29 août 2010

PRIMAL SCREAM : Star


Acquis probablement à la Petite Boutique Primitive à Reims vers 1997
Réf : SCR 664610 2 -- Edité par Creation en Europe en 1997
Support : CD 12 cm
Titres : Star -- Jesus -- Rebel dub -- How does it feel to belong

Vingt-cinq ans après leur premier single, je peux dire qu'il y a certains des disques de Primal Scream que je n'aime pas beaucoup, notamment l'album Primal Scream de 1989, Give out but don't give up, avec son drapeau sudiste sur la pochette, Xtrmntr et ce que je connais de Riot city blues.
Par contre, j'ai beaucoup aimé tout ce qu'ils ont fait au moment de l'album Vanishing point en 1997, au point que j'ai fini par acheter, sous une forme ou une autre, chacun des singles qui en ont été extraits, de Kowalski à Stuka en passant par Burning wheel, If they move, kill'em et ce Star.
Je pense même que Vanishing point est leur album le plus consistant. Certes, ils ont fait des singles plus forts et plus importants au moment de Screamadelica (Loaded et Higher than the sun, principalement), mais j'ai toujours trouvé l'album lui-même déséquilibré  avec d'un côté l'aspect compilation de singles dansants et de l'autre des ballades hallucinées.
Il y a en tout cas quelque chose qu'on ne pourra pas enlever aux principaux membres de Primal Scream, c'est que ce sont des fous de musique. Et au fil du temps, ils ont eu l'occasion de réaliser un paquet de rêves, en jouant avec Mick Jones ou George Clinton par exemple, ou en se payant les producteurs des Stones ou d'Atlantic. Sans parler de The Silver Machine, le groupe de reprises qu'ils viennent de monter avec un ex-Sex Pistols et le fils d'un ex-Beatles !
Il y a également des invités prestigieux sur ce single, marqué globalement par une atmosphère de calme et de sérénité. Comme Bobbie Gillespie l'a expliqué à Uncut en 1999, les bases du titre principal, Star, ont été enregistrées par les membres de Primal Scream live en studio avec Augustus Pablo. Par la suite, les cuivres des Memphis Horns ont été posés dessus. Quant aux percussions, elles associent intelligemment boite à rythmes et tablas.
Les paroles sont un hommage aux militants, notamment ceux qui se sont battus pour les droits civils des noirs dans les années 60 (Rosa Parks, Malcolm X, Martin Luther King), ce qui explique le choix des photos de pochette, assez marquantes, qui montrent le jeune membre des Black Panthers Bobby Hutton en mai 1967. Moins d'un an après avoir posé avec son fusil devant la prison d'Oakland, il était tué par des policiers de la ville alors qu'il se rendait après un contrôle qui avait mal tourné.
Ceux qui ont du mal avec le chant de Bobby Gillespie apprécieront Rebel dub, la version instrumentale de Star, où le mélodica de Pablo, les tablas et les cuivres sont particulièrement bien mis en valeur.
Les deux autres titres de ce single sont à placer sous un autre auspice, le troisième album du Velvet Underground. On y pense tout de suite en voyant une chanson titrée Jesus. Il ne s'agit pourtant pas d'une reprise, mais ce Jesus là convoque l'esprit du Velvet calme de ce troisième album (sur lequel figure le Jesus du Velvet), mais aussi celui d'un de ses successeurs, Felt, car la moitié du groupe de Lawrence est présente sur cet enregistrement, le batteur Gary Ainge faisant une apparition en plus de l'organiste Martin Duffy, très en valeur ici, qui lui a rejoint Primal Scream de façon permanente après la séparation de son premier groupe.
De façon surprenante, How does it feel to belong est également complètement dans l'esprit du troisième Velvet. La guitare en intro, déjà, cite spécifiquement le groupe de Lou Reed (Some kinda love ou un autre titre ? C'est évident à l'oreille, mais je n'ai pas tout réécouté. Quant au refrain/titre, dans ce contexte il ne peut que faire écho au "How does it feel to be loved" de I'm beginning to see the light. Ou comment faire brillamment étalage de sa culture rock sans tomber dans la pâle copie ni le plagiat...

28 août 2010

JIMMY SMITH : Got my mojo workin'


Acquis sur le vide-grenier du Jard à Epernay le 9 août 2009
Réf : 26 908 -- Edité par Verve en France en 1966
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Got my mojo workin' -/- Satisfaction

Quand on croise l'ancien chanteur d'Otage sur les vide-greniers, il est généralement en train de glaner de bons disques de rock. Mais une fois par an, au mois d'août, il en vend, des en double ou en triple et d'autres qu'il ne veut plus.
Cette année, je ne lui ai rien pris, mais l'an dernier j'avais été très content de trouver enfin, en bon état et à bon prix, le pressage français du EP Got live if you want it des Rolling Stones, un disque que Philippe R. estime essentiel à toute discothèque. Pour rester dans la tonalité Stones, et aussi pour faire un lot de deux plus facile à négocier, j'ai pris par la même occasion ce superbe 45 tours de Jimmy Smith. A 5 € les deux, le vendeur m'a fait remarquer que c'était tout à fait correct, ce en quoi je n'ai pu qu'abonder dans son sens en sortant mon billet.
J'avais déjà deux autres 45 tours de Jimmy Smith, un autre chez Verve (Ol' man river) et un chez Blue Note (The champ). Deux superbes objets, mais musicalement un peu trop jazz pour mon goût, tandis que là, avec des titres du répertoire blues et rock, l'orgue Hammond de Smith et une sensibilité et une qualité d'interprétation jazz quand même, c'est un cocktail parfait.
Je ne doute pas que les douze mesures du blues de Muddy Waters sont bien présentes dans cette version de Got my mojo workin', mais l'arrangement proposé ici est notablement différent des versions blues-rock qu'on entend le plus souvent. La contrebasse forme la colonne vertébrale du morceau, le rythme étant ponctué au début par les cuivres. Jimmy Smith chante quelques couplets au début de la chanson avant de faire chauffer son orgue et de partir dans un groove, avec la guitare de Kenny Burrell en contrepoint, dont on sent qu'il pourrait durer longtemps. D'ailleurs, la face de ce 45 tours fait plus de six minutes, à peu près le maximum pour un disque de cette taille : il a d'ailleurs fallu faire des coupes car la chanson est annoncée à sept minutes trente sur le 33 tours original et même à un peu plus de huit sur la réédition CD, couplée avec Hoochie coohie man, un album sorti l'année suivante qui portait également le titre d'une chanson de Muddy Waters.
En face B, Satisfaction poursuit sur le même type de groove et d'arrangement, mais la source d'inspiration n'est pas la même et, même si c'est très bon et très agréable, ça me satisfait moins, voire ça me frustre un peu. Les paroles sont réduites à leur plus simple expression, le seul mot "Satisfaction", mais ce qui me manque encore plus c'est le fameux riff de guitare sans lequel Satisfaction n'est plus vraiment Satisfaction, sauf quand il est joué par Devo !

