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02 mars 2025

ZERO : Am I your new toy


Acquis par correspondance via Discogs en mai 2014
Réf : SRS 4673 -- Édité par Silence en Suède en 1981
Support : 33 tours 30 cm
9 titres

Quand j'ai chroniqué son 45 tours I wanna be a machine, j'ai annoncé à la fin qu'il serait sûrement à nouveau question de Robert Broberg ici car je venais de commander plusieurs de ses albums. Bon, c'était il y a presque onze ans... Le temps passe vraiment vite, mais il n'est pas trop tard pour bien faire.
Je ne le savais pas, mais entre-temps, guère plus d'un an après ma chronique, Robert Broberg est mort en juillet 2015, à 75 ans.

Il a connu le succès dans les années 1960 sous le nom de Robban. En 1972, il a rompu avec sa carrière et a quitté la Suède pour s'installer aux États-Unis. C'est apparemment à ce moment-là qu'il a rejeté son nom de vedette Robban et opté pour le pseudonyme Zero. Mais il n'a sorti des disques sous ce nom, trois albums et deux singles, qu'entre 1979 et 1981 (cependant, Tolv sånger på Amerikanska, sorti en 1978 sous le nom de Robert Broberg, est listé au dos d'une des pochettes comme un album précédent de Zero).

Pour faire la transition, le premier album, Motsättningar - Circle O Zero on uma N.E., est crédité Robert Broberg presenterar Zero. Il a été
enregistré en direct en 1979, en partie en tournée et en partie en studio. C'est celui qui me plaît le moins.
En 1980, Robert Broberg a tourné un spectacle intitulé Circus Zero.
Le deuxième album, Kvinna eller man, enregistré à l'automne 1980 et sorti en février 1981, est un peu dans la même veine que le premier, mais des titres comme le single Tom top! font un peu la transition avec Am I your new toy, enregistré en août-septembre et sorti en octobre 1981.

Ce troisième et ultime album est mon préféré de Zero et je le considère comme le véritable successeur de Tolv sånger på Amerikanska. Leurs points communs sont des paroles entièrement en anglais, contrairement aux deux premiers Zero, et des thématiques de chansons sur la technologie, les machines, la modernité. Les deux disques ont aussi une photo de face de Robert en pochette.
La grande différence entre les deux albums, c'est que Tolv sånger på Amerikanska était un album enregistré en groupe et largement acoustique, tandis  que Am I your new toy est littéralement un album solo de Broberg (aucun autre musicien n'est mentionné) et qu'il est plutôt synthétique. Il se crédite aux voix et aux effets vocaux parce qu'il y a effectivement plein d'effets tout au long du disque, des bruitages, des accélérations, des ralentissements... A ce titre, on peut considérer que c'est l'album new wave de Robert Broberg.

L'album est compact et d'excellente tenue de bout en bout.
Il s'ouvre avec une excellente séquence, Johnny Surprise, dans la veine des Nits époque Tent, You make it happen (1 + 2) et Am I your new toy, avec une rythmique faite d'effets vocaux et un tout petit bout de solo façon Snakefinger.
Il y a une petite baisse de régime avec To climb the ladder of hope, mais la première face se termine sur un ton guilleret avec Jump & dance & hope & hope, avec un chant qui, comme ça arrive régulièrement avec Broberg, me rappelle Alig de Family Fodder.

Ça n'a rien à voir avec leur obscurité Let's go, mais le Let go! de Zero m'a fait penser au Devo synthétique de Freedom of choice et des albums suivants.
La rythmique de base de Your clothes talk est un bruitage qui ressemble au son d'une balle de ping pong sur une table. Ça fonctionne bien ! Lucky me ! a une rythmique vaguement reggae, comme I wanna be a machine, mais aussi un air plutôt country, avec encore des bruitages. C'est léger et excellent.
L'album se clôt avec sa chanson la plus longue, Robot out in universe. C'est un robot qui se prétend humain, qui indique croire en Dieu et qui implore qu'on ne le traite pas comme une machine. Je ne suis pas sûr que ça reste longtemps de la science fiction.

D'autres albums de Robert Broberg ont été réédités en CD, mais pas celui-ci et c'est bien dommage. On trouve le vinyl d'occasion pour pas cher, mais c'est les frais de port qui sont désormais prohibitifs.

06 juin 2020

THE NITS : J.O.S. days


Acquis par correspondance chez Momox en mai 2020
Réf : CBS 651308 2 -- Édité par CBS en Europe en 1987
Support : CD 7,5 cm
Titres : J.O.S. days -- Yksi kaksi kolme -- Magic of Lassie II -- Moutain Jan

In the Dutch moutains est le dernier album studio des Nits que j'ai acheté neuf au moment de sa sortie (le premier, c'était soit Work soit Omsk). J'ai toujours apprécié ce disque, principalement pour ses arrangements légers et sa production ligne claire, le résultat probable d'une contrainte que le groupe s'était imposée pour l'enregistrement : des prises directes dans son local de répétition, sans retouches par la suite.
Mes deux chansons préférées, la chanson-titre et J.O.S. days, sont toutes les deux sorties en single. Je n'avais jamais acheté ces disques car j'avais l'album, mais je les ai trouvés récemment à un prix très correct, frais de port compris, et je me les suis offerts pour compléter ma collection.
J'aime toujours beaucoup la chanson In the Dutch mountains, qui est apparemment le plus grand succès du groupe à l'échelle européenne, mais j'ai choisi de chroniquer aujourd'hui J.O.S. days car, au  bout du compte, c'est vraiment ma chanson favorite de l'album, et les faces B de ce maxi sont intéressantes.
Columbia est sûrement la maison de disques qui a le plus travaillé la question des mini-CD. Pendant une période qui s'est étendue de 1988 à 1991 au moins, ils les présentaient dans des mini-pochettes ouvrantes, glissées pour la vente en magasin dans des emballages plastiques plus grands (j'en ai dans cette série par Les Objets, The KLF, Les Satellites et LL Cool J). A ce moment, la plupart des gens devaient avoir un adaptateur, et les plateaux des nouveaux lecteurs de CD permettaient de lire les mini-CD sans cet accessoire. Mais avant ça, comme c'est le cas pour ce disque des Nits, Columbia avait adopté une solution différente : un mini-CD et son adaptateur glissés dans une pochette cartonnée de taille "normale" de 12 cm.
Le "J.O.S." du titre, c'est le Jeugd Organisatie Sportclub, un club fondé en 1920 à Amsterdam, qui a fusionné depuis pour devenir le JOS Watergraafsmeer. L'un des grands-pères d'Henk Hofstede en est le co-fondateur.
J.O.S. days est une chanson, empreinte de nostalgie, qui fait le parallèle entre le destin des membres du club morts pendant la deuxième guerre mondiale (il y a un monument aux morts entre les deux terrains du club, les combats n'ont duré que quatre jours aux Pays-Bas et les jeunes sportifs y sont sûrement partis en pensant en sortir vainqueur) et les mésaventures sportives de Henk, la honte de la famille puisqu'il n'a pas joué assez bien lors d'un match de sélection pour être intégré à l'équipe, alors que ses cousins, grand et bêtes, tapaient déjà dans la balle quand ils étaient encore dans le ventre de leur mère. A la fin, Henk indique qu'il peut se passer d'un doigt ou d'un orteil, mais qu'une tête est nécessaire pour lui.
Ayant souvent été présenté comme "l'intello" de la famille, avec deux pieds gauches et pas habile de mes dix doigts, cette chanson me parle particulièrement !
Comme le studio de répétition n'avait pas de cabine isolée pour enregistrer les voix, Henk a chanté J.O.S. days depuis une Lada garée à l'extérieur (on le voit ).
Il me semble que J.O.S. days n'est pas construite comme une chanson pop classique, même si elle est très simple. Le tempo est moyen mais le rythme me semble particulier. Le chant des couplets est mélodique, et heureusement, car le refrain est réduit à sa plus simple expression, le titre de la chanson répété deux fois à la fin des couplets, avec une voix en chœur et de l'harmonica. Ca n'empêche pas le tout d'être très accrocheur !
Je me suis un peu fait avoir en achetant le 33 tours d'In the Dutch mountains plutôt que le CD (mais pas de regret car c'était beaucoup moins cher, et de toute façon je n'avais pas encore de platine CD en 1987 !) puisque le compact compte trois titres en plus, Strangers of the night, Moon and stars, et un titre jazzy-boogie pas très intéressant d'1'37, The magic of Lassie (d'après le titre de l'un des films avec la célèbre chienne dans le rôle principal).
Le maxi 45 tours d'In the Dutch mountains proposait en face B les deux premiers des titres bonus du CD, mais le troisième titre était The magic of Lassie II, et ce II change tout car cette chanson de 2'45 est une excellente face B, avec une base synthétique et une batterie très présente.
Pour le maxi 45 tours suivant, J.O.S. days, le matériel devait commencer à manquer. On y trouve en face B Yksi kaksi kolme (Un deux trois en finlandais), un instrumental inédit, Mountain Jan, un extrait d'In the Dutch mountains (bien, mais pas un de mes titres préférés de l'album) et Bike in head, de l'album précédent Henk, une excellente chanson, mais ça faisait un peu redite.
La plupart des singles des Nits ont été édités pour le marché des Pays-Bas, tout en étant plus ou moins diffusés dans l'Europe entière. Mais cette édition CD de J.O.S. days était vraiment été produite pour le marché européen. Du coup, pour appâter le client et pouvoir écrire que deux des titres n'étaient disponibles sur aucun 33 tours, cassette ou CD, le label a été rechercher The magic of Lassie II pour remplacer Bike in head sur ce CD. Et c'est tant mieux !




