16 juin 2007

BEN VAUGHN COMBO / SOUCOUPES VIOLENTES


Acquis par correspondance avec le n° 25 de Nineteen en 1988
Réf : NIT 1908 -- Edité par Nineteen en France en 1988 -- Réservé aux abonnés
Support : 45 tours 17 cm
Titres : BEN VAUGHN COMBO : My first band (le remake) -/- SOUCOUPES VIOLENTES : Love potion #9

Ça fait un moment que je comptais parler de ce disque ici, et c'est un billet de Philippe Dumez dans son tout récent I wanna be your blog qui m'a rappelé de le faire.
Je ne sais plus trop si, lorsque j'ai reçu ce 45 tours dans le cadre de mon abonnement à Nineteen, j'avais déjà acheté l'album "Beautiful thing", sorti juste avant, mais il me plaît de penser que c'est avec cette version acoustique de son premier single, complètement inédite par ailleurs, que j'ai fait la connaissance de Ben Vaughn et de son Combo.
En tout cas, je sais l'effet exaltant que m'a fait "My first band" à première écoute : l'effet Jonathan Richman ! De l'enthousiasme, des références au rock sixties (riff de "Louie Louie", citation vocale de "Gloria" et "A little bit of soul"), des paroles-souvenirs rigolotes ("J'ai joué dans mon premier groupe en 1967, j'avais une guitare à une corde, j'en jouais sur les genoux car je n'avais pas de sangle et j'avais douze ans. On ne savait jouer qu'une seule chanson, mais elle durait parfois plus de quatre heures"). L'effet est d'ailleurs encore plus fort avec cette version acoustique qu'avec celle de son premier single, qui figure sur la compilation "Mood swings".
Je parle d'atmosphère à la Jonathan Richman, surtout pas de plagiat. D'ailleurs, le titre de Jonathan Richman qui se rapproche le plus de "My first band", c'est "Parties in the USA", qui reprend, lui, le riff de "Hang on Sloopy", mais il n'est sorti qu'en 1992 !
Les programmateurs du Printemps de Bourges, comme d'autres, ont fait ce rapprochement, et c'est pour ça que la seule fois où j'ai vu Ben Vaughn en concert, et échangé quelques mots avec lui dans les loges, c'était à la Maison de la Culture de Bourges dans l'après-midi du 21 avril 1994, un concert où il ouvrait pour Jonathan Richman, accompagné si je me souviens bien de son seul bassiste Aldo Jones, qui avait le poignet plâtré.
J'avais juste eu le temps de lui parler de son premier album, "The many moods of Ben Vaughn Combo", que j'avais failli acheter à Lille quelques temps avant (la boutique avait la pochette, mais n'avait jamais remis la main sur le disque pour me le vendre !). Il m'avait expliqué que le disque était devenu introuvable, et qu'il n'avait pas la possibilité de le rééditer pour de sombres questions de droits, à tel point qu'il envisageait de réenregistrer certains des titres à l'occasion. Contrairement à Philippe Dumez, je n'ai pas le disque sous la main, mais je me demande si ce n'est pas ce qu'il a fini par faire pour la compilation "Mood swings". En tout cas, avec beaucoup de chance, j'avais fini par trouver "The many moods..." au Record & Tape Exchange, pour 30 pence !
La reprise de "Love potion #9" des Soucoupes Violentes est excellente. Eux, je ne les ai jamais vus en concert, mais je me souviens que Raoul Ketchup les passait souvent dans Rock Comptines.




10 juin 2007

URBAN DANCE SQUAD : Deeper shade of soul


Acquis probablement à La Petite Boutique Primitive à Reims en 1990
Réf : 663.180 -- Edité par Ariola en Allemagne en 1990
Support : CD 12 cm
Titres : Deeper shade of soul (Dancemix) -- Deeper shade of soul (Radiomix) -- Man on the corner -- Deeper shade of soul (Freakmix)

