26 février 2007

FAD GADGET : Ricky's hand



Acquis à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne en 1980
Réf : MUTE 006 -- Edité par Mute en Angleterre en 1980
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Ricky's hand -/- Handshake

C'est le tout premier disque de Fad Gadget que j'ai acheté. Je l'avais probablement entendu à Feedback, et j'avais été suffisamment accroché pour investir dans ce single en import.
Il faut dire que, de tous les premiers singles de Fad Gadget, c'est le plus accrocheur, le plus mécaniquement dansant, en bref celui qui aurait pu avoir le plus grand succès commercial. Ce ne fut pas le cas, par contre on peut penser que cette chanson a pas mal influencé les Depeche Mode débutants, qui alors n'osaient même pas rêver enregistrer un jour pour le même label que leur idole !
En 1979-1980, je ne sais pas pourquoi, mais des groupes comme Human League ou Fad Gadget se glorifiaient d'enregistrer des disques "synthétiques" et le mentionnaient sur le pochette. Tout ça pour quelques années plus tard se targuer à nouveau sur leurs pochettes de n'utiliser que des sons analogiques !
Ici, tout est indiqué comme synthétique, sauf les voix, des bandes et surtout la perceuse électrique Black & Decker V8 Double Vitesse, dont Fad Gadget semble très fier, et qui joue effectivement un rôle important dans la chanson.
Ce n'est qu'hier, en préparant ce billet, que j'ai cherché les paroles de la chanson, et que j'ai finalement compris de quoi il était exactement question. Je vous laisse vérifier par vous-même, mais il s'agit bien des aventures de la main de Ricky lors d'une soirée au pub, qui se terminent mal lors du retour en voiture à la maison.
Le titre de la face B, "Handshake" ("Poignée de main") est un jeu de mots expliqué en dessins au dos de la pochette : un Handshake peut être aussi un Milkshake aromatisé à la main, et après tout, le son d'une perceuse peut aussi bien évoquer celui d'un mixer ! (Il s'agit d'une version instrumentale, plus lente, de "Ricky's hand", qui peut faire penser à certaines expérimentations du premier album des Flying Lizards).
Si vous voulez en savoir plus sur Fad Gadget, le double best-of sorti au moment de son come-back, juste avant sa mort, est encore facilement disponible et suffit largement. Mais si vous voulez en plus écouter des démos inédites, voir un documentaire et surtout une des légendaires performances de Fad Gadget sur scène, le coffret 2 CD-2 DVD "Fad Gadget by Franck Tovey" sorti l'an dernier est fait pour vous !


Fad Gadget, Ricky's hand, dans une émission de télévision en Belgique, vers la fin de l'année 1980


Fad Gadget, Ricky's hand, en concert à l'Hacienda à Manchester le 28 février 1984


Fad Gadget, Ricky's hand. Une vidéo réalisée postérieurement à la sortie du single.


25 février 2007

MISTY IN ROOTS : Zapatta


Acquis dans un Record & Tape Exchange à Londres vers 1983
Réf : PU/S 004 -- Edité par People Unite en Angleterre en 1981
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Zapatta -/- Viva Zapatta

