26 juin 2006

BINGO BILL ORCHESTRA : Les voisins dînent la fenêtre ouverte


Offert par Henri Bingo par correspondance en juin 2006
Réf : CD # 001 -- Edité par Le Saumon Bleu en France en 1998
Support : CD 12 cm
12 titres

Depuis la parution en 2004 de leur best-of "200 kilos de papier", il semble que le Bingo Bill Orchestra soit en sommeil, au minimum. Si on est sans nouvelle de Daniel Bill, son compère Henri Bingo continue ses aventures musicales, au sein des Chicken Belmondos ou comme bassiste des Frères Nubuck sur scène.
Le best-of et "Rangés des voitures", leur troisième album, m'avaient déjà conquis. Ce premier album prouve qu'ils étaient excellents dès le début.
Le ton est donné dès le premier titre, "Tous les gens", une pop claire à guitares acoustiques, avec une rythmique discrète, qui fait la part belle aux jeux de voix de Daniel et Henri, avec des petites ornementations musicales (ici un glockenspiel, là un synthé, ailleurs des choeurs ou des sifflements). Parmi les participants, on compte deux des membres de Dionysos, leurs amis et voisins de Valence.
Ce qui fait le grand atout du disque, bien sûr, c'est la qualité des chansons. Il n'y a quasiment pas de point faible, à tel point qu'ils réenregistreont deux des titres ("Super tonic" et "Home again") en 2000 pour leur album "Moustaches".
Outre ces deux là, mes préférées sont "Bulldozer" ("Il n'y a pas de bulles dans l'air, il n'y a que des Bulldozer"), "Une vie de chien", "Le bas de soie" et "Tous ces gens".
L'objet lui-même (la pochette carton sous sac plastique, le CD-R) semble plus ou moins annoncer l'esthétique Sorry But Home Recording Records, le label de Grenoble que le BBO a rejoint en 2001. Ce n'est pas étonnant quand on sait que le premier album 48 titres des Frères Nubuck, en fait un solo de Chris Gontard, lui a été inspiré par un concert de Bingo Bill Orchestra !

25 juin 2006

LAURENT VOULZY : Rockollection


Acquis au Carrefour de Châlons-sur-Marne en 1977
Réf : PC 8089 -- Edité par RCA en France en 1977
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Rockollection (Part I, Part II, Final orchestre) -/- Le miroir

Je pense que j'ai acheté ce disque dans un moment clé : celui où je suis passé petit à petit de l'amateur de musique lambda au discophile un peu béta !
En effet, j'aurais très bien pu me contenter, comme presque tout le monde, d'acheter le 45 tours de ce tube que j'aimais beaucoup, à moins de 10 francs, avec la "Part ouane" en face A et la "Part tou" en B. Mais non, j'ai préféré payer probablement entre 20 et 30 francs pour m'acheter le maxi avec la "version intégrale club" de 11'45 (soit les deux parties enchaînées complétées non pas par un remix, ce qui ne se faisait pas beaucoup en France à l'époque, ni même par un instrumental, mais par un "final orchestre", même pas bon pour le karaoké, avec une séquence bongos, des choeurs et quelques coups de guitare électrique à la fin.) et une face B, "Le miroir", qui s'avère être en fait une vieille face A de 1975.
J'ai des copains qui réussissaient à voler des 30 cm à Carrefour, en les glissant sous le blouson et en passant devant les vigiles à l'entrée. Même des doubles, comme le "Kiss alive" en import américain. Je ne me suis jamais risqué à tenter le coup, d'autant plus que, à l'ouverture en 1973, nous avions été tous super impressionnés par les caméras de surveillance qui garnissaient le magasin, qui avaient un look futuriste un peu à la R2D2. Ces caméras étaient probablement des leurres, mais je ne me serais pas risqué à tenter le coup !
Ma théorie veut que la nostalgie pour une décennie donnée débute dans la deuxième décennie suivante, ce qui correspond plus ou moins au moment où les jeunes adultes se mettent à écouter les disques de leurs parents (d'où la vague actuelle pour les eighties...). Pour les sixties, il y a exception, car la nostalgie a débuté très tôt ("American graffiti" date de 1973). "Rockollection" est bien sûr un exercice raffiné de nostalgie pour les sixties signé Souchon et Voulzy. Mais pour les gens de ma génération, ça a aussi été un point d'entrée marqué vers la culture rock. Je connaissais les Beatles, bien sûr, très peu peu les Stones. quand j'entendais "Barbara Ann" des Beach Boys, je reconnaissais parce que j'avais le 45 tours "Ma-ry-lène" de Martin Circus, etc. Une des grandes qualités de ce tube, c'est probablement de m'avoir rendu curieux pour m'intéresser aux chansons citées dans ce médley...
Sinon, je me souviens très précisément avoir assister à un concert de Souchon à la foire exposition : je l'avais écouté chanter "S'assoir par terre", ma chanson préférée de lui, assis bien sûr sur un trottoir à côté de le foule. J'ai l'impression d'avoir peut-être vu Voulzy en concert dans le même moment et dans les mêmes conditions, mais ma mémoire me joue des tours, et je n'arrive pas à en être sûr...