27 août 2010

THE TEARDROP EXPLODES : Bouncing babies


Acquis chez Rough Trade à Londres fin 1983 ou début 1984
Réf : CAGE 005 -- Edité par Zoo en Angleterre en 1979
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Bouncing babies -/- All I am is loving you

J'ai acheté les deux albums de Teardrop Explodes, Kilimanjaro et Wilder, au moment de leur sortie et en pressage français, mais à la fois pour des raisons de budget et parce que je suis rarement tombé dessus, le premier single que j'ai acheté d'eux c'est le tout dernier, You disappear from view, sorti au moment de leur séparation.
Par la suite, j'ai rempli quelque peu les trous dans ma collection, en commençant par ce Bouncing babies, qui était officiellement épuisé depuis un bon moment quand je suis tombé dessus (neuf, pas d'occasion) mais, comme pour d'autres, dont le Gifted children et Songs for children des Pastels chez Whaam! ou le premier des Feelies, j'ai pu l'acheter au prix normal d'un 45 tours chez Rough Trade car ils avaient dû en retrouver un carton dans leur entrepôt.
Comme les deux autres singles sortis chez l'indépendant Zoo, Sleeping gas et Treason, Bouncing babies a été repris ensuite sur Kilimanjaro, mais dans une version différente. En fait, il s'agit d'un enregistrement plus "compétent" mais avec un arrangement quasiment identique. Pour le coup, je préfère cette version originale d'une chanson très accrocheuse (bien plus que Sleeping gas et moins quand même que Treason), avec ses quelques notes de clavier cheap jouées une à la fois suivies d'une descente de batterie de débutant.
En face B, All I am is loving you, avec sa guitare famélique, son rythme sourd et surtout l'effet sonore de voix hantées qu'on entend en fond pendant presque toute la chanson, se situe dans un registre de new wave beaucoup plus sombre.
A posteriori, les deux faces de ce 45 tours annoncent bien les différentes tendances de la future production solo de Julian Cope dans les années 80 et 90.

Les deux faces de ce 45 tours ont souvent été compilées. La dernière fois, c'était il y a quelques semaines sur la réédition Deluxe de Kilimanjaro, qui est carrément passé pour l'occasion d'un 33 tours simple à un triple CD !!

23 août 2010

BIG AUDIO DYNAMITE II : The globe


Acquis probablement à La Clé de Sol à Reims vers 1992
Réf : 467706 2 -- Edité par Columbia en Europe en 1991
Support : CD 12 cm
10 titres

The globe est le premier album de la 2e version de Big Audio Dynamite (La 3e version s''est appelée Big Audio et la 4e Big Audio Dynamite, comme la 1ère).
En fait non, ça c'est ce que je croyais à l'époque, quand nous avons reçu ce disque à sa sortie à La Radio Primitive (J'ai acheté mon propre exemplaire quelques temps plus tard). Six mois plus tôt, BAD II avait déjà sorti un album/mini-album huit titres appelé Kool-aid, en édition limitée et seulement en Angleterre. Mais c'est pas non plus aussi simple que ça. Kool-aid est différent de The globe mais les deux disques sont indissociables : la plupart des titres du premier se retrouvent sur l'autre, parfois dans la même version, au point qu'on peut considérer Kool-aid comme un galop d'essai ou un brouillon de The globe.
Mais c'est bien de The globe qu'il est question ici, et même surtout de son premier titre, Rush. Ça ne veut pas dire que le reste du disque est mauvais, au contraire. Le son est bon, avec un bon équilibre entre les éléments pop-rock des compositions typiques de Mick Jones depuis le Clash et les éléments hip-hop et électros qui caractérisent le son de BAD. Tout n'est pas génial, mais il y a plusieurs titres que j'aime beaucoup (Can't wait, When the time comes, The globe, la ballade Innocent child) et le disque se termine de façon amusante avec The tea party, un résumé "baroque" de l'album chanté par Lorna Stuki dans le même esprit que celui de l'album de Pascal Comelade et Gérard Jacquet.
Mais The globe peut très bien se résumer au seul Rush, son titre d'ouverture, donc, l'une des grandes réussites de Mick Jones comme auteur-compositeur-chanteur avec Should I stay or should I go et, plus proche dans l'esprit et le temps, Contact.
La chanson débute directement par le chant, sans aucune intro, pour un couplet rythmé et super efficace à base de guitare rythmique et de percussions. Efficace, le refrain ("Situation no win, rush for the change of atmosphere. I can't go on so I give in. Gotta get myself right outta here") l'est encore plus, avec des choeurs et quelques bruitages. Le deuxième couplet démarre aussi sans accompagnement, puis arrive un piano (ou un sample de piano) avant que les percussions reprennent et qu'une ligne de basse arrive en renfort cette fois-ci.
Après le deuxième refrain, la chanson prend une autre dimension. Une voix (celle de Peter Sellers) vient commenter ("It's delightful delightful"), Mick Jones reprend le chant en faisant exprès de chanter faux  ("Rush for the change of atmospheeeere, eere, eere, eere, aa") et la voix continue : "I wish I could sing like that... the only thing that's important these days is rhythm and melody" et cette "coupure" de plus d'une minute continue avec une illustration musicale du rythme et de la mélodie avant que Mick Jones entame le troisième couplet. Entre les samples et l'humour, on n'est pas loin ici de l'esprit des Justified Ancients of Mu Mu.
Cette chanson de BAD II est celle de toutes les versions du groupe qui s'est le plus vendue. Il faut dire qu'elle a un historique d'édition assez chargé. Elle est d'abord parue sur Kool-aid, sous le titre Change of atmosphere. Ensuite, début 1991, quand CBS a réédité Should I stay or should I go, utilisé dans une pub Levi's, ça a été le plus grand succès de Clash (et leur seul n°1 anglais), mais c'est vrai aussi pour Rush qu'un malin du label avait collé en face AA/B du 45 tours car BAD était resté signé sur le même label, au grand dam des autres anciens membres de Clash.
Par la suite, en juin 1991, Rush est sorti en single en face A sous le nom de BAD II et a très bien marché aux Etats-Unis (N° 1 du chart spécialisé Modern rock). Sauf que, sauf que, la version single de Rush, tout comme les version remixées dance aussi longues qu'inutiles sur les maxis, omet le fameux break qui donne tout son sel à Rush. Le charcutage est fait à l'arrache au  ciseau. Ça n'enlève rien à la qualité intrinsèquement pop de la composition, mais  ça ôte quand même une partie du sens de l'oeuvre. L'américain DJ Funktual, qui s'est fait une spécialité du décryptage des samples de disques de hip-hop, est bien d'accord avec moi. Il s'éclate à mort au moment de la séquence incriminée, regrette que le label l'ait coupée sur le single et déplore que certains DJ, qui avaient la version complète, utilisaient deux exemplaires du disque pour zapper le passage incriminé :


