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07 mars 2026

PAN-RA : Music from Atlantis


Acquis chez Emmaüs à Courtisols le 17 décembre 2025
Réf : 110278 -- Édité par Pan-Ra en Allemagne en 1978
Support : 33 tours 30 cm
Titres : Attila -- Avignon -/- Rattenfänger -- Shiva -- Loreley

Après ceux de Stas Namin Group et de Jacques Lecomte, voici un autre disque trouvé lors de ma fructueuse visite à Emmaüs Courtisols en décembre dernier.

Quand je suis tombé sur cet album au nom d'artiste et à la pochette inconnus, j'ai commencé par retourner la pochette, et ce que j'y ai vu m'a suffisamment motivé pour investir 50 centimes dans cet album en très bon état, même si je m'attendais (à raison) à quelque chose dans les sphères folk/prog/baba, qui ne sont pas habituellement ma tasse de thé.

Pendant longtemps, on aurait dit simplement que cette publication est une auto-édition. Je crois qu'aujourd'hui le terme couramment employé pour la qualifier est "private press", ce qui a accessoirement pour conséquence d'en augmenter la cote.

Je ne connaissais pas du tout ce groupe. L'article le plus complet que j'ai trouvé sur eux a été publié en 2022 par Flo Spector dans Musique Journal.

Les notes de pochette nous donne un éclairage sur le contexte de l'album :
"PAN = dieu de berger grec, jouant la flûte; RA = dieu du soleil de l'ancienne Égypte; la musique étant aussi mystique que le nom.
Les trois seuls descendants survivants d'ATLANTIS, légendaire continent submergé, combinent dans leur musique les influences de nombreuses sphères et époques de civilisation. Ainsi, Moyen Âge, temps modernes, Asie, l'Europe et l'Orient, folklore, classicisme et jazz s’unissent à former une nouvelle musique : Musique d’Atlantis.
Les pièces ne sont pas fixées, mais elle se forment toujours un peu de nouveau. Des nouvelles improvisations se développent d'une mélodie de base, dépendant de l'ambiance momentanée des musiciens. Cette musique est vivante, elle crée des vibrations qui se transfèrent sur les auditeurs; on n'entend non seulement la musique, mais on la voit.
"

Merci pour l'explication sur la conception de cette musique en partie improvisée !

Vue l'époque, on n'est pas surpris de lire dans Musique Journal que les membres du groupe se seraient rencontrés pour la première fois dans une communauté des Hautes-Alpes, non loin de Sisteron.
Sur ce deuxième album, Pan-Ra est un trio franco-allemand-hongrois composé de Chaba Koncz (instruments à vent), Fredi Alberti (violoncelle) et Michel Poiteau (guitare), auxquels s'ajoute comme invitée la chanteuse Catherine Hourcq, qui fait des vocalises sans paroles sur deux titres.

C'est leur deuxième album. Le premier était sorti deux ans plus tôt, en 1976. Ça peut porter à confusion, mais on comprend mieux quand on sait que les musiciens sont censés être des survivants du continent submergé : ce premier album s'appelait Musique de l'Atlantide, soit le même titre en français que celui en anglais du second.

Le disque a été enregistré en deux sessions, en août 1977 dans l'abbaye de Sénanque en France, et en studio à Rüsselheim en Allemagne en janvier 1978.
J'ai eu l'impression à la première écoute que la flûte domine la face A, un peu trop à mon goût. J'ai préféré la face B, avec son instrumentation plus variée.

Le morceau d'ouverture, Attila, est très folk. En plus de la flûte, il y a du violoncelle et de la guitare, et aussi une percussion, qui doit être un tambourin.
Avignon ensuite, une composition plus lente, est aussi la plus longue de l'album, à plus d'un quart d'heure. Elle mêle voix et instruments. Je ne la trouve pas désagréable, mais c'est le titre du disque qui m'intéresse le moins. Mes deux préférés sont les deux premiers de la face B.

Il y a encore de la flûte et des ambiances folk sur Rattenfänger, mais aussi du ukulélé, de la guimbarde et du tambourin. C'est le titre le plus court,le plus rythmé et le plus enlevé de l'album.
Pour Shiva, la cornemuse est associée à un darbouka . C'est très bien.

Sur Loreley, Chab Koncz joue du Krummhorn (qui doit être un tournebout plutôt qu'un cromorme, comme mentionné sur la pochette). C'est l'autre titre chanté de l'album.