Voici encore l'un des disques fondateurs et importants de la hip-pop optimiste : c'est gai, dansant, mélangé, pas sectaire...
Pendant longtemps, je me suis demandé sur quel titre de soul ce single extrait du premier album des hollandais Urban Dance Squad était basé. Ce n'est qu'hier, en lisant un billet du Goûter du Mercredi, que j'ai eu le fin mot de l'histoire : il s'agit, non pas d'un titre de rythm'n'blues américain comme je le pensais, mais de "A deeper shade of soul" de Ray Barretto, sorti sur l'album "Acid" en 1972. J'aurais dû y penser, puisque que "Raymond Barretto" est bien crédité comme co-compositeur de la chanson.
Du rythm'n'blues, il y en a de toutes façons plein dans "Deeper shade of soul", avec des bouts de "Hold on, I'm coming" de Sam and Dave, de cuivres qui viennent probablement de chez Otis Redding et plein d'autres trucs que je ne suis pas capable d'identifier. Il faut dire que cette période charnière des années 80-90 était un âge d'or pour le sampling. Les groupes pouvaient encore se risquer à créer de nouveaux titres à partir de collages sans craindre d'avoir à refiler la totalité des droits et plus jusqu'à la fin de leur vie aux artistes concernés ou à leur label. Aujourd'hui, des batteries d'avocats sont convoqués pour le moindre échantillon et, à moins d'être un auto-produit inventif, l'art du sampling est fossilisé (voir à ce sujet la mésaventure arrivée à Jens Lekman à propos de son prochain album - à lire à la date du 4 mars).
"They call it rogue-rock, but it's a deeper shade of soul" dit la chanson. Un titre dansant, sans être rapide, un groove élastique, une guitare hi-life à la King Sunny Adé, une ligne de basse dans le refrain qui me rappelle "Melody Four ? Si, señor!" de Melody Four (mais cela est sûrement dû à l'origine latine commune aux deux titres), un chant un peu rappé très efficace : "Deeper shade of soul" est une réussite de bout en bout, et un classique de ces années-là. En plus, le "Dancemix" rallongé passe très bien, ce qui est une exception à la règle, et le "Freakmix", qui est je crois celui que je passais le plus souvent dans l'émission Vivonzeureux!, est très bien aussi (mais pas meilleur).
Le problème que j'ai eu par la suite avec Urban Dance Squad, en fait dès que j'ai eu acheté "Mental floss for the globe", le premier album, c'est que c'était avant tout un groupe de rock bien électrique, du rock fusion, certes, mais, à part "No kid" je crois, je n'avais pas trop apprécié l'album et je n'étais pas allé les voir lorsqu'ils étaient venus jouer à Reims, à L'Usine probalement.

08 juin 2007

THE TURTLES : Sound asleep


Acquis sur le vide-grenier d'Aigny le 27 mai 2007
Réf : 69.004 -- Edité par London en France en 1968
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Sound asleep -/- Umbassa the dragon

De nos jours, je m'étonne de ne pas trouver systématiquement sur internet la pochette d'un disque que je souhaite présenter ici, ce qui m'arrive encore très souvent. Pourtant, les sites de référence se multiplient et, pour ne parler que des 45 tours édités en France, nous avons 45 tours de rock français (pour les groupes de rock français, bravo, vous suivez bien) et 45 Vinyl Vidi Vici (pour les groupes de toutes les autre nationalités).
Et bien, par un temps frais et menaçant, sur le premier vide-grenier d'Aigny, petit village encore très rural que j'ai traversé par la départementale deux fois par jour pendant des années sans jamais faire un crochet jusqu'à son centre, j'ai trouvé à moins de trente mètres d'écart l'un de l'autre deux 45 tours dont les pochettes n'étaient pas encore sur 45 Vinyl Vidi Vici : celui-ci et "It's the same old song" des Four Tops avec une pochette annonçant qu'il s'agit de la version originale de "C'est la même chanson".
Cet exemplaire français du "Sound asleep" des Turtles, avec la même photo que le 45 tours américain chez White Whale, mais dans une mise en page différente, n'a dû voyager que sur une quinzaine de kilomètres depuis qu'il a été acheté chez Degraeve & Coulhon, 21 rue Grande-Etape à Châlons-sur-Marne. La pochette est en état assez correct, mais le disque est bien marqué par des rayures (qui passent à l'écoute), du coup je me suis permis de le négocier à 1,50 € les quatre dans un lot dans lequel j'ai mis le "All right now" de Free, un Aphrodite's child (pour la pochette) et un Pop Tops, qui utilise justement le même air classique que "Rain and tears" !
Ce 45 tours n'a pas très bonne réputation dans la discographie des Turtles. Sorti début 1968, c'est le premier à ne pas avoir été un hit après leur série de succès. Pourtant, il est très agréable à écouter. Certes, les couplets sont un peu faibles, mais au niveau sonore il se passe des tonnes de choses pendant les 2'30" que dure cette mini-symphonie pop psychédélique post-"Pet sounds" et post-"Sergeant Pepper" : des choeurs, des cuivres, une scie en solo pendant un break du premier refrain, des sons orientaux, un délire à la fin... On en redemande.
La face B est encore plus bizarre. J'en avais entendu parler l'an dernier dans un billet de l'excellent blog Little Hits. Dans une ambiance tribale (africaine ?), ce titre, qui sonne plus comme une histoire pour enfants que comme une chanson, raconte l'histoire d'Umbassa qui doit tuer le dragon, et non pas celle d'Umbassa le dragon, comme le donne à penser le titre imprimé sur le disque, suite à une erreur typographique.