The Nits, J.O.S. days, dans une émission de télévision autrichienne en 1988. L'extrait commence par une version en extérieur à l'accordéon.


The Nits, Yksi kaksi kolme, en concert en 1987 au Saapasjalka Rock festival à Pihtipudas en Finlande, l'un des rares pays où le public pouvait comprendre le titre de cet instrumental ! Je préfère cette version à celle en studio.


The Nits, J.O.S. days, en public en avril 1988 lors du gala Edison en avril 1988 (le plus ancien prix musical des Pays-Bas).

17 mai 2020

MONGUITO SANTAMARIA : Hey sister


Acquis à la Bourse BD Disques d’Épernay le 8 mars 2020
Réf : 116.502 -- Édité par DiscJockey en France en 1969
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Hey sister -/- Work out

Depuis quelques années, l'association BD-Bulles organise une bourse BD-Disques à Hautvillers pour aider à financer son événement principal, le Festival de BD d'Hautvillers. J'y ai déjà fait quelques bonnes trouvailles (Nits, Ray Charles, Brassens).
En 2020, ils ont décidé de doubler la mise en organisant une deuxième bourse aux Palais des Fêtes d’Épernay. Elle a pu se tenir, mais de justesse. Ce dimanche-là, on commençait à parler de l'interdiction des rassemblements de plus 1000 personnes (la décision a été prise le lendemain), mais on n'imaginait pas l'ampleur de ce qui allait suivre. Toujours est-il que c'est la dernière fois où j'ai pu chiner des disques avant le confinement et, hors Emmaüs ou ressourcerie, je ne sais pas si j'en aurai beaucoup l'occasion pour le reste de cette année. Pas question en tout cas pour l'instant de compter sur les vide-greniers pour ça. Et le festival de BD 2020 a malheureusement dû être annulé.
Et il se trouve que, pour moi qui suis à la recherche du disque intéressant pas cher plutôt que du collector hyper coté, j'ai plutôt fait de meilleures affaires que d'habitude à cette bourse, puisque j'en suis revenu avec 11 45 tours que j'ai payés de 1/3 à 2 €.
Celui-ci, je l'ai trouvé à l'un des derniers stands que j'ai visités, au moment où j'allais repartir. D'habitude je ne m'y arrête pas puisque c'est celui d'un vendeur professionnel, visiblement très apprécié, qui a un très grand stand d'albums très recherchés, dont une bonne partie, signe des temps, sont plutôt des rééditions que des originaux. Mais pour la première fois cette année il avait disposé deux boites de 45 tours sur son stand, à 2 € ou à 1 € les deux, et j'en ai choisi trois.
Le premier, à 2 €, c'est l'EP quatre titres de Wire qui était glissé en 1979 dans les premiers exemplaires de leur album 154. J'ai racheté l'album il y a une bonne trentaine d'années dans une autre bourse aux disques à l'ami Philippe R., mais ce chenapan n'avait pas pensé au préalable à y glisser l'EP qui était rangé avec ses 45 tours. Mon exemplaire est désormais complet !
Pour les deux autres, j'ai fait un lot à 1 € avec une version reggae d'Eleanor Rigby par Bernie Lyon et ce 45 tours de Monguito Santamaria.
Pour ce qui est de la musique latino/afro-cubaine, je suis assez sélectif. J'achète quelques disques au feeling, mais pas tout. Là, ce qui m'a décidé, outre que le disque et sa pochette étaient comme neufs, c'est le petit texte de Jacques Barsamian qu'on trouve au dos de la pochette :

"Après le "Tamla Motown sound" et le "Stax sound", voici une nouvelle sonorité, le "Latin soul" qui vient d'obtenir un premier succès avec "SOUL DRUMMERS" de Ray BARRETTO, chef d'orchestre et musicien très demandé dans les studios d'enregistrement aux États-Unis.
Ce son est à dominante de Soul music avec des pointes de Jazz et des sonorités Afro-cubaines dans lequel les instruments à percussion : conga, bongo, timbales sont particulièrement mis en valeur.
Le chef d'orchestre et pianiste, MONGUITO SANTAMARIA, natif de La Havane, bien qu'il ne soit âgé de guère plus de 21 ans, est également hautement considéré par les critiques musicaux d'Outre-Atlantique. Nul doute que son disque suivra le chemin tracé par le "Soul Drummers" de Ray BARRETTO."
Jacques BARSAMIAN (Revue ROCK & FOLK)

Pour un disque daté d'avril 1969, ça donnait envie. Sur le rond central on trouve un autre argument de vente,"A. Fania Records" (sic), que Barsamian ne mentionne pas, sûrement parce que la très bonne réputation de ce label New Yorkais n'était pas encore faite en France à cette époque.
Un lien très fort est fait dans ces notes de pochette avec le Soul drummers de Ray Barretto. Ce lien est encore renforcé avec le choix d'une pochette quasiment identique à celle de Ray Barretto, un disque sorti seulement deux mois plus tôt sur le même label :



Monguito Santamaria est donc associé au Latin Soul. Une autre façon de décrire sa musique, qui donne encore plus envie de danser, c'est le Boogaloo, un genre auquel les deux très courts titres de ce 45 tours se rattachent.
Hey sister débute dans un style purement afro-cubain, avec du piano, qui est l'instrument de Monguito Santamaria. Mais ensuite la basse et les cuivres font très rhythm and blues. Le chant aussi, avec les "Gotta gotta gotta" répétés par le chanteur Ronnie Marks dans les deux titres,  qui rappellent Otis Redding.
En face B, Work out est dans une veine tout à fait similaire. Bizarrement, quelque chose dans le "You gotta work out" du refrain me fait penser à un titre de Devo (!), mais je n'ai pas poussé plus loin mes recherches et je ne pense pas que c'est au très tardif Watch us work it que je pense.
Monguito Santamaria a sorti trois albums remarqués sous son nom de 1968 à 1970, un autre en 1974 et puis plus rien. Je n'ai pas trouvé d'informations détaillées sur sa biographie, mais il a dû se passer quelque chose. La seule information qu'on trouve, c'est qu'il est le fils du cubain Mongo Santamaria, lui-même un percussionniste joueur de conga et chef d'orchestre très réputé.

