
Acquis au Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres probablement dans les années 1990
Réf : SK 49 -- Édité par Kitchenware en Angleterre en 1990
Support : 45 tours 17 cm
Titres : One of the broken -- Jordan : The comeback -/- Carnival 2000 -- The ice maiden
J'ai beau chercher, je pense qu'il n'y a qu'une seule fois dans ma vie où j'ai été rémunéré pour mes écrits sur la musique. C'était par Les Inrockuptibles, même si ma prose n'a jamais été publiée dans le magazine.
Tout cela s'est fait grâce à Jean-Daniel Beauvallet, le passeur. Quelques temps après la tournée catastrophe de Biff Bang Pow ! et Momus que nous avions organisée ensemble, j'ai dû lui rendre visite dans les bureaux de la rédaction et, à un moment, il m'a dit qu'ils avaient besoin de quelqu'un pour chroniquer des disques sur leur service minitel et m'a proposé de m'en charger.
J'ai accepté, et voilà c'était fait. On m'a envoyé des codes d'accès et j'ai commencé à travailler, en piochant dans les nouveautés reçues à Radio Primitive (je n'ai jamais reçu un disque pour ça, du journal ou des labels), et j'ai tapé mes chroniques sur le clavier pourri du minitel. Il y avait une contrainte forte, un nombre de caractères très limité.
J'étais complètement libre pour cette activité : on ne m'a jamais donné d'instructions ni de ligne directrice, je choisissais les disques en fonction de l'actualité et surtout de mes goûts (pas mal de James, Pixies, la galaxie Creation bien sûr). Quand j'ai demandé si ça convenait, on m'a répondu que oui, mais j'ai eu très peu de retours, et je ne savais pas si les pages correspondantes étaient lues.
Tout cela serait largement oublié si je n'avais pas eu la bonne idée de me faire une chemise-dossier Inrocks, que j'ai retrouvée récemment en faisant du rangement (ce bon vieux support papier a des avantages, je vous défie de trouver une trace archivée du 3615 des Inrocks...).
Il y a dedans un autocollant du service, un échange avec le graphiste Pascal Arvieu à propos d'une page de pub publiée dans le magazine, et une de mes factures de piges. C'était quand même bien payé : quatre feuillets à 250 F. par numéro trimestriel du magazine, soit 3 000 F. pour la facture qui me reste.
J'ai aussi imprimé au fur et à mesure le fichier texte sur lequel je rédigeais mes chroniques (Il y en a un échantillon en bas de cette page). Je ne sais pas s'il est complet, mais il compte environ 120 chroniques pour des albums sortis entre 1990 et 1992. Ce qui indique que cette aventure a duré entre deux et trois ans. Jusqu'à ce que je reçoive un courrier m'apprenant que le service minitel était réorganisé (en lien avec le passage en mensuel, je pense) et qu'on n'aurait plus besoin de moi.

Un autocollant promo pour le service minitel des Inrocks.
Les Inrockuptibles, Eliott... vous avez saisi, Ness pas ?
Le choix des disques chroniqués n'est donc pas étonnant et, ce qui est rassurant, c'est que, pour la plupart, les textes ne me font pas honte. Souvent ils correspondent à l'opinion que je me fais encore aujourd'hui des disques en question, parfois ils sont un peu trop "plats" ou "promotionnels". Il y aussi certaines remarques avec lesquelles je ne suis plus du tout d'accord.
Mais dans le lot, il y a une chronique en particulier qui m'a sauté aux yeux et m'a complètement abasourdi. Celle-ci :