Pour ma part, cette chanson m'a tellement plu que, dès la rentrée de septembre 1991, j'ai justement sélectionné tout le passage à partir du moment où Mick Jones chante faux pour l'inclure dans le générique de mon émission Vivonzeureux! (en attendant la mort...). Du coup, l'un des slogans de l'émission cette année-là était "Des rythmes et des mélodies 100% hip-pop optimiste".
C'est un peu étonnant car ce n'est pas la version single officielle, mais j'ai fini par dégoter une vidéo de la "bonne" version de Rush, celle de l'album The globe :





21 août 2010

TALKING HEADS : And she was


Acquis en soldes en France à la fin des années 1980 ou au début des années 1990
Réf : 1567166 -- Edité par EMI en France en 1986
Support : 45 tours 30 cm
Titres : And she was (Extended mix) -/- And she was (Dub mix) -- Perfect world

Déjà, j'avais acheté Speaking in tongues un peu en décalé et j'avais été assez déçu même si au bout du compte il y a quelques chansons que j'aime beaucoup sur cet album.
De Little creatures, j'ai d'abord surtout connu le tube Road to nowhere, qu'on entendait partout et dont le clip a été plus que multi-diffusé. Finalement, j'ai récupéré un exemplaire de la musicassette, avec une version allongée de The lady don't mind en bonus, puis ce maxi avant de finir par acheter le 33 tours lui-même.
Je lis un peu partout que Little creatures marquait une sorte de retour au son des Talking Heads à leurs débuts. Ce qui est sûr, c'est que le groupe s'est resserré sur cet album sur son quatuor de base, avec quelques musiciens invités et des choristes mais on est loin de la troupe des deux albums précédents (En 1985, Tina Weymouth parlait d'un virage à 180°). Je suis d'accord avec AllMusic pour dire que cet album est avant tout accessible et pop. Il est moins "original" que 77 mais excellent tout de même, c'est même carrément un sans-faute car il contient à mon goût neuf bonnes chansons sur neuf. Parmi celles-ci, And she was est l'une de mes préférées et ce n'est pas un hasard si elle a été choisie pour ouvrir l'album et pour figurer en face A de l'un des trois singles qui en ont été extraits.
Tiens, on parlait de pop : dans une interview pour Goldmine en 1992, le journaliste parle de Buddy Holly pour les années 80, David Byrne évoque La bamba pour le refrain et Chris Frantz précise qu'il a mis un peu du Cherry, cherry de Neil Diamond dans la guitare ! Honnêtement, quand j'écoute And she was je n'entends pas tout ça. J'entends une chanson pop calme, un peu désincarnée avec différents bouts de riffs et surtout avec un refrain entraînant.
La version de l'album se suffit largement à elle-même, mais on a quand même droit sur ce maxi à deux versions différentes de And she was (Une "Early version", que je ne connais pas, est également sortie en bonus des dernières rééditions CD de l'album).
J'ai fait deux écoutes comparatives et je peux confirmer que le Dub mix fait cinq secondes de moins que la version de l'album, mais à part ça je suis bien en peine de pointer les différences. J'arriverai peut-être à m'auto-persuader que la basse et la batterie sont un peu plus marqués et qu'il y a quelques autres changements, mais c'est purement cosmétique et en tout cas ce n'est ni une version instrumentale ni une version dub à proprement parler, avec grosse basse, grosse batterie, plein d'écho, moins de vocaux et des instruments qui vont et viennent.
La version longue de la chanson a été remixée par Eric E.T. Thorngren, déjà en charge de l'enregistrement et du mixage de Little creatures. Il a ajouté une grosse minute à la version originale et pour le coup la batterie est plus marquée. Il y a aussi quelques collages, avec notamment le riff de guitare électrique de la fin qui est rajouté en intro et un peu de bidouillages à un moment avec un effet vocoder sur les voix, mais globalement E.T. a au moins réussi à ne pas bousiller la chanson, même si la seule version qui vaille est celle de l'album.
C'est à croire que seuls neuf titres ont été enregistrés lors des sessions de Little creatures : aucun inédit n'est apparu en face B des trois singles. Perfect world, le troisième titre du maxi, est donc un autre titre de l'album. C'est presque une ballade soul qui dégage avant un tout un grand sentiment de sérénité, reflété dans le chant de David Byrne
Comme tous les disques de cette série autour de Little creatures, ce maxi bénéficie d'une superbe peinture de Howard Finster en illustration de pochette.

20 août 2010

LES CHARLOTS : Les Plaies-bois


Acquis chez Laurent la Brocante à Dieppe le 17 août 2010
Réf : EPL. 8 531 -- Edité par Vogue en France en 1967
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Les Plaies-bois -- Les cha cha typiques -/- Cet été, c'était toi -- L'amour avec toé

Bon, Laurent n'a pas été cherché trop loin pour baptiser sa boutique, inaugurée cet été il me semble, mais au moins c'est un professionnel sympathique qui a la bonne habitude d'énoncer le prix des objets (pas trop cher) quand on fait mine de s'y intéresser. Alors, les CD (il y en avait une vingtaine) c'est 1 € et les Série Noire 1,50 € (mais 4 pour le prix de 3). Dommage qu'il n'y ait pas de vinyls. Ah si, en sortant, j'ai aperçu du coin de l'oeil une dizaine de 33 tours (sans intérêt) et là, à mes pieds, sous quelques bibelots de vaisselle, une corbeille de 45 tours ! ("1 € pièce, 3 pour 2 €").
Dans ce petit lot, il y avait des disques des années 70 et 80 sans intérêt et quelques EP plus vieux. En tirant un peu, j'aurais pu aller jusqu'à six disques mais je suis resté raisonnable et j'ai prix les trois seuls qui m'intéressaient vraiment : Des bottes rouges de Russie, le dernier EP 4 titres de Françoise Hardy (décevant), un EP décevant également de Henri Salvador faisant dans la chanson réaliste (mais il est de 1958 et les quatre titres sont signés Vian-Salvador) et ce disque des Charlots.
Les EP des Charlots ne sont pas rares (j'en ai une poignée) mais j'ai l'impression qu'on tombe tout le temps sur les mêmes (Paulette la reine des paupiettes, Sur la route de Pen'zac, Hey Max, TVA TVA...). Celui-ci m'a doublement surpris. D'abord, parce qu'il me semble que je ne l'ai quasiment jamais vu. Ensuite, parce que je ne savais pas que les Charlots avaient repris/parodié à l'époque à la fois Jacques Dutronc (Les Play-boys) et Michel Polnareff (L'amour avec toi).
Ces deux reprises, ainsi que Les cha cha typiques, sont dans le style pécore qui a fait le succès initial des ex-Problèmes. Il est même fait allusion à un moment au Berry, la région qui, de Berry blues en Berrystock, semble être le royaume des ploucs pour les Charlots. Quand ils chantent dans ce registre, les cinq rigolos me font parfois penser à Ricet Barrier.
L'arrangement des Plaies-bois, à base d'accordéon, de clarinette et de piano, est intéressant, mais la parodie est un peu décevante, sûrement parce que la chanson originale est déjà fortement satirique et que, même en la transposant chez les péquenots, il est difficile de faire suffisamment fort.
On retrouve l'accordéon et la clarinette sur L'amour avec toé mais là je trouve que ça marche mieux. Les paroles originales, parlées sur un ton digne de Giscard d'Estaing, sont commentés par les paysans/berrichons qui s'en tapent une bonnne tranche.
Pas de reprise pour Les cha cha typiques, ("Faut pas penser que dans le Berry on est des arriérés") mais une programmation musicale pour améliorer le rendement des vaches qui aiment la musique, avec une mention d'Antoine dans les paroles et des citations musicales de Pierre Perret (Les jolies colonies de vacances) et de Si tu vas à Rio.
On quitte la campagne mais on reste dans la (grosse) parodie avec Cet été, c'était toi, un slow de l'été plus vrai que nature, plus déchirant qu'Aline ("Cet aimé, c'était moi") avec des choeurs en "Tibidibidi" qui ont pu inspirer les "Bidou-bidets" de Sttellla. C'est cette chanson qui a dû le mieux marcher car Vogue a fabriqué une deuxième pochette pour ce disque sur laquelle les petites photos en noir et blanc des Charlots laissent la place au titre de la chanson écrit gros.
Les quatre titres de ce 45 tours, tout comme ceux d'un autre EP, Aventures à la télévision, figurent tous sur le premiers album des Charlots, Les Charlots à l'Olympia, un disque qui a été autant enregistré en concert que le premier album de Nino Ferrer est en public, sauf que là les producteurs n'ont même pas pris la peine d'ajouter des applaudissements et autres sons d'ambiance !!


