
Consulté sur YouTube au moins depuis décembre 2025
Réf : [sans] -- Édité par Columbia en France en 1993
Support : 1 fichier FLV
Titre : Je m'appelle Russell
Je crois que c'est en regardant la liste des titres de The hell collection de Sparks que j'ai repéré une chanson en français et que je suis allé écouter Je m'appelle Russell sur YouTube pour la première fois.
Comme je l'ai déjà expliqué ici, cela fait un bon moment que je m'intéresse aux titres chantés en français par des non-francophones.
Je contribue régulièrement à la rubrique Parlez-vous français ? de l'Arrière-Magasin de Renaud Sachet mais en 2024, pour la chanson Madonna de Sparks, un single de 1988 qu'ils ont enregistré en plusieurs langues, je m'étais contenté de suggérer la chronique à Renaud. Cette fois-ci je me lance.
Madonna et Je m'appelle Russell ne sont que deux exemples de la relation particulière que les frères américains Ron et Russell Mael entretiennent avec le français et les francophones.
Cette liste n'est sûrement pas complète, mais il y a aussi :
- la chanson The Louvre en 1973 sur l'album A woofer in tweeter's clothing
- l'album Pas dormir de Bijou en 1979 produit par les frères Mael;
- les paroles anglaises pour un album de Lio sorti au Canada, Suite sixtine;
- également, les paroles de l'album Sex de Telex en 1981;
- la collaboration avec Les Rita Mitsouko sur trois titres de l'album Marc et Robert, Singing in the shower, Hip kit et Live in Las Vegas;
- la chanson When you're a French director, enregistrée avec Leos Carax, parue en 2017 sur l'album Hippopotamus;
- et surtout, la collaboration avec ce même Leos Carax pour la comédie musicale Annette, projetée en ouverture du festival de Cannes en 2021, dont la musique et le scénario sont de Sparks.
The hell collection est une compilation de raretés. C'est le pendant de The heaven collection qui rassemble leurs succès. Les deux ont été publiées en 1993 par Columbia, uniquement en France.
Je m'appelle Russell fait partie des huit titres précédemment inédits qu'on trouve sur The hell collection.
La chanson date de 1977, une époque où le groupe était justement signé chez Columbia. On trouve sur Discogs un disque souple technique de Columbia avec cette chanson. Je n'en sais pas plus. Y a-t-il eu un projet de 45 tours pour le marché français ? Ont-ils créé cette chanson pour une grande émission de variétés à la télé ? En tout cas, la chanson est longtemps restée dans les cartons et je suis bien content qu'elle ait fini par en sortir.
Musicalement, ça démarre sur un léger disco bien d'époque, puis vient le chant avec notamment ces paroles :
"Mais quand tu me dis que tu veux dormir j'ai peur,
Je ne sais pas quoi faire car chaque soir je suis angoissé
Tu rêves à haute voix,tu parles en chanteurs français.
Mais je m'appelle Russell, tu te souviens ? Johnny Hallyday ? Non !
Je me demande pourquoi tu penses que Julien Clerc habite chez moi.
Je m'appelle Russell, tu te souviens ? Michel Polnareff n'est pas là.
S'il te plaît, réveille-toi et pense juste à moi."
Je trouve bien délirante et assez représentative de l'humour particulier du groupe cette histoire du gars traumatisé parce que son amoureuse le confond dans son sommeil avec des grandes vedettes de la variété française !
Pour le son, il y a un petit côté brut de démo, mais le refrain est accrocheur et je chante dans ma tête depuis des semaines "Je m'appelle Russell, tu te souviens ?". J'ai même titré une de mes compilations Michel Polnareff n'est pas là. Qui sait, cette chanson aurait peut-être eu du succès si elle était sortie à l'époque ?
Sparks démarre une tournée ce mois-ci et jouera notamment au Cabaret Vert à Charleville-Mézières le 25 août.
La photo de Russell Mael en ouverture n'est pas une pochette de disque. Elle est parue dans le magazine Mirabelle en septembre 1974 et j'ai trouvé qu'elle était parfaite pour illustrer ma compilation Michel Polnareff n'est pas là.
Ci-dessous, la pochette et la rondelle du disque souple référencé sur Discogs.

3 commentaires:
Par autodépréciation, on sous-estime beaucoup l'impact de la chanson française sur les artistes anglo-américains (remember Gainsbourg, Brel, Piaf...> Mike Patton, Bowie, Iggy Pop, ), merci de m'avoir fait repenser à cet hommage à Polnareff de 1999 https://www.discogs.com/fr/master/184200-Various-Hommage-To%C3%80-Polnareff?srsltid=AfmBOoqnEqR9HI1QtOSM8H0q2wJ9bnDvHOC25OSm9rk1tKQpWbAh1buI. Ce qui m'avait interpellé à l'époque c'était l'implication de Peter Hammill dans ce projet (Comment le chanteur expressionniste écorché de Van der Graaf Generator, que j'avais tant vénéré pendant ma période rock prog (Yes, Genes, King Crimson), avait comme référence un chanteur français de variété) https://www.youtube.com/watch?v=gEtkdjcbX0A
Je ne connaissais pas cette reprise de "Jour après jour" par Peter Hammill. Pourtant, j'ai une "réédition" de 2007 de cet hommage à Polnareff, sauf qu'en fait il n'y a qu'environ 7 titres en commun. Comelade, Steven Brown, The Residents et Peter Hammill font partie de ceux qui ont été dégagés. Parmi leurs remplaçants, mon titre préféré est la version de "Je suis un homme" par un gars qui s'appelle Russell, Calvin.
belle découverte, même dans le monde de la pop anglo saxonne (rock, prog etc ) le français a depuis lgtps svt été utilisé, ou cité ou même plus que ça si on pense à R Wyatt (matching mole ) et c'est pas nouveau cf les beatles (Michelle), Donovan (jennifer) Kevin Ayers etc . C'est vrai que ce morceau aurait gagné à être connu à l'époque, les paroles sont vraiment drôles et bien fichues. Keep on Pol !
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