Offert par Ronald Chateauroux / The Truffauts par correspondance en avril 2013
Réf : TP9 2013 -- Edité par TP9 en Allemagne en 2013
Support : CD 12 cm
Titres : La belle et la bête -- Significant sleep inertia -- Living ain't easy -- Casse-toi -- She stole my heart
Depuis qu'on a parlé ici de leurs French songs (désormais en écoute chez Soundcloud), The Truffauts ont continué de sortir très régulièrement des disques. Après les albums To your heart en 2008 et The pleasure of life en 2010, voici que nous arrive cet EP, On dit que le bonheur est toujours ailleurs, un bon quart de siècle après leur premier album ...Fanny !., avec une belle photo de pochette (mieux mise en valeur au verso et sur l'étiquette du disque).
Rappelons ce qui fait la particularité des Truffauts : ce groupe allemand a des influences pop-rock anglo-américaines très classiques, mais il se trouve que, comme son nom l'indique, il est très francophile. D'où des peudonymes de circonstance (de Jean-Jacques Boucher à Olivier Durange, avec pour ce disque une chanteuse invitée, Julie La Colline) et un certain nombre de chansons originales chantées entièrement en français. Les autres titres sont en anglais et, pour être logique avec moi-même et avec ce que je pense des groupes français, je devrais regretter que les Truffauts n'écrivent pas aussi de temps en temps en allemand...
Des deux chansons en français ici présentes, l'une plutôt lente, La belle et la bête, ouvre le disque, et l'autre,plus rapide et plus rock, Casse-toi, donne son titre au EP ("Tu crois que le bonheur est toujours ailleurs. Rester ici va porter malheur. Casse-toi, barre-toi"), qui m'évoque un peu Frank Black/les Pixies ou Sugar, ce qui donne bien le ton du disque puisque Significant sleep inertia et Living ain't easy sont aussi de cet acabit.
Je ne sais pas si ça finira par arriver, mais il est dommage qu'il ne se soit pas encore trouvé d'organisme de soutien à la francophonie ou de promotion de l'amitié franco-allemande pour donner une bourse aux Truffauts et leur permettre de faire un tour de France des salles de rock. Ils en seraient ravis, j'en suis sûr, et moi aussi !
Ça n'a pas l'air d'être déjà le cas, mais ce disque sera bientôt disponible en téléchargement chez Amazon/Itunes. Plus d'infos chez The Truffauts.
Offert par Ronald Chateauroux par correspondance en octobre 2007
Réf : [sans] -- Edité par The Truffauts en Allemagne en 2007 -- Non commercialisé
Support : CD 12 cm
11 titres
C'est par Jean-Pierre Moya de RockoMondo que j'ai entendu parler des Truffauts pour la première fois, il y a moins d'un an. J'avais tellement apprécié leur Histoire des moutons, proposée en téléchargement dans le billet, que je l'avais programmée sur mon radio-blog, en précisant que j'ai une affinité particulière pour les chansons en français chantées par des non-francophones.
Et c'est vrai que j'ai remarqué au fil du temps que j'aime bien entendre des "étrangers" chanter en français : Kevin Ayers avec Puis-je ?, Julian Cope avec Traison, Jonathan Richmanreprenant Aznavour ou Chevalier, Dogbowl qui a carrément traduit et interprété toutes ses chansons en français pour un concert à Bruxelles et plein d'autres. Outre l'accent exotique, je crois que ce qui me plait c'est qu'il y a souvent dans ces interprétations une façon d'utiliser le vocabulaire et de torturer la grammaire qui accentue la poésie de la langue et la rend mieux adaptée au rock. Ça produit souvent des phrases qui passent très bien dans les chansons, mais qu'aucun français ne se serait jamais risqué à chanter.
[Petit aparté : on pourrait peut-être conseiller à tous les groupes français qui n'imaginent pas chanter autrement qu'en anglais de faire traduire leurs paroles anglaises en français par un non-francophone...]
Alors, quand Ronald des Truffauts m'a contacté pour me proposer de m'envoyer une compilation maison de leurs chansons en français, j'ai tout de suite dit oui, en demandant juste, après avoir regardé leur discographie, s'il pouvait y ajouter leur reprise du Pablo Picasso des Modern Lovers. Les Truffauts ont sorti leur premier album en 1987. Le neuvième, Tous les dimanches, date de 2006. Ils jouent une pop-rock qui peut parfois faire penser, dans le domaine français, à Louise Attaque, à Cyclope ou à Noir Désir. Les références qu'ils ont égrenées au fil des années sur leurs disques peuvent également donner une idée de leur style : outre les Modern Lovers (leur version de Pablo Picasso est très bonne), ils ont repris le Velvet Underground (Venus in furs). Dans leurs titres de chansons, on trouve des références aux Smiths (Girlfriend in a coma), aux Troggs (I can't control myself), à Doris Day et à une certaine Polly Jean...