Cet été, c'était toi version sketch et ORTF (Orchestre de Raymond Lefèvre) pour l'émission Cadet Rousselle en 1972, soit cinq ans après la bien meilleure version de ce 45 tours.

15 août 2010

MICHEL PAJE : Partout où tu vas


Acquis sur le vide-grenier de Fromentières le 1er août 2010
Réf : EPL 8 282 -- Edité par Vogue en France en 1964
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Partout où tu vas -- On n'a pas su s'aimer -/- Elle aime tout sauf moi -- Qui vivra verra

Après le Johnny Otis, voici un autre des cinq disques à 20 centimes trouvés sur un stand que j'avais négligé lors d'un premier passage.
Depuis que je l'avais découvert il y a trois ans avec D'abord tu mens sur une compilation Vogue de 1966, c'est le troisième EP de Michel Paje que j'achète.
Pour celui-ci, Vogue avait lancé une opération commerciale spéciale fans puisqu'en renvoyant une étiquette découpée au dos du disque on pouvait gagner le droit de passer une journée avec Michel Paje. Les anciennes propriétaires de ce disque, Micheline et Christine (le Johnny Otis venait de la même famille), n'ont pas tenté leur chance car l'étiquette est bien présente sur ma pochette, mais peut-être ont-elles acheté ce 45 tours après la date limite de participation du 28 février 1965...
Les huit titres des deux autres disques de Michel Paje que j'ai sont entièrement écrits et composés par lui, un fait assez remarquable pour l'époque yéyé d'autant plus qu'il n'avait que 18 ans à ses débuts en 1963. Par contre, celui-ci comprend trois-quarts de reprises. Peut-être que, le temps passant après son plus gros succès Nous on est dans le vent ("On a l'âge de raison mais on n'a jamais raison"), Vogue l'a poussé à aller chercher ailleurs des titres qui marchaient. Il reprend donc ici trois succès de l'année, mais signe lui-même l'adaptation en français.
Les arrangements et l'accompagnement de Jacques Denjean et son orchestre sont généralement bien vus, légers et pertinents, sauf le violon aigu présent sur plusieurs titres. Michel Paje chante bien, ce qui n'est pas le cas de tous les yéyés, mais c'est vrai que sa propre composition, On n'a pas su s'aimer, avec son coup de batterie mélodramatique, une chanson yéyé assez typique, n'est pas ce qu'il a fait de mieux.
La reprise de Sei diventata nera du groupe italien Los Marcellos Ferial, qui devient Qui vivra verra, n'est pas mal faite, mais c'est la chanson au départ qui, même si elle est entraînante, n'est pas géniale.
Partout où tu vas est rapide aussi et plus intéressante, avec un bon arrangement d'orgue et un petit solo de guitare. C'est une reprise de Wherever you are, une chanson écrite par Philip Zeller que Trini Lopez a enregistrée sur son album On the move.
Le titre qui va le plus nous intéresser ici c'est Elle aime tout sauf moi, une reprise de I get around des Beach Boys. Une bonne version. L'instrumentation est bonne, les choeurs sont féminins et il y a même des claquements de mains. En plus, les paroles, qui ne sont pas une traduction littérale de l'anglais, sont légères mais quand même plus intéressantes que celles de la chanson originale, sans parler de ce qu'en a fait Martin Circus onze ans plus tard avec Bye bye Cherry !
Contrairement à ce que je pensais il y a trois ans, Michel Paje a publié deux albums chez Vogue en plus des treize 45 tours sortis entre 1963 et 1967. Il s'installe ensuite au Canada où, en plus de sortir neuf singles entre 1967 et 1969, il animera des émissions de radio et de télé.
De retour à Paris en 1969, Lucien Morisse l'embauche à Europe 1, mais lui demande de changer de nom, peut-être pour éviter qu'on fasse le lien avec l'ancien chanteur yéyé. Michel Paje devient alors Michel Roy qui, outre son activité d'animateur radio, compose des jingles et des musiques d'ambiance (dont la musique du loto) et fait aussi du doublage d'acteurs (dont Rod Steiger et Chuck Norris). Parallèlement, il sort plusieurs disques sous le pseudonyme d'Alain Jory.
En tout cas, je conseille plutôt de se pencher sur la carrière relativement méconnue de Michel Paje dans les années 60 plutôt que sur l'un de ses faits d'armes des années 70, celui d'avoir signé la chanson officielle de Jacques Chirac pour les municipales de 1977. Ça s'appelle Chirac pour Paris et c'est pas du punk ! Il n'y  a que le fait que ce soit sorti sur disques Président qui me fait sourire !!