24 juin 2006

PORTISHEAD : Glory box


Acquis à La Clé de Sol à Reims en 1994
Réf : 850 103-2 -- Edité par Go Beat en France en 1994
Support : CD 12 cm
Titres : Glory box -- Wild wood (Sheared wood remix) [Paul Weller] -- Scorn -- Sheared box

Comme quoi (je n'en doute pas et j'en ai eu maintes fois la preuve), on peut faire du CD un objet aussi valable et intéressant qu'un EP années 60 ou un beau timbre rare. C'est juste une question de choix industriels et commerciaux.
La preuve avec ce single de Portishead, livré dans une pochette cartonnée ouvrante qui lui donne justement un aspect de 45 tours en réduction, uniquement gâchée par le triangle blanc qui rappelle que ce disque rentrait dans la catégorie marketing du "CD 2 titres". Il en compte quatre, mais c'est pas grave : un bon vendeur y verra un argument de vente imparable : 2 titres + 2 gratuits !
"Glory box" n'est pas ma chanson préférée de "Dummy", mais presque (c'est "Wandering star"). C'est en tout cas une grande réussite. Beth Gibbons y est beaucoup plus convaincante à chanter ici "Give me a reason to love you, Give me a reason to be, a woman", et même de façon plus coquine "So don't you stop, being a man" que sur "Sour times", l'autre tube de l'album, quand elle entonne "Nobody loves me, Its true, Not like you do".
Je ne reviendrai pas sur la production géniale, sur laquelle tout le monde a glosé. La guitare sur le refrain, notamment, semble sortie tout droit de "Melody Nelson". Notons simplement que tout est ici affaire d'équilibre fragile : les deux remixes proposés ici,"Scorn" et "Sheared box", prouvent que cette alchimie est particulièrement instable, la chanson magique redevenant brusquement citrouille !
Pour revenir à la politique commerciale du label, saluons le cadre qui a eu la bonne idée de virer un troisième remix de "Glory box", qui figurait sur le maxi anglais, pour le remplacer par un titre de Paul Weller, à l'époque compagnon de label de Portishead. "Wild wood" est une bonne ballade de Weller, et le remix finalement assez discret qu'en fait Portishead (quelques beats et un sample de basse) en fait une des plus belles réussites de l'ex-leader de Jam !

23 juin 2006

MAGAZINE : Rhythm of cruelty


Acquis chez Music Box à Paris en 1979
Réf : VS 351 -- Edité par Virgin en Angleterre en 1979
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Rhythm of cruelty -/- T.V. baby

Dans un article sur Lewis Furey, je racontais il y a quelques années un voyage à Paris en avril 1979 :
"En avril 1979, Lewis Furey et Carole Laure sont donc au théâtre Bobino pour un spectacle beaucoup plus médiatisé que le précédent, avec Europe 1 comme partenaire par exemple. J'y suis allé, bien sûr. Ce n'était peut-être pas la première fois que j'allais seul à Paris, ce 18 avril 1979, en tout cas c'était, à 16 ans, une des toutes premières fois. J'y suis allé en train, pour une de ces expéditions qui allaient devenir presque habituelles, à Paris ou à Londres, qui a commencé, j'imagine, par des étapes à la FNAC Rennes, à Music Action au Carrefour de l'Odéon, et surout à Music Box, tout près, où j'ai dû acheter ce jour-là certains des 45t de Magazine que je chéris toujours et la deuxième édition du "Spiral scratch" des Buzzcocks."

