sur aucune des rééditions ou compilations de l'âge d'or de Wire, celles qui font sa réputation.
Une fois son contrat terminé avec EMI, Wire a choisi de sortir "Our swimmer" en single, mais pour ce qui est des rééditions en CD, ce 45 tours isolé a encore tiré le mauvais numéro : il se retrouve collé tout à la fin de l'album live "Document & eyewitness", effectivement paru au même moment et sur le même label, mais c'est un disque difficile, que je n'aime pas, et qui n'a rien à voir avec la qualité pop des deux chansons de ce single.
"Our swimmer", une étrange histoire de nageur aux mouvements élégants mais qui n'avance pas, est basée sur une ligne de basse funky mais froide, ce qui, avec les touches de guitare électrique et le petit riff funky à la Chic sur la fin du morceau, lui donne un petit côté Gang of Four.
La face B, "Midnight bahnhof cafe" est très bonne également. Avec les trois mots du titre originaires de trois langues différents, on s'attend à une de ces ambiances européanisantes typiques à l'époque (mais rien à voir avec "Vienna" !!), et c'est effectivement le cas puisque c'est une chanson qui parle de l'Europe la nuit. Je pense un peu à Minimal Compact en l'écoutant, un groupe qui justement a sorti son premier disque en 1981, et que Colin Newman, le chanteur de Wire, allait produire par la suite.

02 août 2006

MANO NEGRA : Pas assez de toi + Live à la Cigale


Acquis à La Clé de Sol à Reims en 1990
Réf : 30348 -- Edité par Virgin en France en 1990
Support : CD tours 12 cm
Titres : Pas assez de toi -- El Sur -- Junky beat -- Pas assez de toi -- King Kong five -- Noche de accion

Visiblement, quand il s'est agit d'extraire des singles de l'album "Puta's fever", la Mano Negra s'est dit à un moment donné qu'il serait bon de profiter du format maxi pour en donner pour son argent au public : d'où deux disques avec chacun une poignée de "faces B" live.
"Pas assez de toi" est probablement ma chanson préférée de Mano Negra. Musicalement, elle démarre comme une ballade, mais se révèle être très énergique, et j'aime beaucoup le riff de guitare électrique. J'adore surtout les paroles : "Ton indifférence ne me touche pas" et "Je peux très bien me passer de toi", quand on a vu le titre de la chanson on sait tout de suite que c'est le contraire de ce que ces phrases disent qu'il faut comprendre.
La version live de "Pas assez de toi" n'apporte rien de plus à la version originale, sauf les ponctuations de cuivre. Elle sert surtout à montrer que le groupe arrive à se passer de la voix féminine qui dit "Passer de toi" dans la version studio !
Globalement, ces enregistrements live sont très propres et démontrent que La Mano Negra était un groupe de scène très compétent et très performant. J'aime surtout le court "El Sur" et "La noche de accion", avec ses petits coups de guitare et son riff de basse façon The Beat et les choeurs Clashiens sur la fin.

01 août 2006

ELVIS COSTELLO : This year's model


Acquis chez Hifi-Club à Châlons-sur-Marne en 1978
Réf : 56 477 (RAD 3) -- Edité par Radar en France en 1978
Support : 33 tours 30 cm
13 titres

Une fois que j'ai eu décidé de parler d'un disque d'Elvis Costello, j'ai eu un peu de mal à me décider, vu la productivité du gars et le nombre de ses disques que je possède. Finalement, j'ai choisi la solution de facilité et j'ai opté pour le premier que je me suis procuré, son deuxième album.

