08 décembre 2019

SHIVAREE : Breach


Acquis chez Gilda à Paris le 18 novembre 2019
Réf : 01143-2006-2 -- Édité par Zoë aux Etats-Unis en 2004
Support : CD 12 cm
5 titres

J'étais venu à Paris pour le boulot et je pensais avoir juste le temps en fin de journée de faire des emplettes chez Gilda et Parallèles. Sauf qu'en arrivant à 18h45 à la boutique, j'ai découvert que les horaires avaient changé et que la fermeture n'était plus à 20h mais à 19h. Je n'ai donc eu que quelques minutes pour regarder à toute vitesse les CD maxi ou en pochette cartonnée à prix bradé. J'en ai trouvé beaucoup moins que d'habitude, bien sûr, mais je suis quand même reparti avec une grosse poignée de disques, dont celui-ci de Shivaree.
On n'a beau voir que la chanteuse Ambrosia Parsley sur les pochettes, Shivaree était un trio américain, composé également du guitariste Duke McVinnie et du clavier Danny McGough, qui a notamment joué avec Ramsay Midwood et tourné avec Tom Waits (Quels noms ils ont tous, si c'est les vrais, pas besoin effectivement de se chercher un pseudo !).
Je connais bien sûr et j'apprécie leur tube Goodnight moon, et au fil du temps j'ai fini par acheter leur premier album I oughtta give you a shot in the head for making me live in this dump.
Je ne connaissais pas du tout ce maxi, mais il m'a suffi de retourner la pochette pour voir qu'il s'ouvrait par une reprise de The fat lady of Limbourg de Brian Eno pour le mettre aussitôt dans ma petite pile.
Il s'avère que Breach est sorti à l'automne 2004, en pleine campagne électorale américaine (celle qui aboutira à la réélection de George W. Bush), pour annoncer la sortie début 2005 du troisième album, Who's got trouble ?.
Pour des raisons contractuelles, le deuxième album n'était pas sorti aux États-Unis, mais la réputation du groupe avait connu un sursaut en 2004 avec l'inclusion de Goodnight moon sur la bande originale de Kill Bill : Vol. 2.
On trouve sur ce maxi cinq titres, avec d'abord deux extraits de l'album à venir, plus deux reprises et un titre original inédit par ailleurs.
Habituellement, c'est plutôt Peter Saville qui pille les autres, mais ici la barre colorée sur la pochette me fait fortement penser à celle qu'on trouvait en 2001 sur la pochette de Get ready de New Order.
J'imagine que le groupe a disposé d'un budget impressionnant pour l'enregistrement de son album. Rien que pour ce maxi, il y a trois producteurs extérieurs (plus Danny McGough) et six studios pour l'enregistrement et le mixage, tous à New York sauf Plus XXX à Paris, où l'album a été mixé. Ce séjour à Paris explique sûrement la collaboration avec Bertrand Burgalat, qui joue du piano électrique Rhodes sur l'album.
J'ai chroniqué ici il y a déjà bien longtemps Taking tiger mountain (by strategy), et j'ai inclus ce disque parmi les grands précurseurs du genre dans ma Discographie personnelle de la New Wave. Plus le temps passe et plus j'apprécie cet album, un disque uniformément excellent et mon préféré de Brian Eno. Malgré cela, son influence directe reste assez limitée en terme de reprises. De tête, je peux citer Third uncle par Bauhaus, le morceau-titre et Put a straw under baby par Pascal Comelade, Taking tiger mountain étant également repris par les inspirés The Pascals.
Shivaree fait donc à mon sens preuve d'un excellent goût en reprenant The fat lady of Limbourg. Leur version permet de redécouvrir la chanson avec une oreille neuve, d'apprécier la qualité de sa construction et ses différents éléments marquants, et de se pencher un peu plus sur les paroles bien délirantes, avec la grosse bonne femme du Limbourg qui demande un baiser bien collant comme récompense pour goûter des échantillons et un gros œuf de canard noir qui se révèle être en cire !
La chanson suivante, I close my eyes, est aussi extraite de l'album et c'est un original de Shivaree. Elle aurait bien pu sortir en titre principal de single : c'est pour elle qu'une vidéo a été réalisée et elle a aussi circulé en disque promo. On voit bien la parenté avec Goodnight moon et c'en est un digne successeur, sauf que là le succès n'a pas été particulièrement au rendez-vous.
Le titre suivant est une reprise de Fear is a man's best friend de John Cale. la version originale de l'album Fear est sortie en 1974, comme Taking tiger mountain, et les deux albums ont comme musiciens en commun Eno et Phil Manzanera. La voix un peu paresseuse d'Ambrosia Parsley fonctionne très bien par ailleurs, mais là, sa façon de chanter le refrain sans conviction ni passion dessert complètement cette version. C'est pourtant une chanson importante pour le groupe : ils l'avaient déjà reprise une première fois en 2000, en face B de John, 2/14.
Le titre suivant est encore une reprise, d'un titre que je connaissais pas bien, Strange boat des Waterboys, sorti à l'origine sur l'album Fisherman's blues. Cette version est un duo avec Ed Harcourt qui fonctionne bien. Il y a un petit côté Bruce Springsteen dans les deux versions, je trouve.
Le dernier titre, 657 bed b, est également un duo, cette fois avec Scott Bondy de Verbena. C'est une réussite qui sonne comme un classique de la country, sauf que c'est une composition originale.
Shivaree est un groupe qui semble avoir aimé les reprises. Avant de se séparer, le groupe a sorti un quatrième album, Tainted love : Mating calls and fight songs, uniquement composé de reprises (mais on n'y trouvait pas la trace de la chanson de Gloria Jones !).

2 commentaires:

Anonyme a dit…

hum mouais ben je ne suis convaincu par aucun des morceaux et la reprise d'Eno est à mon goût plutôt insipide. Quant au morceau lui même du coup j'ai fait attention aux paroles et là encore Eno est un gus hors du commun, de toutes façons l'album est une réussite totale.Allez je vais de ce pas réécouter TTM.

Pol Dodu a dit…

J'aurais pensé que le dernier titre aurait pu avoir les faveurs de tes oreilles, mais il est peut-être un peu mou pour elles...

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