
Acquis à La Petite Boutique Primitive à Reims au début des années 2000
Réf : SCR 665858 2 -- Edité par Creation en Europe en 1998
Support : CD 12 cm
Titres : I love rock 'n' roll -- Easy life, easy love -- 40,000 K -- Nineteen 666
Après I hate rock 'n' roll en 1995, trois ans ont passé sans nouveau disque de The Jesus and Mary Chain. Entre-temps, leur label Blanco Y Negro les avait virés après avoir écouté les démos de la moitié des chansons de ce qui allait devenir l'album Munki. Le groupe a alors trouvé refuge chez son tout premier label, Creation, mais les frères Reid s'entendaient alors aussi bien que les frères Gallagher dans les années 2000 et ça sentait la fin : ils ne se parlaient plus, écrivaient les chansons chacun de leur côté et évitaient même de se rencontrer au Drugstore, leur propre studio, lors de l'enregistrement. Pas surprenant que le groupe ait annoncé sa séparation peu de temps après la sortie du disque (ils rejouent ensemble ponctuellement depuis 2007).
Bien qu'il ait trois ans d'âge, le titre I hate rock 'n' roll, écrit par William Reid, s'est retrouvé sur Munki, le dernier titre du dernier album du groupe. Mais pour bien symboliser les deux pôles opposés de JAMC à ce moment, l'album s'ouvrait avec I love rock 'n' roll, une chanson écrite par Jim pour contrebalancer la frustration et la négativité de celle de son frère. Ce titre sera le dernier extrait en single de l'album, c'est donc la toute dernière parution du groupe à ce jour.
Côté pochettes, c'est à peu près match nul. Sous sa couche de violet presque uniforme, celle de I hate rock 'n' roll cachait une photo de deux jeunes femmes portant des lunettes noires. En regardant bien, celle de I love rock 'n' roll, qui a peut-être quand même ma préférence, révèle dans sa masse de noir et de blanc un corps portant une petite culotte à fleurs !
Côté musique, I love rock 'n' roll n'est pas une reprise de la chanson des Arrows rendue populaire par Joan Jett. C'est plutôt, dans la lignée du Rock & roll du Velvet Underground, un hymne à la puissance salvatrice du rock. Il manque à ce titre un peu de la sauvagerie de I hate rock 'n' roll, une absence compensée par l'addition bienvenue d'une trompette sur le refrain qui réveille presque le fantôme des June Brides.
Les deux titres suivants, Easy life, easy love et 40,000 K, également signés Jim, un titre au tempo moyen et un rapide, sont d'excellente facture et très accessibles. Peut-être trop pop pour William, on imagine, mais ils auraient sûrement mérité une place sur un album. William se rattrape avec le plus expérimental Nineteen 666, co-signé avec l'ingénieur du son Dick Meaney.
On retrouve les quatre titres de ce maxi sur la toute récente réédition en 2 CD plus 1 DVD de Munki.