Un bon disque, donc, que je suis bien content d'avoir trouvé. J'imagine que le vendeur professionnel n'avait pas vérifié toutes les cotes de ses 45 tours avant de les "solder" : celui-ci se vend plusieurs dizaines d'euros en moyenne. Ce qui, comme souvent, n'a pas vraiment de sens puisqu'on trouve à un prix relativement modique des exemplaires de l'album Hey sister, qui n'a jamais été édité en France.


La pochette de l'album Hey sister, qui contient les deux faces de ce 45 tours.

23 septembre 2018

CALEXICO : Spark


Acquis probablement par correspondance aux États-Unis vers 1998
Réf : ORE 004 -- Édité par Wabana aux États-Unis en 1996
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Spark -/- The ride

Calexico a annoncé cette semaine la sortie prochaine d'une réédition de son deuxième album The black light, vingt ans après sa sortie originale.
Eh oui, cela fait donc déjà vingt ans qu'est sorti cet excellent disque. Pour d'autres raisons, j'apprécie aussi énormément le premier album Spoke mais il est clair que si, en regardant en arrière, on s'intéressait aux grands albums des années 1990, c'est The black light qui serait choisi par la majorité des fans, ainsi qu'un autre disque auquel Joey Burns et John Convertino ont activement participé, Chore of enchantment de Giant Sand.
Entre le concert d'OP8 le 13 octobre 1997 à L'Usine de Reims (Joey et John avec Lisa Germano, sans Howe Gelb, parti au chevet de son ami Rainer) et la Black Session de Calexico à la Maison de la Radio à Paris le 25 mai 2000, j'ai eu la chance de voir Calexico trois fois en concert : au New Morning à Paris le 13 octobre 1998, pour un seul titre en sandwich entre Vic Chesnutt et Lambchop; le 8 novembre 1998 à La Cigale à Paris pour le festival des Inrockuptibles, à la même affiche que The Nits et Grandaddy; et à nouveau à L'Usine de Reims le 21 avril 1999 pour un excellent concert. Pendant cette période, j'ai aussi acheté exhaustivement tous les disques que je pouvais voir passer avec Calexico dessus : albums, y compris ceux vendus exclusivement en tournée, singles, titres inédits sur des compilations, bande originale du film Committed, le VPRO's Moondive : Musicians on a mission 4,... Ce n'est qu'après avoir été déçu par le troisième album Hot rail en 2000, que je me suis mis à suivre de plus loin leur production discographique.
La réédition de The black light sera un double album. Le premier disque reprendra l'album original. Sur le deuxième disque, on trouvera en intégralité l'excellent mini-album instrumental 98-99 road map, ainsi que les remixes de Miñas de cobre sortis sur le single The ride (Pt. 2), Lacquer et Drape, les deux faces du premier 45 tours du groupe, rééditées en 1998 en face B de Stray, et ce qui semble être un inédit, Bag of death.
Et c'est tout. Et c'est là qu'on peut être un peu déçu. Calexico ayant été vraiment très prolifique à cette époque, c'était peut-être l'occasion ou jamais de sauver de l'oubli les titres live et les inédits éparpillées par-ci par-là, comme The man on the flying trapeze. Et puis, il y a Spark, le deuxième 45 tours sorti par le groupe en 1996, que j'ai choisi de chroniquer aujourd'hui. Il y avait sûrement la place pour l'inclure sur le deuxième disque, mais le groupe n'a pas choisi de l'y mettre. C'est dommage car, même s'il a été enregistré bien avant les sessions de The black light, il est clair qu'il a des liens très forts avec l'album.
Déjà, il y a la pochette. Celle de Draper est à mon sens plutôt ratée, mais celle-ci est la première signée Victor Gastelum, un californien qui a "fabriqué" l'image du groupe pour un grand nombre de ses disques, dont The black light.
Dans un long entretien avec Craig Carry our Fractured Air, Victor Gastelum explique qu'il a connu Joey quand ils travaillaient tous les deux pour SST Records. A l'époque, Joey parlait déjà de monter un groupe et de lui confier toutes les pochettes. Il ne l'a pas fait pour toutes, mais il l'a fait !
Pour l'illustration de Spark, qui a plu suffisamment à Calexico pour qu'ils en tirent à l'époque un autocollant métallisé et pour qu'ils la reprennent en pochette de Road Atlas 1998-2011, le coffret rééditant leurs albums de tournée, Victor explique : "The guy hopping the low rider Cadillac is a good example. It came from a car magazine and it was the main photo in the spread. A friend of mine later told me he recognized it from a calendar that was put out too. I had designed an announcement card for a lecture at the Getty Center and Joey liked the image on there and wanted to use it. I made this one for him instead.".
Ce 45 tours fait partie d'une série Wabana Ore Limited, créée par le distributeur Surefire, où Calexico côtoie notamment Guided By Voices. Je l'ai acheté par correspondance aux États-Unis, en même temps que Lacquer, à une époque où l'arrivée d'Internet facilitait grandement les commandes internationales, avec des frais de port encore relativement réduits et une insouciance coupable qui m'a vu souvent indiquer mes références de carte bancaire dans des méls ou en clair sur des sites non sécurisés (j'ai quand même fini par être piraté une fois, mais j'ai pu bloquer les débits dès que je les ai vus apparaître sur mon compte bancaire consulté par Minitel !).
Sur la publicité pour Wabana Ore Limited glissée dans le 45 tours (qui se présente comme les premiers Creation, avec un sachet plastique et une pochette en papier plié en deux), le disque est présenté comme ça : “two western gems from two southwestern gents. joey and john from giant sand moonlighting in the tucson sun.



J'ai fait toutes les vérifications possibles, et il semble bien que les deux faces de ce 45 tours n'ont jamais été rééditées depuis, et je les ai pas trouvées en écoute en ligne. Je n'aime pas trop faire ça pour un groupe en activité, mais du coup j'ai choisi de numériser les deux titres car je ne me voyais paqs narguer les fans de Calexico qui arriveraient ici en leur présentant ce disque sans qu'ils puissent l'écouter, d'autant que les deux titres sont bons et intéressants.
Sur ce disque, Calexico est un trio, avec Neil Harry à la pedal steel sur la face A (il est aussi sur The black light, et sur des disques de Giant Sand et The Band of Blacky Ranchette).
Spark n'était pas une nouvelle chanson en 1996 puisque cet enregistrement figurait déjà en 1995 sur leur toute première parution, Superstition highway, un album sur cassette que le groupe a notamment vendu en Europe lors des tournées avec Giant Sand. C'est une très belle chanson country lente, le genre de country auquel Elvis Costello s'est intéressé sur Almost blue.
La face B, The ride, est en lien direct avec The black light. Si, à l'écoute de l'album, vous vous êtes demandé s'il y avait quelque part une "Pt. 1" à The ride (Pt. 2), eh bien la voilà, en version instrumentale brute de décoffrage, avec guitare et accordéon, un document précieux au son très proche de ce qu'ils faisaient en 1995 sur Shadow of your smile avec leur autre groupe, Friends of Dean Martinez.