Du nom de groupe au pseudo de ses membres, leur francophilie est évidente, et en plus elle s'est donc traduite très régulièrement sur quasiment tous leurs disques par l'enregistrement de chansons originales en français, que Ronald a donc compilées pour moi sur ce disque. L'histoire des moutons, une ballade acoustique aux paroles très réussies ("Quand on s'est connus, on avait des boutons et on croyait qu'on en aurait pour la vie, c'est l'histoire des moutons, c'est ce jour là qu'elle commence, c'est l'histoire des moutons, qu'est-ce qu'on était cons, c'est l'histoire des moutons, c'est notre déclaration", sauf erreur de ma part) reste une de mes chansons préférées du disque, mais j'aime aussi beaucoup les deux version de Fanny, dont la première figurait sur leur premier album en 1987, les deux également d'A la terrasse d'un café (une électrique, ma préférée, et une plus franchouillarde à l'accordéon). Eteins la lumière n'est pas une reprise d'Axel Bauer, mais est bien (voire mieux) quand même. Tous les dimanches me ferait presque penser au Biff, Bang, Pow ! de The girl who runs the beat hotel et se termine évidemment par le refrain "Vivement dimanche !".
En vingt ans de carrière, les Truffauts ont joué en Allemagne et aux Pays-Bas mais, malgré leur nom, ils désespèrent encore de donner leur premier concert en France. Alors, si vous programmez des concerts ou si vous organisez un festival, n'hésitez pas à faire appel à eux, ils seront très contents de se déplacer.
Offert par The Truffauts par correspondance en janvier 2015
Réf : TP9 202 -- Edité par TP9 en Allemagne en 2014
Support : CD 12 cm
13 titres
The Truffauts continuent leur bonhomme de chemin. Voici leur onzième album en vingt-huit ans, cinq ans après le précédent et trois après le EP On dit que le bonheur est toujours ailleurs. Avec une constance remarquable au fil des années, ils poursuivent dans leur voie, un style épuré de pop-rock à guitare.
The Truffauts est un groupe originaire d'Allemagne, mais ça ne se devine ni à leur musique, ni à leurs paroles, qui alternent l'anglais et le français. Le nom du groupe est un indice de sa francophilie, qui semble prendre de l'ampleur au fil du temps puisque cette fois-ci une moitié du disque est chantée en français. L'album est articulé autour de trois chansons intitulées Combien de fois et sous-titrées Absence, Silence et Oubli, dont les paroles originales sont dues à l'écrivain français Pascal Ruffenach. L'idée du groupe était de donner trois interprétations différentes de ces paroles, ce qui a donné ces trois chansons écrites séparément par Olivier Durange, Ronald Chateauroux et Jean-Jacques Boucher. Aujourd'hui, ma préférence va à la version Silence.
Outre l'écriture de la musique, et contrairement aux albums précédents, les membres du groupe se partagent aussi le chant sur Sycamore. Mes titres préférés sont, par ordre d'apparition, She's hugging trees, L'amour en fuite (un duo avec Julie La Colline, déjà présente sur le disque précédent, qui renouvelle la référence à François Truffaut), Everywhere I go avec ses choeurs en accompagnement sur le refrain, le punky L'ascenceur meurtrier et Je n'ai rien compris, à l'orchestration minimale.
J'avais découvert les French songs des Truffauts grâce à Jean-Pierre Moya, qui continue à programmer le groupe dans Rockomondo. Malheureusement, les années passent et je ne vois toujours pas de concerts des Truffauts annoncés dans notre beau pays qui les inspire tant...
