29 juillet 2026

JUILLET FIRE : Wildfire


Consulté pour la première fois sur Bandcamp le 26 juillet 2026
Réf : [sans] -- Édité par Juillet Fire aux États-Unis en 2015
Support : 1 fichier mp3
Titre : Wildfire

Comme je manquais un peu d'inspiration pour trouver un sujet de chronique de musique en ligne, j'ai procédé comme je le faisais pour mes chroniques pour le webzine Casbah : j'ai fait une recherche sur Bandcamp.
Eh non, je ne suis pas obsédé par l'actualité brûlante au point d'avoir fait une recherche sur "feu" ou "forêt". Non, tout bêtement, j'ai commencé par une recherche sur le mois en cours, "juillet" (inconsciemment, je devais me souvenir que j'avais procédé de façon similaire en novembre 2021 pour ma toute première chronique Casbah).
Et dans la première page de résultats, j'ai aperçu ce titre en anglais Feu de forêt par Feu de Juillet...! Là, je ne pouvais qu'aller écouter et, comme ce que j'ai entendu m'a paru suffisamment intéressant, mon choix a été vite fait.
Ce que j'avais complètement oublié c'est que, toujours pour Casbah, j'avais bien fait il y a trois ans une recherche sur "forest fire", en référence à l'excellente chanson de Lloyd Cole. Il en avait résulté la chronique de A Forest Fires, The Bamboo Shoots.

S'agissant d'un artiste américain, je n'arrive pas à expliciter l'utilisation du terme "Juillet" dans le nom. On se serait attendu par exemple à "July" ou "Juliet", mais là ça reste intrigant.
Derrière ce nom, on trouve une musicienne de Grand Junction dans le Colorado, diplômée en 2015 du fameux Berklee College of Music.

Parmi les mots-clés choisis pour caractériser Juillet Fire, il y a "electronic" et "pop vocals", et ça convient très bien pour décrire Wildfire, une chanson d'amour, avec la basse synthétique en intro et les synthés et percussions électroniques qui viennent ensuite. La voix pop est bien là, doublée par moments, et la chanson décolle vraiment dans la deuxième moitié avec les répétitions du refrain "Let the wildfire burn". Ça me rappelle évidemment un peu mes années new wave, mais ça me plaît bien.

La chanson est extraite du Mile high in 2015 EP, sur lequel mes deux autres titres préférés sont Living in the age et Really rad, en collaboration avec A spineless mind.

Juillet Fire n'a rien publié d'autre sur Bandcamp depuis 2015, et il n'y a rien non plus sur Discogs ou ailleurs en ligne. J'imagine quand même que la musicienne/chanteuse en question reste active, avec d'autres projets.

Quant à nous, si l'inspiration manque on pourra toujours s'intéresser à la canicule la semaine prochaine...

25 juillet 2026

JEAN CHRISTOPHE avec ANDRE CHACKALL : Chante ses chansons 2


Offert par Dorian Feller à Villedommange le 13 juillet 2026
Réf : JM 21-22 -- Édité par Agora en France en probablement dans les années 1950
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Toi c'est toi -- Pourquoi, pourquoi -/- Inconstance -- Étrange attente

Dorian avait mis de côté ce disque spécifiquement à mon intention, en raison du nom de l'artiste bien sûr, un JC comme moi. Je l'ai remercié, en faisant la remarque en passant que, dans ce cas précis, Jean était le prénom et Christophe le nom de famille.
Eh bien, figurez-vous que j'avais tort ! En consultant Discogs, j'ai tout de suite appris que ce nom d'artiste reprend les deux premiers prénoms de Jean Christophe de Mauraige (1928-2021), comme indiqué au verso de son premier 45 tours, qui avait en réserve dans sa besace un troisième prénom, Fernand.

Avec l'ami Philippe R., on a pris l'habitude depuis quelques temps de s'échanger des articles à propos de personnes, célébrités ou anonymes, artistes ou non, qui ont eu un parcours de vie qui nous parait remarquable. Celui de Jean Christophe de Mauraige, retracé par son fils Ghilhem au moment de son décès, rentre dans cette catégorie. Sous le pseudonyme de Kizoff et aux côtés de sa mère Elisabeth, il a participé à la Résistance pendant la seconde guerre mondiale, de 1943 à 1945, c'est à dire à partir de 15 ans, notamment au sein de l'Armée Secrète de Dordogne.
A partir de 1950, il aura de nombreuses activités dans les domaines social et culturel, notamment au sein de la Fédération des Colonies de Vacances Familiales. Il est notamment l'auteur de pièces de théâtre, le co-auteur d'un livre sur l'initiation au mime, et donc il a publié deux 45 tours de ses chansons, le mien étant de le deuxième.

