08 décembre 2005

WIN : You've got the power


Acquis au Record and Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres vers 1986
Réf : SWDX 8 -- Edité par Swamplands en Angleterre en 1985
Support : 2 x 45 tours 30 cm
Titres : You've got the power (US dance mix) -/- In heaven (Lady in the radiator song) -- Unamerican broadcasting (7" edit) [Réf SWXX 8] & Unamerican broadcasting -/- Unamerican broadcasting [Réf SWX 5]

Win, ce groupe fondé par des ex-Fire Engines au milieu des années 1980, n'a pas rencontré le grand succès. Pourtant, tous les atouts ont été mis de leur côté. Leur musique lorgnait vers les pistes de danse, même s'ils avaient gardé des paroles-slogans assez politiques, rappelant en cela le Gang of Four "commercial" de "Hard". Et leur maison de disques, successeur du label Postcard très vite adossé à la major London, a tenté tous les coups marketing possibles pour les imposer : autocollants, remixes variés, posters couleurs, emballage artistique, etc.
Ce package de deux maxis, avec poster couleur (en fait une simple feuille imprimée pliée en deux à la taille d'une pochette de 33 tours), a l'avantage de rassembler deux des meilleurs disques du groupe.
Le second maxi d'abord, "You've got the power", dans une bonne version remix. Le refrain est accrocheur, et il y a un fort côté Fire Engines relooké pour les dancefloors des années 80, avec un bon riff de synthé. En face B, on trouve ce qui est chronologiquement la seconde reprise de "In heaven", la chanson du film "Eraserhead" que j'ai connue, après celle de WC3 et avant celle des Pixies, ainsi que la version 45 tours de "Unamerican broadcasting", leur premier single.
C'est d'ailleurs le maxi de ce premier single qui est fourni en bonus. Il ne lui manque que sa pochette. La version longue est très bonne, très rythmée, avec là aussi un bon refrain. La seconde partie fait très Kraftwerk, avec un jouet électronique qui épelle des lettres de l'alphabet en vedette. Comme pour "You've got the power", la version de cette chanson qui sera incluse plus tard sur leur premier album sera beaucoup moins intéressante, moins rythmée et plus lente.
Win s'est séparé après deux albums. Son leader, Davey Henderson, a fondé ensuite The Nectarine n° 9.

06 décembre 2005

MANTRONIX : The best of (1986-1988)


Acquis à la FNAC probablement à Paris au début des années 1990
Réf : DIXCD 91 -- Edité par Ten en Angleterre en 1990
Support : CD 12 cm
10 titres

On avait dû recevoir ce disque à La Radio Primitive, et j'avais tout de suite accroché à ce hip-hop électro, c'est pourquoi j'avais décidé de l'acheter. A l'époque, je l'ai beaucoup passé dans mon émission, c'était assez représentatif de ce que j'appelais la hip-pop optimiste.
Ce disque couvre la première période du groupe, celle des trois premiers albums, quand Kurtis Mantronik était accompagné du rapper MC Tee. Après le départ de MC Tee, ça s'est gâté. Mantronix a tourné house funky, et leur succès s'est élargi ("Got to have your love"), mais moi c'est cette période purement électro qui me plait.
Je pense que les Stereo MC's pour leur premier album, et les Justified Ancients of Mu Mu pour "1987... What the fuck is going on ?" ont dû beaucoup écouter ces disques de Mantronix.
L'avantage de ces sons électroniques (boites à rythmes, synthés et même vocoder sur "Needle to the groove"), que Kraftwerk ne renierait pas, c'est qu'ils vieillissent bien. Près de vingt ans plus tard, tout ça n'a pas pris une ride. Et ça donne toujours autant envie de bouger !
Ce disque n'est plus distribué, mais on trouve un best of plus large (1985-1999), un peu dilué donc mais avec une partie de mes titres préférés de celui-ci, qui sont "Who is it ?", "Scream" et "Sing a song".