J'allais réécrire plus ou moins la même chose aujourd'hui, donc c'est plus facile de simplement le recopier ! En fait, je ne sais plus exactement quel jour j'ai acheté les 45 tours "Give me everything" et "Touch and go" de Magazine et le "Spiral scratch" de Buzzcocks, mais je suis à peu près certain que c'est bien ce jour-là que j'ai acheté "Rhythm of cruelty", qui venait de sortir.

Initialement, j'ai été assez déçu par "Rhythm of cruelty". La pochette est l'une des moins marquantes des premiers disques du groupe, et musicalement c'était plus ou moins le premier disque de Magazine que j'écoutais après le choc de la découverte de "Real life" (sept écoutes de l'album en intégrale le même soir, c'est dire !). Je n'ai pas trouvé "Rhythm of cruelty" aussi bon que le chef d'oeuvre "Real life", ni l'album "Secondhand daylight" dont il est extrait, d'ailleurs (après réécoute attentive, je pense que le titre a été remixé pour lalbum, ça s'entend notamment pour le synthé et les chœurs). Cela ne m'a pas empêché de beaucoup les écouter à l'époque, et il faut bien admettre aujourd'hui que, pris isolément de "Real life", les deux sont d'excellents disques.

Pour ce qui est de ce 45 tours, "Rhythm of cruelty" a énormément de qualités. C'est un titre assez rapide, avec une bonne intro et une batterie énergique, ce qui explique sûrement pourquoi le label l'a sorti en single.
Les paroles sont excellentes. Un peu mystérieuses, bien sûr, comme c'est souvent le cas pour des paroles de chanson réussies, et c'est d'autant plus normal pour une chanson qui se termine par "We don't know what it could mean" ("Nous ne savons pas ce que ça peut bien vouloir dire"). Je ne me lancerai donc bien évidemment pas dans une tentative d'interprétation trop littérale ou univoque, mais avec des expressions comme "le rythme de ta cruauté" et "ça me fait même mal quand je crie", on est visiblement dans une relation dominant-dominé, mais c'est sûrement plus compliqué que ça : souvenons-nous que le recueil des paroles de Howard Devoto est intitulé "It only looks as if it hurts" ("On dirait que ça fait mal mais ce n'est qu'une impression") ! En tout cas, le chant de Devoto est excellent, et les deux premières phrases ("I brought your face down on my head, It was something I rehearsed in a dream") et la façon dont il prononce "I've got to admire your ingenuity" sont vraiment marquantes.

Pour couronner le tout, la face B, "T.V. baby", uniquement disponible ici à l'époque, est l'une des meilleures de Magazine. Elle s'inscrit parfaitement à la suite de la face B du 45 tours précédent, qui était une reprise de "I love you you big dummy" de Captain Beefheart. Là, c'est un original dans le même style, avec une ligne de basse tournante, le saxo de John McGeoch qui est très présent, et encore une grande performance de Devoto.


Magazine, Rhythm of cruelty et Shot by both sides dans l'émission espagnole Aplauso en 1980.

21 juin 2006

LEWIS FUREY : Lewis is crazy


Offert par John Lissauer par correspondance en 2003
Réf : GA-5042 -- Edité par Gamma au Canada en 1972
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Lewis is crazy -/- What a sad summer

Là je triche un peu, car j'ai déjà raconté l'histoire de ce disque dans un article disponible sur Vivonzeureux! depuis 2003. Ça fait un moment que je m'étais dit que j'utiliserais cet article pour le blog un jour où je manquerais de temps, car il est bien dans l'esprit. Outre le manque de temps, c'est de voir qu'un exemplaire de ce 45 tours vient d'être vendu aux enchères plus de 100 € qui m'a fait repenser à en parler aujourd'hui (comme souvent, ce sont deux collectionneurs japonais qui ont fait monter le prix à ces hauteurs folles).
Reste que je ne remercierai jamais assez John Lissauer pour la joie qu'il m'a procuré en m'offrant ce disque de Lewis Furey en 2003.