Un grand nombre des enregistrements de Michel Paje sont disponibles en téléchargement légal à petit prix (1 € la compilation de 5 titres) sur la page téléchargements de son site

13 août 2010

ELVIS COSTELLO : Less than zero


Acquis au Grand Bazar de la Marne à Châlons-sur-Marne en 1978
Réf : 2C006-98925 -- Edité par Stiff en France en 1977
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Less than zero -/- Radio sweetheart

Allez, à la demande générale de Charlie Dontsurf, un 45 tours d'Elvis Costello. Comme je l'avais expliqué dans ma réponse à Charlie, ça fait bien longtemps que j'avais l'intention d'en chroniquer un ici, mais le problème c'est que j'avais du mal à choisir.
Au bout du compte, mon choix s'est porté sur Less than zero. Un peu parce que c'est le tout premier et que, après tout, c'est souvent plus simple de commencer par le commencement. Un peu aussi parce que 45 Vinyl Vidi Vici signale que ce pressage français est très difficile à trouver. Mais surtout parce que je me suis souvenu que la maison de disques avait fait un effort pour franciser en partie la pochette du disque.
Ce dont je ne me souvenais pas, par contre, c'est que ce disque avait été distribué en France par Pathé Marconi EMI et pas par C.P.F. Barclay, comme ce fut le cas pour Costello et Stiff en général dès My aim is true et Watching the detectives un peu plus tard en 1977. En fait, Stiff avait signé un contrat de distribution avec Island début 1977 et à la suite de ça quelques disques, dont au moins un des Damned, sont sortis en France chez Pathé Marconi sous licence Island.
Pour ma part, j'ai acheté ce disque quelques temps après avoir entendu à la radio (I don't want to go to) Chelsea et fait l'acquisition de This year's model. Je l'ai trouvé, ainsi que Watching the detectives et (I can't get me no) Satisfaction de Devo, au rayon disques du Grand Bazar de la Marne, à l'époque assez bien fourni, on le constate. A mon avis, ce qui devait se passer, c'est que les responsables du rayon commandaient un exemplaire au moins de presque tout ce qui sortait et, comme ce genre de disques ne devait pas se vendre à la pelle à Châlons, ils sont restés bien au chaud sur place jusqu'à ce que je tombe dessus.
La pochette originale de ce disque est de Barney Bubbles. Il n'a sûrement pas apprécié que le label français prenne la liberté d'ajouter le titre de la face A au recto de la pochette mais, vu l'humour et le délire qui ponctuent ses travaux, notamment ceux pour Stiff, il a peut-être trouvé drôle, même si les lettres utilisées sont un peu plus grasses que les siennes, que le verso soit adapté à la France.



Par rapport à l'édition anglaise, l'adresse de Stiff à Londres a été remplacée par la mention "Steréo raisonnable", traduction de ce qui figurait à l'origine sur l'étiquette du disque. Quant au slogan, "Reversing into tomorrow", il n'a malheureusement pas été traduit ("En marche arrière vers demain" ou "Retour vers demain", pour faire référence à un film pas encore tourné en 1977). Sur le rond central, les gens de chez Pathé ont poussé la conscience professionnelle jusqu'à remplacer "Reasonable stereo" par "Made to be played loud at low volume". Je ne sais pas où ils ont été chercher ça mais c'est sûrement sur un autre disque Stiff : je ne vois pas des français inventer ça et c'est trop Stiff pour ne pas être authentique.
Il y a encore un dernier changement au verso de la pochette. La mention "Elvis Costello is an Advancedale Artist" est traduite en "Elvis Costello est un artiste davançable". A l'époque, je me suis souvent demandé ce que cette phrase pouvait bien signifier (et je n'avais pas le pressage anglais à disposition pour comparer). J'avais fini par conclure que c'était un des traits de non-sens de Stiff et qu'il ne fallait pas chercher plus loin. Dans le contexte c'est effectivement parfait, sauf qu'en fait il ne fallait pas chercher à traduire "Advancedale" car c'est un mot qui n'existe pas en anglais et au départ c'était une mention sérieuse puisque Advancedale Management était la société de management fondée par Jake Riviera et Dave Robinson en plus de Stiff.
Ce disque a une dernière particularité, au niveau de la musique cette fois. Comme pour les premiers exemplaires du pressage anglais, le mixage de Less than zero est légèrement différent de la version de My aim is true. C'est vraiment léger. Pour ma part, j'entends surtout une différence pendant les dix premières secondes d'introduction instrumentale : l'orgue est assez fort sur le 45 tours, presque pas sur le 33 tours en pressage allemand et pas du tout sur le CD du coffret 2 1/2 years.
Si cette chanson n'est pas une de mes toutes préférées de Costello, ni même de My aim is true, je l'aime quand même beaucoup et c'est surtout un excellent choix pour présenter Elvis Costello au monde. Son style est déjà là tout entier, des paroles avec leur obscure référence au fasciste anglais Oswald Mosley au chant cassant de Costello et à la musique, qui n'a rien de reggae mais dont le côté saccadé avec l'orgue et la guitare à contre-temps annonce presque Watching the detectives.
La face B, Radio sweetheart, est le tout premier enregistrement professionnel de Costello. A l'origine, avant que Less than zero ne soit mis en boite, elle était prévue pour être la face A du premier 45 tours, mais elle a finalement été reléguée en face B, puis carrément éjectée de l'album, car elle détonait un peu trop avec sa guitare acoustique en plus de la pedal steel proéminente. Décision assez logique, mais commercialement c'était peut-être une erreur car on a ici une chanson beaucoup plus classiquement pop que Less than zero que les radios auraient peut-être plus largement diffusée. Si on ne fait pas trop attention aux paroles, ça pourrait presque passer pour une bluette.

11 août 2010

THE PORK DUKES : Pink pork


Acquis chez Vinyl Demand à Londres vers 1983
Réf : PORK 001 -- Edité par Wood en Angleterre en 1978
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

Après A dirty shame, restons chez les obsédés sexuels, mais cette fois-ci faisons carrément dans le salace et le graveleux avec les Pork Dukes.
La première fois que j'ai entendu les Pork Dukes, c'était sur un chantier de fouilles archéologiques à Suippes, entre 1979 et 1981. Sur l'une de ses nombreuses cassettes compilations, François B. avait Tight pussy, un bon "reggae blanc" sorti à l'origine sur un maxi auquel j'ai tout de suite accroché.
Quelques temps plus tard, j'ai trouvé un exemplaire (sans pochette) de leur premier 45 tours, Bend and flush., un disque qui à sa sortie en 1977 s'est quand même vendu à 20 000 exemplaires. Il a fallu attendre encore un ou deux ans avant que je tombe sur un exemplaire, neuf et pas cher, de ce premier album des Pork Dukes.
Un peu à la manière des Sex Bidochons, mais avec quelques années d'avance et des titres originaux plutôt que des reprises, les Pork Dukes font donc dans le rock cochon. Si les paroles sont vraiment hard et si le cochon nazi dessiné qui orne la plupart de leurs pochettes est vraiment à vomir, on n'est par contre pas surpris d'apprendre que, avant de former le groupe en 1977, certains membres des Pork Dukes ont donné dans le rock progressif : leurs compositions, comme Big tits, sont pour la plupart assez travaillées et leur son est plutôt clean et pas très punk.
Dirty boys  a des airs glam; le riff de Telephone masturbator cite quasiment les Kinks et je pense même au Devo à guitares des débuts en écoutant ce titre; Melody Makers me fait penser à un autre groupe qui ne manquait pas d'humour, Gruppo Sportivo et je me demande même si Down down down n'est pas inspiré par Status Quo.
Tight pussy reste mon titre préféré de l'album, mais j'aime aussi beaucoup Bend and flush avec ses choeurs et l'orgue sixties new wave rajouté sur cette version album, ainsi que I wanna fuck... le titre punky façon Undertones qu'on trouve en fin de face A et qui n'est pas listé sur la pochette, et aussi Penicillin princess.
Une formation des Pork Dukes tourne et enregistre à nouveau depuis quelques années, même si la proportion de membres originaux diminue au fil des années.
Si vous vous sentez un peu cochon, la compilation All the filth!, parue pour les trente ans du groupe, vous permettra de vous rouler dans la fange, avec les singles du groupe et les meilleurs titres de leurs deux albums de la première époque.