05 décembre 2005

GRANDADDY : Could this be love


Acquis par correspondance chez Vinyl Ink aux Etats-Unis en 1998
Réf : BJ 005 -- Edité par Big Jesus Enterprises aux Etats-Unis en 1994 -- Exemplaire n° 441
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Could this be love -- Flairless -/- Kim, you bore me to death

Ça sert d'écrire des articles. Au moins à pallier les trous de mémoire. C'est en relisant un de mes vieux articles de Vivonzeureux! pour écrire ce billet que j'ai "appris" que c'est par l'intermédiaire d'une reprise de "Taster" en concert par OP8 que j'avais découvert Grandaddy !
Comme je l'expliquais das l'article, j'avais ensuite fait la chasse aux disques de Grandaddy. Et si je n'ai jamais trouvé leur première cassette, ni le second 45 tours ("Taster"-/-"Nebraska"), j'ai quand même réussi à acheter celui-ci, leur tout premier, avec la pochette en gros carton sérigraphié, l'insert photocopié, et un Peter Falk dessiné sur la rondelle de la face B.
En le ramenant en voiture après l'avoir interviewé avec Jim Fairchild pour la Radio Primitive, avant leur concert à L'Usine de Reims le 20 novembre 1998, Aaron Burtch avait été assez surpris quand je lui avais dit que j'avais ce disque. Il joue dessus, mais il m'avait expliqué qu'il n'en avait même plus un exemplaire pour lui-même !
A l'écoute, on a vraiment l'impression que Kevin Garcia venait d'acheter sa première basse, et qu'il apprenait à en jouer en reproduisant note par note et au ralenti les lignes de basses de Kim Deal ! J'avais un bon souvenir de "Could this be love", mais aujourd'hui, je me dis que ce n'est quand même pas très bon. Ils ont bien fait de ne garder que "Kim, you bore me to death" pour leur premier mini-album, "A pretty mess by this one band". Quant à "Flairless", ce n'est que quelques secondes de guitare électrique.

04 décembre 2005

SPHERICAL OBJECTS : Further ellipses


Acquis chez Parallèles à Paris le 2 décembre 2005
Réf : OBJ-12 -- Edité par Object Music en Angleterre en 1980
Support : 33 tours 30 cm
11 Titres

Il y a 15 ou 20 ans j'aurais laissé passer ce disque, même en solde comme ici. Après tout, je ne connaissais pas du tout ce groupe, même si je devais savoir quand même que c'était un groupe new wave de la bonne époque. Mais bon, de nos jours on n'a plus si souvent l'occasion de trouver des productions new wave indépendantes d'époque à bon prix, alors dans ces cas-là, maintenant je prends.
Spherical Objects était un groupe de Manchester, et ceci est leur troisième album, sur quatre édités entre 1978 et 1981. A première écoute, vues l'époque et la ville, je les aurais associés à The Passage, en beaucoup moins bien quand même. C'était avant que je fasse un peu de recherches et que j'apprenne que ces deux groupes étaient très proches, et que The Passage avait aussi sorti des disques sur Object Music, qui était plus ou moins le label d'un collectif de musiciens de Manchester.
Globalement, ce n'est pas un très bon disque, donc. Principalement parce que c'est une new wave pas très inventive, et surtout parce que le leader du groupe, qui chante, le fait plutôt mal.
Il y a quand même quelques bons titres, et bizarrement ce ne sont pas comme d'habitude les titres des débuts de face.
Non, les titres qui sortent du lot sont les trois derniers de la face A : "Don't worry about me" démarre avec un bon riff qui rappelle quelque chose, et continue bien en faisant un peu penser à Pere Ubu ; "The final part" surprend plus encore, avec un motif de guitare espagnole et des effets de synthé qui font penser à une bande originale de film; quant à "Buy it", c'est un bon titre de new wave, avec un petit son de synthé sympa.

03 décembre 2005

LES FRERES NUBUCK : Chaque vivant est un mort en puissance


Offert par Le Vieux Mad le 30 novembre 2005
Réf : #30 -- Edité par Sorry But Home Recording en France en 2005 -- Exemplaire n° 194/250
Support : CD 12 cm
15 titres

On commence à parler de Cyrz grâce à sa sélection par le FAIR, mais il est bien dommage que Les Frères Nubuck et le Bingo Bill Orchestra, qui sont les têtes de file du label grenoblois Sorry But Home Recording, restent dans l'ombre.
Avec un peu de chance, ça va changer pour les Frères Nubuck avec ce nouvel album que j'attendais avec impatience, presque deux ans après ce sommet qu'était "Chez les nudistes".