André Chackall accompagne Jean Christophe sur les deux disques. Je n'ai trouvé aucune information à son sujet. Aucune information non plus sur Maryse Tulasne, qui a dessiné la pochette de ce deuxième volume.

Les deux chansons de la face A sont en duo et ce sont mes deux préférées; je les ai numérisées.

Pour Toi c'est toi, l'instrumentation est minimale, avec guitare acoustique et percussion. Ils chantent les refrains ensemble. Pour les couplets, l'un chante et l'autre fait des vocalises. Cette mise en place permet de surmonter leurs limites question technique vocale. La simplicité de l'ensemble fait beaucoup pour rendre la chanson intéressante.

Pourquoi, pourquoi est une chanson courte, avec un côté folk prononcé qui tendrait à me faire dater le disque du début des années 1960 plutôt que de la fin des années 1950. Là encore, c'est minimal, léger ("Moi je suis fou de toi, toi tu te fous de moi") et sympathique.

Sur la face B, Inconstance est chantée par André Chackall seul, avec juste de la guitare acoustique. On est plus proche du Père Duval que de Georges Brassens, les deux, on le sait, n'étant pas incompatibles.

Étrange attente est chantée par Jean Christophe façon crooner, ce qui n'est pas vraiment dans ses cordes. Cette chanson est orchestrée par Pauline Campiche, pianiste et compositrice, auteur notamment de la musique du feuilleton Le temps des copains et du film Mon oncle du Texas.

A écouter :
Jean Christophe et André Chackall : Toi c'est toi
Jean Christophe et André Chackall : Pourquoi, pourquoi


18 juillet 2026

NENAD : (Marie's the name) His latest flame


Acquis au Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres vers 1984
Réf : ama 1 -- Édité par CAMAB en Angleterre en 1982
Support : 45 tours 17 cm
Titres : (Marie's the name) His latest flame -/- Sanja

J'ai acheté ce disque, comme des dizaines d'autres, pour 10 pence dans la cave du Record and Tape Exchange. La pochette assez réussie a dû m'attirer, avec ce jeune gars en chemisette et les couleurs derrière qui font penser à celles d'un drapeau. La face A est une reprise d'un tube d'Elvis Presley, mais je ne le savais sûrement pas à l'époque.
Je n'ai trouvé aucune information sur  cet artiste Nenad, qui est un prénom d'origine slave. Discogs nous apprend juste qu'il a sorti un autre 45 tours après celui-là, Green grass.

Il y a un an, l'ami Phil King a publié All the young droids, un double album compilation de raretés de pop synthétique de salon, des bricolos qui après le punk se sont emparés des nouveaux synthés au prix devenu accessible. Ce disque de Nenad n'a pas le côté futuriste/mutant droid et est sans doute trop gentillet, mais il est de la même époque et il est également électronique et pop, auto-produit et sûrement aussi auto-édité : le seul autre disque référencé sur le label CAMAB est le deuxième de Nenad, qui a utilisé les services d'Ellie Jay Productions, une boite genre Le Kiosque d'Orphée en France qui proposait de vous organiser toutes les étapes de la publication d'un disque. Nenad disposait d'un certain budget, y compris pour la promotion, puisqu'il y a sur mon exemplaire une étiquette avec le téléphone du publiciste Geoff Collings.
Ce n'est pas mon repiquage MP3 qui est raté : je ne sais pas si ça vient de l'enregistrement, du mixage ou de la gravure, mais le son du disque n'est en tout cas pas génial.

His latest flame est donc la reprise d'une chanson écrite par Doc Pomus et Mort Shuman. Si c'est Elvis qui en a fait un tube en 1961, c'est Del Shannon qui avait publié la première version quelques semaines plus tôt. La chanson de départ, avec son léger rythme à la Bo Diddley, est très bonne. Je trouve la version électronique de Nenad très réussie. Je l'ai régulièrement écoutée et appréciée ces quarante dernières années.
J'avais en tête comme point de comparaison une autre reprise sixties d'époque, Chantilly lace par R. Stevie Moore, mais l'original n'est pas d'Elvis comme je pensais (c'est Big Bopper) et le son est assez différent. Mais je n'étais pas tombé bien loin : sur l'album Under the covers de 1983, Chantilly lace est enchaîné avec... His latest flame, et là on n'est pas si loin de la version de Nenad (ces titres ont été publiés en France par New Rose en 1984).