Acquis chez O'Chineur à Warcq le 30 juillet 2024
Réf : PB 5777 -- Édité par RCA en Belgique en 1978
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Parlez-vous français ? -/- Amoureux
Dans ses fanzines Langue Pendue et Groupie, et actuellement dans le webzine Arrière Magasin, Renaud Sachet s'intéresse aux "artistes étrangers, qui, pour une raison ou une autre, s’emparent de notre langue exotique pour s’exprimer". C'est un sujet qui me passionne également depuis un bon moment déjà, à tel point que j'ai concocté en 2011 une compilation pour mon label virtuel intitulée Une chanson French. Et du coup, j'ai été amené à contribué à l'Arrière Magasin, avec des textes sur Dogbowl, Laurie Anderson, The Truffauts, Walter Martin ou Anna Karina et Howe Gelb. En introduction de cette dernière chronique, Renaud a expliqué qu'il dénommait désormais cette rubrique Parlez-vous français ?, en précisant bien que son titre est emprunté à "une chanson du groupe espagnol Baccara qui l’a présentée à l’Eurovision en 1978". C'est une information que je me suis empressé d'oublier, ne connaissant pas cette chanson. En conséquence, j'ai été surpris et tout content de tomber sur ce 45 tours, un pressage belge qui a voyagé quelques kilomètres pour atterrir dans le chef-lieu des Ardennes. Je n'aurais jamais pensé qu'un disque de Baccara pourrait me faire un tel effet ! Cette chronique est bien entendue dédiée à Renaud.
Baccara est un duo composé des chanteuses-danseuses Mayte Mateos et María Mendiola qui s'est fait connaître en 1977 avec ses deux premiers 45 tours, Yes Sir, I can boogie et Sorry, I'm a Lady (notez le parallèle entre les deux titres...) qui ont été deux tubes coup sur coup. Je connais et j'apprécie le premier, je ne connais pas le second. Je crois que Baccara n'a jamais eu autant de succès par la suite, mais en 1978 le groupe avait un gros potentiel commercial et cela explique sûrement pourquoi, dans les circonvolutions géopolitiques si particulières à ce concours, le Duché du Luxembourg a fait appel à un duo espagnol signé par un label allemand pour le représenter à l'Eurovision 1978. Il faut dire que, en 1965, choisir France de France leur avait permis de gagner avec Poupée de cire, poupée de son !
Parlez-vous français ?, dans sa version du concours, est bel et bien une chanson en français. Peut-être parce que c'est l'une des langues officielles du Luxembourg (mais ce n'était pas une obligation). Peut-être aussi parce que, la France ayant gagné l'année précédente avec Marie Myriam, le concours avait lieu à Paris et c'était un moyen d'espérer gagner des points supplémentaires. Baccara était donné comme l'un des favoris avant le concours, mais la tactique n'a pas fonctionné à plein, car Parlez-vous français ? n'a terminé qu'à la septième place d'un concours remporté par Israël avec A-ba-ni-bi par Izhar Cohen. Mais cette chanson a été incluse sur le deuxième album de Baccara, Light my fire (allez, on ne recule devant rien, un lien vers leur version ibéro-disco du tube des Doors !!) et a eu un succès respectable dans de nombreux pays.
Sans surprise, les paroles de Parlez-vous français ? multiplient les clichés sur la France, les vacances et les difficultés de communication qui, au bout du compte, ne sont pas un obstacle aux amours d'été. La musique, comme les autres tubes du groupe, est une sorte de disco-pop, assez dans la ligne d'autres succès récents de l'Eurovision comme ABBA, Teach-In ou Brotherhood of Man. Si la chanson a été chantée en version française au concours, une deuxième version est sortie en 45 tours simultanément à la version originale. Il s'agit donc de Parlez-vous français ? en anglais !! Et bizarrement, le français des deux chanteuses étant tellement difficile à comprendre dans les couplets, cette version anglaise, qui garde deux expressions en français, le titre et "Voulez-vous danser ?", "fonctionne" mieux avec ces paroles anglaises. La plage, le soleil, l'amour, le disco, l'année 1978, l'Eurovision avec le Luxembourg, au bout d'un moment je n'ai pu que penser à Sea, sex and sun de Gainsbourg. En-dehors de ces thématiques communes, les deux chansons ne se ressemblent pas vraiment, mais quand même, c'est à se demander si, quand il a composé cette chanson au tout dernier moment pour l'enregistrer à Londres du 22 au 24 mai 1978, le Serge n'a pas été inspiré par la prestation à l'Eurovision de Baccara à le 22 avril à Paris.
L'exercice de style se poursuit sur la face B puisque Amoureux est aussi une chanson en français. C'est tout à fait dans la même veine que la face A ("La vie en rose à deux"...). Peut-être que les deux chansons ont été enregistrées avant de décider laquelle présenter au concours. Et, oui, cette chanson a aussi eu droit à sa version anglaise, You and me.