The black light : 20th anniversary edition sort le 23 novembre.

Calexico : Spark.
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Calexico : The ride.
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27 octobre 2017

MODELS : Unhappy


Acquis au Record and Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres en 1984
Réf : AMS 8212 -- Édité par A&M en Angleterre en 1982 -- Promotion copy. Not for resale.
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Unhappy -/- Rate of change

Models est un groupe new wave australien qui doit être à peu près inconnu en France, ne serait-ce que parce qu'aucun de ses disques n'a jamais été diffusé par chez nous (La seule exception est peut-être le deuxième album, Local &/or general, celui qui contient les deux faces de ce 45 tours, dont il existe un pressage hollandais. Or, A&M était distribué par CBS, qui pressait en Hollande ses disques pour toute l'Europe continentale).

Pour ma part, j'ai découvert Models, comme souvent à l'époque, en fouillant dans la cave du Record and Tape Exchange à Londres. J'y ai d'abord trouvé leur premier album de 1981 AlphaBravoCharlieDeltaEchoFoxtrotGolf pour la somme faramineuse de 10 pence (soit guère plus de centimes d'euro). C'était complètement au pif, mais je ne l'ai pas laissé passer.
J'ai écouté le disque, il m'a bien plus, alors quelques temps plus tard j'ai investi, au même endroit, vingt fois plus d'argent (2 £) pour m'offrir l'album suivant, Local &/or general.
Notons que ces deux albums sont des exemplaires promo, revendus par des professionnels pour se faire un revenu complémentaire. Ces disques n'ont pas dû se vendre suffisamment en Angleterre pour qu'il s'en retrouve ensuite dans le marché de l'occasion.

Entre ces deux achats, probablement, j'avais acheté ce 45 tours promo du deuxième single tiré de l'album. Il en existe une version avec la même pochette que dans le commerce, mais celle-ci est très moche et je crois que je préfère ma pochette générique du label qui rend un bel effet quand elle est associée avec l'étiquette du disque.

C'est le guitariste-chanteur Sean Kelly qui est la figure principale du groupe sur la durée mais, dans les premières années, les autres membres du groupe (Janis Freidenfelds, Mark Ferrie et Andrew Duffield), composaient tous des chansons, dont certaines comptent parmi mes préférés.
Dans un entretien pour Australian Musician Magazine, Sean Kelly revient sur le parcours de Models et notamment sur la période de production du deuxième album.
Des démos ont été enregistrées en Australie pour le label australien Mushroom, puis le groupe est parti enregistrer l'album en Angleterre pour A&M, qui venait de les signer. Mushroom a trouvé les démos tellement bonnes qu'elles sont sorties en Australie sous la forme du mini-album Cut lunch, qui a eu du succès. Local &/or General est sorti ensuite, avec des photos de pochette signées Anton Corbijn et une nouvelle version de trois des six titres de Cut lunch.

La musique de Models est une new wave très pop et peu synthétique. Parmi les groupes de l'époque, on peut les rapprocher des Nits, d'Original Mirrors ou d'XTC, ou aux États-Unis de Human Sexual Response, des dB's ou des Bongos.

Unhappy est une excellente chanson, bien représentative du groupe, complète avec ses rires moqueurs. Les paroles sont toutes simples ("Le bonheur est absurde. J'aimerais vraiment être heureux, ça doit être mon tour."). La chanson se termine sur une voix de speaker professionnel qui doit lire une petite annonce de rencontres (un peu comme pour Top ten sexes de Lewis Furey).

C'est dommage que ce soit coupé ici entre les deux faces du 45 tours, mais sur l'album ça enchaîne directement sur Rate of change, un instrumental à l'atmosphère caribéenne, que j'aimais beaucoup à l'époque, tout comme Uncontrollable boy (I'm just an), le titre chanté dans la même veine qui était sur le premier album. Ça préfigurait sûrement mon intérêt pour la musique des Antilles.

Je conseille en tout cas aux amateurs du genre de se mettre en quête de ces deux premiers albums de Models. Il n'y a pas eu de grand programme de rééditions, mais plusieurs compilations CD ont été publiées, et les disques originaux ne sont pas très cotés.

29 avril 2017

ROCK OF THE 80'S


Acquis sur le vide-grenier de Vermand le 16 avril 2017
Réf : SDC 30 -- Édité par CBS en France en 1980 -- Vente interdite au public
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

Le 16 avril, en route pour l'émission Bam Balam dans les studios de RCV à Lille, avant de m'arrêter à Cambrai j'avais fait une première étape à Vermand dans l'Aisne, où un vide-grenier de bonne taille était organisé dans le centre du bourg.
J'y ai fait de plutôt bonnes affaires, notamment sur un stand où un gars avait une caisse de 33 tours posée par terre.
Quand je lui ai demandé le prix, le gars a répondu d'une façon hésitante "50 centimes ou... ce que vous voulez". Pas cher donc même si a priori, au vu des premiers disques, il ne fallait pas espérer grand chose.
Et pourtant, je suis reparti de là avec cinq disques pour 2 €, dont une compilation sixties Vogue, un beau disque Manuiti de productions Yves Roche à Tahiti, De Tahiti à Moururoa, une compilation de Georges Milton, incluant les deux titres de mon 78 tours, et donc cette compilation Rock of the 80's.
Rock of the 80's, c'est une opération de promotion du catalogue de CBS France lancée sûrement au tout début de 1980. Elle s'est surtout traduite par l'apposition d'un autocollant coloré avec un canard guitariste et fumeur sur les pochettes de tout ce qui sortait chez CBS et qui était plus ou moins pop/rock/new wave, des Nits aux Romantics. C'était assez pénible, surtout quand cet autocollant est venu s'ajouter à partir du deuxième tirage à celui indiquant Le nouveau Clash - 2 disques "prix spécial" sur la superbe pochette de London calling.
Une compilation a également été commercialisée pour renforcer l'impression d'un catalogue unifié, sûrement à prix réduit. Elle a dû bien se vendre car je la rencontre régulièrement.
Pendant toutes ces années, je n'ai jamais eu envie de l'acheter, mais là les disques s'annonçaient vraiment pas chers, et puis ça pouvait compléter ma Discographie personnelle de la New Wave. J'ai donc sorti le disque de la pochette pour voir s'il était en bon état, et c'est là que j'ai vu que le vinyl était vert. J'ai aussi noté qu'il y avait Armagideon time par The Clash sur le disque, ce dont je ne me souvenais pas. C'est la face B du single London calling, une excellente reprise de Willi William, un enregistrement que je dois avoir sur au moins quatre autre disques, mais un essentiel cependant.
Ce n'est qu'une fois rentré à la maison, quand j'ai examiné calmement mes achats, que j'ai noté la mention "Vente interdite au public" en bas à gauche de la pochette et que j'ai découvert que j'avais acheté non pas la compilation Rock of the 80's qui a été commercialisée, qui a la même pochette mais qui s'ouvre avec Trust, mais une compilation complémentaire destinée à compléter la promotion auprès des journalistes, DJs et autres disquaires.
Les deux compilations sont sœurs, forcément puisque c'est le même catalogue à la même époque, avec les mêmes sorties de disque dont on fait la promotion, mais elles sont loin d'être jumelles.
On trouve trois groupes français sur le disque du commerce, Trust, Shakin' Street et Edith Nylon, dont les deux seuls titres de l'album "inédits en 30 cm", Darquier et Femmes sous cellophane. Il y a cinq artistes en commun avec mon disque hors-commerce, mais aucune chanson n'est dupliquée. Les groupes français sont tous absents, mais ce qui est intéressant c'est que les douze titres de l'album, tous édités initialement en 1979, sont aussi très majoritairement "inédits en 30 cm" ! Super !
Il y a un intrus néo-zélandais, Mi-Sex, et une allemande, Nina Hagen, mais sinon le disque se partage entre britanniques et américains. Il y a de bonnes choses, mais malheureusement aucune découverte extraordinaire.
Je connaissais déjà la version originale de Clean clean des Buggles par Bruce Wooley & the Camera Club, très bien, Armagideon time, donc, Don't ask me de Joe Jackson, paru intialement sur la compilation Propaganda, Wir leben noch, la reprise par Nina Hagen du Lucky number de Lene Lovich, qui n'apporte pas grand chose à l'original, Visions of the night, la face B en mode encore rock du Walking on the moon de The Police, et Don't wait up for me, tiré du premier album du The Beat de Paul Collins.
On a droit à Going crazy, une face B d'un 45 tours hors album de Squeeze, mais la grande découverte du disque pour moi c'est Trouble in the world des Only Ones, avec la voix paresseuse de Peter Perrett et des chœurs aux accents gospel. C'est sorti en face A de 45 tours en 1979 et sur l'album Baby's got a gun en 1980, mais la composition de la chanson remonte à l'époque de son groupe précédent, England's Glory, vers 1973.
Pour le reste, de David Werner à Jules and the Polar Bears, en passant par Mi-Sex et 20/20, c'est surtout pop-rock et sans saveur.
Pas grand chose d'exceptionnel donc de gravé dans les sillons de ce disque, mais quand mes yeux sont tombés sur cette pochette la première fois, je n'espérais même pas qu'il aurait un quelconque intérêt !