La face B, Sanja, est une chanson originale de Nenad. Le titre est un prénom, mais il signifie aussi "Rêves" en croate. Dans sa première partie, c'est une ballade, un slow quoi, une ode à Sanja. Le dernier tiers est instrumental et un peu plus rythmé, mais l'ensemble est assez quelconque. N'empêche, j'aimerais bien en savoir plus sur ce Nenad...

A écouter :
Nenad : (Marie's the name) His latest flame
Nenad : Sanja


15 juillet 2026

JOAN BAEZ : Time rag


Consulté pour la première fois sur YouTube le 8 juillet 2026
Réf : [sans] -- Édité par Portrait en Europe en 1977
Support : 1 fichier flv
Titre : Time rag

C'est Wrongtom qui expliquait sur Bluesky l'autre jour qu'il estime depuis longtemps que Time rag de Joan Baez mérite d'être considéré comme l'un des premiers disques de hip hop. Sachant que cette chanson date de 1977, c'est très surprenant.
Évidemment, je suis aussitôt allé écouter Time rag, et oui, la filiation avec le rap saute aux oreilles : sur une rythmique légèrement funky, Joan enchaîne les couplets parlés.
La grande question est de savoir si Joan Baez était branchée au point de suivre de près les débuts balbutiants du hip hop à New York, deux ans avant Rapper's delight, ou si son parcours et ses propres influences l'ont amenée à se retrouver à ce moment-là sur un chemin proche de celui des rappers. C'est plutôt pour la seconde option que je penche, et Elizabeth Sandifer développe très en détails cet argument dans son article de 2023, Queen Shit : The case for Joan Baez, la meilleure indication étant la description que Joan donne elle-même de la chanson avant de l'interpréter dans l'émission de Johnny Carson : elle a été écrite comme un "talking disco blues", associant donc le parler du talking blues et la rythmique du disco. Même sans chercher à faire du hip hop, elle ne pouvait pas atterrir très loin de la cible. Mais elle savait certainement aussi ce qu'elle faisait puisqu'elle conclut par "OK fellows, this is a rap" (selon les paroles sur la pochette intérieur de l'album, d'après Elizabeth Sandifer), alors qu'on se serait attendu à "This is a wrap" ("C'est dans la boîte").

Les paroles de la chansons sont à la fois mordantes et pleines d'humour. Il y est question d'un entretien avec le magazine Time, qui avait fait sa couverture avec la chanteuse folk Joan fin 1962.
Là, c'est un épisode vécu qu'elle nous conte, alors qu'elle prépare son premier album pour un nouveau label, que sa carrière est en déclin et que son management lui conseille de tenter un gros coup avec Time.
Elle aurait pu se contenter d'intituler la chanson Time mag, mais Time rag est très bien vu, "Rag" désignant à la fois un type de chanson folk et... un torchon !
Ayant l'impression que le journaliste s'intéresse vraiment à ce qu'elle a à dire, Joan enchaîne sur les sujets d'actualité qui lui tiennent à coeur ("I babbled my way through the worldwide list, Ireland, Chile and the African states, Poetry, politics and how they relate, Motherhood, music and Moog synthesizers, Political prisoners and Commie sympathizers, Hetero, homo and bisexuality, Where they all stand in the nineteen-seventies"), mais elle se finit par se rendre compte qu'il n'y a qu'une seule chose qui l'intéresse vraiment : des potins sur sa relation avec Bob Dylan. Autant dire que ça se termine mal et qu'elle n'a jamais refait la couverture de Time !

Sur scène au Palladium de New York en 1977, la version de Time rag, est orchestrée de façon proche de celle de l'album, mais à la télévision, au moins par deux fois, c'est en solo et a cappella que Joan Baez l'a chantée, dans le Johnny Carson show en 1977 et à la télévision française sur Antenne 2 dans un Spécial Joan Baez diffusé le 24 janvier 1978. Les sous-titres de traduction des paroles ont du mal à suivre le débit de la chanteuse !