María Mendiola est morte en 2021. Le duo original s'est séparé en 1981 et, depuis, une multitude de versions de Baccara a tourné et enregistré, avec l'une ou l'autre des membres originales, voire aucune, comme c'est le cas actuellement avec la formation officielle de Baccara qui détient les droits sur la marque.
Baccara, Parlez-vous français ?, en direct à l'Eurovision au Palais des Congrès à Paris le 22 avril 1978.
Baccara, Parlez-vous français ?, dans l'émission Der Musikladen le 1er juin 1978.
La pochette de l'édition française de Parlez-vous français ? en anglais !
Offert par Jean-Pierre Moya à Reims en 1996
Réf : FARCE 004 -- Edité par FARC aux Pays-Bas en 1996
Support : CD 12 cm
20 titres
J'ai ma petite idée des bonnes raisons qu'a eues Jean-Pierre de Rockomondo de m'offrir ce très beau cadeau. Il voulait sûrement me remercier de l'avoir aider à traduire la lettre d'information internationale de Rockomondo, et il a sélectionné cet album de Four One And Only's car, non seulement il est co-produit par l'ami Joe Foster, mais il contient une reprise de UFO man de Jonathan Richman.
L'originalité de Rockomondo est de se concentrer sur les musiques qu'on aime jouées par des artistes ni français, ni anglais ni américains. Ca laisse de la marge et au fil des ans, on a pu découvrir avec Jean-Pierre les allemands The Truffauts, les finlandais 22-Pistepirkko ou ces hollandais de Breda, Four One And Only's. Ce n'est donc pas une surprise de constater que le seul texte en français un peu détaillé à propos de ce groupe disponible en ligne est justement un billet de Rockomondo. On trouve par contre par ailleurs une discographie détaillée.
Le moins que l'on puisse dire c'est que, en plus de faire de l'excellente musique, ce groupe avait de bons contacts, puisque dès le deuxième en 1988 ils ont systématiquement travaillé avec Joe Foster, des TV Personalities et de Creation Records, pour la production de leurs albums. Il co-produit celui-ci, leur cinquième et dernier. Ces gens-là ne manquaient pas d'humour non plus, leurs titres et leurs paroles le prouvent, et ils ont choisi de nommer leur label FARC, soit Fuck All Record Companies !
Ils avaient bon goût aussi, puisque, côté reprises. Outre leur interprétation de l'enthousiasmant UFO man, qui ouvrait en 1993 l'album-hommage Can you talk to the dude ?, avec des membres de Jazz Butcher aux choeurs, s'il vous plait !, on trouve une très bonne version de Little bit o' soul, une chanson popularisée dans les années 1960 par The Music Explosion. Il y a aussi Let's all make love, une version chantée de Misirlou. Il est possible que j'ai laissé passer d'autres reprises, mais les crédits sont imprimés en spirale sur la pochette en plastique transparent, et ne précisent pas les auteurs-compositeurs, alors je fais ce que je peux.
Les vingt titres de l'album s'écoutent d'une traite sans une seconde d'ennui. Je vais quand même essayer de ne pas es lciter tous en sélectionnant mes préférés. Il y plusieurs instrumentaux, dont l'excellent Rock rock hard go go ! en ouverture et The return of gitarzen pour clore le disque. Il y a du noisy-punk (Love me hate me !, A feather in my ass, Love-handle bop), du psychédélique (Die and let Rush live, Killer bells), de la surf music (A fan's a friend), des chansons dignes des TVP's (What's left of it, She's my Efteling beyond the grave). Ils semblent être quelque peu obsédés par la choucroute puisque, après avoir sorti en 1989 un EP intitulé The clouds smell like Sauerkraut, ils nous proposent ici It hurts to be sauerkraut, une de mes chansons préférées du disque, avec en intro une guitare à la Monochrome Set. Une autre de mes préférées est You're a local creep.
Four Ones and Only's s'est séparé en 1997 et a sorti pour marquer le coup un double album compilation, Goodbye hello. Mais, Jean-Pierre l'a bien précisé, leurs disques ne sont pas faciles à trouver. Le groupe a rejoué au moins une fois, en 2011.