On avait beau être en 1990, je sais bien que quand j'ai rédigé ça je n'étais pas sous ecstasy et que, à part du café et du chocolat, je n'avais pris aucune substance hallucinogène. Mais je me demande bien ce qui m'a pris et comment j'ai pu publier ça.
En cinq lignes, c'est du grand n'importe quoi :
La "persévérance aveugle", connaissant les soucis de santé actuels de Paddy McAloon, c'est malheureusement prémonitoire, mais ça n'a aucun sens. Et "séduire le miracle" ? No comprende ! "Un enfant suspendu" ? Nicht verstanden. Et je me demande bien ce que Merlin l'Enchanteur vient faire là-dedans !
Sans qu'on m'y pousse en quoi que ce soit, j'ai visiblement voulu faire une chronique positive, qui se trouve être ampoulée et insensée. Je n'en suis pas fier.
Mais ce n'est pas tout...
Je n'avais pas Jordan : The comeback à l'époque. J'ai acheté le 33 tours chez Emmaüs à Tours-sur-Marne quand je l'ai trouvé à 2 € en 2016.
Mais il se trouve que je ne suis pas un grand fan de Prefab Sprout. Même le premier single, Lions In My Own Garden (Exit Someone), que j'ai réécouté récemment, ne vaut surtout pour moi que pour l'acronyme de Limoges. En fait, à part When love breaks down et un peu aussi Cars and girls, il n'y a pas beaucoup de titres d'eux qui m'accrochent.
Deux semaines avant de retomber sur ces chroniques, je me suis lancé dans une opération inhabituelle pour moi : sélectionner des disques qui pourraient quitter pour de bon mes étagères. Et, après les avoir réécoutés, j'ai inclus sans regret dans la pile Jordan : The comeback, Protest songs et le maxi Hey Manhattan, que j'ai trouvés particulièrement insipides.
J'ai donc encensé en 1990 un album que je n'aime pas, et j'envisage de me séparer en 2026 de ce disque, pourtant généralement présenté comme excellent, par Jesters Tear ou François Gorin par exemple.
L'album est encore dans mes murs, mais comme il est sur le départ, nous nous intéressons aujourd'hui à un petit EP, que j'ai décidé de conserver car c'est un format que j'aime beaucoup et qui ne prend pas beaucoup de place. C'est le troisième single extrait de Jordan : The comeback. Aucun inédit en face B, les quatre titres sont sur l'album, un disque produit par Thomas Dolby, qui est bourré jusqu'à la gueule de 19 titres. Il est divisé en quatre grandes sections et on a ici un titre de chacune des sections.
Ce 45 tours d'occase était vendu initialement par Record and Tape Exchange à 1 £. N'ayant pas trouvé preneur, il a été baissé deux fois et je l'ai trouvé à 30 pence, sûrement dans la cave du magasin. De la pochette, je dirais que c'est un bon exemple de mochette (je ne suis pas l'inventeur du terme, mais je m'en empare de bon cœur).
La conclusion à l'écoute de ces quatre extraits de l'album, c'est que je n'aime vraiment aucune des chansons. C'est globalement mou, et de manière générale le chant ne me plaît pas.
One of the broken est une chanson lente. Elle a peut-être été choisie comme titre principal en écho à When love breaks down.
Je n'ai rien de particulier à dire sur la chanson Jordan : The comeback.
Carnival 2000, qui a vaguement des airs de bossa (attention : jeu de mots franco-portugais), est censée être remixée par rapport à l'album. J'ai comparé les deux versions et je n'ai pas vraiment entendu de différences.
The ice maiden est chantée à deux. Il y a un peu de rythmiques électro et de guitare électrique, mais je n'accroche pas pour autant
Après Les Inrockuptibles, j'ai continué sur ma lancée à rédiger des chroniques, pour Radio Primitive, publiées dans la revue professionnelle Le Bulletin des Rotations sous la bannière Les disques de Omar. Je dois en avoir quelques-unes au grenier, je les ressortirai peut-être un jour.
Voici une sélection de mes chroniques minitel du 3615 Eliott, de 1990, 1991 et 1992 :



2 commentaires:
On voit au dos de la pochette la mention de Thomas Dolby comme producteur. Et c'était déjà lui en 1985 qui contribua à faire de l'album "Steve McQueen" un des disques marquants des années 80 (les autres étant pour moi, et dans le désordre : The Seeds of love, Purple rain, Sign o' the Times, The Nightfly, Rattlesnakes, ... et Night and day du trop oublié Joe Jackson) . "Steve McQueen" a tourné en boucle sur mon radioK7 autoreverse. Quel son, quelle production, quelles chansons ! Parole de fan de l'album (la suite de la discographie de Prefab Sprout en revanche m'a déçue) PS : Allmusic approuve mon avis :-) "what keeps Steve McQueen afloat is Thomas Dolby's lush production, which makes even the loftiest and most biting moments as easily palatable as the airiest adult contemporary confection."
Je n'ai jamais écouté "Steve McQueen", mais si j'en crois son titre phare "When love breaks down", cet album me plairait sûrement plus que "Jordan : The comeback".
Pour Thomas Dolby, en regardant ma discothèque, je l'y retrouve à plusieurs reprises dans ses débuts, avec Bruce Wooley and the Camera Club, The Fallout Club, que je chroniquerai peut-être un jour, et Local Heroes SW9.
Pour les disques marquants des années 1980, question peut-être d'âge et surtout de goûts, ma liste serait très différente de la tienne, mais les albums que tu cites sont importants...
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