Mon premier séjour à Londres, ce fut pour une semaine de vacances après le bac, en septembre 1981, avec mon pote Francis M.
Le premier jour, on a foncé chez Rough Trade. Le troisième, on a été voir notre premier concert, au Marquee (grand classique) et sans intérêt (Television Under Screen et La Rox - Qui ça ?).
Un de mes meilleurs souvenirs de cette semaine-là reste l'autre concert qu'on a été voir, celui de Misty In Roots le 10 septembre 1981 à la Saint James Church.
Je ne sais plus par quel concours de circonstance précis on s'est retrouvé là. On ne connaissait sûrement pas le groupe, mais on devait être attirés par un concert de reggae, et avec Roots dans le nom du groupe, on avait peu de chances de se tromper.
Et on avait dû apprendre l'existence de ce concert par une affiche ou un tract ramassé chez Rough Trade. En tout cas, c'était dans Kensington, pas trop loin de notre auberge de jeunesse de Holland Park, et l'entrée n'était pas chère du tout.
Le lieu de concert était bien sûr une église désaffectée. Il y avait de la fumée avec une drôle d'odeur, mais je ne pense pas que c'est parce qu'on y brûlait de l'encens...
Il y avait répartis dans la nef quelques canapés et fauteuils en cuir, complètement défoncés, mais dont nous avons largement profité (des journées entières à se balader dans une grande ville, ça crève). On avait un peu l'impression d'être des blanc-becs un peu perdus dans le public de ce concert associatif et bon enfant.
Misty In Roots a joué ce soir-là un bon set de reggae, principalement instrumental, à l'image de ce single que j'ai acheté quelques années plus tard. La face A, Zapatta est agréable, mais je préfère la version dub en face B, Viva Zapatta. Mon exemplaire craque un peu, mais reste très écoutable, et c'est tant mieux car à ma connaissance ce disque n'a été repris sur aucun album ni aucune compilation.

THE PASTELS : Sleep in your arms tonight


Acquis par correspondance auprès de Paul Groovy en Angleterre début 1984
Réf : BEAT 001 -- Edité par Groovybeat en Angleterre en 1983
Support : Cassette
10 titres

Au Living Room Club début 84, il y avait ce gars Paul Groovy qui distribuait son petit fanzine gratuit, "Groovy Black Shades", avec des numéros spéciaux consacrés aux Pastels et aux Television Personalites. Quand j'ai vu qu'il vendait une cassette live des Pastels, je l'ai aussitôt commandée. j'ai aussi commandé l'autre cassette au catalogue, celle de The Now, "Miles high". Celle de The Now était fournie avec un poster A3 photocopié et colorié au stabilo, comme la pochette de cette cassette, celle des Pastels avec un livret, mais je n'arrive à remettre la main ni sur l'un ni sur l'autre aujourd'hui.
Quand j'ai reçu cette cassette, je pense que je venais d'acheter les deux premiers 45 tours des Pastels, et en tout cas je ne les avais pas encore vus en concert.
Cet enregistrement a été réalisé le 8 octobre 1983, probablement dans la salle de billard de l'Adam's Arms, dans Conway Street à Londres. Le son est étonnamment bon quand on imagine que la prise de son a dû être faite avec un simple magnéto cassette. par exemple, la reprise du "Hurricane fighter plane" de Red Crayola sonne mieux ici que sur l'album "Alive in the Living Room", alors que c'est bien la même version.
L'ambiance est visiblement très détendue. Il y a pas mal d'échanges entre le groupe et le public et il me semble qu'Alan McGee intervient à plusieurs reprises, notamment à la fin pour annoncer le prochain concert (Les Television Personalities !). L'accent écossais est donc omniprésent.
Par rapport aux concerts que j'ai vus en juin-juillet 1984, la formation est la même, sauf la batterie, tenue ici par David (Keegan ?) et pas par Berniece.
Le répertoire est intéressant car il rend mieux compte de ce que jouait le groupe à l'époque que leur premier album, "Up for a bit", sorti tardivement en 1987. On retrouve les deux premiers singles, "Heavens above !" et les deux faces de "I wonder why", ainsi que les deux faces du troisième single, le premier pour Creation, alors inédit (mais les Pastels étaient peut-être descendus de Glasgow à Londres justement pour l'enregistrer...).
Encore plus intéressant, il y a ici des titres rares : "She always cries on Sunday", uniquement enregistré pour une session BBC en 1984, disponible sur "Suck on", et "Reflections on a rainy day", un titre nommé "Trains go down the track" pour la Peel Session de 1984 et "Breaking lines" pour la face B de "Truck train tractor" en 1986 !! Et il y a deux titres qui sont carrément inédits je crois, le typiquement misérable "I'm so alone" et "Sleep in your arms to night", qui n'est pas tout à fait un repompage du "I wanna sleep in your arms" des Modern Lovers, mais qui témoigne bien en tout cas de l'admiration que les Pastels avaient pour eux.
Quelques années plus tard, à Reims, j'ai parlé à Stephen Pastel de cette cassette, sensée être sortie avec l'autorisation du groupe. Il a fait la moue, laissant entendre qu'elle était quand même au moins semi-pirate...