Bruce Wooley & the Camera Club, Clean clean, en direct probablement pour une émission de télévision.


The Clash, Armagideon time, en concert à l'Hammersmith Odeon à Londres le 27 décembre 1979.


The Police, Visions of the night, en concert au Rockpalast Festival à Hambourg le 11 janvier 1980.


The Beat, Don't wait up for me.



10 août 2016

GONTARD! : Repeupler


Offert par Noël Belmondo par correspondance en mai 2015
Réf : GONTARD01STRN -- Édité par Gontard! en France en 2015 -- Interdit à la vente
Support : CD 12 cm
13 titres

Après la parution de son premier album Bagarres love songs fin 2012, Gontard! a continué à diffuser des productions en ligne à un rythme très soutenu, comme Carne on Chatroulette, Poteau rose ou Comment ramener un noyé à la rive.
De juillet 2014 à février 2015, il a enregistré ce deuxième album Repeupler, mais un grand changement s'est produit pour l'occasion : Gontard!, le projet solo de l'un des Frères Nubuck, associant échantillons de la sono mondiale et diatribes caustiques, s'est transformé en Gontard! le groupe, avec le compère Noël Belmondo à la basse (ex-Frères Nubuck, alias Henri Bingo de Bingo Bill Orchestra), Anthony Nakata à la guitare et Clément Michel à la batterie.
Au printemps 2015, Gontard! a pressé quelques exemplaires de l'album à des fins de promotion (Noël Belmondo a eu la gentillesse de m'en offrir un...). Début 2016, Repeupler a été commercialisé nationalement par Ici d'Ailleurs, avec les mêmes titres mais avec une pochette différente.
Tout récemment, on parlé de Gontard! par chez moi à l'occasion de la diffusion de la vidéo pour La france des épiciers, tournée dans le Grand Est, de Colombey-les-Deux-Eglises à Nancy. Et c'est vrai que ce n'est pas gai. On peut comparer cette version groupe de la chanson à la première version de 2013 sur Comment ramener un noyé à la rive.



Cette chanson donne une bonne idée de l'atmosphère de l'album, de La saison des grands froids à Rivoluzionari en passant par la série Repeupler 5 / Repeuplons 1 / Repeuplement 3. Il est aussi question de "rock 'n' roll capitalisme" dans Vince Taylor, de cimetières et de tombes dans Oh moi! et Sanglier.
Même si les deux titres n'ont rien à voir, il est difficile d'écouter Mon frère est fils unique sans penser en écho à Avec mon frère, sorti récemment sur Futurisme, le deuxième album de Chevalrex, un autre Frère Nubuck.
Pour l'instant, mes deux titres préférés de l'album sont Inutile d'affranchir, avec un motif de guitare qui me rappelle Roudoudou (mais je ne sais pas où Roudoudou l'avait piqué) et Sauvagerie tropicale ("Hé, tu la sens pas, la sauvagerie tropicale ? D'autres jours viendront, il faudra certainement les tuer. Boulot, dodo, chacun pour soi dans son ghetto, et Dieu pour tous ! Hé, tu les sens pas, ces fameuses années trente, la frontière symbolique, elle est où, entre ce qui pue et mon amie la rose ?").
Le CD est commercialisé avec un livret standard, avec paroles des chansons. Dans le 33 tours, c'est carrément un fanzine qui est glissé, avec des textes et des illustrations en plus. On y trouve notamment Nice, dont le texte ("C'est beau Nice, mais pas assez pour y mourir.") a pris une couleur particulière ces dernières semaines, mais le "C'est beau Nice !" dans l'ensemble des paroles est très ironique. Nice a été publié fin 2015 sur la Ici Mostla d'Ailleurs tape, où l'on retrouvait notamment Ovulation française, dans la droite ligne de Repeupler, et Zizi Panpan, avec un échantillon du Red tape de The Nits.
La toute dernière parution de Gontard!, c'est l'excellente reprise de Et les filles de Jean-Luc Le Ténia que l'on trouve sur la compilation A Découvrir Absolument Volume 40.
Plein de bonne musique à écouter, donc. Il ne me reste plus qu'à espérer attraper prochainement le gars Gontard! et son groupe en concert...

Repeupler est disponible chez Ici d'Ailleurs, en CD + Livret, 33 tours + MP3/WAV + Fanzine ou MP3/WAV.




Gontard! : Repeupler 5 et Rivoluzionari, en session pour Shoot It + Tagada Tsoin Tsoin le 4 février 2015.

10 janvier 2016

XTC : Towers of London




Acquis chez A la Clé de Sol à Châlons-sur-Marne fin 1980
Réf : VS 372 -- Édité par Virgin en Angleterre en 1980
Support : 2 x 45 tours 17 cm
Titres : Towers of London -/- Set myself on fire et Battery brides -/- Scissor man

J'ai acheté ce disque au moment de sa sortie. J'essayais de toute façon d'acheter tout ce que sortait XTC à l'époque, mais là, en plus, le disque n'était vraiment pas cher : 16,30 F. pour un disque en import, c'était à peine plus que pour un pressage français (14 F. en moyenne, je dirais) et pour ce prix, on avait droit ici à deux 45 tours !
Contrairement à General and majors, le premier double 45 tours d'XTC, sorti quelques mois plus tôt, et à d'autres double 45 tours du groupe comme Love on a farmboy's wages, celui-ci n'a pas une pochette ouvrante mais deux disques chacun dans sa pochette et insérés dans un sac plastique imprimé.
J'ai ressorti ce disque car cette semaine, grâce à Dangerous minds qui l'a signalé, j'ai pu visionner XTC at the Manor, un reportage de la BBC d'une heure (carrément !) sur l'enregistrement de Towers of London dans la résidence secondaire de Richard Branson, le patron de Virgin, du 24 au 26 août 1980. Au cours de ce week-end, le groupe a aussi tourné la vidéo pour Generals and majors, et à la fin on les voit jouer Respectable street, un autre titre de l'album Black sea sorti en single.