Voici l'article de Vivonzeureux! de 2003
:

Parfois, la vie peut donner l'impression de se vivre un peu comme un conte de fées...
Lorsque que j'ai publié sur ce site mon article sur Lewis Furey, j'ai eu bien sûr quelques "retours" de lecteurs du web. L'un des plus intéressants est venu en 2001 de Leslie Radowill, un fan américain de Lewis et Carole, qui m'a gentiment demandé si je pouvais traduire ce long article en anglais. Il m'a également proposé de m'envoyer des copies d'articles de presse américains sur Lewis qu'il conservait...
J'ai commencé la traduction, et je ne l'ai jamais finie (désolé Leslie et les anglophones !). Par contre, j'ai bien reçu les documents de Leslie. Une véritable mine, puisqu'ils datent tous de l'époque des deux premiers albums, une époque pour laquelle je dispose de très peu de documentation.

Dans l'enveloppe, j'ai trouvé notamment le dossier de presse original du label A&M pour la sortie américaine du premier album (lire ici les commentaires de Lewis sur les chansons du premier album extraits de ce dossier), un article de Peter Lester paru dans l'"Interview" d'Andy Warhol à l'époque du premier album, et plusieurs extraits très intéressants du magazine new-yorkais "After dark". Ce n'est pas très étonnant que"After dark" ait rendu compte régulièrement des activités de car, à plusieurs reprises de 1972 à 1975, Bill Como, le rédacteur en chef d' "After dark", a publié des poèmes de Lewis Furey, comme "Sugar's suicidal trance" et "Rusty's swan song". En 1973, c'est une interview de l'actrice Carol Kane - ils ont fréquenté à un moment le même établissement de formation artistique - par Lewis Furey qu' "After dark" publie.

C'est dans un article de deux pages publié par "After dark" en avril 1977 à l'occasion de la sortie de l'album "The humours of Lewis Furey" que j'ai trouvé le plus d'informations intéressantes sur les débuts de la carrière de Lewis.
Apparemment, Lewis a été découvert à Montreal par Frazier Mohawk, une légende inconnue du rock (allez lire sa bio), qui l'a accompagné à la batterie pour son tout premier concert "rock", dans un grand magasin de la ville. Il a ensuite été signé par Gamma Records (un label connu pour ses productions de chanson québécoise), qui aurait sorti CINQ SINGLES de Lewis Furey entre 1972 et 1975, produits par John Lissauer, avec des choeurs de Manhattan Transfer (avec qui John Lissauer a travaillé par ailleurs, et dont la chanteuse Erin Dickens, qu'on retrouve sur plusieurs disques de Lewis Furey, fut membre fondatrice). C'est après avoir entendu ces disques que le manager Barry Krost aurait fait le déplacement à Montréal pour voir Lewis Furey jouer et le signer chez A&M. On apprend par ailleurs dans l'article que Lewis, Leonard Cohen et le poète-romancier Barrie Wexler avaient fondé en 1972 une société poétique qui se réunissait chaque semaine pour confronter leurs sonnets écrits sur des thèmes donnés.

Il va de soi que l'existence éventuelle de cinq 45 tours de Lewis Furey, sortis au Canada avant le premier album, m'a rendu tout fébrile. Ces disques ont d'ailleurs aussitôt pris la tête de ma liste mentale des disques que je recherche le plus. A tout hasard, j'ai indiqué sur ce site que je les recherchais, et j'ai un mis un message en ce sens shttp://www.blogger.com/img/gl.link.gifur le forum du site officiel de Lewis Furey. En visitant à nouveau ce forum début 2003, j'y trouve un message 'un certain Bill disant qu'il possède un single de Lewis Furey sur Gamma de 1972, "Lewis is crazy" / "What a sad summer". Aussitôt, je lui réponds que je suis intéressé par des précisions, voire une copie de ce disque.

