20 octobre 2019

BOBBY JOHNSON AND THE ATOMS : A whiter shade of pale


Acquis sur le vide-grenier de Val de Vesle le 15 septembre 2019
Réf : 460.226 ME -- Édité par Fontana en France en 1967
Support : 45 tours 17 cm
Titres : A whiter shade of pale -- Another man -/- Do it again a little bit slower -- Tramp

A Val de Vesle, juste après avoir acheté des 78 tours, je suis tombé sur des dames qui vendaient des disques aux pochettes en assez piteux état. Ce qui est étonnant à ce moment avancé de la matinée (plus de 11h), c'est qu'elles n'avaient pas encore fixé le prix de leurs 45 tours. Finalement, elles ont opté pour "la moitié du prix des 33 tours", soit 25 centimes. Je leur ai pris six disques, dont un Marcel Bianchi que je n'avais pas, un Myriam Makeba et un Arthur Smith. Il s'agissait au moins en partie de leurs propres disques, puisqu'une des dames s'est souvenue en voyant les disques qu'elle avait eu une bonne note en cours de dessin après avoir la peint la pochette de Guitar boogie !
Ce n'est pas particulièrement pour son titre principal que j'ai pris ce disque. C'est une énième version de A whiter shade of pale. Pourtant, parmi les grandes scies des années soixante, celle-scie est une de celles que j'apprécie toujours (même si j'ai un peu de mal avec les paroles), au point que j'ai déjà chroniqué ici la version originale de Procol Harum ("La seule, la vraie") et une autre reprise opportuniste, celle de Pro Cromagnum (Sapiens), qui vaut surtout pour sa face B, Neurotic saga.
Non, si j'ai choisi ce disque, c'est surtout à cause de la photo de pochette, pleine de promesse de rhythm and blues, une promesse qui m'a semblé confirmée par la présence en face B d'un titre comme Tramp.
Un article de décembre 2002 paru dans le n° 169 de Soul Bag nous raconte l'histoire de Bobby Johnson and the Atoms, groupe composé de musiciens originaires des Antilles. Leur histoire est celle de centaines de groupes de cette époque, qui produisaient une musique de qualité, même si elle n'était pas particulièrement originale, qui ont tourné pendant des années dans le circuit des clubs mais qui n'ont pas eu de grande carrière discographique. En fait, les quatre titres de cet EP sont quasiment les seuls publiés par le groupe. Au départ, il y a eu un 45 tours en Angleterre avec Do it again a little slower et Tramp. Puis, quand il a fallu trouver de quoi remplir un EP pour une publication en France, les deux autres titres ont été enregistrés en catastrophe.
J'ai trouvé ces informations sur le site français dédié à Otis Redding car, le 3 février 2007 à Valbonne, Bobby Johnson, accompagné par le CIV Soul Band, a donné un concert en hommage à Otis Redding, 40 ans après sa mort.
Difficile de réinventer la roue avec A whiter shade of pale. Cette version reste un bon slow, bien chanté. L'intérêt principal de cette interprétation vient du fait que l'orgue est remplacé par un cuivre (une trompette, je pense).
Le titre suivant, Another man, est une reprise d'un titre Blue Beat de 1964 paru sur le même label Ember. L'original était par Sonny and the Daffodils. C'est agréable et enlevé, la rythmique Ska/Blue Beat est encore un peu présente, mais cette version est très courte, au point qu'on a l'impression que l'enregistrement a été écourté pour que les deux morceaux tiennent sur une face de 45 tours.
En face B, contrairement à ce qu'affirme Bobby Johnson dans l'article de Soul Bag, Do it again a little bit slower n'est pas un original mais la reprise d'un single du printemps 1967 de Jon & Robin & the In Crowd. La chanson est écrite par Wayne Thompson qui, sous le nom de Wayne Carson, est notamment l'auteur de The letter. Cette version reste très pop, mais The Atoms lui donnent une coloration rhythm and blues que l'original n'avait pas.
Pour Tramp, je suppose que, pour vous comme pour moi, c'est une chanson que vous connaissez dans sa version en duo de 1967 par Otis Redding et Carla Thomas. Mais je ne savais pas que cet enregistrement était une reprise, sortie malheureusement pour Bobby Johnson and the Atoms au même moment que la leur. L'original, de fin 1966, est de Lowell Fulsom et ce titre a connu un certain succès. Il n'y a pas le supplément d'humour du duo, mais j'associais Lowell Fulsom strictement au blues et je ne l'aurais pas imaginé créant un titre de cette trempe, quasiment assez funk pour être au répertoire de James Brown. La reprise de Bobby Johnson fait tout à fait honneur à l'original, avec une basse assez puissante. Sur l'album The Mike Quinn Show live at The Flamingo, il existe une autre version de cette reprise, censée être enregistrée en public au Flamingo Club. J'ai bien l'impression que, comme souvent à cette époque, il s'agit de l'enregistrement studio trafiqué avec des sons d'ambiance.
Ce n'est plus souvent que je tombe en brocante sur des obscurités des années soixante. Celle-ci est d'autant plus bienvenue.

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