Pan-Ra jouait encore en 1981, puisque le violoncelliste a publié à l'époque une cassette d'un concert à Stuttgart. Il l'a rééditée en 2020. On y trouve une version de Rattenfänger. Par contre, il n'y a pas eu de troisième album studio.

Sous le nom de Chobo, Csaba Koncz a sorti une cassette référencée sur Discogs où l'on trouve encore une autre version de Rattenfänger. Il y a a aussi une capture d'écran d'un site qui présente le travail de photographe de Casba Koncz et indique qu'il est mort en 2022.

Au dos de la pochette, il y a deux adresses de contact pour le groupe, l'une à Mayence, l'autre à Paris au nom d'Anne Ceyla. Je me suis amusé à faire une recherche sur cette adresse parisienne et, de façon remarquable, 48 ans plus tard, une architecte nommée Marie-Anne Cayla  a toujours son cabinet cette adresse !

01 mars 2026

TRANSGLOBAL UNDERGROUND : Moonshout


Acquis à La Recyclerie à Châlons-en-Champagne le 12 novembre 2025
Réf : MULE04 -- Édité par Mule Satellite en Angleterre en 2007
Support : CD 12 cm
14 titres

Il y a encore beaucoup de 45 tours à la ressourcerie de Châlons, mais ils sont pour la plupart peu intéressants et souvent en piteux état. Ce jour de l'automne dernier, j'y ai quand même trouvé, sans pochette, l'EP Carol des Stones et Blue Monday de Fats Domino. Et j'ai aussi trouvé ce CD, un album de Transglobal Underground que je ne connaissais pas du tout.

J'ai dû vraiment entendre parler d'eux en lisant le programme des Transmusicales de 1994, une des années où je me suis rendu à Rennes. Transglobal Underground, avec sa chanteuse Natacha Atlas, y était présenté comme une des principales attraction de la rave Ethnics 2 Technics. Si jamais j'ai vu un bout de leur prestation, c'est juste quelques minutes en passant, mais je ne suis pas du tout sûr d'avoir tenu jusqu'à 2h30 du matin, l'heure programmée de leur passage.
Par la suite en tout cas j'ai acheté leur premier single Temple head et l'album International times.

J'ai toujours tendance à associer Transglobal Underground à d'autres formations que j'apprécie, qui font un grand mélange cosmopolite de genres musicaux, de 3 Mustaphas 3 à Dissidenten, en passant par L'Attirail, 17 Hippies ou  Cornershop

Moonshout, paru en 2007, est le septième album de Transglobal Underground. J'ai été vraiment surpris et ravi à la première écoute parce que, alors que les titres se succédaient, je trouvais que les chansons fonctionnaient très bien et que les expériences de fusions de styles étaient réussies.
Sur cet album qui comporte de nombreux invités, le groupe est principalement constitué de deux membres fondateurs, le guitariste Tim Whelan et le batteur Hamilton Lee, à qui se sont joints les chanteurs Tuup et Krupa, le percussionniste Rav Neiyyar et la bassiste et sitariste Sheema Mukherjee.

Mon titre préféré pour l'heure est It's a sitar. C'est l'un des plus enlevés de l'album et l'un des plus légers. On est dans une ambiance digne des rigolos de The Melody Four : "I love the girl who plays the guitar. It's not a guitar, it's called a sitar."
Le sitar n'est pas présent sur tout le disque, mais il a un rôle important, par exemple sur l'instrumental Elena, qui propose une sorte d'hybride klezmer/sitar, et sur Quit mumblin', où l'instrument indo-psychédélique par excellence est associé à un Diddley beat !
On entend aussi du sitar sur Awal, où une Natacha Atlas de retour est associée à un rappeur, et sur Mera jhumka.

On entend aussi pas mal de sons et de rythmes associés au reggae sur la majeure partie des autres chansons qui m'ont le plus accroché : Emotional yoyo, Dancehall operator, Total rebellion et Border control.

Le concertina sur Cape thunder m'a fait penser à l'Afrique du Sud. A raison je pense car les crédits mentionnent du chant zoulou.
Ces crédits confirment que la musique du groupe est bien transglobale : pour Mag ak ndaw il est question de chants wolof et Bollywood et pour
Moonshout de raps anglais et hongrois !

AU bout du compte, c'est vraiment un album, agréable, dansant et inventif, une excellente pioche, quoi !

Le dernier album paru de Transglobal Underground date de 2020, mais le groupe donne toujours régulièrement des concerts. Il y en a plusieurs prévus ce mois-ci en Angleterre.