18 février 2007

THE HONEYMOON KILLERS = LES TUEURS DE LA LUNE DE MIEL : Histoire à suivre


Acquis je ne sais plus où dans les années 1980 mais peut-être bien chez New Rose à Paris vers 1982
Acquis plus que probablement au Virgin Megastore à Londres en 1984 avec l'album It's a crammed, crammed, crammed world ! (CRAM 033, 1984, with free bonus single)
Réf : CRAM 3457 -- Edité par Crammed en Belgique en 1981
Support : 45 tours 17 cm
Titres : THE HONEYMOON KILLERS : Histoire à suivre -/- LES TUEURS DE LA LUNE DE MIEL : Route Nationale 7

En France, c'est très clair et c'est très logique, la face "principale" de ce single c'était la reprise du "Route nationale 7" de Charles Trénet, et c'est d'ailleurs ce titre qui a été un mini-tube chez nous, avec un clip où on voyait les Tueurs partir en vacances entassés dans une voiture.
Mais pour cette édition originale, même si les Tueurs/Killers ont essayé de jouer aux malins en désignant une face 1 ("Histoire à suivre") et une face A ("Route nationale 7") et en élaborant une pochette réversible, cette pochette nous indique quand même bien que "Histoire à suivre" est la face "principale" : c'est évident quand on voit l'encoche côté jaune et les crédits de pochette aussi (qui se sont bizarrement retrouvés au recto quand la pochette a été inversée pour la France !).
Tout ça fait bien mon affaire, même si j'aime toujours autant la version de "Route nationale 7", après tant d'années et tant d'écoutes. Je m'attends toujours à en être lassé, mais non, à chaque fois je suis conquis : c'est une reprise à la fois fidèle et inventive, accrocheuse et ne cédant à aucune facilité musicale. Mais je préfère encore plus célébrer "Histoire à suivre", une des six excellentes chansons originales des Tueurs qui s'enchaînent en ouverture de leur album de 1981. Non seulement c'est excellent musicalement, mais les paroles qu'Yvon Vromman met dans la bouche de Véronique Vincent, une sorte de conte de fée déniaisé, sont des plus réussies et font chaque fois mon bonheur :
"Il me dit que je suis belle, que je suis celle qu'il a choisie, pourtant avec moi je ne sais pas je crois qu'il s'ennuie. Quand j'étais petite fille je voulais un fiancé. Maintenant je crois que je suis tombée sur un pédé : histoire à suivre."
Il est vraiment dommage que ce rassemblement des Tueurs de la Lune de Miel première version avec Aksak Maboul et Véronique Vincent n'ait pas tenu assez longtemps pour produire un deuxième album, mais après tout ce n'est probablement pas une surprise. J'imagine que ce "Marc Hollander présente Les Tueurs de la Lune de Miel & Véro" était aussi instable que le "Andy Warhol presents The Velvet Underground & Nico" en son temps...
J'ai longtemps espéré la réédition CD de l'album, qui a fini par arriver en 2003, avec malheureusement une seule rareté ("Petit matin", enregistrée pour une cassette du NME) et des inédits live instrumentaux qui pour le coup sonnent plus Aksak Maboul qu'autre chose. Il y a de bons enregistrements live qui traînent (dont un concert en intégralité ci-dessous), et sûrement des inédits studio, qu'on peut donc espérer voir sortir un jour, ce qui constituerait un hommage mérité à Yvon Vromman, mort en 1989.
En attendant, on peut voir ici une excellente version d' "Histoire à suivre" live en Hollande en 1983, enchaînée avec sa version sous-titrée en anglais "Wait and see" (paroles adaptées d'Alig Fodder). Si on s'attarde sur la coiffure et la tenue de Mademoiselle Vincent, cela constitue un témoignage assez effarant sur la mode dans les eighties !