Offert par Wally Salem par correspondance en septembre 2020
Réf : BEAUTY 039 -- Édité par The beautiful Music au Canada en 2020
Support : CD 12 cm 16 titres
Je connais Wally Salem et son label The Beautiful Music depuis au moins 2007, grâce à sa série de compilations en hommage aux Television Personalities. Un projet de longue haleine, auquel j'ai même contribué en bonus du volume 3, qui comptera à terme dix volumes. Le cinquième est actuellement en préparation. Mais au-delà de cette série, The Beautiful Music est devenu au fil des années un label reconnu dans le cercle de l'International Pop Underground, un véritable label indépendant passionné qui, depuis sa base au Canada, donne leur chance à des artistes et groupes gallois, écossais, américains, espagnols ou canadiens. Parmi les nouvelles parutions de cet automne que Wally m'a gentiment offertes (il est réputé par ailleurs pour gonfler les colis des commandes qu'il envoie avec des bonus et des surprises...!), il y a notamment de très bons albums par Exploding Flowers et Lisa Mychols & Super 8. Et puis, il y a ce premier album de The Dupont Circles, un groupe dont le nom vient d'un rond-point et quartier de Washington, la ville d'origine du groupe. Le titre, In search of the family Gredunza fait sûrement référence à un dessin animé de 1971 adapté du livre The cat in the hat de Dr. Seuss. Il y est fait plusieurs fois mention de cette famille Gredunza et l'acteur Allan Sherman, qui joue le rôle du chat, y chante une chanson à ce sujet. La pochette est très réussie, avec ce qui ressemble à un collage surréaliste de gravures. Elle m'a instantanément fait penser à celle de 25 o' clock des Dukes of stratosphear, qui était elle-même un pastiche d'art psychédélique sixties. C'est donc le premier album de ce groupe... trente ans après sa formation ! Sur cette longue période, le groupe a connu trois principales incarnations, avec comme noyau central le guitariste et organiste Michael Bennet et le batteur-chanteur Bob Primosch. Le groupe avait précédemment sorti deux 45 tours, Sarah the weather girl en 1995 et The 53 bicycles EP, dont on retrouve ici cinq des six titres, auxquels s'ajoutent des titres inédits couvrant toutes les périodes du groupe. Il semble que The Dupont Circles aime prendre son temps : ce projet de compilation aurait mis cinq ans pour aboutir. Côté musique, on découvre, sans surprise chez The Beautiful Music, une noisy pop teintée de psychédélisme, avec plusieurs titres qui ont un son garage assez marqué. Dans un style et avec des influences similaires, avec aussi un parcours au long cours, j'ai pensé à l'écoute aux allemands francophiles The Truffauts, que je verrais bien d'ailleurs au catalogue de The Beautiful Music. Les influences du groupe se reflètent dans les trois reprises au programme : Tales of Flossie Fillet, à l'origine une face B de 1968 de Turquoise; Joke's on Zandra, excellente version d'une chanson de The Times que je ne connaissais pas, parue en 1985 sur Go! with The Times; et bien sûr la très bonne reprise de How I learned to love the bomb, précédemment parue sur le volume 4 des hommages aux Television Personalities. A cette occasion, je viens de me rendre compte avec horreur que j'ai chroniqué deux fois à cinq ans d'écart le maxi original des TVPs, en 2012 puis en 2017 au moment de la sortie de mon livre Journal d'un fan de chambre. C'est d'autant plus bête que,la deuxième fois, j'aurais pu choisir à la place le petit 45 tours, qui a une pochette et des faces B différentes. Pour ce qui est des chansons originales, je me suis rendu compte que j'ai tendance à préférer les chansons inédites à celles des singles, même si j'aime bien Everywhere girl, 53 bicyles, l'instrumental Sputnik et Sarah the weather girl. Et donc, mon original préféré est The man in the snuff shop, et j'apprécie aussi particulièrement The trip, Locked away, qui me rappelle les amis Jasmine Minks, Wonder et les plutôt garage Get down off my back et Tick tock. Je n'ai jamais rencontré Wally et je ne verrai probablement jamais The Dupont Circles en concert, mais notre passion commune pour la musique nous rapproche et c'est comme si c'étaient de vieux amis, membres d'un réseau qui fait le tour du monde.
Acquis probablement chez A La Clé de Sol à Reims vers la fin des années 1980
Réf : RR-125537 -- Édité par Roadrunner aux Pays-Bas en 1982
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Los niños del parque -/- Être assis ou danser -- Mystère dans le brouillard
L'hiver dernier, une révolution interne a agité Magic, la revue pop moderne. Une grande partie des contributeurs historiques du magazine a quitté le navire et, une fois dehors, ils se sont retrouvés et se sont demandé ce qu'ils allaient faire ensuite. Dénommés Section 26, ils ont commencé par revenir aux sources en sortant un gros fanzine à imprimer soi-même, avec notamment un article sur Felt de Christophe Basterra , un autre sur Television Personalities par Étienne Greib et le Je bande encore de l'ami Philippe Dumez. Depuis, le fanzine est devenu un site qui est régulièrement mis à jour.