Un reportage aussi détaillé sur l'enregistrement d'un single, c'est presque inespéré, et je ne pense pas que des chaînes de télé ont souvent produit ce genre d'émission pour un groupe qui était somme toute de renommée assez moyenne. Du coup, l'émission prend son temps et nous procure des scènes d'anthologie, comme de voir pendant plusieurs minutes une employée du manoir réveiller un par un les membres du groupe avec une tasse de thé (!). En tout cas, ça rend bien l'atmosphère d'un enregistrement en studio, qui pour moi est très vite un exercice un peu ennuyant, très répétitif et pointilleux.
Black sea n'est pas mon album préféré d'XTC et Towers of London n'est pas mon titre préféré de Black sea,. C'est déjà à mon goût un titre très Beatles, avec aussi l'annonce du son rétro, qui sera superbement pastiché avec les Dukes of Stratosphear. Mais après avoir suivi l'enregistrement, on se rend mieux compte du travail accompli et on fait mieux attention aux détails, comme le son "d'enclume" ou les petites notes de synthé.
Je ne m'étais jamais posé la question car il m'avait toujours paru évident que la version de Towers of London du 45 tours était juste une version raccourcie de celle de l'album, enregistré à Londres au studio Townhouse. Là, on les voit enregistrer une autre version, avec un arrangement et un son très proche de celle de l'album, et je reste bien incapable de dire si la version du 45 tours est celle du Manor ou celle de Townhouse.
Les trois autres titres du disque sont des versions inédites de titres de chacun des trois premiers albums du groupe. Trois chansons que j'aime beaucoup, en plus !
Set myself on fire et Battery brides ont été enregistrées en concert le 17 septembre 1979 au Rainbow à Londres. J'aime particulièrement la version de Set myself on fire, qui m'évoque particulièrement la proximité qu'il y avait à l'époque entre deux groupes comme XTC et les Nits. On entend ici pour la première fois le guitariste Dave Gregory interpréter ces deux titres, notamment pour la longue version de Battery brides : il n'était pas encore membre du groupe au moment des deux premiers albums. Avec tous les coffrets, compilations et rééditions augmentées qui sont sortis depuis 1980, j'étais persuadé que ces deux titres avaient été réédités en CD, mais non : on ne trouve ces chansons dans ces versions que sur ces 45 tours.
Scissor man n'a pas été enregistrée en concert, mais en studio le 8 octobre 1979 pour une session de l'émission de John Peel. Cette excellente version a été rééditée en 1990 sur la compilation Rag & bone buffet, tandis que le reste de la session s'est retrouvé en 1998 dans le coffret Transistor blast.

08 août 2014

THE dB's : Repercussion


Acquis neuf à Londres vers 1984
Réf : ALB 109 -- Edité par Albion en Angleterre en 1982
Support : 33 tours 30 cm
12 titres


Acquis probablement à Londres probablement vers la fin des années 1980
Réf : ALB 109 -- Edité par Albion en Angleterre en 1982
Support : Cassette
14 titres

Là, j'ai dû m'y reprendre à deux fois pour avoir le produit complet. J'ai d'abord acheté le 33 tours, je ne sais plus trop où mais il me semble bien me souvenir que c'était à Londres dans un magasin qui vendait des disques neufs à prix réduit. J'ai longtemps été intrigué par la mention au dos de la pochette indiquant que le disque était livré avec une version cassette gratuite de l'album, ce qui n'était malheureusement pas le cas de mon exemplaire. Ce n'est que quelques années plus tard que je suis tombé sur la cassette en vente, je ne sais plus diantre où pour le coup, mais même si j'ai dû payer j'étais bien content de l'avoir. Il s'avère que seul le premier pressage de 10 000 exemplaires du disque comportait la cassette. Le mien n'en faisait pas partie, sinon on verrait une trace de l'attache en carton au recto qui permettait de tenir la cassette. Par contre, il est sûr que ma cassette avait initialement été attachée à un 33 tours, étant donné que cet album n'a pas été commercialisé séparément en cassette.
La pochette, assez marquante, est signée Malcolm Garrett (d'après Roy Lichtenstein, bien sûr). Visiblement, elle a été choisie par le label anglais de ce groupe américain car, pour l'édition américaine comme pour une de leurs compilations, c'est la pochette originale du groupe qui a été choisie, qui comportait aussi un triangle et des cercles, mais pas de référence explicite à Lichtenstein.
Allez, cessons de parler chiffons (ou plutôt emballages) pour nous intéresser à la musique. J'ai trois albums des dB's, dont le premier, mais celui-ci, le deuxième, est le seul qui m'a durablement marqué. C'est pas dur, je le trouve excellent et réjouissant de bout en bout. Je cherchais un point faible à signaler ici, mais à chaque écoute je découvre qu'une des chansons que je pensais un peu moins bonne me plaît quand même énormément !
Clairement, The dB's fait partie de ces groupes qui se sont retrouvés associés à la new wave uniquement parce qu'ils ont émergé à cette période, mais à toute autre époque depuis les années 1960, on se serait contenté de dire qu'ils font de la pop. Une pop-rock d'excellente facture, parce qu'ils ont en quantité la matière première essentielle du genre, d'excellentes chansons. Ce carburant, il est fourni par les deux guitaristes-chanteurs du groupe, Peter Holsapple et Chris Stamey, qui se partagent à part strictement égale les crédits. Ils composaient séparément, et on est en droit de se demander, si ensemble ils auraient fait encore plus fort et déclenché l'étincelle qui leur aurait permis de rencontrer un grand succès public. Mais il devait y avoir des rivalités au sein du groupe : Chris Stamey l'a quitté en avril 1982, juste après la sortie de Repercussion (ce qui n'a pas dû aider à la promotion du disque..). Pour ma part, je n'ai jamais vraiment réussi à faire de différences entre leurs compositions. Et même, il me semble à l'écoute des paroles que Happenstance de Stamey, Neverland et Amplifier d'Holsapple se répondent presque
Ceci est le premier album crédité à Scott Litt comme producteur. Il a sûrement fait un excellent boulot, cinq ans avant de commencer à travailler avec R.E.M.. A propos de cet album, François Gorin évoque surtout Squeeze. Le parallèle est évident, mais pour ma part j'irais même chercher jusqu'aux Undertones de Positive touch (Ask for Jill) et aux Nits des débuts (Ups and downs), même si les dB's n'ont absolument rien de synthétique. Les Beatles sont évidemment très présents dans leur ADN, surtout dans leur période légèrement psyché. C'est en tout cas ce qui ressort ici à l'écoute de From a window to a screenI feel good (today) et Nothing is wrong, une impression confortée par le fait que le groupe reprenait Tomorrow never knows sur scène. Storm warning surprend avec son rythme caribbéen.
Le label Albion a annoncé l'album six mois avant sa sortie en éditant un double 45 tours avec quatre de ses perles, Amplifier, Ask for Jill, Ups and downs et We were happy there. Presque du gâchis, et en pure perte puisque le succès commercial n'est pas venu, et pas plus avec les autres excellents 45 tours pris de l'album, Neverland et Living a lie.
Et pour en revenir à la cassette, son principal intérêt est de contenir deux titres en plus par rapport au 33 tours. Il s'agit de Judy, la face A d'un 45 tours sorti en 1981, entre les deux premiers albums (Le producteur est Roger Bechirian, le même que pour Positive touch et Get happy !!, tiens tiens.) et de l'instrumental surf pH factor, qui lui évoque furieusement un groupe new yorkais contemporain des dB's, The Raybeats.