09 août 2010

A DIRTY SHAME


Acquis chez Noz à Dizy vers 2007
Réf : 330 519 2 -- Edité par Austerlitz en France en 2004
Support : CD 12 cm
14 titres

La première fois que j'ai vu ce CD avec cette photo de pochette dans un bac de disques à moins de 2 € chez Noz, je l'ai laissé passer sans y jeter un second regard (je n'avais même pas remarqué que c'était un ballon dans le corsage). Pourtant, j'avais noté qu'il s'agissait de la bande originale d'un film de John Waters, un réalisateur que je connais surtout de réputation (le seul film que j'ai dû voir de lui est Hairspray), mais qui a marqué des points dans ma considération quand Jonathan Richman a fait plusieurs fois la première partie de son one man show A John Waters Christmas.
La deuxième fois que j'ai vu ce CD, au même endroit quelques temps plus tard, j'ai quand même pris la peine de retourner la pochette pour consulter la liste des titres et là il ne m'a pas fallu plus de trente secondes pour décider de l'acheter : des compilations avec des titres de Johnny Burnette (Eager beaver baby), Slim Harpo (Baby scratch my back), Billy Lee Riley (Red hot) et Screamin' Jay Hawkins (Moanin'), on n'en voit pas tous les jours !
Certains autres titres, comme Hump-a-baby ou Tony's got hot nuts, ne m'ont laissé aucun doute sur le principal centre d'intérêt de A dirty shame : le sexe. Et effectivement, dans le film, les obsédés s'opposent aux coincés et, s'agissant de John Waters, j'ai ma petite idée sur le camp qui prend le dessus à la fin.
Malgré tout, même si les coincés sont aussi en minorité sur la BO du film, leur hymne fait partie de mes titres préférés du disque. Il s'agit de Open up your heart (and let the sunshine in), un titre avec des voix accélérées pour les rendre enfantines qui a été un tube en 1955 pour The Cowboy Church Sunday School. Mais dans le contexte, on se surprend quand même à chercher un double sens, qui n'existe pas, à cette chanson religieuse.
Outre les classiques rockabilly et rhythm & blues cités plus haut, et l'instrumental Black tarentula de Jody Reynolds, mes deux autres titres préférés sont des reprises décalées de morceaux country. The pussycat song par Connie Vannett est une excellente transposition au féminin d'un titre des années cinquante de Billy Mitchell, Song of the woodpecker. Quant à Itchy twitchy spot, il s'agit d'une parodie par Run C&W de Achy breaky heart, qui a été un tube pour Billy Ray Cirrus en 1992. Avec ce style country léger et décalé, on est dans le même esprit qu'un autre groupe qui a C et W dans son nom, C.O.W. Et ça n'a rien à voir, mais les grognements de cochons qui ponctuent la chanson me rappellent les petits bruitages de Oh ! wot a dream de Kevin Ayers !

En tout cas, à force d'écouter cette BO ma curiosité est aiguisée et maintenant je mettrais bien la main sur le DVD du film, dont l'une des vedettes est Tracey Ullman, qu'on a connue comme chanteuse chez Stiff au début des années 1980.

08 août 2010

THE JESUS AND MARY CHAIN : Upside down


Offert par Alan McGee en novembre 1984
Réf : CRE 012 -- Edité par Creation en Angleterre en 1984
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Upside down -/- Vegetable man

Upside down, le premier 45 tours de Jesus and Mary Chain, est sorti le 5 novembre 1984. Enregistré en une nuit en septembre, il allait être classé 96 semaines dans la liste des meilleures ventes des labels indépendants, dont un grand nombre à la première place. Au printemps 1985, 35 000 exemplaires avaient déjà été écoulés.
Venant un an après les premières sorties du label, ce succès inattendu a permis à Creation Records de vraiment décoller : louer un bureau une pièce dans Londres, faire signer JAMC chez Blanco Y Negro/Warner, continuer à pousser de jeunes groupes, en attirer d'autres comme Felt, créer un label en partenariat avec Warner (mais l'aventure Elevation fera long feu). Bref, sans le succès d'Upside down, il n'est pas du tout sûr que Creation aurait pu, jusqu'en 1999, sortir des centaines de disques et rencontrer le succès avec House of Love, Primal Scream, My Bloody Valentine, Teenage Fan Club et même Oasis.
Deux jours avant la sortie du disque, The Jesus and Mary Chain donnait son premier concert français à la MJC Claudel de Reims.
Pour ce qui me concerne, quelques semaines après avoir assisté à Londres à l'un des deux premiers concerts de Jesus and Mary Chain, j'avais quitté Londres pour de bon et j'étais retourné sur Reims. Avec Alan, nous nous étions dits que, si l'occasion se présentait, j'organiserais un concert Creation sur Reims.
En fait cette occasion s'est présentée assez vite puisqu'une tournée européenne (principalement allemande) a été organisée par Thomas Zimmerman à partir de la fin octobre 1984 et on a pu caler une date à Reims à la fin de la tournée. Je ne sais pas comment j'ai communiquer avec Alan pour organiser ça, sûrement par courrier  et peut-être par téléphone, sauf que je n'avais pas le téléphone chez moi à cette époque et que de toute façon je n'ai emménagé dans un logement fixe, au 52 rue du bastion, qu'une semaine ou deux avant le concert.
Jusque là, je n'avais jamais organisé de concert et j'aurais été bien incapable de me lancer tout seul dans l'aventure. Mais ça tombait bien, mon collègue Philippe Roger, avec qui nous avions produits pendant l'année 1982-1983 Camisole, ma première émission de radio, n'était pas resté inactif pendant mon absence. D'abord, il avait produit une nouvelle émission, Ne sois pas si bête, avec Antoine Proust, puis tous les deux s'étaient lancés dans l'aventure de l'organisation de concerts en créant l'association Un Autre Emoi, qui a organisé ses premiers concerts (Les Snipers et les Coronados) au printemps 1984.
C'est donc vers eux que je me suis tourné pour l'organisation de l'étape française de la première excursion des groupes Creation sur le continent, une tournée qui associait les "vedettes" du label, les Jasmine Minks, les premiers à avoir sorti un (mini-)album sur Creation, en septembre 1984, avec le groupe d'Alan, Biff, Bang, Pow !, déjà auteur de deux 45 tours, et les petits jeunes sur qui Alan misait beaucoup, The Jesus and Mary Chain.