Je me souviens très bien de la première fois que j'ai entendu une chanson d'Elvis. Mon père bricolait la voiture dans l'allée du garage et m'avait appelé en renfort. C'était assez long pour qu'il ait branché la radio. Comme d'habitude quand il était question de bricolage je me suis suis probablement fait engueuler, et le fait que je fasse attention à la musique qui passait à la radio a dû aggraver mon cas. J'imagine que, comme souvent, la radio était réglée sur RTL, en tout cas, ce dont je suis sûr c'est qu'à un moment, en plein après-midi, ils ont enchaîné "So it goes" de Nick Lowe et "(I don't want to go to) Chelsea" d'Elvis Costello et j'ai eu le temps de retenir les noms et les titres. Il faut dire que j'ai été complètement accroché dès cette première écoute.
Quelques temps plus tard, je me suis présenté au Hifi-Club, le principal disquaire de Châlons à l'époque, qui était encore dans ses premiers locaux de la rue des Lombards. J'ai demandé au vendeur s'il avait des disques de Costello, et il m'en a présenté deux, le premier album, "My aim is true", avec sa pochette noir et blanc à damiers, et le nouveau, "This year's model". Même si j'aime beaucoup "My aim is true", je n'ai jamais regretté d'avoir opté ce jour-là pour "This year's model", pour la raison principale que ce disque contenait "(I don't want to go to) Chelsea" : ce disque reste l'un de mes préférés de Costello, et l'un de mes préférés tout court ! Et ce qui est surprenant, c'est que même après plus de vingt-cinq ans, alors que je le connais pas cœur, ce disque reste mystérieux pour moi par certains aspects, de ses photos de pochette (mais qu'est-ce qui peut bien se cacher derrière ce rideau, qui stupéfait Elvis et les Attractions ? Que font ces mannequins dans la laverie bleue ? A qui est cette main gantée de caoutchouc noir qui tient une micro-télé sur laquelle le groupe se produit ?) aux paroles (à l'époque, je ne saisissais quasiment rien ; Ça fait des années que j'ai mis la main sur les partitions et les paroles, mais nombre d'entre elles ont des sens tellement multiples et un tel nombre de jeux de mots qu'il est à peu près impossible de s'y retrouver, et c'est aussi bien comme ça !).

Donc, je connais trop bien ce disque et je l'aime trop pour tenter de le disséquer. Disons que pour ce premier disque ensemble, Elvis et les Attractions (ils sont crédités sur la pochette des singles extraits de l'album et sur la rondelle de l'album, mais pas au recto de la pochette) réussissent, à partir d'ingrédients très basiques (basse, guitare, batterie, orgue et voix) et de quelques choeurs ou riffs un peu connotés sixties, à produire une musique originale, moderne (on classait ce disque dans la new wave sans souci à l'époque) et pourtant non daté (pas de synthé, pas de boite à rythmes, de syndrums, juste de l'énergie et de l'électricité, ce disque aurait pu être enregistré n'importe quand au cours de ces cinquante dernières années).
"Chelsea" est vraiment une chanson très particulière, avec cette ligne de basse qui a l'air d'être prise en plein milieu, sans queue ni tête, ces saccades de guitare et les plages d'orgue aigrelet, et je ne parle même pas des paroles plus que mystérieuses. S'il y a quelque chose de new wave dans cette chanson, c'est bien dans ses côtés anguleux et saccadés. Elle reste un de mes titres préférés de l'album, ainsi que tous les titres rapides ou modérément rapides ("You belong to me", "Pump it up", "Lipstick vogue",...), et particulièrement le titre d'ouverture, "No action", que j'aime de plus en plus au fil des années, au point que j'en connais par coeur une grande partie des paroles ("I'm not a telephone junkie, When I'm inserting my coin I'm doing just fine, And the things in my head start hurting my mind, And I think about the way thing used to be, Knowing you with him is driving me crazy, Sometimes I phone you when I know you're not alone but I always disconnect it in time") même si j'ai toujours autant de mal à les chanter au même rythme qu'Elvis !
Pour couronner le tout, le label français a eu le bon goût d'ajouter en fin de face A sur ce disque le 45 tours "Watching the detectives", sorti entre "My aim is true" et "This year's model" (ce qui a valu à ce titre, selon les pays, de figurer sur l'un ou l'autre des deux premiers albums, voire sur aucun des deux, comme en Angleterre). Les Attractions ne jouent pas sur ce titre, mais j'ai toujours trouvé qu'il s'intégrait parfaitement à l'album.
Pendant longtemps, je me suis promené avec un badge "I don't want to go to Chelsea", probablement acheté chez Music Box à Paris, alors que je ne savais probablement même pas que Chelsea était non pas une ville en tant que telle mais un quartier de Londres. Le badge a tellement pris le soleil que les couleurs sont à moitié passées (et le métal est rouillé)...