Repercussion est actuellement disponible en réédition CD ou en téléchargement.
Pour en savoir plus sur les dB's, allez visiter The dB's Repercussion, un site consacré aux dB's (mais pas seulement), avec notamment plein d'enregistrements de concert à télécharger.





02 décembre 2012

RAY CHARLES : Let me love you


Acquis à la Bourse BD Disques d'Hautvillers le 4 novembre 2012
Réf : 2 C 006-90259 M -- Edité par Stateside en France en 1969
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Let me love you -/- I'm satisfied

Je ne suis pas un inconditionnel de Ray Charles. Evidemment, c'est un grand artiste, auteur et interprète de classiques incontournables, mais sa discographie pléthorique est pleine de disques boursouflés de cordes et ennuyeux. N'empêche, je prends ses disques quand j'en trouve en bon état pour pas trop cher, comme ce fut le cas à Hautvillers où, en plus du Nits notamment, j'ai pris pour 1 € ce 45 tours des années 1960.
J'ai eu une excellente surprise à l'écoute ! La face A, Let me love you, écrite par Jimmy Holiday,est carrément funky. Certes, il n'y a pas l'énergie folle de James Brown, mais la basse et l'esprit sont bien là.
En face B, I'm satisfied est un excellent duo rhythm and blues avec l'une des Raelettes, Susaye Greene. Il s'agit d'une reprise d'un titre de Chuck Jackson et Maxine Brown, sorti en 1965 sur l'album Saying something.
Comme les autres singles sortis par Ray Charles à cette époque, Let me love you n'a pas été un très gros tube, se classant autour de la 100e place des meilleures ventes. Ce qui est intéressant, c'est qu'on ne le trouve sur aucun de ses  albums de l'année, I'm all yours baby ! et Doing his thing. Si l'on en croit Wilson & Alroy, le premier fait partie des disques à fuir à toutes oreilles, tandis que le second, composé avec un jeune chanteur que Charles venait de découvrir, Jimmy Lewis, a l'air très intéressant, avec une première face plein de titres R & B furieusement rapides.
Avec tout ce qu'on voit passer comme compilations de Ray Charles, on pourrait penser que les titres de ce 45 tours se trouvent assez facilement en CD, mais non. Apparemment, les albums de l'époque de son label Tangerine, fililale d'ABC, n'ont pas bénéficié de rééditions individuelles avec titres bonus. Il semble que Let me love you et I'm satisfied ne sont actuellement disponibles que sur le coffret de cinq CD Singular genius : The complete ABC singles, qui regroupe les faces de 53 45 tours sortis entre 1960 et 1972, et d'autres titres en plus, mais qui est malheureusement vendu à un prix prohibitif. Le mieux pour acheter ce 45 tours, ou Doing his thing, semble encore être de se procurer un vinyl original, qu'on trouve assez facilement à prix correct.

17 novembre 2012

THE NITS : Red tape


Acquis à la Bourse BD Disques d'Hautvillers le 4 novembre 2012
Réf : A 1844 -- Edité par CBS aux Pays-Bas en 1981
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Red tape -/- Goodbye, Mr Chips !

J'ai trouvé ce disque à la 2ème Bourse BD Disques de l'association BD-Bulles. En fait, je fréquente peu les bourses spécialisées car je suis rarement prêt à payer le prix "collector" pour un disque, mais celle-ci est petite et sympathique et presque en bas de ma rue, elle est donc immanquable. Et puis, quelques vendeurs ont la bonne idée dans ces manifestations de mettre un ou deux cartons sous la table à prix cassés, c'est généralement principalement dans ces caisses-là que je regarde et ça me donne parfois l'occasion de faire une bonne affaire.
Cette fois, il y avait un vendeur non professionnel, un fou fan des Beatles très aimable, qui déstockait une partie de sa discothèque (Horreur ! On se demande bien pourquoi... Je crois qu'il a évoqué un manque de place). Il y avait quelques 30cm à 1 ou 5 €, quelques CD à 1 €, et des 45 tours à 1€ les 3 ou 1 € pièce. Les exposants étaient passés par là bien avant moi, raflant sûrement des disques très intéressants, mais bizarrement ils m'en ont laissé un bon paquet, surtout des 45 tours, une bonne vingtaine de disques qui m'ont mis en joie, de Chuck Berry à Donovan, en passant par Dave Edmunds ou Bill Haley.
Plusieurs de ces disques vont atterrir ici. J'ai choisi de commencer par ce 45 tours des Nits, que je n'avais jamais vu, qui est extrait de leur troisième album, Work.
La pochette n'a rien d'exceptionnel, il s'agit grosso modo du quart inférieur gauche de la pochette de l'album. Simplement, recadrée et mise en valeur de cette façon, la table autour de laquelle le quatuor est assis m'a soudainement fait penser à une de ses congénères, qu'on trouvait en 1978 sur la pochette de Chairs missing de Wire. Je ne pense pas que l'allusion graphique soit volontaire, mais elle me semble pertinente car, au-delà d'un goût pour les mots de quatre lettres, les Nits et Wire ont au moins en commun un style épuré et un goût pour la pop pas banale (et les tables pas bancales ?).
Red tape fait partie, avec The lodger, Empty room, Slip of the tongue, Tables and chairs et Footprint, des titres de cet album assez sombre qu'est Work que j'aime vraiment beaucoup. C'est à la fois synthétique et mélodique, comme toutes leurs réussites de la première période des Nits, qui se clôt avec cet album. Le petit plus avec Red tape c'est que c'est au moment où j'ai commencé à écouter ce disque que j'ai appris la signification de l'expression "red tape", utilisée symboliquement pour désigner la paperasserie, dont l'origine se trouve dans le ruban rouge qui était traditionnellement utilisé en Angleterre pour fermer les dossiers administratifs.
Les Nits avaient la bonne habitude de mettre des inédits en face B de leurs 45 tours. Ici, il s'agit d'un morceau en grande partie instrumental signé Michiel Peters, l'autre auteur-compositeur du groupe à l'époque avec Henk Hofstede (Contrairement à Lennon/McCartney et Jagger/Richard, ils écrivaient séparément). Le titre Goodbye, Mr Chips fait sûrement référence au roman de James Hilton de 1934. La première partie, assez jazzy, ne me plait pas beaucoup. Ça enchaîne ensuite sur une valse de fête foraine beaucoup plus intéressante car on sent qu'elle aurait pu servir de base à un bon titre chanté des Nits.
Le bassiste Alex Roelofs a quitté le groupe au moment de la sortie de Work. Il a été remplacé par le clavier Robert Jan Stips. Red tape a été un petit tube en Hollande et en 1981 et 1982, le groupe est resté très actif et a notamment donné ses premiers concerts en Allemagne et en France.
Il y a eu une réédition CD de Work à la fin des années 1980, avec notamment Goodbye, Mr Chips en bonus. Elle est depuis longtemps épuisée et on attend malheureusement toujours une vraie campagne de réédition des premiers albums des Nits.


The Nits, Red tape, à la télévision. Une présentation scènique qui rappelle celle de Kraftwerk.


The Nits, Red tape, une vidéo d'époque.

12 février 2012

JOHN WAYNE SHOT ME : Let sleeping monsters sleep E.P.