04 juin 2007

NORFOLK & WESTERN : Brigadier farewell


Offert par Matt Ward à Reims le 26 octobre 2001
Réf : [sans] -- Edité par Norfolk & Western ou Film Guerrero aux Etats-Unis en 2001
Support : CD 12 cm
16 titres

Ça, c'est une petite curiosité. Vous pouvez chercher partout dans la discographie de Norfolk & Western, vous ne trouverez pas trace de ce "Brigadier farewell", même s'il ne vous faudra pas longtemps pour faire le lien avec "Winter farewell", le titre définitif sous lequel ce disque promo est finalement sorti début 2002.
C'est Matt Ward qui m'a donné de CD-R de son pote Adam Selzer emballé dans un petit sac plastique pour que j'en fasse la promo dans Vivonzeureux!, à l'issue du concert le plus bizarre que j'ai vu de lui : un concert en trio (avec notamment Tony Moreno, par ailleurs également membre de Norfolk & Western à l'époque) très électrique, alors que toutes les fois où j'avais vu M. Ward en concert avant, c'était plutôt très calme et très acoustique. Là, c'était rock au point que les flics sont intervenus deux fois sur plainte d'un voisin et ont fait arrêter ce concert prématurément, avant vingt-deux heures !, alors qu'il était organisé dans le cadre du festival Octob'Rock, co-organisé ou presque par la municipalité. Du coup, il était tellement tôt après ce concert que j'avais pu foncer au Cirque pour y voir Brigitte Fontaine.
N'empêche que, avec ce Brigadier dans le titre, même si les paroles n'y font pas référence, on comprend mieux que le disque s'ouvre avec de la batterie martiale, et que "Sound west" commence par l'air de la Marche des Dragons de Turenne ("Ils ont traversé le Rhin, avec Monsieur de Turenne...") joué au violon.
C'est le troisième album du groupe, mais le premier avec Rachel Blumberg, qui en forme depuis le noyau dur avec Adam Selzer. On sent encore un groupe qui se cherche. Depuis, N&W a fait bien mieux que ça, que ce soit sur disque ou sur scène (court et excellent concert à Lyon en 2005 en première partie de M. Ward). Ce disque est lent et calme, et dans ce domaine, ce n'est pas facile de faire aussi bien que les Radar Brothers ou Low, par exemple.
Il y a quand même plein de choses que j'aime bien sur ce disque. Mon titre préféré est "Slide", qui est précédé et non pas suivi comme le voudrait la logique de sa "Reprise", seul moment électrique du disque.
"All the towns near Boston" et "Your Sunday best" marchent bien, avec les deux voix d'Adam et Rachel qui se mêlent. "The evergreen" est très bien aussi, avec Richard Buckner comme invité à la guitare et au chant (Je sais ça pour avoir lu des chroniques, car avec ce CD promo, il n'y a ni liste des titres ni crédits).
Quant à "They spoke of history", c'est un instrumental, où la batterie de Rachel me fait bien penser à celle de John Convertino dans Calexico.

03 juin 2007

RENALDO & THE LOAF : Hambu ho do


Acquis à La Clé de Sol à Reims à la fin des années 1980
Réf : rD4 -- Edité par Some Bizz Are en Angleterre en 1987
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Hambu ho do -/- The elbow is taboo -- Writing postcards from Italy

J'ai connu Renaldo & the Loaf assez tôt dans leur carrière : c'est fin 1982 ou début 1983 que Dorian Feller a dû me prêter South Specific, une compilation de groupes de Portsmouth, sur laquelle on trouvait trois titres de Renaldo & the Loaf.
Pour une raison ou pour une autre, il se trouve que je n'ai jamais eu l'occasion par la suite d'acheter l'un des disques de ce groupe anglais parus chez Ralph, le label des Residents. Pourtant, j'ai toujours aimé leur mudique triturée, un peu "expérimentale" ou "d'avant-garde", mais à mon goût toujours accessible.
C'est une fois de plus grâce aux soldes à 10 Francs de la Clé de Sol, qui liquidait les vinyls pour faire de la place aux CDs et à l'électro-ménager, que j'ai fini par acheter un disque de ce groupe, l'un de leurs tout-derniers. Pourquoi Danceteria, l'importateur lillois qui abreuvait La Clé de Sol, a-t-il fait venir en France fin 1989 ce disque paru fin 86 ou début 87, c'est un mystère.