Joan Baez qui se retient de rire pour chanter Time rag, en direct en 1977 dans le Johnny Carson show aux États-Unis.7

11 juillet 2026

STEVE MILLER BAND : The joker


Acquis chez Récup'R à Dizy le 13 juin 2025
Réf : 2039757 -- Édité par EMI en France en 1990
Support : 45 tours 17 cm
Titres : The joker (Single version) -/- Don't let nobody turn you around

Dans les années 1980 et 1990, le fabricant de jean's Levi's s'est fait une spécialité d'utiliser de bonnes musiques de l'univers du rock pour ses pubs pourrites. Ce fut le cas en 1991 avec Should I stay or should I go de The Clash, et l'année précédente avec The joker du Steve Miller Band. Il y a même eu des compilations rassemblant ces sélections, comme Levi's music en 1994, ce qui signifie aussi qu'il y avait des gens pour les acheter.
The joker a été réédité en single en 1990 pour l'occasion. Dans la majorité des pays, France incluse, la photo de pochette montrait le motard de la pub. Mais ce n'était sûrement pas assez clair pour EMI France, qui a ressorti le disque avec une autre pochette, avec au recto, en gros en haut, la mention "La chanson de la pub Levi's" avec le logo de la marque, et au verso un de ses slogans et un remerciement pour avoir autorisé l'utilisation de ces éléments !! Et pour autant, ce 45 tours n'était pas un cadeau publicitaire offert aux clients, mais un disque vendu au prix fort dans le commerce. Et cette réédition a bien fonctionné : le disque s'est classé n°1 des ventes en Angleterre, et a pas mal été diffusé aussi en France.
C'est comme ça que j'ai découvert The joker, cette chanson de 1973 qui avait déjà été un tube au moment de sa sortie (n°1 aux États-Unis, cette fois). Il faut dire que jusque-là j'avais soigneusement évité le Steve Miller Band. J'avais vu quelques-uns de leurs disques chez des copains ou dans la presse. J'avais repéré le logo avec le cheval ailé, mais j'avais décidé que c'était du truc de baba, des années 1970 avant le punk. En fait, c'était plutôt à l'origine du blues-rock, et The joker c'est encore autre chose. On ne gagne jamais rien à refuser d'être curieux.

The joker est une excellente chanson. Dans la présentation de la réédition des 50 ans de l'album, Steve Miller détaille rapidement la session et indique que le tout a été enregistré en une demi-heure. C'est valable pour l'enregistrement lui-même, mais il y a eu du boulot en amont; par exemple il lui manquait un refrain et, comme il l'explique par ailleurs, il l'a pioché dans une autre chanson qu'il avait sur le feu, Travelin'.
J'aime bien le fait que ce portrait du Joker fait référence à des personnages qui apparaissent dans d'autres chansons de Steve Miller, le Space Cowboy, le Gangster of Love et Maurice. Il a écrit les paroles au dernier moment et les a complétées en intégrant quelques vers de Lovey dovey des Clovers. Ça lui a coûté, assez logiquement, quelques pourcentages de droits d'auteur.
Je crois que ce qui m'accroche le plus dans cette chanson, c'est la rythmique, particulièrement la basse. L'enrobage de guitares acoustique et slide est très bien également.
D'une manière générale, je trouve le style de chant, ainsi que l'orchestration et les arrangements, assez intemporels. Lors d'une première écoute, j'aurais eu bien du mal à dater précisément cet enregistrement. Significativement, j'ai  rétrospectivement été amené à réévaluer la chanson de 1979 de Joe Jackson, Is she really going out with him ?, comme je l'écrivais en 2008 : "mon appréciation de la chanson de Joe Jackson est un petit peu gâchée par la connaissance du tube de Steve Miller, sorti à l'origine en 1973. Je ne crois pas qu'il y ait un quelconque repompage direct de notes entre les deux titres, ni un plagiat éhonté, mais il y a un petit quelque chose indéfinissable dans la rythmique et le chant qui à chaque fois me fait immanquablement associer les deux titres, au profit du plus ancien bien sûr."

Je ne sais pas pourquoi, mais la face B de cette réédition n'est pas la même que celle du 45 tours original de 1973. Le label est allé déterrer Don't let nobody turn you around, un titre de l'album Saving grace de 1969, produit par Glyn Johns, sorti en single aux États-Unis mais je ne pense pas qu'il a été un tube. Pour le coup, c'est vraiment du blues-rock bien de son époque, d'excellente facture, bouclé en 2'30.

