09 décembre 2018

SLIM ALI AND THE HODI BOYS : Sweet mother


Acquis chez Hervé L. à Épernay le 1er décembre 2018
Réf : S 95003 -- Édité par Reprise en France en 1977
Support : 33 tours 30 cm
Titres : Sweet mother -- Aki special -/- Christiana -- Wayo in law

L'une de mes plus belles pioches en brocante cette année, c'est le coffret 1960/2010 : Africa - 50 years of independance - 50 ans de musique que j'ai acheté à un vendeur professionnel qui le bradait. 20 CD pour 7 €, qui dit mieux ?
Depuis, j'en écoute un CD par semaine environ, dans la voiture, en essayant d'éviter de regarder la liste des titres pendant que je conduis. Sur le premier CD que j'ai écouté, il y avait le classique Sweet mother de Prince Nico Mbarga. Quelques semaines plus tard, je repars du boulot, je mets un autre CD, et qu'est ce que j'entends ? A nouveau Sweet mother ! A l'écoute, sans point de comparaison, cette version m'a paru identique à celle que je connaissais. J'ai cru qu'il y avait eu une erreur au pressage et que le titre avait été mis par erreur à la place d'un autre, ce qui peut arriver sur un coffret de cette envergure. Mais non, une fois rentré j'ai vérifié le livret et j'ai constaté que, sur le CD 1 d'Afrique de l'Est, c'était bien une version différente de Sweet mother qui était listée, datée d'un an après la version originale et créditée à Slim Ali and the Hodi Boys.
Je n'ai pas cherché à en savoir plus sur le moment, d'autant que je n'imaginais pas que, à peine deux mois plus tard, j'allais me retrouver en possession du disque original. En effet, la semaine dernière chez Hervé, dans la même pile que le Sweet mother de Prince Nico, il y avait cet album de Slim Ali ! Je n'ai pas été complètement surpris du coup car je connaissais l'existence d'une deuxième version de la chanson, mais, tout content, j'ai bien sûr pris les deux disques.
Ce n'est qu'une fois rentré à la maison que je me suis rendu compte que, sur cet album de Slim Ali, on trouvait non seulement Sweet mother, mais aussi les trois autres titres de l'album de Prince Nico Mbarga & Rocafil Jazz !! Cerise sur le gâteau, sur l'étiquette les quatre titres sont crédités à Slim Ali et non pas à Prince Nico... Le quarté est dans le désordre, mais c'est un très bel exemple de parasitisme commercial, sorti pourtant sur un label réputé, la branche sud-africaine de Reprise. On a vu souvent ici des 45 tours tentant de cannibaliser le succès d'un disque (voir Pro Cromagnum, Big Tears and the Crocodile ou The Blocking Shoes pour quelques exemples particulièrement gratinés), mais un album entier, en-dehors des compilations en vente sur les étals des marchés par des faux Beatles, Rolling Stones ou Creedence Clearwater Revival, je crois que je n'ai jamais vu ça. D'autant qu'il s'agit d'un album studio complet qui est copié, pas juste une sélection de tubes.
En prenant bien soin de ne jamais mentionner Prince Nico, les notes de pochette au verso tentent de justifier cette appropriation en expliquant que ces chansons utilisent des rythmes originaires du Kenya et qu'il s'agissait de les ramener à la maison :
"Sweet Mother" and "Aki Special" amongst others on this album have been two of the most popular records in the history of African music. The sound that Kenya made famous, with the hard-driving Benga beat spread from Malawi to Senegal and influenced music indirectly thoughout the continent. The beat was taken and adapted in West Africa and from there it has been brought back home. The already famous Slim Ali and The Hodi Boys have now put Kenya back into this particular group of songs, have added their own distinctive sounds and present them here for your enjoyment.
Alors, qu'est-ce qu'il y a de changé par rapport au disque ?
La première chose qu'il faut noter, c'est que les Hodi Boys ont une section de cuivres, alors que les instruments à vent sont totalement absents du disque de Rocafil Jazz.
Sweet mother est très proche de la version originale, donc, mais le rythme est un peu plus rapide il me semble. D'une manière générale, sur Aki special et sur l'ensemble du disque, les rythmes sont peut-être plus dansants.
La très bonne surprise, c'est la face B. Les deux titres qui me plaisaient un peu moins sur le disque de Prince Nico sont ici de vraies réussites. Ces versions de Christiana et Wayo in law y gagnent beaucoup et constituent une face d'album vraiment prenante. Au final, je les préfère aux versions originales.
Slim Ali est donc loin d'être tout à fait un inconnu. Il a sorti en 1977 et 1978 deux albums très remarqués, You can do it et Smile, qui forment la trame de deux compilations sorties il y a quelques années chez l'excellent label Arc Music, 70s soul! et 70s pop!. Je note que le livret de 70s pop! omet complètement de mentionner l'épisode de l'album décalque de Prince Nico.
Entre les périodes où il a vécu chez lui au Kenya, Slim Ali a beaucoup exercé ses talents dans des hôtels ou des boites de nuit au Moyen Orient, à Dubai ou, aux dernières nouvelles, au Yemen. On n'a pas de nouvelles récentes de lui.
En tout cas, des copies de disques connus de cette qualité, je veux bien en trouver toutes les semaines !

L'album est intégralement en écoute chez Soul Safari.

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