Grosse surprise quelques semaines plus tard : je reçois un email de M. John Lissauer, le producteur de , donc, de Leonard Cohen et de bien d'autres, qui me dit qu'il a peut-être une copie du premier single de Lewis, et qu'il a apprécié mon article sur Lewis Furey !!! Deux semaines plus tard, autre email de John Lissauer : il a retrouvé trois exemplaires du single "Lewis is crazy", et il se propose de m'en offrir un. Parfois, la vie peut donner l'impression de se vivre un peu comme un conte de fées...
Encore quelques jours d'attente fiévreuse, à imaginer le pire (le 45 tours arrive cassé...), et je reçois l'objet tant attendu. Un objet oui, un 45 tours à la pochette en carton orange très épais, imprimée en noir et blanc. Au recto, quelque chose qui se présente comme le dossier d'un malade de l'hôpital psychiatrique Gray Cross. Le "patient" est un très juvénile, vue la photo d'identité présentée, et le diagnostic est évidemment que "Lewis is crazy" !! Au dos, les paroles de la chanson, et un petit laïus ("Une chanson très originale par un nouveau talent canadien important"), qui pourrait donner à penser qu'on a affaire ici plutôt à un single promotionnel qu'à un disque vendu dans le commerce.

C'est très cérémonialement que j'ai placé le disque sur ma platine. La version de "Lewis is crazy" jouée ici, de 1972, est bien entendu différente de celle de l'album de 1975, mais pas tant que ça. Il n'y a pas de crédits pour les musiciens, mais le producteur est le même, et les arrangements sont proches de ceux de l'album. Mais la chanson commence et finit au piano, avec un couplet qu'on ne trouve pas dans la version de l'album. Les choeurs sont différents. Le banjo est moins présent dans le mixage, et Lewis s'adresse directement à celle qui l'a quitté ("When you left me for Billy") alors qu'il parle d'elle à la troisième personne dans la version de l'album.
Dans le couplet inédit, il est question d'un vieux basson. Ça m'a rappelé quelque chose, et j'ai sorti le premier album de Carole Laure, "Alibis", pour réécouter "Tout le monde dit", la reprise en français de "Lewis is crazy". Et là, surprise : le couplet figure dans cette version, traduit assez fidèlement par Dominique Issermann ("Dans ma maison toute craquelée (...) je prends mon vieux basson pour jouer cette triste symphonie"). Les arrangements sont très proches de ceux du single, ce qui n'est pas très surprenant, puisqu'ils sont signés John Lissauer, et que les musiciens sont les mêmes que sur la version de 1975 (y compris le bassiste Jon Miller, qui n'est présent que sur cette seule chanson d'"Alibis"). Mais cela signifie en tout cas qu'au moment d'enregistrer "Alibis" en 1979, c'est à partir de la version originale de la chanson que la traduction a été faite, pas à partir de la version de l'album.

Après cette première écoute, j'ai repris mon souffle, retourné le disque, et je me suis concentré pour écouter pour la première fois une chanson absolument inconnue d'avant le premier album. Sauf que, et je n'arrive pas à savoir si je suis un peu déçu ou pas, sauf que "What a sad summer" ne m'était pas du tout inconnue, puisqu'il s'agit tout simplement de l'une des chansons les plus marquantes de Lewis, "Louise" !!
Là encore, la version est différente, mais relativement proche de celle de l'album. L'ambiance est peut-être un peu plus dramatique ; la voix de femme ne semble pas être la même, il y a plus de choeurs et la fin est un peu plus longue, avec des répétitions "Louise... the name". L'expression "What a sad summer" est dite par Lewis au moment où la femme parle. Cette phrase ne figure pas dans la version de l'album, mais là encore j'aurais dû ne pas être trop surpris (et j'aurais pu deviner que "What a sad summer" était la même chanson que "Louise") puisque, dans le seul autre enregistrement disponible de "Louise", sur l'enregistrement en public au Théâtre de la Porte Saint-Martin en 1982, Lewis prononce bien cette phrase...