J'ai appris au passage que Steve Miller était tombé dans la marmite de la musique quand il était tout petit : ses parents étaient des passionnés de musique, amis avec notamment Les Paul, le parrain de Steve, et T-Bone Walker, qui lui a donné des conseils pour jouer de la guitare dans le dos ou avec les dents !
A 82 ans, Steve Miller semble en bonne forme. Il a fait une grande tournée en 2024 et des concerts sont annoncés à New York en octobre prochain.




Steve Miller Band, The joker, en direct dans l'émission américaine The midnight special, le 25 janvier 1974.

08 juillet 2026

THE SMITHS : Barbarism begins at home


Consulté pour la première fois sur YouTube en 2023
Réf : [sans] -- Diffusé par Antenne 2 en France le 19 mai 1984
Support : 1 fichier flv
Titre : Barbarism begins at home

Ça doit être au moment de la mort d'Andy Rourke en 2023 que pas mal de vidéos ont circulé et que j'ai vu pour la première fois le passage des Smiths dans l'émission The Tube en mars 1984Barbarism begins at home se termine avec juste le duo basse/batterie pendant que Morrissey et Johnny Marr dansent. Un très bon moment. Je ne sais pas si c'est la première fois que ça se passait ainsi, mais la scène s'est reproduite à Hambourg le 4 mai et, c'est la version que j'ai sélectionnée, à Paris le 9 mai.

On comprend que des fans aient choisi Barbarims begins at home pour rendre hommage au bassiste des Smiths : la colonne vertébrale de la chanson est une ligne de basse très élaborée, assez funky pour rappeler Freak Party, le groupe dans lequel Marr et Rourke ont joué brièvement avant les Smiths. Si c'est Andy Rourke qui a trouvé cette ligne de basse, il n'a pas volé les quelques pourcentages de droits d'auteur qu'il a récupérés quand il s'est plaint après la séparation du groupe.
Elles sont musicalement différentes, mais cette chanson qui prend le temps de se dérouler sur six minutes se rapproche sur ce point de How soon is now ?, qui allait suivre quelques temps plus tard. 

La chanson  a été jouée pour la première fois sur scène en décembre 1983. La ligne de basse n'était pas encore complètement en place. C'était une période de folie pour le groupe, avec les singles à succès qui s'enchaînaient et le premier album qui venait de sortir. Pourtant, les Smiths ont joué régulièrement en 1984 cette chanson pas encore publiée, parfois même deux fois le même soir, dans le corps du concert et en rappel. Il faudra attendre février 1985 pour qu'elle sorte sur disque, sur le deuxième album, enchaînée avec une autre chanson au titre choc, Meat is murder. La sortie de ce titre en face A de single a été programmée pour l'Angleterre mais, comme pour Reel around the fountain, elle a été annulée et il n'y a qu'en Allemagne qu'un single est sorti à l'époque.

Le concert des Smiths à l'Eldorado le 9 mai 1984 est à la fois le premier et l'avant-dernier du groupe en France (je vous laisse calculer combien il y en a eu en tout). Il a été couvert par Antoine de Caunes pour son émission Houba houba et un pirate a été publié. Morrissey avait des fleurs dans la poche arrière du jean et il y en avait partout dans la salle, ne serait-ce que parce que l'affiche et le billet suggéraient au public d'en apporter.
Pour ma part, j'étais en Angleterre ce printemps-là. Les fleurs, les articles dans la presse et les passages télé m'avaient irrité, et j'ai bêtement évité tout ce qui avait trait aux Smiths, alors même que j'étais fourré deux fois par semaine dans la boutique Rough Trade !
La version jouée à Paris ce soir-là est excellente, et c'est bien de voir le bassiste qui sourit sur la fin en voyant ses compères gesticuler. On préfère voir Morrissey et Marr s'amuser comme ça et faire un pied de nez à la barbarie, plutôt qu'être à couteaux tirés comme ils le sont depuis des années (avec plein de bonnes raisons de ne pas être d'accord...!).



The Smiths, Barbarism begins at home, en concert à L'Eldorado à Paris le 9 mai 1984, diffusé dans l'émission Houba houba le 19 mai sur Antenne 2.
Ci-dessous, la séquence complète avec deux autres chansons.