Acquis par correspondance via Amazon en janvier 2012
Réf : 31182 -- Edité par 62 TV en Belgique en 2004
Support : CD 12 cm
7 titres

J'ai acquis ces derniers temps les deux albums du groupe hollandais John Wayne Shot Me, que j'aime beaucoup. J'avais aussi depuis l'époque de sa sortie un MP3 de leur reprise de I'm a little dinosaur de Jonathan Richman, mais quand j'ai vu la liste complète des titres de ce disque, j'ai eu envie de me le procurer, et ça n'a pas traîné car j'ai réussi à le trouver pour pas trop cher...
Ce disque est sorti début 2004, en avant-goût de The purple hearted youth club. On y trouve l'un des très bons titres de cet excellent album, Let sleeping monsters sleep, et six reprises, le tout durant la bagatelle de treize minutes. Les notes de pochette nous précisent que ces reprises ont été enregistrées pendant l'été ensoleillé de 2003 (tu m'étonnes !), dans les moments où le groupe ne jouait pas au frisbee, ne faisait pas de barbecue, n'enregistrait pas ses propres chansons et ne parlait pas au lama voisin du studio. Ils précisent qu'ils se sont plutôt bien amusés, mais c'est assez superflu.
John Wayne Shot Me était principalement le groupe de Thijs van den Broek (ils se sont séparés en 2009). J'adore leur côté bricolo, leurs ritournelles vaguement électro. Pour caricaturer leur description, je dirais qu'ils me font beaucoup penser au They Might Be Giants des débuts, avec un chanteur dont la voix me rappelle souvent  celle d'Euros Childs de Gorky's Zygotic Mynci. Let sleeping monsters sleep est un très bon exemple de leur style, avec en prime un refrain que les Nits des débuts n'auraient pas renié.
On n'est pas très surpris de voir John Wayne Shot Me reprendre Jonathan Richman et Daniel Johnston. Pour Richman, ils ont choisi l'une des chansons inédites de l'album Modern Lovers live ! de 1977, I'm a little dinosaur et leur version est justement à rapprocher de ce que They Might Be giants a fait de la chanson cousine de celle-ci, I'm a little airplane.
Je ne connsaissais pas Funeral home, une petite chanson rigolote de Daniel Johnston avec des paroles dignes d'un blues. Grâce à JWSM, c'est fait. Il y a notamment une version filmée au milieu des années 80 (au son asseez pourri) mais je préfère celle en concert (mais sans images) où il fait chanter le public "Je me suis dégoté un cercueil noir et brillant. Je vais aux pompes funèbres et je n'en reviendrai jamais.".
Les quatre autres titres, je ne les connaissais pas non plus, mais je ne suis pas allé rechercher les originaux. Ce sont des choix de reprises plus surprenants, et il semble bien que l'objectif ait été un éclectisme maximum, d'Electric Light Orchestra à Destiny's Child et de Napalm Death à la Carter Family ! De toute façon, le groupe met tout ça à sa sauce. Calling America pourrait être un original et Survivor pourrait avoir inspiré Let sleeping monster sleep. Les deux autres titres, très courts, sont à l'évidence très éloignés du son des originaux.
J'ai eu la chance de voir John Wayne Shot Me en concert quelques mois après la sortie de ce disque, le 30 octobre 2004, au Nouveau Casino à Paris, en première partie de Saint Thomas. A ce moment là, je ne connaissais pas du tout le répertoire du groupe mais ça m'a fait la même chose qu'avec les Triffids des années plus tôt : chaque chanson me plaisait et je m'attendais  à tout moment à être déçu par la suivante, ce qui n'est jamais arrivé.

La page MySpace de John Wayne Shot Me est toujours active. On peut notamment y écouter I'm a little dinosaur.

28 janvier 2011

THE NITS : New flat


Acquis au Virgin Megastore à Londres au printemps 1984
Réf : CBS 84725 -- Edité par CBS aux Pays-Bas en 1980
Support : 33 tours 30 cm
14 titres

Hors Hollande, la carrière discographique des Nits a démarré en 1979 avec leur premier album chez CBS, Tent. On ne savait pas vraiment à l'époque que le groupe avait sorti en 1977 chez lui un premier single, Yes or no, et même un album, tiré à 1000 exemplaires, en 1978.
Tent, que j'avais trouvé pas cher chez Gibert Jeune lors de l'un de mes premiers périples à Paris, est le premier d'une trilogie d'albums new wave des Nits à ranger à côté de celles d'Ultravox!, de Wire ou d'XTC. J'ai acheté Work, le troisième, à sa sortie en 1981, mais dans un premier temps je n'ai eu New flat, que j'ai toujours plus ou moins considéré comme mon préféré du lot, qu'en copie cassette.
Si, paradoxalement, je me suis retrouvé à acheter à Londres au prix fort (6,49 £) ce disque hollandais bien diffusé en France, c'est pour un ensemble de bonnes raisons, comme le fait que j'habitais à Londres à ce moment-là, que j'avais un peu d'argent, que j'y ai trouvé le disque (of course) mais je crois que ma motivation était surtout de m'assurer que j'avais bien tous mes disques préférés des Nits  quelques mois après avoir acheté au même endroit le mini-album Kilo, trop lent et trop jazzy, une énorme et abrupte déception après la grande réussite pop qu'avait été l'album Omsk.
C'est la mention des Nits dans ma chronique du disque de Oui Oui qui m'a donné envie de ressortir leurs premiers disques, ce que je ne fais pas si souvent. J'ai été très agréablement surpris en écoutant attentivement New flat. Ce disque est moins synthétique que dans mon souvenir et surtout beaucoup plus énergique et même électrique. Il y a des claviers, c'est sûr, mais pas tant que ça. Juste quelques bribes de boite à rythmes, pas mal de guitare électrique, mais à la limite les deux instruments les plus en valeur sont la batterie, très appuyée, et la basse, énorme.
Il n'y a pas une faiblesse sur les quatorze titres de l'album. Il y est question de lieux (appartement, bureau), d'objets, de gens aussi, et même d'un gars qui se transforme en objet (A statue). Tout est abordé sur un ton aussi détaché que le graphisme de la pochette est épuré.
Le nouvel appartement de New flat qui ouvre l'album a son pendant en début de face B, la cuisine différente de Different kitchen. Les deux, tout comme Uncle on Mars, me font pas mal penser à Devo. C'est encore plus flagrant pour New flat dans l'enregistrement live en 1982 à Haarlem qu'on trouve, avec 361 autres titres inédits, dans les Nits Files.
Je ne veux pas multiplier les comparaisons car le disque a sa valeur intrinsèque, excellente, mais les points de référence les plus évidents sont le XTC de l'époque Barry Andrews, Wire (Saragossa notamment) et plus rarement Kraftwerk (His first object). Le chant sur le refrain de Safety in numbers me fait fortement penser à un titre du premier Talking Heads mais je n'ai pas pris le temps de rechercher lequel.
Je ne suis pas loin de penser que les membres du groupe considèrent ces premiers disques - à tort - comme de simples oeuvrettes de jeunesse. En 1989, sur le triple 33 tours/double CD live Urk, l'époque Work était à peine représentée et Tent et New flat complètement absents. Idem ou presque sur la plupart des compilations parues. Ces trois albums ont été édités en CD à une époque mais, comme une grande partie de leurs disques chez CBS, ils sont épuisés depuis longtemps et vendus en occasion à prix prohibitif. Etant donné qu'ils ne sont pas non plus disponibles en téléchargement, le mieux est encore d'acheter les éditions en 33 tours, encore abordables. Ces disques indispensables à tout amateur de new wave valent bien cet effort.




Aloha drums ! en concert pendant la tournée Tent à Udenhout le 22 juin 1980, avec de la vraie guitare hawaïenne sur une rythmique qui rappelle Battery brides de XTC.