Au bout du compte, l'association de ces deux chansons est intéressante. On a l'impression qu'il pourrait s'agir de la même histoire d'amour dans les deux cas (et Lewis a expliqué lui-même que "Louise" était à propos de son premier amour). Je ne peux que remercier une fois de plus John Lissauer pour ce magnifique cadeau, et comme parfois la vie peut donner l'impression de se vivre un peu comme un conte de fées, je continue à rêver aux quatre autres singles Gamma (qui en fait n'existent pas, comme me l'a confirmé John Lissauer : 5 chansons avaient été enregistrées lors de la session qui a produit le single "Lewis si crazy", mais aucun autre disque n'est sorti sur Gamma), à la cassette vidéo de "L'Ange et la femme", aux BO inédites de Lewis Furey, dont "Jacob Two-Two and the hooded fang", etc, etc.

18 juin 2006

PRIMAL SCREAM : Higher than the sun


Offert par Creation Records en 1991
Réf : CRE 096T -- Edité par Creation en Angleterre en 1991
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Higher than the sun 6.43 -/- Higher than the sun 6.20 (American Spring mix)

J'aime beaucoup de choses dans le long et varié parcours de Primal Scream, mais je n'ai aucun intérêt pour leurs phases rockistes, qui reviennent à intervalles réguliers, comme en 89 avec le deuxième album "Primal Scream", en 94 avec "Give out but don't give up" et tout récemment avec le nouvel album "Riot city blues", d'après ce que j'ai pu en entendre.
Le pire pour moi, ce fut ce concert au New Morning le 23 janvier 1990 avec un son "néo stoogien", le groupe en pantalons de cuir, ou pire en pantalons moulants, jambes écartées dans une posture digne de hard-rockers qui ne pouvait que me rappeler les groupes de hard de mon frère et de ses copains du quartier...
La seule lueur du concert fut quand Luke Hayes m'annonça qu'une des chansons de l'album avait été remixée par Andrew Weatherall et allait sortir en single. Je ne sais plus si j'ai eu l'occasion d'entendre "Loaded" ce jour-là, en tout cas, ça annonçait la rencontre fructueuse de Primal Scream avec le monde de la dance music.
Et "Higher than the sun" est le summum de cette rencontre fusionnelle entre les pop rockers néo-sixties et les ravers, avec le psychédélisme comme terreau commun.
Ce maxi est un disque parfait, de la superbe pochette, due à feu Paul Cannell, à la musique gravée dans les sillons, soit mes deux versions préférées de cette chanson, "Higher than the sun", joyau emblématique du psychédélisme post-house sous ectasy (dont les stars du mouvement sont presque toutes présentes sur la compilation "Give Peace a dance")
Ces deux versions sont l'intégrale de celle produite par The Orb et le "American spring mix" de Weatherall. (Il est fort dommage qu'aucune de ces deux versions ne figure sur l'album "Screamadelica", alors que la version courte de The Orb et la version "A dub symphony in two parts" de Weatherall y figurent).
Entre les sons électroniques de The Orb (Il me semble avoir lu dans une interview de The Orb qu'ils seraient eux-mêmes responsables de la majorité de la musique qu'on entend sur cette version, et je veux bien le croire), notamment la respiration de synthé grave qu'on entend à plusieurs reprises et qu'on croirait sortie de sous le casque de Darth Vader, la mélodie et le chant de Bobby Gillespie, l'osmose est parfaite.
Les paroles ("My brightest star's my inner light, let it guide me. Experience and innocence bleed inside me. Hallucinogens can open me or untie me. I drift in inner space, free of time. I find a higher state of grace in my mind (...) My soul's an oasis higher than the sun. I'm higher than the sun") pourraient raconter l'expérience utopique de milliers de rêveurs sous ecstasy. Personnellement, cette musique magique et cosmique me suffit pour planer !