Contrairement à d'autres titres du groupe, "Hambu ho do" ne sonne pas du tout comme les Residents. Le titre a été inspiré au groupe par le panneau d'une camionnette annonçant "Hamburger Hot Dogs" qui avait perdu quelques lettres. Les paroles de la chanson ont été écrites en conséquence, à partir de titres de livres lus par le groupe : "Zen and the art of motorcycle maintenance" est devenu "Ze an he ar o moto", par exemple. La musique est construite sur le même principe, avec des bandes coupées, recollées ou passées à l'envers. Côté instruments, il y a de la boite à rythmes, de la basse et ce qui sonne comme un kazoo.
Ce qui m'a toujours surpris le plus dans tout ça, c'est que le résultat sonne très asiatique. A la première écoute, j'étais persuadé que les paroles étaient en japonais !
Au total, ça donne un morceau emballant dans une version très longue de près de sept minutes, qui aurait pu avoir du succès sur les dancefloors décalés. Le label avait même commandé au groupe une version "radio" de 4 minutes, mais elle n'est jamais sortie officiellement.
Sur la face B, "The elbow is taboo" a donné son titre à l'ultime album du groupe l'année suivante. C'est la même version que celle de l'album qui est proposée ici, alors que la version de "Hambu ho do" de l'album sonne comme un mixage moins accrocheur de la version du maxi. Par contre, on ne trouve "Writing postcards from Italy" nulle part ailleurs. Sur ce titre, une italienne récite les paroles d'un madrigal médiéval, mais musicalement, je lui trouve aussi des airs asiatiques.

02 juin 2007

BLUE BEAT SPECIAL


Acquis sur le vide-grenier d'Oeuilly le 23 juin 2002
Réf : CSP 1 -- Edité par Coxsone en Jamaïque en 1968
Support : 33 tours 30 cm
10 titres

C'est le genre de trouvaille qu'on espère toujours faire sur les vide-greniers, mais ça arrive très rarement. En reggae, l'année 2002 a été des plus fructueuses : grâce à L'Incohérent et Dorian Feller, j'avais déjà eu le bonheur de participer à la trouvaille de Condé-sur-Kingston, et, peu de temps plus tard, je suis tombé sur ce disque sur le vide-grenier d'un village des côteaux champenois.
La famille qui tenait le stand avait tout un fatras de vieilleries, probablement une récupération de grenier, parmi lesquelles quelques disques en ayant bien vécu, dont celui-ci.
Comment ce "Blue beat special" fabriqué en Jamaïque en 1968 s'est-t-il retrouvé dans la Marne trente-quatre ans plus tard ? Ça fait partie du mystère de la vie des disques. Cet exemplaire a appartenu à une Carla, et je suppose qu'il a été importé en Europe par un distributeur car on voit la trace d'une étiquette ronde en haut à droit du recto.
En tout cas, une compilation originale de ska et rock steady enregistré au Studio One de Coxsone Dodd dans les années 60, ça ne se laisse pas passer. Et c'est bon en plus, excellent même.
L'ossature du disque est fournie par le groupe-maison de Studio One, les Soul Brothers/Soul Vendors. Le titre d'ouverture, "Something special", est digne des Skatalites, et c'est pas étonnant car les Soul Vendors ont succédé aux Skatalites à Studio One et comprennent plusieurs anciens membres du groupe (Lloyd Brevett, Jackie Mittoo, Roland Alphonso), et "Early bird", crédité aux Soul Brothers, est mon titre préféré du lot. La version de "Midnight special" de Jackie Mittoo fait partie des autres excellents instrumentaux du disque.
Du côté des titres chantés, c'est pas mal non plus, comme "Groove to the beat" de Keith & Ken (très beau titre à deux voix, comme la reprise de "You are my sunshine" de Gregory & Sticky), "Do it right now", un single des Termites, "Let him try" d'Alton Ellis (avec un titre comme ça, j'étais persuadé que c'était une reprise d'un titre de soul américain, mais non, c'est apparemment un original) ou le "Run boy run" de Duddley Sibbley, qui clôt l'album.
En tout cas, des disques comme "Blue beat special", qui craquent pas mal mais qui passent, je veux bien en acheter tous les dimanches, même à un peu plus d'un euro... La pochette, qui sent encore le grenier, est bien marquée elle aussi, mais son dessin a peut-être bien inspiré Jerry Dammers une dizaine d'années plus tard quand il a créé le logo de son label Two-Tone.