Ils ont fait encore mieux cette fois-ci, avec au moins autant d'excellentes chansons, et une instrumentation et une production de grande qualité, avec plein de vrais instruments (violoncelle, saxo,...) en plus de leurs guitares et de leurs synthés.

Oublié le naturisme, cette fois-ci le fil rouge du disque est la maladie et la mortalité. Il y a plein de bonnes chansons sur ce thème, notamment les trois premières, mais ma préférée est "Ronald est seul". En gros, je la résume, Ronald se sent très mal à cause des effets secondaires de sa chimio, et en plus il va crever de son cancer à 28 ans... Mais qu'est que ça swingue en attendant !

Attention, ce n'est pas un concept-album, et il y a des chansons qui n'ont rien à voir avec le thème principal. Parmi celles-ci, il y a surtout ma préférée, "L'éducation musicale", avec ce vers qui fait mouche : "Écoute les Modern Lovers et tu m'accorderas tes faveurs". Ça sent le vécu, ça !

L'an dernier, j'avais mis un peu de temps à aimer "L'histoire du monde", le titre des Frères Nubuck qui figurait sur la compilation "Les banlieusards". Là, dès les premières notes, je l'ai reconnue et appréciée pour ce qu'elle est vraiment, une grande réussite !
Ne cherchez pas plus loin un excellent album de rock en français : il est en vente sur le site de Sorry But Home Recording.

PS : Ma sœur et moi-même sommes remerciés dans les notes de pochette. Nous nous étions rendus à Grenoble l'an dernier pour "Si vous passez par là", notre rubrique radio en différé d'ailleurs dans le monde entier. Merci pour le remerciement !!



L'album est intégralement en écoute sur YouTube.

PS du 11 avril 2006 :

Sur scène c'est aussi bien voire mieux !


Les Frères Nubuck en concert à l'E.V.E., Grenoble, le 6 avril 2006 (Photo Pol Dodu)

PS du 9 novembre 2007 :


La preuve en son et en images avec Du goudron et des plumes, live à Télé Grenoble en mai 2006.

02 décembre 2005

THE BEAT : Doors of your heart


Acquis au Record & Tape Exchange de Pembridge Rd à Londres vers 1982
Réf : FEET 129 -- Edité par Go-Feet en Angleterre en 1981
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Doors of your heart (Dub) -/- Drowning (Dub)

Autant The Beat a pas mal fait parler de lui au moment de la sortie de son premier album en 1980, en pleine vague ska, autant leurs disques sont passés inaperçus par la suite, en France en en tout cas. La pochette du deuxième album, "Wha'ppen ?" était bien moche, il faut dire, et ça n'a pas dû aider. Celle de ce maxi, qui reprend deux titres de l'album en version allongée dub, est très réussie. Une arche de Noë dessinée avec toutes les espèces qui copulent joyeusement. C'est tout à fait dans l'esprit de la pochette du "Noah's ark" de CocoRosie, en plus réussi.
"Doors of your heart", sans être un tube formaté, a un refrain très accrocheur. Sur le thème, on n'est pas loin de "Affection" de Jonathan Richman, avec peut-être même un clin d'oeil dans les paroles à Joy Division : "I think we think too much, Why can't we just feel love thumping at the doors of our hearts, feel love thumping as it tears us apart".
On est dans le reggae plutôt que dans le ska, avec Cedric Myton des Congos comme invité aux choeurs, et un excellent toast de Ranking Roger. The Beat a fait la première partie de Clash quand ils ont joué une semaine au Théâtre Mogador à Paris en septembre 1981, l'année de la sortie de ce disque. Le meilleur souvenir du concert que j'y ai vu c'est, de ma place au balcon sur le côté de la scène, d'avoir vu arriver Ranking Roger d'un pas chaloupé pendant le rappel des Clash pour délivrer un toast magistral sur "Armagideon time".