L'affiche de la tournée Creation Package d'octobre-novembre 1984 (cliquer pour agrandir).
Ce collage pop-art façon Television Personalities met bien en valeur les Jasmine Minks comme tête d'affiche.
Une pochette de Revolving Paint Dream s'est glissée sur l'affiche, saurez-vous la repérer ?

Tout ce qui concerne l'organisation matérielle du concert lui-même a été assuré par Un Autre Emoi (sono, billetterie, bar, etc.). De mon côté, je me suis chargé des contacts avec Creation, j'ai fait quelques tournées de collage d'affiches et rédigé ce communiqué de presse :


Le communiqué de presse du concert du 3 novembre 1984, daté d'octobre. C'est tapé à la machine à écrire et les numéros de téléphone avaient encore 6 chiffres, mais pas pour longtemps. C'était il y a plus d'un quart de siècle, une autre époque, quoi. (cliquer pour agrandir).
Ce communiqué est une version raccourcie de celui rédigé en septembre 1984 dont j'ai donné un extrait ici


Le seul article suscité par le communiqué de presse (en tout cas, le seul que j'ai conservé), paru dans Champagne Dimanche le 27 octobre 1984 (Champagne Dimanche était alors, si mes souvenirs sont exacts, le nom de l'édition dominicale du quotidien L'Union).

J'ai commis une grosse erreur de débutant ce jour-là. En effet, pensant que les anglais auraient du mal à trouver la MJC Claudel, assez éloignée du centre-ville, je leur ai donné rendez-vous devant la Cathédrale.
J'ai donc poireauté sur le parvis de la cathédrale à partir du milieu de l'après-midi, jusqu'à la fin de l'après-midi puis jusqu'au début de soirée, à attendre un mini-bus anglais qui n'est jamais arrivé.
Régulièrement, j'allais à une cabine téléphonique appeler la M.J.C. pour savoir s'ils avaient des nouvelles, puis je retournais monter la garde, à scruter chaque véhicule qui approchait et à flipper comme un malade.
Finalement, assez tard (vers 20h peut-être), quelqu'un est venu me récupérer à la cathédrale car les anglais venaient d'arriver directement à Claudel. Leur grand retard s'expliquait principalement par le fait qu'ils avaient été retenus plusieurs heures à la douane suisse pour une fouille minutieuse, traitement assez souvent réservé aux rockers en goguette. Et pour confirmer si besoin était mon erreur sur leur lieu de rendez-vous, ils avaient aussi perdu un peu de temps à chercher la cathédrale à Reims, qui compte quelques autres églises assez grandes pour passer pour une cathédrale aux yeux d'anglais, avant de se faire indiquer le chemin de la M.J.C.
Moi je flippais tout seul et je n'ai donc été d'aucune utilité pour la préparation du concert, mais j'imagine que les gens d'Un Autre Emoi ne devaient pas en mener large non plus à Claudel, avec le public qui arrivait et aucun groupe en vue pour assurer le spectacle !
Finalement, ce public en a quand même eu pour son argent, avec deux concerts (sans balance) d'une bonne heure chacun de Biff, Bang, Pow ! et des Jasmine Minks, et entre les deux la prestation d'une grosse demie-heure de Jesus and Mary Chain.
Ce premier concert français de JAMC aura au minimum contribué à assurer le chiffre d'affaires du bar ce soir-là, puisqu'une bonne partie du public présent (la salle avait une capacité de 120-130 personnes en serrant bien, je dirais; je ne sais plus si c'était plein ce soir-là) a reflué vers le bar au bout de quelques minutes.
Il faut dire que la principale différence avec le concert que j'avais vu le 9 juin, c'est qu'à la saturation des guitares étaient venus s'ajouter entre-temps le larsen, le feed-back,le mur du son, bref, ce qui a fait la réputation des prestations scéniques de Jesus and Mary Chain en 1984-1985.
Dorian Feller, qui était chargé ce soir-là de la sono, a bien essayé dans un premier temps de jouer sur les potards de la table de mixage pour limiter le feed-back, mais il avait Joe Foster à côté de lui qui remettait tout à fond derrière lui alors il a vite abandonné.
De ce que j'en sais, les meilleurs moments du set ont été l'enchaînement de la reprise d'Ambition de Subway Sect avec You trip me up. Jim Reid devait manquer de paroles ou d'inspiration car pendant toute la deuxième moitié du concert, il semble n'éructer que des "Fuck", "Fuckin'" et "Fuckin' fuck", pour des morceaux qui peuvent être, ou ne pas être, ceux publiés plus tard sous les titres Suck et Jesus suck.
Je dis ça, mais en fait, si j'ai contribué à la rendre possible, je n'ai pas assisté à cette première prestation de Jesus and Mary Chain en France. En effet, comme il était question que toute la bande reparte le soir même pour aller prendre le ferry en Hollande (finalement, Alan, Joe et Big Mick, le fan n° 1 des Jasmine Minks sont restés une journée chez moi, les autres sont effectivement repartis aussitôt avec un des deux mini-bus), je me suis isolé à l'étage du dessus pendant le passage de Mary Chain pour faire une longue interview d'Alan, que j'ai diffusée quelques jours plus tard dans ma nouvelle émission, Buffet froid.
Avec le recul, je n'ai pas de regrets d'avoir raté ce concert, vu que j'ai quand même eu l'occasion de voir Mary Chain quatre fois sur scène en 1984-1985. J'en ai d'autant moins que c'est à la suite de la discussion avec Alan ce soir-là qu'il a eu l'idée de me dédier le premier album de Biff, Bang, Pow !, Pass the paintbrush honey. Par la suite, j'ai pris en charge Non Stop Movement, le fan club de BBP!, avant d'être intronisé conseiller spirituel d'Alan sous l'identité de JC Brouchard.


J'ai retrouvé cette photo de Jesus and Mary Chain (Bobby Gillespie, Douglas Hart et William Reid de dos), isolée dans une pochette avec des photos d'autres groupes et d'autres concerts. Je pense qu'il s'agit d'une diapo que j'ai fait tirer et je pense que cette photo est la seule que j'ai de JAMC à Reims le 3 novembre 1984.


Le verso de pochette de l'édition originale du 45 tours, qu'on reconnait à sa couleur (noir et rouge) et au fait que l'adresse personnelle des Reid à East Kilbride est donnée. Très vite, cette information a été arrachée des impressions suivantes. On se demande bien pourquoi...!