Dans le fanzine, il y avait aussi un entretien d'Alex Mimiraki avec The Hacker à propos du livre Mute : A visual document de Terry Burrows.
The Hacker y revient sur ses rapports de fan avec Mute Records. J'ai été un peu surpris de la place prééminente qu'il accorde au Lady shave de Fad Gadget car, parmi les premiers singles du groupe, c'est celui que j'ai le moins écouté. Et en plus, j'ai tendance à préférer la face B, Make room. Voilà ce qu'il en dit : "À chaque fois que j’ai essayé de copier Lady Shave de Fad Gadget pour en faire une reprise, j’ai trouvé autre chose, qui a fait un hit ! Je ne dois pas être très doué, parce que cela m’emmène ailleurs. La première fois, cela a donné 1982 de Miss Kittin & The Hacker, et la deuxième fois Flesh & Bone, avec Perspects, qui a très bien marché. Ce morceau demeure une source perpétuelle d’inspiration pour moi…". Du coup, j'ai ressorti le disque et je dois bien dire que je l'ai mieux apprécié qu'à l'époque.
Mais cet article m'a fait ressortir un autre disque, Los niños del parque de Liaisons Dangereuses, qui est le disque Mute préféré de The Hacker. Il a effectivement été sorti par Mute sous licence en Angleterre, en petit 45 tours deux titres, mais la sortie originale s'est faite en Allemagne fin 1981.
Contrairement à beaucoup d'autres disques New Wave qui sont dans ma discothèque, je n'ai pas acheté celui-ci au moment de sa sortie. Je l'ai pris sans le connaître quelques années au plus tard, un jour où je suis tombé sur un exemplaire soldé.
Mon édition étant hollandaise et certains titres en français, j'ai longtemps pensé avoir affaire à un groupe belge, d'autant que ma chanson préféréé du lot, Mystère dans le brouillard, est tout à fait dans la veine Polyphonic Size. Mais non, Liaisons Dangereuses était un groupe d'Allemagne, un trio composé de Chrislo Hass, un ex-membre de Deutsch Amerikanische Freundschaft, de Beate Bartel et du chanteur Krishna Goinaud, qui doit avoir des attaches françaises, ce qui explique les nombreuses et bienvenues paroles en français du groupe, une caractéristique qui les rapproche d'autres groupes d'Allemagne francophiles, Sprung Aus Den Wolken et The Truffauts.
La discographie de Liaisons Dangereuses se limite à un unique album, sorti en 1981, qui s'ouvre avec les trois titres de ce maxi, leur unique single.
La face A, Los niños del parque, est devenue une référence. Elle a été souvent samplée et plusieurs fois reprise. Si les liens avec des contemporains comme D.A.F., bien sûr, Fad Gadget et Front 242 sont clairs, on entend bien ici également les aspects proto-technos qui ont fait la réputation du groupe et la joie des DJs.
J'étais complètement passé à côté jusqu'ici d'Être assis ou danseret j'ai eu tort car c'est une réussite, que je préfère à la face A. C'est aussi une chanson rapide, mais avec un séquenceur moins rigide, un peu façon Devo de la même époque, et même du saxopĥone à la Tuxedo Moon.
Les paroles sont très bien :
"C'est l'histoire d'un garçon qui ne pouvait pas arrêter de danser Il regardait autour de lui, tout le monde était assis, c'est vraiment chiant Ses parents l'avaient prévenu, il ne faut pas traîner toutes les nuits dans les discosC'est l'histoire d'un garçon, et bien sûr il finit par crever, c'est normal aujourd'hui"
D'avoir réécouté plusieurs fois ce maxi me donne envie de découvrir l'album Liaisons dangereuses, avec des titres comme Apéritif de la mort, Peut-être... pas, Kess kill fé show, Dupont ou Avant-après mars. La dernière réédition en CD, qui date de 2013, est encore facilement disponible.
Liaisons Dangereuses, Los niños del parque, en concert à l'Hacienda à Manchester, le 7 juillet 1982. Ce concert a été édité en vidéo en 1987.