Les Tueurs de la Lune de Miel en concert au Alabamahalle de Münich le 28 mai 1982.

FELT : The Pictorial Jackson Review


Acquis je ne sais plus où mais probablement chez Vitamine C à Reims en 1988
Réf : CRE LP 030 -- Edité par Creation en Angleterre en 1988
Support : 33 tours 30 cm
10 titres

Ce disque, dans cette édition originale, est très bon, surtout la face A, mais il est très mal ficelé.
Voilà comment il aurait dû se présenter.

BOBBY BARE AND THE FAMILY : Singin' in the kitchen


Acquis dans une boutique caritative à Douvres le 29 juin 2006
Réf : LSA 3198 -- Edité par RCA en Angleterre en 1974
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

Je suis tombé sur ce disque le même jour que le Hank Snow, quelques boutiques et quelques centaines de mètres plus loin, et là je n'ai pas hésité du tout à l'acheter, pas seulement pace que celui-ci était vraiment pas cher. Ces disques ont d'autres points communs : ils sont tous les deux sortis chez RCA, à peu d'années intervalle, et Chet Atkins joue sur les deux disques (mais bon, il a joué sur des centaines de disques !).
Il y a quelques années, je ne connaissais pas du tout Bobby Bare, pourtant un grand de la country. Il faut dire que, avant de revenir fin 2005 avec "The moon was blue", il n'avait pas publié d'enregistrement nouveau depuis 1983. Entre-temps, c'est son fils Bobby Bare Jr qui avait remis le nom de la famille sur le devant de la scène avec une série de disques, dont le meilleur est peut-être bien le plus récent, "The longest meow".
Presque toutes les chansons de ce disque sont écrites par Shel Silverstein, qu'on connait surtout en France comme l'auteur du tube "A boy named Sue" de Johnny Cash, mais qui, un peu comme Tomi Ungerer, est en fait aussi bien réputé pour ses livres d'enfants que pour ses nombreuses chansons ou sa longue collaboration comme dessinateur avec Playboy ! Sur ce disque, Bobby Bare a d'ailleurs des intonations qui rappellent souvent Johnny Cash.
En 1973, la première collaboration poussée de Bobby Bare et Shel Silverstein a produit l'album "Sings lullabys, legends and lies", un grand succès, notamment avec les singles "Marie Lauveau" et "Daddy what if", un duo entre les deux Bobby, le plus jeune ayant alors cinq ans. "Singin' in the kitchen" prolonge la formule de "Lullabys...", en insistant sur le côté familial et les chansons pour enfant.
Toutes les formules sont utilisées, du chant groupé en famille et éclats de rire ("Singin' in the kitchen") à Papa en solo ou Maman en solo, en passant par les duos Papa-Maman ou Maman-Fiston ("Where'd I come from", en fait une sorte de "Mummy what if"). Il y a des comptines, des chansons d'amour, des ballades country... Ma préférée est peut-être bien "The giving tree", à l'origine un livre pour enfants de Silverstein paru en 1964, qui réussit presque à me tirer des larmes avec cette histoire d'un arbre généreux qui aide un garçon toute sa vie, même quand il n'est plus qu'une souche et le garçon un vieillard (qui peut toujours se reposer sur la souche).
La bonne humeur est omniprésente, et n'est assombrie que lorsqu'on apprend que la fille aînée de la famille, Cari, qui rit de bon coeur à gauche sur la pochette comme toute la famille, est morte quelques mois seulement après la sortie de ce disque. Un disque qui n'est pas un chef d'oeuvre, mais qui est des plus sympathiques, et qui malheureusement n'a encore jamais été réédité en CD.