05 août 2010

TUATARA


Probablement offert par Philippe D. par correspondance dans la première moitié des années 2000, sinon acquis d'occasion à la même époque
Réf : FNCD 045 -- Edité par Flying Nun en Nouvelle-Zélande en 1990
Support : CD 12cm
15 titres

Tuatara est la dernière en date des compilations Flying Nun à être entrée en ma possession et pourtant j'ai un (petit) doute sur le moyen de son acquisition.
C'est la dernière en date des compilations Flying Nun à être entrée en ma possession et pourtant c'est aussi la première à avoir été éditée (en 1985 dans sa version vinyl), ma cassette A Flying Nun sampler étant hors-commerce.
Cet excellent résumé des quatre premières années du label a en tout cas permis à Flying Nun de commencer à mieux se faire connaître en-dehors de ses bases, notamment en Europe et aux Etats-Unis.
En toute logique, il y a pas mal de doublons avec les autres compilations. On retrouve notamment le Death and the maiden des Verlaines qui, statistiquement, doit être le classique des classiques de Flying Nun car c'est le titre qui revient le plus souvent sur mes compilations, je crois. Il y a aussi l'excellent Fish de The Clean, comme sur Topless women talk about their lives, et plus j'écoute ce titre, plus il me fait penser au meilleur du Biff, Bang, Pow ! des débuts.
En toute logique, c'est avec la cassette promo parue l'année précédente qu'il y a le plus de recoupements. Seuls trois titres sont de stricts doublons (ceux des Verlaines, des Chills et de Fetus Productions) mais par contre les dix groupes de la cassette sont tous à nouveau représentés sur Tuatara, les cinq "petits nouveaux" étant les Bats, les Expandables, présents sur le vinyl original, et les trois groupes en bonus sur le CD, Look Blue Go Purple, Scorched Earth Policy et Doublehappys.
Le titre des Sneaky Feelings, un peu décevant par rapport à leur album de 1986 et celui des Gordons est plus intéressant pour ses trois minutes d'intro instrumentale que pour sa deuxième moitié chantée, mais l'album dans son ensemble est d'une excellente qualité, à commencer par les titres des Bats (I go wild) et des Tall Dwarfs (The brain that wouldn't die)
On sent une influence du son post punk anglais et américain chez Marie And The Atom (Le violon me rappelle un peu Tuxedo Moon, notamment) et chez Look Blue Go Purple, et c'est tout sauf désagréable.
Le disque se termine en beauté avec Since the accident de Scorched Earth Policy et Needles and plastic des Doublehappys, un groupe pré-Straitjacket Fits qui est ici un peu cousin des Modern Lovers première période.
En tout cas, pour une première compilation, Tuatara constituait un témoignage brillant à la fois du foisonnement musical néo-zélandais de la première moitié des années et du talent des gens de Flying Nun à le capter et le diffuser.

03 août 2010

THE JOHNNY OTIS SHOW : Telephone baby


Acquis sur le vide-grenier de Fromentières le 1er août 2010
Réf : EAP I-20015 -- Edité par Capitol en France en 1959
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Telephone baby -- Castin' my spell -/- Three girls named Molly doin' the Hully Gully -- I'll do the same thing for you

C'est l'été et les vide-greniers se font rares, mais j'avais quand même envie de de partir à la chasse aux disques alors je me suis éloigné un peu de mes bases (une trentaine de kilomètres) pour me rendre pour la première fois à un rendez-vous devenu traditionnel puisqu'il s'agissait de la 30e brocante de Fromentières.
Bien m'en a pris car j'ai trouvé sur cinq stands différents des disques intéressants (dont le 45 tours Jumpin' Jack flash / Light my fire d'Ananda Shankar !) à des prix tout à fait corrects, même quand les vendeurs étaient professionnels.
Celui-ci, par contre, et les quatre autres que j'ai trouvés au même stand (dont un EP de Jimmy Smith chez Verve et un de Michel Paje), j'ai bien failli revenir sans car je n'avais pas vu le carton de disques posé par terre à l'aller. Au retour, quand je suis finalement tombé dessus et que j'ai commencé à voir des choses intéressantes, j'ai été tout content de m'entendre annoncé un prix de 20 centimes, qui était effectivement annoncé sur le côté du carton mais je ne l'avais pas vu.
Mais pour avoir ce EP de Johnny Otis, il a fallu en plus que je me batte un petit peu pour le mériter car quand je l'ai trouvé ce n'était pas le bon disque qui était dans la pochette. A partir du mauvais disque et en deux ou trois étapes, j'ai fini par récupérer le bon dans une autre pochette, et j'étais bien content de mon coup. Ça m'est déjà arrivé de réussir ce coup-là, mais bien souvent c'est rageant de trouver la pochette d'un disque intéressant et de ne pas mettre la main sur le disque.
Quand je dresse la liste des pionniers survivants de la première époque du rock 'n' roll, j'ai systématiquement tendance à oublier Johnny Otis. Déjà, j'avais tendance à le négliger quand j'écoutais les différents volumes de Testament du rock sur lesquels il figurait systématiquement. Certes, Otis n'a pas le charisme ni la surface médiatique d'un Little Richard, d'un Chuck Berry ou d'un Fats Domino. Il n'en a pas eu non plus le succès à l'échelle mondiale. Mais en tant que producteur (du Hound dog de Big mama Thornton en 1953 par exemple), découvreur de talents, musicien (batterie et vibraphone), chanteur, chef d'orchestre et présentateur du Johnny Otis Show à la radio puis à la télévision dès les années cinquante, il a eu un rôle indéniable dans l'avènement et le développement du rock.
Je ne connais de Johnny Otis que des enregistrements de sa période Capitol (de 19857 à 1959), qui sont de l'excellent rock/rhythm & blues, mais avec une production léchée et un style qui n'a rien de sauvage. On en a quatre bons exemples ici avec Telephone baby, l'un de ses plus gros tubes, un duo avec des réparties entre Johnny Otis et Marci Lee. Il y a deux voix aussi sur Castin' my spell et I'll do the same thing for you, mais elles sont en choeur. Castin' my spell est un excellent rock qui, comme le précise les notes de pochette, reprend le rythme de Willie and the hand jive (le plus gros succès d'Otis pour le coup), un rythme qui est tout simplement un Diddley beat.
Comme son titre l'indique, Three girls named Molly doin' the Hully Gully, en plus d'être un Hully Gully, est une chanson amusante dont le refrain est chanté sur l'air de "Ouh la menteuse, elle est amoureuse".
Sinon, il y a une chose qui me surprend avec les éditions françaises des disques Capitol des années cinquante, comme celui-ci ou le disque des Four Knights par exemple. Très souvent en effet, toutes les indications de la pochette ou du rond central semblent identiques à ce qu'elles pourraient être sur un pressage américain, à tel point que j'ai longtemps pensé que le Four Knights était un import, mais une mention sur l'étiquette du disque précise quand même "made in France". Pour ce Johnny Otis, il y a en plus l'indication que la pochette a été imprimée à Lyon et que la photo au recto est un Ekta Abeille, donc je suppose une photo prise exprès pour le pressage français, mais quand même, je me demande parfois si certains de ces disques Capitol n'étaient pas fabriqués en France à l'intention des militaires américains stationnés dans des bases en France.

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